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    LE MOT DE BRUNO HEUREUX > 7 « MICROS » ARTICLES

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    Attentats de Paris(1ère partie)

    Les attentats djihadistes à Paris ont ému les populations de France et d’ailleurs ; ils les ont incitées à se mobiliser en masse. Pourquoi, nous-mêmes, avons-nous participé à ce mouvement ? A cause de l’extrême violence d’actes barbares ; également, parce que, d’une certaine manière, nous nous sommes sentis visés et que le sentiment d’insécurité, voire de peur, s’est infiltré en nous ; mais aussi, sans doute, parce que cela s’est passé près de chez nous. Car, reconnaissons-le, nous ne nous indignons pas autant, nous ne réagissons pas si fort, quand de pareils d’attentats font dix, vingt, cent, mille fois plus de victimes à l’autre bout du monde : plus de deux mille au cours des dernières semaines au Nigéria, des dizaines de milliers en Syrie et en Iraq... des monstruosités que nous découvrons, de loin, bien à l’abri, comme des faits divers.

    Les religions

    Touché également, je suis interloqué, révolté par les crimes sauvages et monstrueux perpétrés par des « fous de Dieu !!! », où que ce soit sur la planète. Commettre l’innommable au nom d’une religion a été et reste fréquent dans l’histoire des mondes chrétien, juif et musulman : d’où, cette question provocante :  « La religion  serait-elle la pire invention de l’homme ? » 

    Quelqu’un, dont j’ai oublié le nom, a dit en substance : « Ils attendaient le Messie, ils ont reçu l’Eglise ! »  Applicable à toutes les religions, cette réflexion met en évidence l’écart énorme qui peut exister entre le Dieu, quel que soit son nom, et la mise en application par les hommes de son message d’amour et de fraternité ; écart abyssal aussi avec l’appropriation dévoyée, perverse, abusive et cruelle de ce message par quelques intégristes fous et sanguinaires aux desseins diaboliques. Est-ce une raison suffisante pour combattre les religions, les interdire dans la vie publique et imposer la laïcité à tout crin ? A chaque société de trouver sa réponse, équilibrée et respectueuse des croyances de chacun.

    Soutien à Charlie Hebdo

                    Sous le coup de l’émotion, des millions de personnes ont crié, écrit « Je suis Charlie » ; une manière et une volonté d’exprimer ainsi leur soutien à ceux qui sont morts pour défendre la liberté - notamment d’expression - et les autres piliers fondamentaux de la démocratie que sont l’égalité et la fraternité.

                    Pourtant, ce « Je suis » me gêne un peu ; à y réfléchir, et même si c’est compréhensible, n’est-ce pas un peu facile, parce qu’on se sent agressé, parce qu’on a peur, de s’approprier, après coup, une cause, un combat que quelques-uns ont payés au prix fort et auxquels on s’identifie finalement sans grand risque ? Peut-être ! Mais ne pas le faire aurait été pire encore ; il est heureux que, dans des moments particulièrement dramatiques, le peuple se lève et se rassemble autour de valeurs démocratiques.

                    La philosophie de Charlie Hebdo, qui se dit lui-même, ouvertement et fièrement, « Bête et méchant », est - et c’est à espérer pour lui, pour nous, qu’elle le restera - de flinguer tout et n’importe quoi, n’épargnant rien, ni personne, ni valeur, ni sujet. Son arme principale est la caricature, provocatrice et assumée sous toutes ses formes : à la fois de bon et de mauvais goût, potache et grossière, bite et cul, iconoclaste et irrévérencieuse, lourde et sans nuance, pernicieuse et outrancière... du moment qu’elle fait rire. Rire et réfléchir (pas toujours) car, au second degré, les dessins de Charlie Hebdo abordent de vrais problèmes, posent de bonnes questions. Mais elle fait aussi réagir, parfois violemment, car l’humour peut susciter autant de coups de sifflet - et même de kalachnikov - que de salves applaudissements.

    Attention, humour !

                    Pour le pratiquer régulièrement en spectacle, je suis conscient de cette réalité, valable également pour la caricature. L’humour au premier degré, tout le monde le comprend immédiatement. Par contre, au second degré, il dissimule à dessein un contenu destiné à être recherché, découvert, compris ; il génère ainsi un temps de réflexion avant que se déclenche le rire, le temps de saisir ce que son auteur a voulu dire au-delà de la forme de ses mots, de ses dessins. Et là, réside un réel danger. Des gens mal intentionnés ignorent, sciemment et à des fins malveillantes, le contenu réel du second degré pour n’en retenir que l’apparence parfois choquante, sautant sur l’occasion pour stigmatiser leurs auteurs. C’est ainsi que, par exemple, Guy Bedos, Coluche, Pierre Desproges ont parfois été accusés de xénophobie et de racisme, alors que leurs propos, tenus au second degré et semblant se moquer des Arabes et/ou des Juifs, visaient pourtant à brocarder, par l’absurde, les vrais racistes.

    Ma conclusion de ce constat : l’humoriste et le caricaturiste doivent être conscients de l’impact possible de leurs propos et dessins quand ils les prononcent et les publient ; et être prêts à assumer la responsabilité et les conséquences de leurs dires et caricatures.

    Ma liberté

                    Ardant défenseur de la liberté, particulièrement de la liberté d’expression, j’ai une vision personnelle bien claire de son contenu, de son sens. Ma liberté n’est pas la permission sans limites que je me donne de dire et de faire n’importe quoi, n’importe comment, à propos de n’importe quoi et de n’importe qui, n’importe où !

                    Ma conviction est que la vraie liberté individuelle n’est pas sauvage, mais contrôlée et assumée personnellement, en conscience et dans les faits. Que mes propos, actes et/ou caricatures se retournent contre moi, aient des conséquences négatives pour moi, j’assume. Mais suis-je en droit, en vertu de ma propre liberté, de ne pas assumer les conséquences qu’ils peuvent avoir sur d’autres, comme dans le cas de Charlie Hebdo, où, dégâts collatéraux sanglants, des innocents, des non concernés ont perdu la vie ? Pour moi, c’est clairement non. Mais, respectant la liberté des autres, je laisse à ces derniers le droit d’exprimer leur liberté comme ils pensent pouvoir le faire, même si je ne partage pas leur point de vue.

    Je suis POUR Charlie

                    En conclusion, « Je ne suis pas Charlie » mais « Je suis pour Charlie ». Question de mots ? Plus que cela : le choix de ceux-ci  permet d’exprimer les nuances d’une pensée, d’une réflexion qu’un slogan court et/ou une caricature ont des difficultés à formuler. Je me refuse, d’abord, d’être « Bête et méchant » comme Charlie se définit lui-même, ni au premier ni au second degré ; ensuite, refus d’être vulgaire et de blesser gratuitement qui que ce soit ; refus, enfin, d’autoriser ma liberté individuelle à mettre en péril la liberté et, au pire, la vie d’autres personnes. C’est ma façon à moi d’exercer ma liberté d’expression. Autocensure ? Pas pour moi, car ce n’est pas une contrainte ; il s’agit tout simplement d’un choix délibéré, de bon sens, fruit d’une éducation à la responsabilité, nourrie de valeurs morales où le respect d’autrui et l’intérêt commun occupent une place de prédilection. Dans cet esprit, je suis prêt à céder une partie - certes raisonnable, justifiée et contrôlée - de ma liberté individuelle si c’est pour un mieux vivre ensemble!

                    Ceci étant dit, je le répète, «  Je suis pour Charlie », résolument avec force et conviction. Paraphrasant Voltaire, je dis à Charlie : « Je ne suis pas toujours d’accord avec tes dessins ; mais je me battrai pour que tu aies le droit de continuer à t’exprimer comme tu as choisi de le faire, avec impertinence, certes, mais aussi un énorme talent... Mais ne perds pas de vue tes responsabilités, proches et lointaines. »

                    Charlie Hebdo, sa dérision et son irrespect des tabous ont froissé, choqué, agressé, blessé des sensibilités, des communautés. Que celles-ci réagissent est normal : avec d’autres dessins, des protestations, des mots, des textes, des arguments, des débats, des chansons, des manifestations pacifiques, des procès... d’accord, c’est la démocratie. Mais réagir à la kalachnikov, non ! Surtout si, non seulement ces armes de guerre punissent « les mécréants qui l’ont cherché » (sic) mais tuent aussi des victimes innocentes qui n’ont rien à voir avec Charlie, qui ne sont pas Charlie, elles non plus.

    Démocratie

                    Celle-ci est une construction fragile reposant sur trois piliers fondamentaux repris dans la devise de la République Française, «  Liberté, Egalité, Fraternité » Liberté d’être, de se déplacer, d’agir, d’avoir et d’exprimer des convictions... Egalité dans la liberté, les droits, les devoirs, le respect, la considération, quelles que soient l’origine, la race, la couleur de peau, le sexe, la langue, les croyances, l’appartenance sexuelle, les conditions sociales... Fraternité dans la vie quotidienne, dans le partage des joies, des peines, des bons et mauvais moments, dans les grands élans populaires au service de causes humanitaires et humanistes importantes, face à l’adversité, par la générosité, le désintéressement ...

                    Mais, lorsqu’un de ces piliers est attaqué brutalement, comme la liberté - d’expression - l’a été à Paris, une solidarité immédiate et une réaction vigoureuse s’imposent avant que l’ensemble de l’édifice ne s’écroule, emportant avec lui les deux autres piliers. A nous tous d’en être conscients, citoyens ordinaires et responsables à tous les niveaux ; à nous tous d’agir en conséquence.         

    Source & textes de > Bruno Heureux. Photo > SudInfo

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > ERIC ZEMMOUR !

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    Cet article était écrit avant la tragédie de Charlie Hebdo et de ses suites ; je les j’évoquerai plus tard, avec un peu de recul ; mais, selon moi, elles ne changent rien au propos développés ci-dessous.

    ERIC ZEMMOUR

                    Que le verbe et la littérature du polémiste français, imprégnés d’une xénophobie pernicieuse, puissent choquer les honnêtes gens, on le comprend. Pourtant, au-delà de cette indignation, gardons la tête froide et l’esprit lucide, évitons les réactions purement émotionnelles ; celles-ci donnent trop souvent des réponses inadéquates, parfois teintées elles-mêmes d’une forme de racisme inavoué mais bien présent, lourdes d’amalgames injustifiés et injustes, incomplètes, simplistes et sans nuances, à des questions complexes touchant aux fondements mêmes de notre société démocratique ; avec, dans le cas présent, comme conséquence perverse, une propagande médiatique inespérée pour l’auteur d’un livre qui n’en méritait pas tant.

    Questions et réponses

                    Victime d’une crise, notamment économique, sociale et morale, profonde comme rarement auparavant dans son histoire, notre société occidentale est fragilisée. Pour la protéger, d’aucuns prônent le repli sur soi, identitaire, défensif, protectionniste, paranoïaque, égoïste ; Zemmour est de ceux-là, suivi, il faut le reconnaître, par un pourcentage non négligeable de les populations.

                    Devant pareille proposition et pour éviter qu’elle ne fasse tache d’huile, il est urgent de nous poser les vraies questions. La méfiance ou carrément le rejet de l’autre, du différent, de l’inconnu, de l’étranger « venu chez nous prendre le travail et manger le pain» des gens de souche... le souhait d’un retour à un passé regretté sans nuances, qui avait, certes, ses avantages mais aussi d’énormes défauts que nous ne supporterions plus aujourd’hui... la négation d’une réalité où mondialisation et multi-culturalité sont des données dont il faut tenir compte... ces réactions sont-elles de vraies solutions aux problèmes de santé de notre société ? Il est permis d’en douter ! En effet, avons-nous tellement peur pour nous-mêmes et de nous-mêmes, sommes-nous si faibles que nous soyons incapables d’oser faire face, d’argumenter et de contredire avec force et justesse les dires d’un bateleur aux propos réducteurs et aux déductions fallacieuses, au point de vivre barricadés derrière le mur de nos inquiétudes et préjugés ? Si c’est le cas, l’avenir de notre société est sérieusement compromis parce que soumis au vent dévastateur du pessimisme d’un prédicateur et de ses coreligionnaires, aux analyses et diagnostiques douteux, aux remèdes dangereux pour la population. 

                    Nier les importants problèmes réels de notre société, générés par l’évolution des rapports de force, notamment économiques, au niveau mondial, liés aux  délicats drames humains et sociaux créés par les flux migratoires de plus en plus conséquents, causés et amplifiés par les intégrismes de toutes sortes... serait également très dangereux ; il est donc vital de leur trouver des solutions efficaces et durables. Mais en attendant leur mise en pratique et/ou leur intensification, ce n’est pas une raison pour applaudir ou, tout aussi grave, pour déplorer passivement les vérités « Zemmouriennes ».

    (Ré) agir

                    Même s’il distille la méfiance et la zizanie entre les gens, les cultures, les religions, interdire à Zemmour de venir chez nous est anti-démocratique et improductif ; laissons-le parler, s’expliquer quitte à ce qu’il soit sanctionné sévèrement s’il dépasse les limites éthiques tracées par nos lois.

                    Mais, face à ses propos ambigus, simples citoyens, intellectuels, acteurs de terrain et responsables politiques, osons affronter ce monsieur à visage découvert ; tous, pourfendons ses constats fébriles, tendancieux, excessifs, par des arguments solides, théoriquement irréfutables et pratiquement probants parce que tirés de la réalité vécue au sein de notre société. Mais, pour que ce bien vivre ensemble existe vraiment, s’améliore, devienne plus solide et exemplaire, chacun de nous doit s’investir, dans sa vie courante et dans son milieu, pour désenclaver les ghettos raciaux, urbains, sociaux et combattre l’a priori méfiant et injuste.

    Concrètement : gens de souche, accueillons les étrangers venus pacifiquement apporter un plus à notre humanisme multiculturel, aidons-les à s’intégrer ; nouveaux arrivés, respectons le milieu, les usages et la culture qui nous accueillent, sans vouloir importer, imposer les nôtres vécus dans  un milieu tout à fait différent ; les uns et les autres, écoutons, dialoguons, découvrons, rejetons préjugés et amalgames, partageons équitablement travail, bien-être, reconnaissance sociale, qualité de vie, construction de projets communs...

                    Pour donner à nos efforts individuels et collectifs plus de chance(s) de réussir ce généreux programme ambitieux  et capital pour notre société, le soutien de nos gouvernants est indispensable, au moyen de judicieuses et efficaces politiques économiques, sociales et culturelles. Fameux challenge ! Car il y a encore beaucoup de pain sur la planche ! Mais la guérison de notre société passe par là et pas par les pseudo-remèdes empoisonnés d’Éric Zemmour et de ses semblables, venus d’ailleurs et/ou de chez nous.

    Source & Texte > Bruno Heureux.

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    LE MOT DE BRUNO HEUREUX > SEPTANTE ANS ! ………..

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    Septante ans !

                    70 ans ! IL vient d’avoir septante ans. Pas soixante-dix, comme disent celles et ceux qui, par futile coquetterie ou par négation peureuse de la réalité, veulent prolonger leur soixantaine. « 70 ans et toutes mes dents ! » ose-t-IL en riant et dévoilant une dentition impeccable ! « Toutes tes dents, toutes tes dents ?!?... A d’autres, sacré menteur ! » En effet, si vous le surprenez peu après son réveil, vous entendez tout de suite que, sans ses dentiers, IL parle comme avec un gros cheveu sur la langue et on devine qu’ainsi dépouillé, IL consomme plus de crèmes et de yoghourts que de steacks et de couques de Dinant !!!

                    70 ans ! Et un constat implacable : plus sa vie s’allonge, plus sa mémoire raccourcit ! « Et y a pas que sa mémoire ! » renchérit son voisin, avec un clin d’oeil perfide et moqueur !!!  «  Comment le sait-il, qui le lui a dit ? » s’offusque-t-IL alors ! Pourtant, faisant, contre mauvaise fortune, bon coeur, IL minimise ce handicap car, jusqu’à présent, jamais encore, IL n’a embrassé sa femme en lui disant « Je t’aime, Georgette ! », Georgette, le prénom de sa voisine !!! Il n’y a donc pas péril en la demeure.

                    70 ans ! L’âge d’accepter, sans fausse pudeur ni honte, que son corps vieillit - « et ça ne date pas d’hier !! ! » - ; un corps aux performances très éloignées des records (!), prouesses (?), exploits (?) de sa jeunesse. Constat dont s’accommodent pourtant son coeur et sa tête qui n’hésitent pas à bousculer un peu sa vieille carcasse pour lui faire découvrir des horizons encore inconnus et le rivage de la sagesse.

                    70 ans ! Et toujours poète dans l’âme, chanteur à l’occasion, sous et en dehors de sa douche ! Mais l’art qu’IL pratique surtout aujourd’hui est, sans conteste, « l’art hrose » ; même si c’est à son corps défendant, IL possède cet art douloureusement jusqu’au bout des doigts, des épaules, de la nuque, du dos, des hanches, des genoux, des pieds ; un art reçu en héritage de sa mère percluse de rhumatisme(s).

                    70 ans ! Dont près de quarante-cinq de vie commune avec l’amour de sa vie rencontré à l’université, rencontre et amour qui, selon lui, ont été et restent la plus grande chance de sa vie. « Une telle fidélité fait de notre couple un des derniers représentants d’une espèce en voie de disparition ! » constate-t-IL avec humour. « Ce n’est pas facile tous les jours », poursuit-IL plus sérieusement, « car il ne s’agit pas seulement d’amour, de tendresse, mais aussi de la pratique quotidienne des vertus conjugales que sont patience, volonté, respect de l’autre, solidarité dans le partage des bons moments et des mauvais coups de la vie... » C’est qu’au fil du temps, avec le recul et l’expérience emmagasinée, IL est devenu un peu philosophe, notre septuagénaire : « Je suis arrivé à l’âge de donner de bons conseils depuis que je ne suis plus capable de montrer le mauvais exemple !!! »

                    70 ans ! L’âge de voir avec fierté leurs enfants tracer leur propre route, honorablement, dignement, respectant et semant à leur tour les valeurs inculquées en famille, tout au long de leur cheminement vers la maturité et l’autonomie responsable. Le moment également de savourer des instants privilégiés avec leurs petits-enfants ; occasions de les choyer d’amour, de les aider à découvrir et développer leurs talents, de les encourager à oser, de se faire leur complice et confident, de partager avec eux jeux, chagrins, rires, surprises, cadeaux, rêves, déceptions, espoirs...  Moments aussi de recevoir, sur la joue, leurs bisous au jus d’orange et, dans le coeur, leurs « Papy, je t’aime très fort, jusqu’au ciel ! »

                    70 ans ! L’âge de regarder encore vers l’avenir, court ou long, peu importe ; de poursuivre des rêves, moins grands, peut-être, moins loin, sans doute ; surtout, de ne pas laisser d’éventuels regrets superflus freiner sa marche dans une dernière ligne droite qui mérite d’être vécue, malgré son issue à la fois prévisible et incertaine. Et donc l’âge, pour lui, d’apprécier au mieux le présent, de partager ses saveurs avec de fidèles amis, de rester semeur de petits bonheurs autour de lui et même ailleurs.

                    70 ans ! Comme moi ! L’âge d’être Heureux ! Encore et toujours, tout simplement... Merci, la vie !

    Source & Texte de > Bruno-Heureux

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > 3 ARTICLES

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    Rectification

                    Rappelez-vous, en novembre dernier, dans un de mes articles, je stigmatisais la situation « pas drôle du tout » vécue par un couple qui venait d’acheter une maison dans notre région. L’administration communale de l’endroit lui avait fait savoir que sa nouvelle habitation n’était pas raccordée aux égouts - et qu’il devait installer un système d’épuration de ses eaux usées - alors qu’un document remis par le service des travaux de cette même commune certifiait le contraire !!! Je plaidais alors pour une administration rendant des services plus professionnels et plus respectueux des habitants, notamment les nouveaux.

                    En découvrant cette info, le responsable du service incriminé, qui a le bon (?!) goût de lire ma modeste littérature, a reconnu le cas évoqué et a réagi vertement ; il se sentait visé par des propos  « diffamatoires » mettant en cause sa réputation jamais ternie tout au long d’une longue carrière au service de la commune et de ses habitants. De mon côté, les documents et informations sûres en ma possession justifiaient mes écrits sans aucune équivoque.

                    A ma demande, ce responsable et moi nous sommes rencontrés. Lors de notre réunion, il est rapidement apparu que le document indiquant que la maison en question était raccordée portait à confusion. En effet, le terme « raccordé » repris sur ce document signifie « sujet à la taxe communale annuelle sur l’entretien des égouts ». Concrètement, dès qu’un particulier a la possibilité de raccorder le tuyau d’égouttage de sa propriété au réseau communal des égouts, qu’il le fasse ou pas, son habitation est répertoriée « raccordée ». Comment le savoir sans aucune explication sur le document visé ?

                    Conscients que notre divergence de vue était tout simplement liée à ce quiproquo, le responsable des travaux et moi, en personnes raisonnables, nous sommes quittés en bons termes : lui mettant sur le coup de la colère, bien compréhensible, sa réaction vigoureuse ; moi, estimant qu’il était de bon aloi de rectifier dans la presse mon information à la lumière de notre entretien constructif. Alors, en résumé : oui, ce monsieur a très bien fait son travail ; non, sa réputation ne peut donc être abîmée par mes écrits antérieurs ; oui, je regrette que ceux-ci aient été viciés par un document administratif utilisant le terme «raccordé » dans un sens  inadéquat et donc incompréhensible pour le non-initié !

                    Personnellement, j’ai toujours à coeur d’informer correctement les lecteurs, me permettant, parfois, «d’asticoter » les auteurs de faits ou de propos inadmissibles dont les citoyens ordinaires sont les victimes ; car comme le disait Félix Leclerc : « Un poète qui ne dérange pas ne sert à rien ». C’est aussi vrai pour un journaliste ! Mais, par contre, je supporte mal de blesser quelqu’un, même, involontairement, car, en citant de nouveau le poète-chansonnier québécois, « La peine de ma vie est d'en avoir fait. » C’était le cas ici et je répare.

    Entretien

                    D’abord, « entretien » est le mot français traduisant parfaitement le terme anglais « interview » ; alors, pourquoi aller chercher ailleurs ce que nous avons d’excellent dans notre belle langue ?

                    Ensuite, je suis régulièrement mal à l’aise à la vue et à l’écoute des entretiens que les journalistes politiques de la RTBF ont avec leurs invités politiques. En effet, j’éprouve souvent le sentiment que leur première intention est moins de faire mieux connaître aux téléspectateurs le point de vue de leur invité du jour, son programme politique, ses réactions devant l’actualité, que de le piéger, de lui faire dire du mal de collègues, d’autres partis, de négliger le fond au profit d’un éventuel détail croustillant. Interrompre systématiquement l’invité, l’empêcher de répondre complètement à une question, tirer de ses propos des conclusions hâtives, erronées, voire désobligeantes, ou les interpréter avec une certaine mauvaise foi certaine, sont des pratiques malsaines, injustifiées, visant plus la recherche du sensationnel que l’information et indignes d’une vraie investigation.

                    Cela m’a particulièrement frappé lorsque, peu après la formation du gouvernement actuel, ils ont, à diverses reprises et avec insistance, tenté de faire dire à Jean-Marc Nollet que le nouveau ministre du budget, Hervé Jamar, était incompétent ; l’ex-ministre Ecolo a eu le bon goût de ne pas tomber dans le piège. Je dis « le bon goût » non pour défendre un ministre parce qu’il est issu de ma région mais parce que l’attaque sournoise était imméritée ; en effet, il est plus difficile, après seulement quelques jours de fonction, de maîtriser toutes les données d’un ministère où la matière - les chiffres - ne permet pas de noyer le poisson par d’évasives diversions « littéraires », pour ne pas dire par du « blabla », comme cela peut-être possible dans des domaines aux frontières moins précises, comme les affaires étrangères, la coopération au développement, la poste, la Mer du Nord, la politique scientifique... L’honnêteté intellectuelle et morale doit nous dicter de ne pas juger les ministres lors de leur entrée en fonction sur des premières vagues impressions  mais sur des résultats au terme de leur gestion de leur ministère.

    Compétences

                    La désignation des ministres et de leurs départements est liée à divers facteurs parfois inconciliables : l’importance du groupe à la chambre, l’appartenance linguistique, l’attribution de certaines hautes fonctions en Belgique, en Europe et/ou dans les sphères internationales, les exigences de certains chefs de parti, les tendances internes et régionalistes au sein de chaque parti associé au gouvernement... Si bien que l’absence d’une vraie cohérence et d’une nécessaire concordance entre les compétences personnelles des nouveaux ministres et celles exigées pour gérer le ministère qui leur est imposé n’est pas rare ; ce qui peut faire d’un poste ministériel un cadeau empoisonné pour celui qui en hérite.

                    Enfin, cette désignation est confrontée à l’empirique mais très connu « Seuil de Peters », régulièrement appelé « seuil d’incompétence ». Dans tous les domaines de la société, un individu excellent dans sa fonction peut être choisi pour exercer une fonction supérieure avec des responsabilités accrues ; mais il peut s’y révéler incapable de faire face aux nouvelles missions qui lui sont confiées parce que, tout simplement, il a dépassé les limites de ses compétences et parce que les auteurs du choix ont surestimé ses capacités d’adaptation. Un bon professeur ne devient pas nécessairement un bon directeur, un excellent ouvrier peut se révéler un mauvais chef d’atelier, un bon syndicaliste de base peut être un piètre secrétaire général, un excellent joueur peut se muer en mauvais entraîneur... De même, en politique, un homme populaire peut-il toujours faire un bon conseiller communal, celui-ci un bon échevin, ce dernier un bon bourgmestre ? Cela ne va pas de soi et peut causer des déceptions. Ou encore, à un autre niveau, un excellent bourgmestre deviendra-t-il, au cas échéant, un bon député, celui-ci un bon ministre, ce dernier un bon premier ministre ? Ce peut être le cas mais il arrive, plus souvent qu’on le croit, que le résultat espéré soit loin d’être obtenu.

                    Ces questions se posent dans tous les cas de promotion, surtout si le choix est interféré par des considérations partisanes et/ou subjectives ; pas seulement en politique mais aussi partout ailleurs quand favoritisme, népotisme et copinage remplacent des critères objectifs d’une sélection de qualité au détriment de l’intérêt collectif de la société concernée.

    Source & Texte > Bruno Heureux.

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    LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > ISLAM ET EUROPE

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    Islam et Europe

                    Il n’est pas une semaine sans que je reçoive dans ma boîte aux lettres électronique des articles, des photos, des blagues sur les Arabes et les Musulmans, les uns et les autres confondus dans un amalgame où ils sont rassemblés le plus souvent sous le terme d’islamiste ; confusion qui dénote déjà le peu de nuance du contenu de ces envois et des connaissances limitée du sujet par leurs auteurs.

                    Ayant des amis arabes et non musulmans, d’autres, musulmans et non arabes et encore, arabes et musulmans, j’ai cherché à en savoir plus sur l’Islam en allant à sa source, le Coran que je suis occupé à lire. Jusqu’à présent, contrairement à tous les préjugés, dénigrements et accusations que j’ai lus et entendus, je n’ai trouvé dans ce livre saint aucune trace des dérives, des intolérances, des exactions et horreurs que certains intégristes commettent en son nom ; l’Islam mérite mieux que l’image qu’en donnent  ces fanatiques qui l’exploitent à des fins criminelles et barbares.

                    Le Coran est un livre qui, comme la Bible des chrétiens et des juifs, comme les préceptes des grands maîtres du bouddhisme, peut être un guide de vie où la spiritualité personnelle, le respect et la tolérance imprègnent des valeurs morales universelles encore valables aujourd’hui et bien nécessaires dans notre époque déboussolée à beaucoup de points de vue.

                    Le témoignage poignant qui suit est l’expression du rejet d’un Islam non conforme à son esprit, d’un Coran que certains courants, par une interprétation abusive et dévoyée, on transformés en un instrument  de pouvoir moral et d’asservissement physique. Témoignage courageux et lucide qui mérite, au terme de sa lecture, une réflexion approfondie.

    Il y a des jours où je regrette d’être née arabe ! 

    Fawzia Zouari écrivaine et journaliste tunisienne, docteur en littérature française et comparée de la Sorbonne a publié dans « Jeune Afrique » du 02 mai 2014 cet article remarquable : « Il y a des jours où je regrette d’être née arabe. »

                    Les jours où je me réveille devant le spectacle de gueules hirsutes prêtes à massacrer au nom d’Allah et où je m’endors avec le bruit des explosions diffusées sur fond de versets coraniques.

                    Les jours où je regarde les cadavres joncher les rues de Bagdad ou de Beyrouth par la faute des kamikazes; où des cheikhs manchots et aveugles s’arrogent le droit d’émettre des fatwas parce qu’ils sont pleins comme des outres de haine et de sang; où je vois des petites filles, les unes courir protéger de leur corps leur mère qu’on lapide, et les autres revêtir la robe de mariée à l’âge de 9 ans.

                    Et puis ces jours où j’entends des mamans chrétiennes confier en sanglotant que leur progéniture convertie à l’islam refuse de les toucher sous prétexte qu’elles sont impures.

                    Quand j’entends pleurer ce père musulman parce qu’il ne sait pas pourquoi son garçon est allé se faire tuer en Syrie. À l’heure où celui-ci parade dans les faubourgs d’Alep, kalachnikov en bandoulière, en attendant de se repaître d’une gamine venue de la banlieue de Tunis ou de Londres, à qui l’on a fait croire que le viol est un laissez-passer pour le paradis.

                    Ces jours où je vois les Bill Gates dépenser leur argent pour les petits Africains et les François Pinault pour les artistes de leur continent, tandis que les cheikhs du Golfe dilapident leur fortune dans les casinos et les maisons de charme et qu’il ne vient pas à l’idée des nababs du Maghreb de penser au chômeur qui crève la faim, au poète qui vit en clandestin, à l’artiste qui n’a pas de quoi s’acheter un pinceau.

                    Et tous ces croyants qui se prennent pour les inventeurs de la poudre alors qu’ils ne savent pas nouer une cravate, et je ne parle pas de leur incapacité à fabriquer une tablette ou une voiture.

                    Les mêmes qui dénombrent les miracles de la science dans le Coran et sont dénués du plus petit savoir capable de faire reculer les maladies.

                    Non ! L’Occident, ces prêcheurs pleins d’arrogance le vomissent, bien qu’ils ne puissent se passer de ses portables, de ses médicaments, de ses progrès en tous genres.

                    Et la cacophonie de ces « révolutions » qui tombent entre des mains obscurantistes comme le fruit de l’arbre.

                    Ces islamistes qui parlent de démocratie et n’en croient pas un mot, qui clament le respect des femmes et les traitent en esclaves.

                    Et ces gourdes qui se voilent et se courbent au lieu de flairer le piège, qui revendiquent le statut de coépouse, de complémentaire, de moins que rien !

                    Et ces « Niqabées » qui, en Europe, prennent un malin plaisir à choquer le bon Gaulois ou le bon Belge comme si c’était une prouesse de sortir en scaphandrier ! Comme si c’était une manière de grandir l’islam que de le présenter dans ses atours les plus rétrogrades.

                    Ces jours, enfin, où je cherche le salut et ne le trouve nulle part, même pas auprèsfawzia_zouari.jpg d’une élite intellectuelle arabe qui sévit sur les antennes et ignore le terrain, qui vitupère le jour et finit dans les bars la nuit, qui parle principes et se vend pour une poignée de dollars, qui fait du bruit et qui ne sert à rien !

                    Voilà, c’était mon quart d’heure de colère contre les miens. Ouf !

     Source > Fawzia Zouari. Photo > jeunetunisien

                    A la lecture de cette confession de Fawzia Zouari, franche, lucide et, peut-être, dangereuse  pour celle qui nous la livre, il en est, dans notre société occidentale, notamment européenne, qui se sentiront confortés  dans leurs propos et/ou comportements moqueurs, de rejet, même haineux. Pourtant, nous Européens, n’avons-nous pas la mémoire déficiente, n’avons-nous pas à balayer devant notre porte, même si la démarche est difficile ? Osons reconnaître qu’il y a parfois de quoi être honteux d’avoir été, d’être Européen ; exemples et raisons sont multiples au cours de l’histoire de notre continent, notre époque en foisonne : faut-il rappeler le massacre de la Saint-Barthélemy, les colonisations brutales en Amérique, en Afrique et en Asie où, à côté d’aventuriers généreux de l’idéal, il y a eu des cohortes de guerriers sanguinaires, d’exploitants et pilleurs de toutes sortes et sans scrupules, de marchands d’esclaves ?… Et encore, aujourd’hui, la frilosité des Européens à venir au secours de populations massacrées, dans le silence parfois - tout simplement, entre autres, parce qu’il n’y a pas de pétrole chez elles ou parce que « cela ne nous regarde pas » - par des dictateurs, régimes et intégrismes de la pire espèce… n’est-elle pas source de honte, ne doit-elle pas nous faire endosser l’humilité ?

    Alors, le courage de cette femme, qui prend des risques énormes en s’exprimant, n’est-il pas l’exemple à suivre pour que notre Europe redevienne la référence qu’elle a parfois été au travers de ses humanistes qui eux aussi ont jalonné son histoire ; car je suis fier d’être Européen, et, parfois, plus précisément d’être Belge, lorsque j’évoque le Père Damien, leBrunoHeureux 036.jpg Père Pire, le docteur Albert Schweitzer, Mère Theresa, sœur Emmanuelle et… beaucoup d’autres.

    A mon sens, l’Europe doit non seulement se construire mais, surtout, retrouver les valeurs humanistes qui en ont fait, parfois, une lueur rayonnant la dignité, le respect et la tolérance sur l’ensemble de la planète.

    Source texte de Bruno Heureux. Photo > europe-israe

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    ANDRÉ MOTTET & BRUNO HEUREUX DEUX THISNOIS & … LE WALLON !

     

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    "Nos ston firs dyesse wallons"

                    Auteur récemment d’un livre sur Thisnes en Hesbaye son village natal, André Mottet est également un défenseur acharné du chef-d’œuvre en péril qu’est le wallon en général, du wallon thisnois en particulier.

    C’est ainsi qu’il anime chaque mois, surRadio FM Passion, une émission entièrement en wallon avec son compère « Lulu » Ledoux. De plus, déjà bien occupé à la rédaction d’un second ouvrage dans la lignée du premier, André Mottet trouve encore le temps d’assouvir une autre passion, la traduction en wallon d’ouvres d’auteurs anciens et célèbres comme Jean de La Fontaine... Aujourd’hui, laissons-le raconter cette passion d’une langue dialectale qui, sans des mordus, sans des amoureux comme lui, serait déjà morte dans l’indifférence totale.

    Bruno Heureux.

    Théåte  à  Thîn’

    Dernièrement, Le Rideau Thisnois a présenté « Å djoyeû  Pinson » de Christian DERICKE, adaptation du regretté Jean THOUNE, mise en scène par Fernand Petitjean.      

    Participation au concours de la Province  (pièce jouée par 4 troupes différentes au cours de la saison).

    4 représentations (730 personnes) ; « on a dû refuser +/- 20 places». Discussion avec un membre du jury : très bonne impression.Echos du public : très, très favorables.

    Très bonne distribution pour les 4 femmes et 5 hommes.

    Très beaux décors de Louis GOFFART : hall d’accueil d’une maison de repos, avec notamment une porte d’ascenseur (porte coulissante et éclairage automatique), une porte sur l’escalier et 4 portes de chambres.

    Accompagnement musical très bien choisi  -  du bon théâtre !!!

    Mise en scène irréprochable : aucune erreur de placement  - justesse du ton et de la gestuelle. Dialecte liégeois  de bonne qualité, malgré de temps en temps, une petite « thisnoiserie ».

    Distribution et intrigue

    L’action se passe dans un home de personnes âgées : 1 directrice du home avec 1 infirmière et 1 infirmier ; 6 pensionnaires, hommes et femmes de 75 à 95 ans.

    Mme JOLIN,  directrice du home : ma voisine Patricia VANDERVOST donne toute sa mesure dans un rôle qui devient de composition au 3ème acte ; Tom, l’infirmier : rôle ingrat, très bien tenu par le jeune Denis REQUETTE, élément prometteur de la troupe ; Mélissa, jeune infirmière, souffre-douleur (tchin dèl mohone) de la directrice et en même temps objet des attentions d’un pensionnaire amoureux,  rôle très bien interprété par Laurence VANDERVORST ; Roland : 75 ans, directeur d’usine pensionné, va rester au centre de l’action pendant tout le spectacle ; rôle impeccablement tenu par notre ami Lucien LEDOUX, à la hauteur de sa réputation déjà primée à Liège ; Edgard : 80 ans, ancien ébéniste, puis charpentier, le cœur sur la main, rêve encore d’un grand amour et jette sur dévolu sur Mélissa, la jeune infirmière ; ce beau rôle est parfaitement joué par ce camarade de longue date, Adrien LIBIN, un de nos plus anciens acteurs ayant beaucoup de métier et d’aisance en scène ; Ernest : 74 ans, adjudant pensionné depuis 20 ans, un gros couillon qui se fait passer pour général ; depuis la mort de son père il y a 20 ans, il est en froid avec sa mère toujours en vie…. ! C’est François GENOT qui fait toujours rire, rien qu’en entrant en scène ; Germaine : 82 ans, divorcée de son mari depuis plus de 20 ans, se déplace avec un « gadot », femme rancunière, avec un franc parler, beau rôle de composition admirablement tenu par Sophie GERARD ; Joséphine, 95 ans, nouvelle pensionnaire, grincheuse et autoritaire, …la maman du militaire qui en a « toujours autant peur » !! Elisabeth ROUCHE a interprété magnifiquement ce terrible rôle de composition ; Victor : 80 ans, nouveau pensionnaire, ancien syndicaliste dans l’usine de Roland, n’est autre que l’ancien mari de Germaine, devenu par un 2d mariage, beau-père de la directrice : aie, aie, aie ! ; Comme d’habitude, Louis GOFFART, rivalise de métier avec Adrien précité, dans un liégeois sans faute.   

    Commentaires d’André Mottet

                    Dès la deuxième scène, on pressent que le général va être démasqué et quelques répliques plus loin, que sa maman toujours en vie pourrait débarquer…on devine déjà la suite ; par contre, au milieu de ce premier acte, quand la directrice déclare à Edgard, supposé prostatique : «dji n’a nou problème di robinet, mi !», on ne se doute pas de ce qui va lui arriver au moment du dénouement général.

    Les présentations traditionnelles sont à peine terminées que débarque Joséphine, 95 ans, bientôt suivie par l’arrivée surprise de Victor : tous les éléments du drame sont en place.

                    Mais, il s’agit d’une comédie …digne de Molière ou de la farce de Maître Pathelin : l’exagération des caractères et des situations ainsi que quelques quiproquos classiques font de cette pièce une comédie où l’on n’arrête pas de rire. Le vieil amateur que je suis s’est laissé entraîner par le jeu quasi professionnel de nos artistes locaux, buvant toutes les répliques comme du petit lait et jamais distrait par une lenteur ou une erreur de langage ou de placement. Un grand bravo et bonne continuation !

     « Li mosse di ritche èt  lès plêtieûs »  ou > « L’huître et les plaideurs », d’après le texte original de La Fontaine

    Version française, pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas cette fable.

    L'Huître et les Plaideurs

    Un jour deux Pèlerins sur le sable rencontrent

    Une Huître que le flot y venait d'apporter :

    Ils l’avalent des yeux, du doigt ils se la montrent ;

    A l'égard de la dent il fallut contester(1)

    L'un se baissait déjà pour amasser la proie ;

    L'autre le pousse, et dit : Il est bon de savoir

    Qui de nous en aura la joie.

    Celui qui le premier a pu l'apercevoir

    En sera le gobeur ; l'autre le verra faire.

    - Si par là on juge l'affaire, > Reprit son compagnon, j'ai l'œil bon, Dieu merci.

    - Je ne l'ai pas mauvais aussi(3) > Dit l'autre, et je l'ai vue avant vous, sur ma vie.

    - Eh bien ! Vous l'avez vue, et moi je l'ai sentie.

    Pendant tout ce bel incident,

    Perrin Dandin arrive : ils le prennent pour juge.

    Perrin fort gravement ouvre l'Huître, et la gruge(4)

    Nos deux Messieurs le regardant.

    Ce repas fait, il dit d'un ton de Président :

    Tenez, la cour vous donne à chacun une écaille

    Sans dépens, et qu'en paix chacun chez soi s'en aille.

    Mettez ce qu'il en coûte à plaider aujourd'hui ;

    Comptez ce qu'il en reste à beaucoup de familles ;

    Vous verrez que Perrin tire l'argent à lui,

    Et ne laisse aux plaideurs que le sac et les quilles(5)

    (1   discuter > 2  ramasser > 3  non plus > 4manger > 5 donner à quelqu'un son sac et ses quilles : proverbe pour congédier quelqu'un ; ici est évoqué le petit sac de toile où sont les pièces du procès)

    Version wallonne

    On djoû deûs pormineûs   /   å bwérd di l’êwe toumèt

    Sus  ’n moss’ di ritch’ qui l’flo  /  vinèv’ d’y  apwèrter.

    Leûs grands-oûy’ l’avalèt,  /  leûs narèn’ li houmèt,

    Po cou qu’èst di leûs dints,  / i  fala  s’discuter.

    Dèdjà, l’onk s’abahîv’ / po ramasser l’prôye

    L’ôte  èl tchouque, èt dit : /        fåreût  todi sèpi

    Liské      vôrmint   /  ènn’årèt l’djôye !

    Li cisse qui l’ prûmî    /  l’ a polou   dishovri

    Arèt l’dreut dèl èl’magnî ; /  l’ôt’ n’årèt qu’à s’têre.-

    Si c’èst-st-insi  /  qu’on djudje l’afêre,

    Ristitch’-ti  l’om’ al vol’,  /            dj’a bon’oûy, grâce à Diu…

    Dji n’l’a pôr nin  /  måva nin pus,

    Di-st-i l’ôt’. - L’prûmi,  /  c’èst mi  qui l’a vèyou.

    Bon, vos l’avéz vèyou,  /  mins mi, dji l’a sintou !

    Sos l’tins di cisse margaye

    Pièr’ le Båbiè ariv’ ; / i  l’mètèt   djudje di l’caye.

    Pièr’, sérieûs com’on påp’,  /  drouve li mosse,  èt l’avale,

    Nos bèlès djins  /  èl rawêtant…

    Ciss’-st-eûrêye fête, i d’ha : /  - al mod’ d’on prézidant  -

    Tinéz, li cour vis donne  /  à l’onk èt l’ôt’  in’ hågne

    Sins dèpans, et qu’è påye   /  chaskun’ d’lé lu  ’nnè r’våye.

    Comptez çou qu’ ènnè cosse   /  pôr oûy, di s’mèt è transe

    Comptez çou qu’ènné d’mane   / à tant di bonès djins

    Vos veûrez qui l’djustice  /         vis prindrèt tos vos çans’   

    Et n’lêrèt  å plêtieûs  /  qui l’sètch’ èt lès-èhins.

    André Mottet, modeste traducteur wallon.

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX « LES GRÈVES »

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    Vœux

    A l’approche de l’année nouvelle, permettez-moi de vous présenter mes meilleurs vœux de santé, de BrunoHeureux 036.jpgprospérité, de paix en famille et dans votre cadre de vie. Que 2015 soit pour chacun d’entre vous l’occasion de rencontres qui embellissent la vie et de pardons qui, eux aussi, assurent un mieux vivre dans la sérénité retrouvée.

    Bruno, HEUREUX de vous rencontrer au travers de mes écrits.

    Oser le dire

    Les événements politiques et syndicaux de ces derniers temps ainsi que quelques rencontres fortuites m’inspirent des réflexions qui se concluent toutes par ces trois mots : « Oser le dire » .

    Grève politique

    « La FGTB est le bras armé du PS et les grèves sont politiques ! » fulminent les partis du gouvernement fédéral. Et alors ?  Dans la Grèce antique, la politique est le service de la cité et de ses habitants ; chez nous, aujourd’hui, est-ce toujours pareil ?  En démocratie, certains semblent l’oublier, la politique n’est pas le monopole des partis, des élus, des ministres. Tout un chacun peut faire de la politique, individuellement ou en groupe, sans s’affilier à un parti, et faire entendre sa voix, pas seulement lors des élections mais dans sa vie de tous les jours. Alors, si la population ou une partie de celle-ci estime, après avoir épuisé toutes les autres voies, que la grève est l’ultime moyen pour défendre la qualité de sa vie et notamment celle des petits, des plus faibles, c’est son droit le plus strict voire un devoir. Chaque grève a un sens politique. Normal. Il faut oser le dire !  Normal, à condition que le dialogue social reste le moyen privilégié par tous de résoudre les problèmes entre les autorités, quelles qu’elles soient, et ceux qu’elles « administrent », normalement pour un mieux vivre ensemble ; or, ce n’est pas toujours le cas dans la mesure où le profit personnel, maximal et immédiat remplace trop souvent l’intérêt commun, polluant ainsi la concertation et la rendant très difficile. Il faut oser le dire.

    Grève sauvage

    Si la grève se justifie dans le cas où le dialogue social préalable débouche sur une impasse ou une rupture, en abuser fait perdre toute crédibilité aux travailleurs et à leurs représentants. Or, depuis l’annonce et la mise en oeuvre du plan syndical de grèves et de manifestations, plusieurs corporations ont mené des actions sauvages, notamment certains dépôts des TEC, une  partie des conducteurs de trains...

    Constatons que, une fois de plus, ces mouvements sauvages touchent principalement la Wallonie ; qu’ils ont pour objectifs des intérêts très « personnels », corporatistes pour ne pas dire égoïstes, loin des revendications plus larges des syndicats ; que, par ces actions intempestives, ils finissent par se mettre les usagers à dos. « Y en a marre, trop is te veel ! » disent ces derniers pris en otages; il faut oser le dire.

    Droit au travail

    Le droit de grève fait partie intégrante de la législation du travail ; le droit au travail fait partie intégrante des droits fondamentaux garantis à chacun de ses membres par notre société démocratique. Dans cet esprit, la dérive de certains piquets de grève est regrettable, qui intimident, injurient,  menacent, « bousculent », prennent en otage des gens, qui ne pensent pas comme eux ou qui ne peuvent se permettre de faire grève, et leur interdisent physiquement d’exercer leur droit au travail. En démocratie, face à une opinion différente, à une volonté opposée, plutôt que d’utiliser le chantage et la force, il faut savoir informer, convaincre et, ensuite, laisser à chacun son libre arbitre ; certains piquets devraient s’en inspirer. « Ce qu’on obtiendra par la grève, les non-grévistes en bénéficieront aussi ! » disent les grévistes. A cet argument, pas toujours vérifié, certains répondent : « Je me méfie des gens qui savent mieux que moi ce qui est bon pour moi ! Je ne leur demande rien ! » Il faut oser le dire.

    Mais il n’y a pas que les grévistes qui mettent en péril le droit au travail de tous les citoyens. Les gouvernements successifs, de quelque couleur qu’ils soient, par leur incapacité à mettre en place des politiques créatrices d’emplois, mettent à mal ce droit au travail qui doit assurer à chacun qualité de vie et dignité. Il faut oser le dire.

    Fin de carrière.

    La durée de la vie et donc de la retraite augmentant sans arrêt, il ne sera plus possible d’assurer, dans un futur proche, la pension de retraite de tous les travailleurs au terme de leur carrière, si des mesures adéquates ne sont pas prises dès aujourd’hui. Il faut oser le dire.

    Octroyer une pension décente après la vie professionnelle devrait se faire automatiquement non à un certain âge mais après un nombre défini d’années de travail : tout en tenant compte de la pénibilité différente des diverses professions ; tout en prévoyant des aménagements de fin de carrière appropriés à la santé et aux capacités des plus âgés ; tout en veillant, dans le calcul de la carrière et de la pension, notamment pour les femmes, à valoriser comme travail à temps plein les périodes de travail à temps réduit consacrées à l’éducation de jeunes enfants.

    Cela dit, travailler plus longtemps sera indispensable ; mais rendre cet allongement supportable et motivant devrait être l’unique objectif d’un ministère chargé d’organiser au mieux la (fin de) carrière de celles et ceux qui, il ne faut jamais l’oublier, par leurs impôts et leur travail, rapportent une part importante des recettes de l’état et contribuent aux bénéfices des entreprises. Il faut oser le dire.

    Taxations injustes

    « C’est toujours sur les petits que l’on retombe pour combler les trous créés par une mauvaise gestion de l’Etat. » « L’Etat a payé très cher le renflouement des banques en déconfiture de par leur propre faute. Aujourd’hui, c’est nous qui payons la note... Des milliards pour les banques et rien pour nos emplois ! » Surtout en temps de crise, de telles déclarations, on les entend tous les jours dans tous les lieux publiques. « Raccourcis faciles et amalgames ! » diront certains. Pourtant, peut-on donner tort à celles et ceux qui expriment leurs doléances. En effet, comment justifier, par exemple, qu’après avoir été renflouées par l’Etat, les banques se semblent pas avoir retenu la leçon et agissent comme avant, tout en rendant encore plus difficiles les conditions d’emprunt pour les particuliers et les petites entreprises ? Comment justifier des intérêts notionnels qui ne créent pas d’emplois mais assurent à ceux qui en bénéficient une largesse fiscale écoeurante ? Comment justifier la volonté gouvernementale de ne pas taxer les plus hauts revenus rendant ainsi la société et l’impôt plus inégalitaires, alors qu’on demande à chacun des bas revenus de faire un effort ? Comment justifier les amendes sévères pour certains « petits » délits du commun des mortels alors que des organismes importants et avec pignon sur rue escroquent le fisc sciemment et échappent aux éventuelles poursuites, condamnations et amendes grâce à des procédures interminables qui aboutissent au but recherché, le dépassement du délai de prescription ? Il faut oser le dire.

    D’aucuns n’hésiteront sans doute pas à qualifier mes propos de populistes ; j’assume même s’ils ont tort. Car ces propos sont l’expression de vérités et de réalités où inégalité et injustice règnent en maître, où, de fait, les puissants sont protégés et courtisés alors que les autres sont étroitement surveillés et éventuellement punis avec sévérité. «Si vous voulez faire de la prison, faites-le tant que vous êtes pauvres ; quand vous serez riches, cela ne sera plus possible. » «  Le pauvre a tort avec de bons arguments, le riche a raison sans argument du tout. » Aujourd’hui encore et plus que jamais, ces deux citations d’une lucidité ironique de Félix Leclerc conservent toute leur vérité. Il faut oser le dire.

    Autistes

    Les dirigeants d’un syndicat ont qualifié quelques ministres « d’autistes ». Ce n’est pas très aimable pour les ministres en question ; c’est aussi un manque de respect pour... les autistes qui ne méritent pas d’être comparés à certains de nos dirigeants !!! Certes, je rigole ! Pourtant, il est des mots, des comparaisons, des insultes, parfois, à proscrire pour exprimer indignation et colère, même légitimes. Il faut oser le dire.

    Dignement.

    Une connaissance me disait récemment sa rage d’avoir vu un de ses proches mourir dans d’atroces souffrances alors que celui-ci avait exprimé clairement le désir de s’en aller paisiblement. Sans tenir compte, dans un premier temps, du souhait du patient en phase terminale, l’équipe médicale avait prolongé une survie pénible par un acharnement thérapeutique incompréhensible. Ensuite, devant l’insistance de la famille, le corps médical avait finalement débranché tous les appareillages... tous, y compris celui qui administrait les antidouleurs !!! Débrancher tout, tel était le voeu du malade et des siens, mais, évidemment, pas les antidouleurs qui auraient permis à cette personne de s’en aller sereinement, ce qui ne fut pas le cas, bien au contraire. Inacceptable, inhumain ! On parle souvent du droit de vivre dignement ; mais celui de mourir dignement est tout aussi important ; il faut oser le dire.

    Source & Texte de > Bruno Heureux.Photo > Dessin de Samuel

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX …. L’UNION FAIT LA FORCE !

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    Moi d’abord !

    Trop souvent, notre époque et une partie de ceux qui l’habitent font preuve d’un égoïsme d’autant plus grand que la crise socioéconomique actuelle perdure.

    Egoïsme des nantis par rapport aux plus démunis, des pays riches face à la pauvreté des nations les plus pauvres de la planète, du Nord par rapport au Sud, des multinationales par rapport territoires d’ethnies « non civilisées »... Egoïsme aussi au sein d’une même famille, d’une même région, d’un même pays, d’un même continent, qui divise les gens, les peuples, les races et les dresse les uns contre les autres.

    L’union fait la force !

    Et pourtant, comme le rappelle notre devise nationale, elle aussi trop souvent oubliée, « L’union fait la force ».

    Devise dont l’esprit et même la formulation sont reprises dans la devise de nombreux pays sur tous les continents. Le « Unus pro omnibus et omnes pro uno » des Latins, traduit mot à mot en notre « Un pour tous, tous pour un », est une autre façon d’exprimer l’indispensable cohésion d’un groupe, d’une société, de notre continent, de notre planète entière, pour obtenir des buts communs, notamment et surtout celui d’un mieux vivre ensemble basé sur la solidarité, le respect et le partage... Ce constat et les réflexions qu’il m’a inspirées ont été le terreau de ma dernière chanson.

    « Un pour tous, tous pour un. »

    On n’est pas venu sur la terre

    Vivre son temps en solitaire ;

    Mais, pareils à des pèlerins,

    On marche ensemble sur le chemin...

    Un pour tous,

    Tous pour un.

     

    Pour affronter les océans

    Quand le vent se fait violent,

    Il souque dur, tout l’équipage,

    Pour éviter le chavirage...

    Un pour tous,

    Tous pour un.

     

    Au coeur d’un éternel hiver,

    La cordée qui s’avance vers

    Les sommets de l’Himalaya

    A besoin de tous ses sherpas...

    Un pour tous,

    Tous pour un.

     

    Pour chanter, rire et faire la fête,

    Dans la victoire et la défaite,

    Dans un cul-de-sac, face à l’obstacle,

    Serrer les coudes faits des miracles...

    Un pour tous,

    Tous pour un.

                    Cette modeste chanson ne va pas changer la face du monde, le cours de notre siècle, l’histoire de la chanson ; mais peut-être que, semée dans les oreilles de celles et ceux qui l’entendront, germera-t-elle dans leur coeur et imprègnera de solidarité leur façon de vivre au sein de leur voisinage et au fil de leurs rencontres.

    On peut rêver, car il n’y a, heureusement, pas que des égoïstes sur notre planète !

    Source & texte de > Bruno Heureux. > Photos 2 > Wikipedia