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    MOTS CŒUR & MOT TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > L’ISLAM & LE CORAN

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    L'Islam et le Coran

                    Il y a quelques mois, après avoir commencé la lecture du Coran (Voir Archives) je vous faisais part de mes premières impressions : "en gros", de même que le Christianisme, je disais que l'Islam est une "religion d'amour". La suite de ma lecture m'amène à nuancer ce constat général. Et cela, en compagnie d'un des lecteurs de mes rubriques qui, lui aussi, a lu le Coran et m'a fait part de certaines remarques que je vous livre avant d'y apporter, à mon tour, quelques précisions.

                    Ce lecteur me dit dans son courriel qu'il a lu "Le Coran" de D. Masson, paru en 1967. Personnellement, sur les conseils de Gabriel Ringlet et d'amis musulmans, j'ai lu la version de Chouraqui, éditée chez Laffont ; préférée à beaucoup d'autres à l'authenticité mise en doute[i], cette version est d'autant plus intéressante que son auteur a également traduit la Bible ; cela lui permet de souligner, tout au long de son ouvrage, certains points de comparaison très intéressants entre ces deux "livres inspirés", références pour les croyants de ces deux religions. En me conseillant également de lire "Coran, mode d’emploi" de Farid Esack, Gabriel Ringlet m'a m'évité l'écueil qu'aurait été de vouloir lire, traiter et interpréter le Coran comme un livre ordinaire. Or, comme la Bible, ce livre se lit à petites doses entrecoupées de profondes réflexions et de nombreux retours en arrière pour être sûr d'avoir bien compris la signification exacte des mots et le sens précis des phrases dont la forme poétique et allégorique peut dérouter.

                    Au cours de sa lecture du Coran, mon correspondant a noté diverses remarques, contradictions, impossibilités, erreurs... dont je vous livre, en substance, quelques exemples significatifs.

                    "L'Islam, religion d'amour ?" Pour le fidèle, certainement : appel à l'équité, la patience, la mansuétude, l'aide au pauvre, le rachat du captif... Mais aussi : "Tranchez les mains du voleur et de la voleuse". Le prophète souhaite aussi que meure un de ses oncles et le condamne au feu éternel !!! Concernant l'attitude vis-à-vis des étrangers, il constate que certaines étrangères sont des esclaves sexuelles de fidèles.  L'hostilité envers les incrédules est omniprésente, dont le comble est exprimé en ces mots crus : "Juifs et chrétiens, que Dieu les anéantisse !"  Enfin, il a lu que le port du voile par la femme est bien recommandé et que la création s'est effectuée en 6 jours et non 7.

                    Enfin, il constate que le Coran n'est pas aussi intemporel, aussi intangible que certains voudraient le faire croire : en effet, le prophète lui-même a abrogé certains versets révélés à La Mecque au profit d'autres reçus à Médine. C'est ainsi qu'on peut lire : "Dès que nous abrogeons un verset, nous le remplaçons par un autre meilleur ou semblable." Le problème, dit à juste titre mon correspondant, c'est que les spécialistes eux-mêmes hésitent sur la provenance de la révélation... Que faut-il en penser ? Quelle partie faut-il jeter ?

                    Un immense merci à cet interlocuteur pour sa lecture attentive et critique ainsi que pour ses observations que j'ai également eu l'occasion de vérifier lors de mes propres lectures.

    Aujourd'hui, comment lire le Coran ?

                    Il n'est pas inutile, avant d'aller plus loin, de rappeler quelques dates essentielles dans les



    [i]La même multiplicité  de sources se retrouve pour l'Evangile où, à côté des quatre versions reconnues officiellement par l'Eglise catholique, il existe toute une série d'évangiles apocryphes qui n'ont pas résisté à l'analyse fouillée des exégètes depuis 2000 ans.

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    LE MOT DE BRUNO HEUREUX > DROIT DE VOTE & SUPPRESSION DE L’OBLIGATION

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    Droit de vote à 16 ans

                    Même à distance respectable des prochaines élections, les partis réfléchissent déjà à la façon de séduire et s'approprier de nouveaux électeurs. C'est ainsi que certains d'entre eux envisagent l'abaissement de la majorité électorale de 18 à 16 ans !

                    Ces généraux de la tactique politique espèrent que ce nouveau "jouet" offert à des ados de plus en plus jeunes va compenser le manque d'intérêt, pour ne pas dire la méfiance et même le dégoût, d'un nombre croissant d'adultes à l'égard de la politique et de l'obligation légale de voter. Leur calcul est que ce nouveau droit des jeunes sera certainement utilisé par une grande majorité de ceux-ci. Rien de plus normal et on ne pourrait les en blâmer : en effet, lorsqu'un enfant reçoit nouveau jouet, un quadra s'offre une voiture aux gadgets dernier cri, une élégante flashe sur une robe sexy, ils ne manquent pas d'essayer au plus vite ce nouveau présent !  

                    Posons pourtant les questions que soulève une telle proposition aux jeunes de 16 ans. La plupart d'entre eux s'intéressent-ils à la "chose" politique ? Connaissent-ils vraiment l'histoire politique, structurelle, économique, sociale et culturelle de notre pays et la complexité de ses institutions actuelles ? La citoyenneté est-elle un de leurs intérêts premiers ? L'école et la famille les forment-elles vraiment à découvrir et à endosser le rôle que tout citoyen doit normalement jouer dans une société démocratique ? L'image que donnent la plupart de nos classes dirigeantes est-elle généralement pour nos jeunes l'exemple d'honnêteté et de désintéressement que le sens des responsabilités de ces dirigeants devrait normalement leur donner ?... La réponse est clairement NON ! Et ce n'est pas ces jeunes qui sont fautifs. Alors, les manipuler et leur faire croire qu'en leur offrant le droit de vote à 16 ans, on s'intéresse à eux, on les respecte, on les comprend, c'est un vrai mensonge, une pure arnaque.

                    Mettre à la disposition des enfants et adolescents une école construisant leur avenir sur base de savoirs solides et, surtout, sur la recherche de sens de la vie et des choix, sur la réflexion et le développement d'un esprit critique... Permettre à leurs parents de vivre dans des conditions économiques et sociales leur permettant de passer plus de temps avec leurs enfants pour mieux les éduquer... Donner aux jeunes qui entrent dans la vie professionnelle la réelle possibilité de mettre en pratique leurs acquis scolaires dans des emplois progressivement de plus en plus sûrs et valorisants... C'est cela, respecter, aider et aimer nos jeunes, et pas un gadget offert à des fins clairement intéressées. Car ce n'est qu'une fois ces conditions remplies que nos jeunes seront plus vrais citoyens qu'aujourd'hui ; alors, seulement, pourra-t-on envisager l'abaissement de l'âge du droit de vote à 16 ans. Mais, dans les conditions actuelles, cela n'a aucun sens ; au contraire, c'est déprécier un des outils symboliques de notre démocratie.

                    Me revient en mémoire une réflexion personnelle que j'ai régulièrement répétée à mes étudiants lorsque j'étais titulaire de rhétorique : « On est adulte non pas quand on couche avec son (sa) petit(e) ami(e) mais lorsqu'on paie ses factures...» On peut lui apporter des nuances, mais elle correspond à la stricte réalité... Encore faut-il que notre société, son système socioéconomique et ses dirigeants donnent à notre jeunesse la possibilité de payer ses factures et de ne pas devoir vivre chez papa et maman parce que le démarrage dans la vie coûte trop cher.  

    Photo > http://www.conseildelajeunesse.be

    Supprimer l'obligation de voter

                    Dans la foulée de la proposition précédente, certains députés ont exprimé leur volonté de supprimer l'obligation de vote, ce qui me semble une fausse bonne idée.

                    Ont-ils déjà oublié que le droit de vote est le fruit d'une très longue bataille que nos (leurs) grands-parents ont remportée au prix de combats et de sacrifices importants, au prix de leur vie parfois ? Pourquoi faire la fine bouche sur une avancée démocratique que nous envient encore une centaine de pays sur la planète ainsi que leurs populations soumises aux diktats de potentats "éclairés" et/ou de castes privilégiées ? Le confort et/ou la lassitude de nos habitudes démocratiques nous font-elles perdre de vue que le devoir électoral est la sève de la représentation des citoyens au sein de nos assemblées, fédérales, régionales, communautaires et communales ? Vivons-nous dans une société où, pour être dans l'air du temps, pour paraître moderne et jeune, pour gagner de nouveaux électeurs, il faut caresser les gens dans le sens du poil sous des prétextes fallacieux comme celui consistant à présenter comme une avancée la suppression  des devoirs fondamentaux de notre démocratie ?

                    Les défenseurs de la suppression de l'obligation de voter, semblent ignorer toutes ces questions pourtant essentielles pour la santé et la survie de notre démocratie ; questions dont les réponses adéquates sont également essentielles pour donner du fond à l'éducation, notamment civique, de notre jeunesse, en lui rappelant que tout droit est lié à un devoir de même importance, en lui inculquant le sens des responsabilités à assumer lorsqu'on fait partie d'une société.

                    Selon ces "penseurs", puisque le nombre de personnes qui ne vont pas voter augmente, autant supprimer l'obligation de vote. Donc, plutôt que de rectifier un comportement illégal de certains citoyens, il est des élus qui préfèrent la facilité, la reculade, la fuite de leurs responsabilités et donnent à nos jeunes un nouvel exemple désastreux de citoyenneté !!! Pourquoi n'ont-ils pas recherché la (les) raison(s) du refus grandissant d'exercer son droit de vote ? Sans doute, pour éviter de devoir reconnaître que, quels que soient les niveaux de pouvoir, les manipulations partisanes des formations politiques et les comportement certains de leurs membres sont les causes principales de ce déficit démocratique ; en effet, la façon dont la "chose" publique et les problèmes des citoyens sont pris en considération par trop de professionnels de la politique donne une image salie de la démocratie qui mérite beaucoup mieux de la part de ceux qui sont censés l'incarner avec désintéressement et noblesse.

                    Personnellement, je maintiendrais l'obligation de vote et sanctionnerais très sévèrement ceux qui ne la respectent pas ; leur comportement est un gaspillage démocratique honteux, aussi scandaleux que celui commis par les grandes surfaces qui jettent aux poubelles leurs invendus pourtant encore consommables. Par contre, je tiendrais compte du pourcentage de votes blancs et nuls, en réduisant le nombre d'élus dans la même proportion. Exemple, à la chambre : si les urnes révélaient 1/3 de votes blancs et nuls, le nombre normal de 150 députés serait réduit d'un tiers lui aussi ; donc, seuls 100 sièges seraient répartis entre les partis. Quelle économie et quel signal pour ces derniers qui devraient dans la suite se démener pour se montrer plus dignes de la confiance des électeurs et mieux intéresser les abstentionnistes (et les autres) aux sujets, problèmes et décisions qui les concernent au premier plan. Là serait la vraie réponse au désintérêt et rejet exprimés de facto par celles et ceux qui, actuellement, ne vont pas voter.

    Source & Texte de > Bruno Heureux.

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    LE MOT DE BRUNO HEUREUX SUR «ÇA BOUGE A LA BIBLIOTHEQUE COMMUNALE DE HANNUT »

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    Samedi 25 avril 2015, de 10h à 13h, animation « HAIKUS »   POUR TOUS.

    « Au cœur des livres, Matinée d’avril, Laissez parler votre cœur » : venez capturer l’instant par l’écriture ou l’illustration de haïkus sur une carte postale,  pour partager vos  ECLATS DE LIRE, vos ECLATS D’AMOUR.

    Projet2.jpgTable thématique : Les histoires d’amour ; les grandes, les petites, les classiques, les pas catholiques… Les histoires d’amour sortent des rayonnages.

    Apéro festif : l’équipe de la bibliothèque met les petits plats dans les grands pour vous accueillir.

    Au plaisir de vous y rencontrer… 

    Bibliothèque communale de hannut 43, rue de Landen – 4280 Hannut – 019/512316

    Scrapbooking et Télévie

    Les adeptes du scrapbooking sont invité(e)s à aller "scrapper" le samedi.25 avril, de 14 à 22h00, à la salle des Bettos, rue Mulhoff, 70 à 4300 Waremme (Bettincourt). Il y aura également des ateliers destinées à celles et ceux qui ne connaissent pas encore le scrapbooking et voudraient s'y initier... Bienvenue à toutes et tous.

    Les frais d'inscription de 10€  et un paiement de l'atelier de 5€/heure de même que les bénéfices de la vente de boissons et sandwiches seront versés intégralement au Télévie.

    Pour tout renseignement : Christine Lagneaux - christine@architectelagneaux.be - ; versements avec coordonnées complètes  au n° de compte - BE30 3770 6192 2211 -.

    Source & Texte > Bruno Heureux

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    MOTS CŒUR ET MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > CITATIONS …

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    Citations

                    Vous l’avez déjà constaté, j’adore les citations. En quelques mots, elles expriment une part plus ou moins grande de vérité et peuvent devenir sources de réflexions, sérieuses ou humoristiques. Celle de ce jour est de la plume de Paul Claudel ; la richesse et la profondeur de son contenu devraient inspirer les alchimistes contemporains qui essayent de tout transformer en fric, même l’humain, à n’importe quel prix.

    Citation : « Faire de la lumière, c’est plus difficile que de faire de l’or. » Paul Claude (1868-1955). Réflexion : « Lumineuse, cette citation ! Electrabel l’a comprise depuis longtemps… C’est pourquoi cette société nous fournit de la lumière à prix d’or !!! » Bruno Heureux (1944-...)

    On ne prête qu’aux riches

                    Lors de la crise bancaire de la fin des années 2010, notre argent  a sauvé de la mort les banques du pays. Pourtant, depuis, peu de choses semblent avoir changé pour ces chères, très chères, très très chères institutions qui ne semblent pas avoir retenu les leçons du passé ; la plupart du temps, elles ont repris leurs mauvaises habitudes refusant, notamment, de séparer leurs secteurs à risques - pour notre argent, une fois encore - de celui destiné à faire des prêts utiles aux investisseurs, gros, moyens et petits.

                    Or, il est de plus en plus difficile à des particuliers, avec pourtant des revenus stables, mais sans garanties personnelles et familiales, d’emprunter de l’argent ; les petites et moyennes entreprises sont logées à la même enseigne. On peut comprendre qu’échaudées par ce qui leur est arrivé - de leur propre faute -, les banques fassent preuve de prudence avant de prêter de l’argent  ; mais, delà à ne prêter qu’aux déjà riches, il y a une marge et une marche qu’elles ont franchies allègrement.

                    A côté d’un objectif d'enrichissement, normal pour toute entreprise, les organismes bancaires ont un rôle économique, voire social, à jouer : aider à créer de la richesse et des emplois chez de petits et moyens investisseurs dont le nombre et le dynamisme contribuent à développer une grande partie de la richesse de notre pays. Or, après une période de prise de risques inconsidérés avec notre argent, elles jouent maintenant « petit bras, ignorant et ratant le seul but qui leur a été fixé lorsqu’on les a renflouées, à savoir, se mettre aussi au service du pays, de son économie, de ses petites et moyennes entreprises... Conclusion : oui, on ne prête qu’aux riches.

    Tristes exemples !

                    Personnage en vue, DSK s’est vu autorisé, le plus légalement du monde, à se comporter comme un animal, faisant fi de toute morale et du moindre respect des autres, même des vraies ou fausses prostituées... Quel exemple pour notre jeunesse !!!

                    Hier, Jean-Claude Van Cauwenberghe, Guy Spitals, Guy Coeme, Anne-Marie Lizin... Aujourd’hui, Serge Kubla, Armand De Decker, Alain Mathot... Demain, sans doute, d’autres encore ! Régulièrement des personnalités de premier plan sont citées dans les médias, soupçonnées et/ou condamnées par la justice pour des « affaires » d’argent acquis frauduleusement et/ou pour avoir adopté des comportements répréhensibles par la loi. En attendant, avérés ou pas, les soupçons et accusations donnent du monde politique une image désolante qui amène nombre de simples citoyens à faire leurs les propos d’une habitante de Waterloo : « On sait bien que tout homme politique arrivé à un certain niveau de pouvoir est susceptible d’avoir des comportements douteux, à des fins d’enrichissement personnel par des moyens illégaux. » Dommage, car si c’est vrai, même très partiellement, quel exemple pour notre jeunesse !!!

                    En y mettant certaines formes cosmétiques, mais suivant les injonctions inflexibles de l’Allemagne et de sa dame de fer, Kaiserin Angela Merkel, l’Europe a finalement fait passer la Grèce sous les « fourches caudines[i] ». Pas de pitié pour le petit ! Mais pendant ce temps-là, la même Europe a donné un nouveau délai de plusieurs années à la France pour réduire l’importance de sa dette ; et ce n’est pas la première fois ! Ce faisant, l’Europe donne d’elle l’image de l’injustice, d’un traitement à deux vitesses de ses membres selon qu’ils sont puissants ou pas ! Conclusion : on ne prête qu’aux puissants ! Quel exemple pour notre jeunesse !!!

                    Au MR, surtout, on avait stigmatisé, à raison, le comportement « hystérique » de Laurette Onkelinkx lors de la déclaration gouvernementale, parce qu’on refusait de lui répondre à ses questions relatives aux propos et comportements de 2 membres NVA du gouvernement. Aujourd’hui, Laurette a trouvé un émule de gros calibre en la personne de Jean-Luc Crucke du MR. Rouge (le comble pour un bleu) d’indignation, l’homme s’est laissé aller, vitupérant et postillonnant sa colère haineuse à l’égard de Paul Magnette qui proposait au parlement wallon une « loi Kubla »[ii] ! Au tour du PS de se gausser de l’emportement du  parlementaire, excessif dans la forme... Comportements indignes, de l’une comme de l’autre, dont on est en droit d’attendre plus de modération, de mesure, de dignité. Quel exemple pour notre jeunesse !!!

                    Michel Preudhomme est un excellent entraîneur de football, sa compétence est unanimement reconnue. Par contre son comportement en bordure de terrain est très souvent déplorable : grossièreté, agressivité, manque de contrôle de soi, manque de respect des arbitres, gestes déplacés ... on pouvait attendre beaucoup mieux de l’ancienne idole de toute une génération de supporters. Quel exemple pour notre  jeunesse !!!

    Trop souvent, corruption, injure, ego démesuré, mensonge, hypocrisie, calomnie, intéressement personnel, indignité, irrespect, emportement... vicient  notre monde, hannut,blog,jcd,bruno heureux,mots coeur et mots tusnotamment politique, et en donnent une image peu reluisante. Alors, si l’exemple vient d’en haut, de cet « en haut » là, comment s’étonner qu’il soit difficile d’inculquer à notre jeunesse, des valeurs saines et nobles telles que le bon sens, l’honnêteté, le désintéressement, le respect, la dignité, la maîtrise de

    Source & textes de Bruno Heureux.



    [i] « Passer sous les fourches caudines » signifie, lorsqu'on est vaincu, être contraint d'accepter des conditions humiliantes et/ou ruineuses

    [ii] Personnellement, je ne suis pas contre cette proposition à condition que tous les autres excès de tous nos dirigeants fassent l’objet de la même attention et de la même répression... Pour ce faire, le travail reste énorme.

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > 3 ARTICLES

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                    Permettez-moi, cher ami lecteur, d’être (trop ?) sérieux dans les lignes qui suivent. Cela ne m’arrive pas souvent, alors profitez de ce moment de grâce !!!

    Réfléchir

                    Plus de 50 ans après mes études secondaires, j’ai toujours en mémoire les exhortations, encouragements et conseils de certains de mes professeurs. Parmi eux, des professeurs de l’époque, bien sûr ; mais aussi d’autres, venus du fin fond de l’histoire, maîtres de cultures antiques abordées dans les cours. Le contenu et les valeurs de ces cultures d’hier ont conservé tout leur intérêt et peuvent encore nous inspirer aujourd’hui.

                    L’un de ces maîtres, Socrate[i], m’a, notamment, laissé en héritage cette  réflexion que je n’ai jamais oubliée : « On ne peut rien enseigner à qui que ce soit, on peut seulement amener les gens à réfléchir... » Cette vérité (à mes yeux) a été le fil conducteur de ma carrière d’enseignant ; les matières pratiques et théoriques que j’enseignais étaient moins des buts à atteindre que des moyens pour développer chez mes élèves un esprit de réflexion au sens très large du terme. Y suis-je parvenu ? Seuls, mes anciens élèves pourraient le dire. Mais ma propre expérience d’étudiant gréco-latiniste le confirme : des matières au programme de mes humanités, je n’ai finalement retenu que peu de choses tangibles, concrètes, immédiatement « utilisables » ; par contre, s’est progressivement construite en moi une façon de réfléchir, de réfléchir au sens, raisons et conséquences des choses, aux événements, problèmes et rencontres de la vie ; une forme de réflexion qui nourrit encore mes choix et décisions d’aujourd’hui, au moment de la parole et de l’action.

                    Ceci ne doit pas pour autant nous faire oublier que les connaissances sont essentielles pour, par après, développer des compétences et, plus tard encore, nourrir la réflexion ; en d’autres mots - dont l’enseignement primaire et secondaire d’aujourd’hui devraient mieux s’inspirer -, sans connaissances en quantités suffisantes et solidement acquises, il est impossible de faire preuve de compétence(s), de résoudre adéquatement un problème quel qu’il soit.  Ce constat, en lui-même, mérite une réflexion approfondie.

                    Cela n’empêche que la compétence, elle aussi, reste surtout du domaine de la connaissance ; au-delà de celle-ci, grâce à elle, le jeune doit saisir l’occasion de développer une tournure d’esprit et de se choisir des valeurs-repères humanistes qui demeurent et résistent à l’usure du temps et aux aléas de la vie. L’une et les autres constituent la vraie richesse d’un homme.

    Libre pensée

                    Bill, le plus jeune de mes fils, a lu mes derniers articles sur la liberté d’expression, l’autocensure et le libre arbitre ; il a également découvert ma chanson : « Oser l’utopie ». Après lecture et écoute, il m’a fait part de sa totale adhésion à mes idées. Mais, surtout, il leur a apporté ses nuances et différents compléments très importants.

                    Bill n’est pas Socrate (la comparaison le ferait éclater de rire, ne serait-ce que d’un point de vue capillaire !) mais sa réflexion, profonde, idéaliste, utopiste à sa façon, révolutionnaire sous certains aspects, mérite qu’on s’y attarde.

    «  ... Sommes-nous encore conscients de tous les paradigmes (directives, modèles,  gabarits, normes...) qui pilotent notre vie, paradigmes culturels, éducationnels, religieux, sociaux ? Quelles chaînes acceptons-nous de mettre à nos pieds, en connaissance de cause ?... La violence n'est pas dans la lutte, elle est dans la soumission. L'absence de soumission, autrement dit, la lutte, est la liberté intérieure ; à l’opposé, la soumission est la dépendance aux choses et aux gens... Il faut se libérer à l'intérieur pour aborder l'Homme sans danger... et donc sans soumission. C'est probablement ce qu'ont compris, au sens le plus profond et le plus philosophique du terme, des gens tels que Gandhi ou Mandela... »

                    En peu de phrases, Bill pose quelques-unes des questions essentielles de la vie : de leurs réponses, dépendent la qualité de notre existence et son utilité, tant personnelle que sociale. L’opposition manifeste entre les différentes réponses possibles à ces questions est souvent à l’origine de l’absence de dialogue ; d’où, conséquence inéluctable, conflits et guerres, entre individus, états, races, religions, philosophies, systèmes économiques. « Ils ne se parlent plus ! Normal, l’un rampe dans la boue, l’autre vole dans les airs ! » Disait, en substance, Félix Leclerc... L’un se soumet, humilié, et rampe ; l’autre lutte, digne, et vole ! Ver de terre ou goéland ? Tout individu a le choix ; de sa réponse dépendront le sens et la qualité de sa vie privée, professionnelle et sociale.

                    D’un point de vue plus personnel, celui de mon « art », je constate que Bill va encore plus au fond des choses que mes propres écrits et chansons sur le sujet ; au passage et en contraste, la profondeur de sa réflexion met en relief – même si j’en suis conscient depuis longtemps – les limites de mes petites créations de simple artisan. En effet, aller aussi loin que la réflexion de Bill n’est pas possible dans une chanson, même à « message » : sa durée restreinte et son texte, qui doit être compréhensible immédiatement par un public « tout venant », ne lui en donnent pas l’occasion. Pourtant, le contenu voilé d’une image poétique, d’une allusion effleurée, peut – c’est à espérer – survivre et éclore après l’écoute sous la forme d’une réflexion plus approfondie…  Mais cette espérance ne doit pas faire oublier à tous les artistes, petits et grands, connus et inconnus, que leur art doit s’ancrer dans la modestie et l’humilité.

    Socrate

                    Avant de terminer, je ne résiste pas à la tentation de vous livrer deux autres pensées de Socrate, que j’apprécie tout particulièrement.

                    La première ! Lorsque certains de mes professeurs et différents parents de mes élèves se plaignaient de la jeunesse d’aujourd’hui, je feignais abonder dans leur sens en citant une phrase de Socrate, tout en leur laissant croire que j’en étais l’auteur : « Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l’autorité et n’ont aucun respect pour l’âge. À notre époque, les enfants sont des tyrans. » Très souvent, parents et enseignants approuvaient et surenchérissaient. Quelle n’était pas alors leur stupéfaction lorsque je leur apprenais que ce constat impitoyable était de Socrate et datait de 2.500 ans ! Les jeunes d’aujourd’hui ne sont ni meilleurs ni plus mauvais que ceux du temps de Socrate ; seul a changé le monde que nous leur avons donné comme cadre de vie et de développement ; cela aussi devrait nourrir notre réflexion.

    La seconde !

    Celui qui sait qu'il ne sait pas, éduque-le.

    Celui qui sait qu'il sait, écoute-le.

    Celui qui ne sait pas qu'il sait, éveille-le.

    Celui qui ne sait pas qu'il ne sait pas, fuis-le. »

                    Alors, selon votre humeur, votre opinion au terme de vos réflexions sur mes propos de ce jour, éduquez-moi, écoutez-moi, éveillez-moi ou fuyez-moi ! A vous de choisir !

    Source & Texte de > Bruno Heureux.



    [i] Philosophe grec du Vèmesiècle avant JC.

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > « LA GRECE ET L’EUROPE »

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                    Le problème actuel de la Grèce est certainement lié à la mauvaise gestion économique et à la criante injustice sociale, entretenues, l’une et l’autre, par les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays depuis le renversement du régime des Colonels. Mais également et, peut-être surtout, il est dû à l‘initiale complicité coupable de l’Europe qui, pour intégrer ce pays à tout prix, a sciemment fermé les yeux sur ses bilans économiques et sociaux falsifiés. Qu’aujourd’hui, cette même Europe joue à la vierge effarouchée défendant sa rigoureuse pureté économique est tout simplement de l’hypocrisie.

                     La Grèce est un problème pour l’Europe ? Certainement ! La Grèce doit rembourser ses dettes, c’est normal, moral… mais de façon réaliste, adaptée à ses moyens et, avant tout, tenant compte des conditions de vie de ses habitants.

                    Mais, la Grèce n’est pas le seul problème de l’Europe ; celle-ci en collectionne beaucoup d’autres dont le moindre n’est pas celui de l’Allemagne. Très fort aujourd’hui (quoique socialement tout n’est pas rose pour les plus faibles de sa société), l’Allemagne ne doit pas oublier qu’après la guerre 40-45, elle a été aidée, beaucoup plus que la Grèce aujourd’hui, sans avoir les terribles contraintes et pressions dont les habitants de cette dernière sont l’objet. Ce grand pays se comporte comme un nouveau riche à la mémoire courte, ayant trop vite oublié qu’il a été très pauvre, bien plus que la Grèce des années 2010, et qui se montre sans pitié avec les pays moins nantis, même si certains de ceux-ci ont une indéniable part de responsabilité(s) dans leur triste situation.

                    L’égoïsme des états riches et/ou puissants, qui prétendent savoir mieux que les autres ce qui est bon pour les nations plus petites et/ou plus faibles, ne résoudra pas le problème de la Grèce, au contraire. Par contre, si l’Europe parvient à régler la crise grecque, avec patience et respect, rigueur juste et mesurée, écoute compréhensive, justice sociale, sens du devoir et de la solidarité, la Grèce aura été à la base d’un nouveau départ pour l’Europe, une chance pour celle-ci de se bonifier : une nouvelle Europe, refusant, à la fois, la poursuite de sa course effrénée à son élargissement et le renforcement d’un capitalisme effréné et peu soucieux des Européens d’en bas ; une nouvelle Europe où le citoyen sera enfin au centre de ses préoccupations et décisions politiques, économiques, sociales, et surtout positives pour la vie quotidienne de toutes ses composantes, notamment les plus BrunoHeureux 036.jpgvulnérables... Deux conditions sine qua non pour négocier avec réussite un virage très important de son histoire. Sans cela, l’Europe ira droit dans le mur et n’y survivra pas !

    Source & Texte > Bruno Heureux > Photo > AFP

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > « PRIORITE »

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                    Depuis 2008, l’économie mondiale affronte une crise sans précédent, qui n’a pas épargné notre pays. Ce dernier vit également une profonde crise sociale, intimement liée à l’économique. Les gens simples, travailleurs et sans emploi, sont très durement frappés - pas les plus fortunés, qui, au contraire, s’enrichissent encore plus - dans tout ce qui fait l’objet de leurs préoccupations quotidiennes ; emplois, salaires, revenus de remplacement, pouvoir d’achat, chômage, pensions, soins de santé, sécurité, avenir de leurs enfants... tout est remis en question.

                    Et pourtant, au coeur de cette tempête économique et sociale, un homme politique du fédéral à découvert un sujet de discussion autrement plus important : « Qui, derrière le nonce apostolique, doit occuper la deuxième place dans l’ordre protocolaire ? » Le sénat et sa présidente, actuels détenteurs, ou la chambre et son président, actuellement troisièmes ? Une question qui, à coup sûr, empêche l’ensemble des Belges de dormir, tant elle les « turlupine » jusqu’au plus profond d’eux-mêmes.

                    Comment, nous, citoyens responsables, avions-nous pu oublier cette question urgente et vitale pour l’avenir de notre pays ? Merci à Monsieur Siegfried Bracke, président NVA de la chambre, de nous avoir ramenés à l’essentiel, de nous avoir replongés dans la belge réalité et d’avoir eu le génie politique de remettre à la place qu’il mérite, c’est-à-dire en tête de nos préoccupations, ce problème si important... important, surtout pour son ego ; car si la chambre devançait le sénat, l’actuel président de la chambre deviendrait alors le deuxième personnage de l’Etat dans l’ordre protocolaire. Oufti ! On a risqué le pire en oubliant cet élément prépondérant de notre vie fédérale !!!  Grâce au sieur Siegfried tout est rentré dans l’ordre !!!

                    Plus sérieusement ! Après sa gestion catastrophique de la rentrée parlementaire, notre éminence grise se rappelle à notre bon (?) souvenir par une de ces trop nombreuses péripéties futiles qui nuisent à l’image de nos représentants, élus, normalement, pour résoudre de vrais problèmes, beaucoup plus  importants pour l’ensemble des Belges ! En résumé, avec un tel homme, rieN VA !!! Alors, ne nous étonnons pas si nombre de nos compatriotes trouvent que Monsieur Bracke est beaucoup trop bien payé s’il n’a que ce type de préoccupation(s) à son agenda.BrunoHeureux 036.jpg

    Sans autre commentaire et point à la ligne, Siegfried !

    Source & texte > Bruno Heureux > Photo (Partielle) de > knack

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > REACTIONS DES LECTEURS …

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    Que de réactions à mon article sur « Les attentats à Paris » !

    Vous ne me croirez peut-être pas, mais toutes exprimaient leur adhésion aux points de vue exprimés dans mon long exposé ; avec, parfois, quelques nuances et quelques questions auxquelles je réponds aujourd’hui.

    Pour Charlie

                    Beaucoup m’ont confié qu’après une adhésion spontanée et émotionnelle au slogan « Je suis Charlie », ils avaient, avec un peu de recul, opté pour mon responsable « Je suis pour Charlie », vu les dégâts collatéraux dramatiques pour des innocents, chez nous et ailleurs dans le monde, occasionnés par les caricatures de Charlie Hebdo visant le prophète Mahomet. C’est d’ailleurs le même point de vue qu’exprimait le caricaturiste belge Philippe Geluk lors d’un entretien dans Le Soir d’il y a quelques jours : à la question « Etes-vous prêt à mourir pour une caricature ? », il répondait avec beaucoup de bon sens : « Non ! On est bien plus utile vivant que mort pour défendre ses idées, notamment la liberté d’expression. »

    Autocensure et libre arbitre

                     Plusieurs m’ont demandé de préciser ma conception du libre arbitre et de l’autocensure. Alors, j’explique. Le libre arbitre est la volonté libre, non contrainte, de m’exprimer par la parole et l’action sous toutes ses formes, dont la caricature. L’autocensure, elle, est une interdiction de dire et faire ce que je dirais et ferais normalement, que je suis forcé de m’imposer quand s’exerce sur moi une pression externe, une sorte de chantage, de menace explicite ou implicite sur ma personne (sur les miens ou sur d’autres encore), si j’ose écrire et agir comme d’habitude.

                    Donc, si seuls mes références et critères personnels définissent et délimitent volontairement ma liberté d’expression - je dirais même inconsciemment - sans que je ressente une quelconque pression externe, j’agis à la lumière de mon libre arbitre et il ne s’agit pas d’autocensure. Ceci est vrai dans toute vie quotidienne ; un exemple concret :  il arrive à tout un chacun, sous le coup de la colère, de réagir en son for intérieur à une forme d’agression verbale ou factuelle par une réflexion du genre : « Je lui aurais cassé la figure ! » ou même « Je l’aurais tué ! ».  Que ces mots dépassent la pensée ou qu’ils expriment une révolte profonde et un désir réel, ce n’est pas pour autant que l’on passe à l’acte, qu’on utilise sa liberté d’expression, d’action brutale en l’occurrence.

                    En résumé, dans cet exemple, si la morale, l’éducation, les valeurs et le libre arbitre personnels interdisent spontanément de « casser la figure » et «de tuer », il n’y a aucune autocensure. Mais il y en a une, par contre, si c’est uniquement la menace d’une lourde sanction pénale ou la peur d’une vengeance éventuelle qui freine et limitent ma liberté. Nuance ? Effectivement ! Mais les nuances sont importantes dans la gestion de nos paroles et actes, tant dans la vie de tous les jours que lors de circonstances plus exceptionnelles.

    Prévention  et éducation

                    Il est beaucoup question du rôle de l’école dans la prévention de la radicalisation des idées et des comportements, du rejet des autres parce qu’ils sont mal connus, différents ou victimes d’a priori et d’amalgames injustifiés. Quelques mots à ce sujet.

                    Bien avant l’école, c’est surtout à la maison, dans la famille, que doit se faire la première éducation, morale, religieuse et civique. Constatons que beaucoup d’enfants ne bénéficient pas (ou plus) chez eux de cette éducation au respect des normes sociétales, de l’autorité quelle qu’elle soit, de valeurs morales universelles, de comportement civiques. En même temps, force est de constater également que trop de parents ne sont pas toujours eux-mêmes des exemples pour leurs enfants dans les domaines cités : pour diverses raisons, notamment la facilité et le laisser-aller, malheureusement tolérées par notre société contemporaine, parce qu’entrées dans les moeurs (laxistes) et les (mauvaises) habitudes. La même remarque est également vraie pour trop de nos responsables à tous les niveaux, dans tous les domaines. Autant  que celle des enfants et adolescents, l’éducation, la rééducation de certains adultes devrait être une priorité absolue. J’exagère ? A peine ! Sans vouloir être passéiste et sans occulter différents aspects très négatifs, exagérés et oppressants de la société d’il y a 50 ans, il y avait alors, à la base de l’éducation familiale, scolaire, civique, une forme de respect général qui a disparu aujourd’hui. Les temps ont changés ? Oui ! Mais est-ce bénéfique pour notre société d’avoir oublié, effacé, ce qu’il y avait de positif dans son passé assez récent ? Poser la question, c’est y répondre.

    Cours de religion et/ou de civisme 

                    Un cours de philosophie et/ou un cours d’histoire des religions, de la laïcité, des grands courants de pensée dans les différentes civilisations du monde d’hier et contemporain, en complément, voire en lieu et place des cours de religion et de morale des programmes d’aujourd’hui ? Je partage ce point de vue depuis très longtemps : le simple bon sens devrait l’imposer, même si certains semblent ignorer ou même, plus grave, veulent occulter  la composition et la complexité de notre société actuelle, multiculturelle et, de facto, ouverte au monde par l’arrivée chez nous de nombreux immigrés, quelles que soient les raisons qui les amènent dans notre pays. Mais pour concrétiser cette idée pluraliste et humaniste, pour rendre cette (in)formation valable, plusieurs conditions sont indispensables.

    Formation ciblée des enseignants

                    D’abord, la formation des enseignants de ce cours doit être différente de celle des professeurs des cours philosophiques actuels. Il ne s’agit pas, lors de courtes formations, même répétées, à l’occasion de journées pédagogiques ou lors de quelques week-ends, de saupoudrer des connaissances trop superficielles sur les différents courants de la pensée et de la vie, civiques, morales et religieuses. Cette formation doit faire l’objet d’un cursus dans l’enseignement supérieur de plein temps (3 ou 5 ans) ; doit aborder un contenu sérieux, spécifique et approfondi pour être couronnée par un diplôme garant de la qualité des maîtres chargés, à leur tour, d’informer théoriquement et de former pratiquement les élèves à la connaissance et au respect de l’autre quel qu’il soit.

    Formation commune des élèves

                    Ensuite, ce cours doit réunir tous les élèves d’une classe ou d’un degré, de toutes les confessions religieuses et sensibilités philosophiques, pour permettre la découverte réciproque des autres et de leurs valeurs, un débat d’idées, une confrontation pacifique des points de vue ; pour mettre en exergue surtout les points communs et ce qui relie les gens dans leurs croyances différentes plutôt que ce qui les sépare, favorisant ainsi un vivre ensemble plus harmonieux. Cela se fait déjà dans l’enseignement libre, dans le cadre du cours de religion, obligatoire pour tous ;  il devrait en être de même dans les autres réseaux... ce qui y est actuellement impossible vu l’organisation en parallèle et simultanée des cours de morale laïque et des religions, catholique, protestante, islamique et juive.

                    Dans cet esprit, outre la mise sur pied d’une formation identique pour les maîtres, il est indispensable d’élaborer un programme commun pour ce cours, l’une et l’autre valables pour tous les réseaux. Et là, malheureusement, on sent une forte résistance de la part de l’enseignement libre qui dit « Puisque je le fais déjà bien, pourquoi changer ? ».« Bien ! », ce sont les hautes sphères du libre qui le proclament. Cette affirmation est-elle vraiment objective ? Le satisfecit autoattribué est-il mérité partout dans le libre? Mon vécu, professionnel et simplement humain, m’incite à être circonspect à ce sujet : professeur dans le réseau secondaire officiel puis directeur au secondaire dans le libre, le chrétien que je suis a globalement rencontré plus de tolérance et d’ouverture dans l’officiel que dans le libre. Si bien que, suite à ce constat et à mon expérience, j’ai le sentiment que l’autosatisfaction affichée à la tête du réseau libre cache peut-être aussi une certaine peur du changement et une réticence au partage d’une expérience intéressante, certes, mais seulement partielle.

    Projet pédagogique du libre

                    Au nom d’un « projet pédagogique spécifique » et fort d’un pourcentage important d’élèves fréquentant ses écoles - plus que les autres réseaux réunis - pour la qualité de l’enseignement reçu, le libre a parfois tendance à vouloir faire cavalier seul, de son côté... tout en ayant besoin des deniers de l’Etat pour fonctionner !!! « Projet pédagogique spécifique » : c’est ce que mettent en avant les pouvoirs organisateurs. Mais si vous interrogez les enseignants sur ce sujet, la plupart vous parleront de valeurs fondamentales que, finalement, tous les hommes de bonne volonté, que tout humanisme, même non chrétien, qu’il soit musulman, juif et laïc, mettent aussi en valeur, dans leur vie et dans l’éducation de leur jeunesse. Enfin, ne nous voilons pas la face, il est aujourd’hui de plus en plus de professeurs de l’enseignement libre qui ne partagent pas ou plus cette « idéologie » chrétienne, simplement contents qu’ils sont d’avoir du travail correspondant à leur formation, ni plus, ni moins. Alors, le « projet pédagogique spécifique » est parfois devenu un argument qui a perdu une part de sa pertinence.

    Un seul réseau d’enseignement

                    Enfin,  il est grand temps de cesser la gabegie de dépenses dans l’enseignement en Belgique, liée à  l’existence de quatre réseaux parallèles : la Communauté Française, les Provinces, les Communes et l’Enseignement Libre. Il est grand temps de fusionner ces réseaux pour des raisons économiques, sans doute, mais aussi, bien plus important, sur les bases d’un unique projet éducatif de qualité, soutenu unanimement sur le long terme par tous les partis, à tous les niveaux de pouvoir, malgré les changements de majorité politique ;  un projet également qui réunirait tous les enseignants, élèves, parents,  responsables de l’enseignement au lieu de les diviser et de les opposer en une concurrence malsaine, en une rivalité héritée d’un passé loin de nos réalité d’aujourd’hui, concurrence et rivalité civiquement non éducatives. Les circonstances actuelles donnent une occasion rêvée d’oser ce bouleversement des mentalités chez tous les penseurs et acteurs de l’école, de viser, ensemble, une plus large ouverture d’esprit, une tolérance active, un profond respect mutuel, qualités identiques à celles souhaitées, exigées chez les jeunes.

                    Ce but atteint - ce qu’on est en droit d’attendre d’institutions et de personnes qui ont pour vocation d’enseigner, d’éduquer et de former les générations à venir - l’exemple « venu d’en haut » inciterait certainement les jeunes à marcher dans la même direction et le même esprit que leurs éducateurs et aînés.

                    Et si l’enseignement donnait l’exemple  d’un comportement civique à l’ensemble de la société ? On peut rêver, car c’est possible... si chacun, à sa place, dans son rôle propre, y met du sien et assume ses responsabilités au service du mieux vivre ensemble

    Source & Textes de >  Bruno Heureux.

    Revoir > Premier article & Second article de Bruno.