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    LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > MON ARBRE, AU TEMPS DES MIGRATIONS

    Mon arbre, au temps des migrations

                    Quel que soit le temps, mes balades quotidiennes en campagne hesbignonne me ramènent immanquablement au pied d’un vieil arbre, que notre amitié m’autorise à appeler « mon ami, l’arbre ». Phare verdoyant au milieu des labours, il est grand, majestueux, solide encore malgré son âge.

                    Ensemble, nous partageons de longs moments de complicité, silencieuse mais riche. C’est lui, en effet, qui ne cesse de répéter que nous sommes frères, fils naturels d’une même mère, la terre. C’est encore lui qui, au fil de nos rencontres, m’a fait découvrir et apprécier la philosophie, la dignité, la sagesse des arbres. Ceux-ci nous enseignent un temps qui  prend tout son temps, un temps où l’instant se goûte ; en automne, ils pleurent de toutes leurs feuilles leur prochaine mort hivernale, mais leurs racines entretiennent les braises de la vie et la sève d’un printemps généreux en fleurs et en promesses de fruits... Grâce à eux, grâce à mon ami, l’arbre, j’ai compris qu’en adoptant le rythme des arbres, notre vie serait tout autre. Plus longue ? Ce n’est pas sûr ! Bien meilleure, c’est évident ! Et je ne suis pas le seul à le penser.

                    En effet, lors de mes visites, je ne suis jamais seul chez mon ami, l’arbre. Comme moi, de nombreux oiseaux bien de chez nous s’arrêtent sous son feuillage protecteur, le plus souvent pour une brève escale dans leurs jeux aériens. Mais d’autres s’attardent, le temps d’une saison, s’en venant de plus loin, des froideurs du grand nord où l’hiver se fait rigoureux, des moiteurs suffocantes  du sud quand l’été darde ses rayons accablants ; le temps de retrouver la sécurité, d’accueillir des petits, de refaire forces et provisions avant de reprendre le vol du retour, sans se retourner, car ils sentent que cet arbre sera là encore, prêt à les accueillir à nouveau en d’autre saisons difficiles.

                    Une certitude ancrée dans les faits ! A l’arrivée chez mon ami, l’arbre, pas besoin pour ces oiseaux migrateurs, de passeport, de papiers d’identité, de longues files avant d’être enregistrés, logés sommairement, vêtus,  nourris et, souvent, regardés avec méfiance par les passereaux de l’endroit. Non, toute la grande famille des gens du voyage est bienvenue et accueillie dignement. Et l’arbre ne se fâche pas d’être envahi, même si autochtones et nouveaux arrivants doivent se serrer sur les branches pour faire de la place à tout le monde et doivent se partager insectes, vers, étangs et flaques d’eau. Car, dans sa grande sagesse, l’arbre sait que lorsque la saison sera meilleure là d’où proviennent ses hôtes de passage, ceux-ci s’en retourneront chez eux, heureux d’avoir été accueillis, nourris, logés, respectés le temps de leur séjour chez nous, heureux, surtout, de retrouver leur chez eux.

                    Et si l’Europe Nouvelle était cet arbre accueillant lorsque la chaleur torride des guerres et la froideur mortelle de la misère chassent de chez eux et dirigent jusqu’à nos frontières des milliers de migrants en quête de dignité et d’une vie meilleure. Et si l’Europe Nouvelle se rendait compte qu’après le temps des colonies, celui des crédits aux états en voie de (sous-)développement, il était urgent de passer à l’aide directe et (dans un premier temps) gratuite à des populations aujourd’hui obligées de s’amputer à vif de leurs racines. Et si l’Europe Nouvelle investissait dans des projets locaux qui permettraient, à terme, aux gens de ces régions de subvenir, par eux-mêmes, à leurs propres besoins et de vivre dans la paix... C’en serait fini, alors, des mauvaises saisons humaines et des migrations qu’elles entraînent, avec leurs lots de conséquences pour les déplacés et ceux qui doivent leur ouvrir leur porte, le plus souvent avec réticence.

                    Oui, si l ‘Europe Nouvelle ressemblait à mon ami, l’arbre, généreux et accueillant, si ses dirigeants s’inspiraient de  sa sagesse et des exemples multiples de la nature, alors, elle serait à nouveau belle, humaine, comme elle n’aurait jamais dû cesser de l’être.

    Source & texte > Bruno Heureux.

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX (THISNES/HANNUT)

    L’Europe, vue du Québec

                    En septembre dernier, une fois encore, mes chansons m’ont conduit à la rencontre des publics québécois.

    Profitant de  l’occasion et  vu la situation actuelle de l’Europe éprouvant une récurrente difficulté à trouver des solutions justes et durables aux problèmes qui l’assaillent, j’ai systématiquement posé aux Québécois rencontrés quelques questions sur notre continent ; les informations télévisées et la presse de la Belle Province m’ont, de leur côté, éclairé sur l’objet de ma curiosité. Permettez-moi de vous rapporter ces opinions, telles quelles, sans les trier : elles ne sont le résultat ni d’un sondage ni d’une enquête construite, mais d’un simple « micro-hasard » qui mérite pourtant d’être écouté, nuancé, certes, mais aussi pris en considération.

                    Au départ des échanges, une seule question très générale, « Que vous inspire l’Europe, aujourd’hui ? », permettait réactions, réflexions et développements de tous ordres .

                    Deux courts préliminaires ! Le premier : personne ne m’a répondu que l’Europe ne l’intéressait pas ! Le second : quel que soit le public interrogé, unanimement, cruellement, la réponse a été laconique. « C’est d’la marde ». Il ne faut pas être doué en linguistique pour la traduire !

                    Les Québécois de souche française sont fiers de leurs historiques racines européennes auxquelles ils restent attachés. Quant aux expatriés belges et leurs enfants, ils n’oublient pas leur Belgique d’origine, même s’ils sont contents d’avoir quitté « un petit pays, aux idées trop souvent étroites et aux responsables politiques manquant de vision et d’envergure. » Mais les uns et les autresne s’en cachent pas : « Pas de quoi être fiers de la terre de nos ancêtres, de ce qu’elle est devenue ! Celle qui était l’Europe des Lumières, un phare, un exemple pour le reste du monde, n’est plus que l’ombre d’elle-même et n’offre plus de réelles perspectives à ses jeunes générations. »

                    Les immigrés quittant les zones perturbées de la planète préfèrent aussi rejoindre l’Amérique du Nord, notamment le Canada, « où l’esprit d’entreprise et le dynamisme offrent aux arrivants des possibilités de se reconstruire une vie, ce que l’Europe d’aujourd’hui ne leur donne plus, repliée sur elle-même, n’ayant pas anticipé les bouleversements de notre époque, mondialisée et en continuelle évolution. »

                    Dans un pays où l’immigration est choisie, ciblée et donc limitée par des critères extrêmement sévères, les gens comprennent peu ou pas comment l’Europe pourrait accepter tous les immigrés frappant à ses portes. « Qu’allez-vous faire de tous ces gens, alors que votre économie est essoufflée et que votre opinion publique semble majoritairement s’opposer à leur arrivée ? » Il faut dire que vivre de très loin la réalité des immigrants qui meurent par centaines en Méditerranée leur fait souvent ignorer l’aspect humanitaire de ce problème.

                    Au moment de mon voyage, le Canada et donc le Québec étaient en pleine campagne électorale. Tant dans la presse que dans beaucoup de réactions individuelles, les émigrés sont considérés comme un péril pour la société québécoise ; d’où, des réactions dans tous les sens, certaines généreuses, mais d’autres franchement teintées de racisme et de xénophobie. Comme en Europe, la communauté musulmane est devenue une cible privilégiée ; par exemple, la controverse, parfois virulente, à propos du port de la burka a été un élément crucial dans le déroulement de la campagne[i]. Très souvent, dans un amalgame saisissant, des Québécois m’ont demandé : « Pourquoi l’Europe ne renvoie-t-elle pas chez eux Arabes, musulmans, islamistes et autres terroristes ? » Beaucoup ignoraient qu’il y a eu en Europe, il y a plusieurs générations, une immigration arabe et musulmane pour des raisons économiques ;  donc que les adultes et maintenant les jeunes issus de celle-ci sont des Européens à part entière et que l’Europe est leur propre terre, leur propre « chez eux ».

                    Enfin, deux de mes interlocuteurs ont été les seuls à m’exposer une vision de l’Europe moins superficielle, moins émotive, plus raisonnée et plus objective. «  Quoi qu’on en dise et malgré l’explosion sanglante de l’ex-Yougoslavie, depuis 70 ans, l’Europe a réussi à éviter les guerres entre ses composantes les plus puissantes ; on peut parler d’un bilan humain, politique et économique dont elle peut être très fière. » Par contre, ont-ils ajouté  « L’Union Européenne ne mérite pas ce nom. En effet, l’image qu’elle donne d’elle-même au reste du reste du monde est celle de la désunion, cultivant en son sein rivalités entre les plus grands pays, inégalités criantes entre les plus puissants et les plus pauvres, disparités et oppositions de législations dans des domaines très importants, concurrences dans le marché du travail, chacun pour soi égoïste souvent lié à intérêts électoraux locaux, manque de solidarité dans la gestion de l’immigration...  En l’Euro et l’Espace Schengen, L’Europe avait pourtant deux atouts qui ne lui ont pas apporté la réussite espérée. En effet, ces initiatives audacieuses auraient pu être géniales si elles avaient été l’aboutissement d’un processus, lent, sensé et maîtrisé : mais les avoir introduits sans que tous les états soient à même de les appliquer, voire de les supporter, a été une erreur énorme qui, aujourd’hui, donne l’impression de décisions prématurées, mal préparées, au point de n’avoir pas été adoptées par tous les pays de l’Europe ! En résumé, l’Europe s’est faite trop vite et à l’envers, la pointe de la pyramide avant la base !!! »... Ces deux personnes n’étaient ni politiciens, ni journalistes, ni universitaires... L’une, assistante sociale dans une maison d’accueil pour femmes battues, l’autre responsable d’un (excellent, mais) petit vignoble... Leur regard lointain porté sur  l’Europe révèle une intelligence, une justesse, un sens des nuances et des réalités dont certains de nos responsables continentaux devraient s’inspirer.

                    Trois conclusions ! La première : examiner une situation de loin peut permettre d’en percevoir, avec un certain recul, toutes leurs composantes, interactions et conséquences. La deuxième : examiner une situation de loin peut empêcher de percevoir et/ou d’estimer à leur juste valeur, des réalités de terrain importantes, historiques, culturelles et sociologiques. La dernière : ma récolte des réponses des Québécois n’est pas scientifique : par contre le contenu de ces réponses, me semble, finalement, tellement pareil à celui exprimé par des Européens « d’en bas » si on leur avait posé cette simple question : « Que vous inspire l’Europe, aujourd’hui ? »

     Source & texte > Bruno Heureux.> Crédit Photo > jeandebogue



    [i]  Ce débat, éclipsant tous les autres, a été déterminant dans le résultat des élections, ruinant les chances d’un candidat pourtant largement favori dans les sondages.

     

     

     

     

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > VOUS AVEZ DIT « ABSURDE » ?

    Vous avez dit « Absurde » ?

                    Il a plus de 50 ans et a travaillé toute sa vie. Jamais un jour de chômage, malgré un métier très dur physiquement et psychologiquement, au service des accidentés de la vie. Un métier qui, finalement, l’a usé et qu’il a dû quitter, sur ordre des médecins.

                    Au courant de son histoire, une de ses connaissances, directeur d’école et ami de longue date, le contacte. Avec le parcours qu’il possède, les qualités humaines et professionnelles y afférentes, ce sans emploi forcé pourrait jouer un rôle à sa mesure dans cette école où une place se libère. Accord verbal est pris entre les deux hommes. Enorme espoir pour ce convalescent de la vie professionnelle ! Grande satisfaction pour le directeur qui sait que son équipe sera enrichie par le nouvel arrivant.

                    Le secrétariat entame les démarches administratives indispensables pour enrôler le candidat. Après une attente anxieuse, la réponse est sans appel, la candidature n’est pas recevable et donc rejetée. Motif ? L’intéressé n’a pas chômé un nombre suffisant de jours pour pouvoir briguer cet emploi. Coup sur la tête du handicapé de notre législation ; coup dur pour le directeur qui croyait avoir trouvé la solution idéale à un problème important dans son école.

                    Des jeunes sortis des études et sans emploi peuvent, quel que soit leur âge, bénéficier d’allocations d'insertion après un stage d'insertion professionnelle de 310 jours. Belle décision pour les jeunes, peut-être. Mais un adulte qui, contrairement à ces jeunes, n’a jamais été à charge de la société ne pourrait-il pas recevoir, sans stage d’attente préalable, une chance de réintégrer le monde du travail ? Cela paraît de bon sens. Mais la législation en place ne partage ni cet avis ni ce bon sens ; elle est d’une absurdité côtoyant les sommets, une sorte d’Everest de l’absurdité administrative !

    Vous avez dit « Absurde » ?

                    Elle a 60 ans aujourd’hui. Vu le recul de l’âge d’admission à la retraite, elle comptait travailler quelques années encore. Son champ d’action ? Les personnes âgées, placées en institution ; un domaine où, unanimes, ses collègues et ses patients disent qu’elle excelle.

                    Pourtant, une restructuration économique récente touche l’organisme qui gère plusieurs institutions semblables à celle où elle travaillait jusqu’il y a peu. La conséquence ? Notre infirmière modèle rejoint, malgré elle, le groupe et le sort des demandeurs d’emploi. Mais elle ne manque pas de courage :  non seulement, elle répond aux appels d’offre, passe et réussit les examens nécessaires, mais elle prend aussi son bâton de pèlerin et va poser sa candidature de vive voix, jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres de son domicile...

                    Résultat ? « Madame, votre CV et vos recommandations sont impressionnants ; vous correspondez parfaitement au profil de la personne recherchée pour l’emploi ; nous souhaiterions vous engager immédiatement... Mais vous nous coûteriez trop cher. Donc, nous préférons un candidat plus jeune au salaire moins important, même si nous sommes conscients qu’il aura moins d’expérience et que ce sont nos patients qui en subiront, éventuellement, les conséquences. » Ici, là et ailleurs, toujours le même discours.

                    Déplorons que l’actuel gouvernement force les plus âgés à travailler plus longtemps, pour diverses raisons que l’on peut éventuellement comprendre, mais omette de mettre en place simultanément des mesures efficaces d’accompagnement pour que le salaire plus important des personnes en phase finale de  carrière ne devienne pas un handicap à l’embauche. Quelle improvisation, que d’irresponsabilité.

                    Vouloir faire travailler les gens plus longtemps alors que leur salaire leur ferme la plupart des portes d’accès à l’emploi est absurde. Une volonté irréaliste côtoyant les sommets de l’absurdité, elle est d’une absurdité côtoyant les sommets, une sorte d’Everest de l’absurdité doctrinale d’un gouvernement !

    Vous avez dit « Absurde » ?

                    A l’heure où, pour d’évidentes raisons de santé, il est recommandé de manger chaque jour cinq légumes et fruits différents, une publicité, entendue depuis quelques jours en radio, fait bondir. Il est demandé à un enfant s’il préfère manger un fruit ou une boisson chocolatée bien connue chez nous. Et l’enfant de répondre qu’il choisit la boisson chocolatée.

                    N’est-il pas contradictoire de faire, tous azimuts, la promotion d’une alimentation saine, d’y investir les deniers de l’Etat, et, simultanément, pour ce dernier, d’accepter, au travers de la RTBF, l’argent de la société productrice d’un produit dont les bénéfices pour la santé sont plus que douteux et remis en question par l’ensemble des diététiciens. Quelle duplicité révoltante ! La même que l’on dénonce  quand l’Etat tire un profit maximal du tabac, via les taxes qui obèrent son prix d’achat, alors que la dépendance à la nicotine nuit gravement à la santé et coûte beaucoup à l’INAMI ! Quelle duplicité révoltante !

                    Nous vivons en absurdité, avec la complicité intéressée entre nos responsables politiques et certaines firmes sans scrupules. Mais, osons le dire, parfois aussi, avec la nôtre... Quelle duplicité, également !

    Source & Texte > Bruno Heureux. > Illustration > hitek

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > RETROUVAILLES, RENCONTRES...

    Retrouvailles, rencontres...

                    Depuis, onze ans déjà, mes chansons me font franchir l’Atlantique et découvrir de nombreuses facettes du Québec. Et chacune de ces tournées est l’occasion de retrouvailles toujours chaleureuses, parfois empreintes de profonde émotion. C’est ainsi qu’il y a trois semaines, j’ai retrouvé, le coeur serré, Denise Lafrenière, la veuve de mon ami Pierre Therrien, sa famille et ses amis ; nous avons passé tous ensemble des moments riches en souvenirs et en amitié, que la distance qui nous sépare ne nous avait pas permis de partager lors du décès de mon « tchum »[1] de là-bas.

                    Chaudes retrouvailles également avec certains membres et enfants de la Fondation en Coeur ; celle-ci, au Québec, s’est donné pour mission d’aider les familles où sont nés des bébés avec des malformations cardiaques importantes nécessitant des interventions chirurgicales lourdes et très onéreuses. Il y a six ans, après avoir assisté à un de mes spectacles au profit de leur association, les dirigeants de celle-ci m’avaient demandé d’écrire une chanson qui serait, en quelque sorte, leur emblème médiatique. C’est ainsi qu’est née « Un peu plus d’amour ». Il y est question non seulement d’enfants et de coeur, mais aussi de notre société et de notre monde actuels qui souffrent également de « déficience cardiaque » dangereuse. Permettez-moi d’en rappeler l’introduction et le texte dont le refrain est chanté par des enfants.

    Un peu plus d’amour

         Notre époque est bien malade et, selon moi, pour le sauver, la greffe d’un coeur s’impose, d’urgence.

       Et puisque nous sommes tous compatibles, pourquoi ne nous ferions pas donneurs ?

       Ainsi, une fois la transplantation réussie, les enfants du monde entier pourront grandir, sourire, guérir          aussi, sans peur et à la poursuite de leurs rêves.

         Les grands, quant à eux, pourront cultiver leur enfance tout au long de leur vie, dans la paix et la      dignité.

           A ce monde plus beau, plus généreux, plus humain, donnons des fondations solides, des fondations en cœur. »

    Refrain :

    Un peu plus d’amour dans les rouages,

    De fraternité dans la voilure,

    Un peu plus d’accueil et de partage,

    Et la terre tournerait mieux, c’est sûr ;

    Un peu plus de rêve dans les nuages

    Et plus de tendresse dans la froidure,

    Un peu plus d’accueil et de partage,

    Et les hommes s’entendraient mieux, c’est sûr.

    Couplet 1 :

    Comme des oiseaux tombés du nid

    Qui attendant qu’une main les ramasse,

    Il y a tant d’enfants cloués au lit

    Qui espèrent que des bras les enlacent…

    Refrain …

    Couplet 2 :

    Tant qu’un cœur bat, il y a d’ la vie,

    Tant qu’un cœur donne, il sème l’espoir,

    Quand des cœurs pardonnent, ils créent l’envie

    De guérir le monde de ses déboires…

    Refrain

    Final :   Et plus d’enfants seraient heureux, c’est sûr.

                    Occasion aussi de rencontres improbables. Par exemple, l’organisateur d’un spectacle, dans une boîte à chansons typiquement québécoise, me signale qu’il y aura un Belge dans le public. De fait, cet homme m’est présenté à la fin du spectacle. Nous échangeons quelques mots sur ce qui l’a amené à vivre au Québec et sur ses origines belges : « Je proviens d’Ecaussinnes. » me dit-il, à ma plus grande stupéfaction. En effet, ce village du Hainaut est celui où plongent mes racines et mes souvenirs d’enfance !!! Quelle coïncidence : être à 5.600 km de chez soi et y retrouver, dans une salle de spectacle, un compatriote né dans le même village !!! Que le monde est petit !

                    La même réflexion m’est venue à l’esprit, à l’issue d’un spectacle donné à Malonne, quatre jours après mon retour du Québec. Là aussi, j’ai interprété la chanson dont il est question ci-avant, « Un peu plus d’amour » après en avoir expliqué l’origine et les motivations. En quittant la scène, je suis interpellé par un couple de personnes apparemment de mon âge qui me félicitent pour ma prestation et me remercient pour la chanson dédiée à la Fondation en Coeur. Et de m’expliquer, les larmes aux yeux, que leur fille habite le Québec où elle a donné naissance à un enfant qui a bénéficié de l’aide de cette fondation pour être né avec une grave malformation cardiaque !!! Vous avez dit « Coïncidence !!! » Et une fameuse.

                    A côté de cela, mes dernières retrouvailles paraîtront anecdotiques, à juste titre ; mais elles feront sourire. A la fin du spectacle, une dame s’avance vers moi, bras grands ouverts, et m’interpelle d’un vibrant « Bruno ! » Immédiatement, je la reconnais et nous nous étreignons avec plaisir. Yolande, c’est son prénom, habitait la même rue que moi à La Louvière dans les années 50 ; j’avais alors 10 ans, elle 8 ; nous étions un peu amoureux l’un de l’autre ! Par après, nous avions tous les deux quitté cette rue avant de nous retrouver, vers 1965, à l’université où j’avais fait la connaissance de son futur mari. Puis, plus rien, nous avions tracé notre propre route, chacun de notre côté. Et pourtant, le 26 septembre dernier, après plus de 45 ans de « séparation », cette vieille connaissance me fait la surprise d’une rencontre fortuite mais franchement sympathique, ramenant à la surface un tas de souvenirs, tout à la fois empoussiérés et drôlement savoureux.

                     Si chaque rencontre ouvre un nouveau chemin que l’on peut suivre ensemble, brièvement ou plus longuement, chaque carrefour peut séparer ou faire se croiser les destinées... Ainsi est faite la vie !

    Source & Texte > Bruno Heureux.



    [1] « Tchum », en québécois, signifie « ami ».

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    LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > PROCHAINEMENT > CONCERT DE CHANSONS FRANÇAISES

    Malonne, 26.09.2015, Chanson française

                    Au retour du Québec, où, comme chaque année depuis dix ans, je suis invité à présenter mes spectacles, j’aurai le plaisir de partager la scène avec mon ami québécois Gaëtan Leclerc, le 26 septembre prochain en soirée, à Malonne. Je vous invite à ce spectacle avec d’autant plus d’insistance que les bénéfices de la soirée seront versés à une association philanthropique qui me tient particulièrement à coeur.

                    Pour en savoir plus, découvrez, ci-après, les éléments de la publicité diffusés par les organisateurs.

    Communiqué

    Cette année, Namur aura le vrai plaisir de recevoir le Québec en invité d'honneur des fêtes de Wallonie, l'occasion de retrouvailles chaleureuses entre cousins de la grande famille francophone. Prolongeons cette complicité amicale et savoureuse en assistant, à Malonne, le 26 septembre 2015 à 20h00, au spectacle  "Chanson Française - Dans les pas de Félix Leclerc", avec le Québécois Gaëtan Leclerc (neveu de Félix) et notre compatriote, Bruno Heureux, lui aussi poète-chansonnier. Venez nombreux partager avec ces deux artistes des moments de pur bonheur ! Les bénéfices de la soirée seront destinés aux enfants de l’SAAE « Les Cabris » de Malonne. Ces enfants sont placés dans cette maison d’accueil par le juge de la jeunesse, pour les extirper d’un milieu familial dangereux voire tout à fait néfaste pour leur santé physique et psychologique, leur éducation et/ou leur scolarité.

    Présentation des artistes

    Gaëtan Leclerc chantera en première partie.

                    Afin de rendre hommage à son oncle Félix, Gaëtanfait, en 1998, un spectacle pour souligner les dix ans du décès du pionnier de la chanson québécoise. Depuis, il se promène à travers le Québec, la France et la Belgique… afin de faire partager les plus belles chansons de Félix Leclerc.

    Sisa voix chaude est semblable à celle de Félix, c’est avec un talent bien à lui, sans jamais imiter son oncle et sans jamais le trahir, que Gaëtan faire revivre le grand poète-chansonnier. Quelques anecdotes et histoires nous font également découvrir des facettes méconnues de Félix. Le temps d'un spectacle, Gaétan  nous transporte dans l'univers poétique de l'un des plus grands auteurs-compositeurs de la langue française. (* Informations Chante Leclerc)

    Bruno Heureux, chantera lors de la seconde partie du spectacle

                    D’Ecaussinnes en Belgique, où s’ancrent ses racines, jusqu’au sentier poétique de Drummondville au Québec, où il côtoie notamment Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Emile Nelligan et Julos Beaucarne, Bruno nous fait découvrir ses chemins de traverse jalonnés de rencontres, toutes uniques et ciselées avec respect comme des oeuvres d’art. Tout au long de ses spectacles, au fil de ses chansons, textes et histoires, ce jongleur de mots, libre et authentique, partage avec le public poésie et humour, rêve et réalité, tendresse et coups de gueule, enfance et automne de l’âge, dans un grand vent de rimes et de réflexions savoureuses.

    Selon Julos Beaucarne, « Bruno Heureux remonte le courant des jours, avec ses chansons vraies qui viennent du fond de l’âme ; chercheur de sens, il éclaire nos jours et nos nuits… ». Quant à Nathalie Leclerc, la fille de Félix, elle déclare : « Bruno a été un bon élève de mon père »… Ils ont dit l’essentiel sur l’homme et l’artiste. (* Présentation de Bruno Heureux dans l’Anthologie « Etoiles et planètes » parue dans Les dossiers d’Aquitaine en juillet 2012.)

                    Les deux artistes uniront leurs voix, en final du spectacle, pour interpréter avec la participation du public «  Le p’tit bonheur », la chanson la plus connue de Félix Leclerc.

    Renseignements

    Adresse : Salle des fêtes Saint-Berthuin, fond de Malonne, 129, Malonne

                    Pour les personnes à mobilité réduite, accès via la rue Navinne

                    Stationnement aisé et gratuit

    Contact : 0475/66.91.39. - 081/44.02.27.

    Réservation : prévente : 15 € - à l’entrée : 18 € - enfants de moins de 12 ans : gratuit

    Versement sur le compte BE88 0836 7056 4841 de « Les Bergers des Cabris » en mentionnant le nom, le nombre de places et un n° de téléphone

    Bar > ouvert dès 19h00 et petite restauration

    Source > Bruno Heureux

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > 4 ARTICLES D’ACTUALITÉS …

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                    L’actualité - et la vie, tout simplement, - le démontrent régulièrement, l’intelligence n’est liée ni à la fonction occupée ni au nombre de diplômes obtenus.

    Derniers exemples en date : rendre au fabricant son pot de Sirop de Liège parce que cette firme a obtenu la certification « halal » ou ne plus utiliser la moutarde et les produits Bister parce qu’ils ont le « label halal » ne sont pas signe d’une intelligence féconde.

    Halal

                    Le Sirop de Liège est fabriqué selon une recette qui n’a pas (ou très peu) varié depuis plus de 110 ans ; la moutarderie Bister prépare ses produits depuis près de 90 ans. A l’origine, il n’était question pas de produits « halal », « kasher », sans huile de palme, sans conservateurs, sans colorants... Il s’agissait du résultat de recettes artisanales qui, grâce à l’inventivité de leurs créateurs, possédaient une couleur, une texture et une saveur qui plaisaient au consommateur. D’ailleurs, ce dernier se « foutait » du tiers et du quart de savoir comment son sirop et sa moutarde étaient concoctés ; seul comptait pour lui le plaisir éprouvé en les dégustant... Donc tout était parfait pour ces deux firmes belges utilisant des produits belges, selon un savoir-faire belge, pour une clientèle belge, belge, belge !

    Or, horreur, il se fait que les secrets et méthodes de fabrication de ces deux beaux représentants de la cuisine belge respectent, « à l’insu de leur plein gré », les conditions méritant le « label halal ». Quel drame !!! Que ces produits puissent être consommés et appréciés par des musulmans, vendus et renommés dans des pays musulmans, comment est-ce possible, comment en est-on arrivé là, comment nos divers gouvernements peuvent-ils admettre une telle ignominie ? Trop, c’est trop, trop is te veel ! Rendons à César ce qui appartient à César, les pots de Sirop de Liège au Sirop de Liège, les pots de moutarde Bister à Bister!!! J’exagère ? Non ! Car, pareils comportement et réaction dévoilent une intolérance primaire, ridicule parce qu’infondée et, surtout, indigne de citoyens dotés, normalement, d’une capacité de réflexion avérée.

                    Quand la connerie - merci d’excuser ce terme violent, mais il me paraît tout à fait approprié - s’invite jusque dans notre assiette, il est grand temps que l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) fasse son travail d’utilité publique pour que cette connerie ne contamine pas toute une population !!!

    AFSCA

                    A propos de l’AFSCA, personne ne niera qu’elle peut améliorer les conditions d’hygiène dans la fabrication, le transport, la conservation et la consommation des produits que nous mangeons. Par contre, certains de ses comportements rappellent parfois que le mieux est l’ennemi du bien. En effet, comment comprendre que ses agents déversent de l’eau de javel sur des tartes artisanales, confectionnées à des fins philanthropiques selon une recette locale très ancienne, pour les rendre impropres à la consommation ? Comment comprendre que cette institution soit parvenue à décourager un fabricant de fromage de Herve sous prétexte que ses produits sont à base de lait cru, « très dangereux pour la santé ». De mémoire d’homme, de pommier et de vache, il n’est pas d’exemples de personnes mortes pour avoir consommé de la tarte artisanale et/ou du fromage de Herve. Ces comportements de l’AFSCA sont d’autant plus incompréhensibles qu’à côté de cet aspect tatillon de la prévention sanitaire, on laisse les Belges se gaver d’huile de palme, de viandes étrangères « fabriquées » loin des normes d’hygiène exigées de nos élevages, d’alcool et de tabac de toutes natures, pourtant nuisibles à la santé, coûteux pour la sécurité sociale mais qui rapportent gros à l’Etat sous forme de taxes diverses... Deux poids, deux mesures, incohérence, bêtise, hypocrisie... 

                    Quand la connerie - merci d’excuser ce terme violent, mais il me paraît tout à fait approprié - s’invite jusque dans l’AFSCA, il est grand temps que le bon sens fasse son travail d’utilité publique pour que cette connerie ne contamine pas toute une population !!!

    Respect animal

                    Un mot, encore, sur l’abattage des bêtes sans les avoir assommées préalablement. J’ai assisté, dans ma jeunesse, et il n’y a pas si longtemps encore, à la saignée de canards, de porcs, à la décapitation d’oies et de poules sans que ces animaux aient été « endormis ». Ce qui n’a pas empêché qu’ils aient été préparés, cuits et consommés pour le plus grand plaisir des convives et que personne n’en soit mort. Pourtant, depuis quelques années, la cause animale a développé des exigences plus restrictives, que l’on peut comprendre dans une société civilisée et qui doivent être respectées par toutes celles et tous ceux qui y vivent ou viennent s’y installer.

    Société civilisée

                    Je disais « société civilisée » Mais est-ce vraiment le cas ? Une société qui légifère pour que les animaux soient respectés, qu’ils vivent et meurent dans la dignité et qui, en même temps, refuse les mêmes droits à certaines catégories de ses citoyens, est-elle vraiment civilisée ? Quand elle ferme les yeux sur les conditions de vie des sans-abris, quand elle impose à certains de ses membres de devoir choisir entre se nourrir ou se chauffer ou se soigner ou se loger, quand un belge sur cinq flirte avec le seuil de pauvreté ou est carrément en dessous, est-elle vraiment civilisée ? Quand la générosité des citoyens (Télévie, Cap 48, Action Damien, Îles de Paix, 11.11.11...) doit pallier les insuffisances de cette société dans des domaines fondamentaux où celle-ci a pourtant le devoir d’être présente et efficace... est-elle vraiment civilisée ?

                    Quand le manque de bon sens - j’allais dire connerie - pollue la hiérarchie des valeurs au coeur même d’une société, il est grand temps que chaque membre de celle-ci fasse, à son niveau, action d’utilité (personnelle et) publique pour remettre l’essentiel en tête de liste de nos préoccupations collectives. Sensibilité et respect à l’égard des animaux ? C’est nécessaire ! Mais humanité avec nos voisins du village, du pays, de la planète entière, c’est prioritaire, indispensable pour que notre société, celle que nous fabriquons, mérite  le label de société civilisée.

    Source & Texte > Bruno Heureux.

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > … Du "RÊVE" européen au "CRÈVE !" de l'Europe

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                    Au moment où le peuple grec refuse les propositions européennes et celle du FMI, synonymes d'une austérité encore accrue et insupportable, il n'est pas inutile de porter un regard critique sur l'attitude de l'Europe face à une série de situations et événements actuels.

                    Elle, qui se dit et veut être un modèle de démocratie et de défense des droits de l'homme, a laissé pourrir des problèmes qu'elle n'a pas eu le courage d'affronter et de résoudre au moment opportun, avec lucidité, responsabilité et générosité. Pour avoir reporté, sans cesse à plus tard, des réponses concrètes et efficaces aux difficultés rencontrées, internes et externes à ses frontières, elle en est venue à renier ses valeurs fondamentales tout en montrant au monde ses divisions entretenues par l'égoïsme de chacun de ses états.

                    Dans ce cadre, il est écœurant de constater que l'Allemagne, qui a bénéficié de la remise de toutes ses dettes et d'une solide solidarité internationale après la seconde guerre mondiale, semble avoir oublié ces largesses et se montre l'adversaire le plus impitoyable de la Grèce. Vous avez dit mémoire courte et ingratitude ? Oui, c'est bien de cela qu'il s'agit.

    Du  "RÊVE" européen au "CRÈVE !" de l'Europe

                    Il y a parfois très loin du rêve à la réalité ! C'est ce que doivent se dire ces centaines de milliers de désespérés qui ont tout risqué, même leur vie pour rejoindre leur eldorado commun, l'Europe.

                    Pourquoi cet exode ? Pour fuir guerres, conflits raciaux et/ou religieux, injustice économique et sociale, dictature, corruption, faim, pauvreté, maladie... Pour, au terme d'un périple ruineux et hasardeux, trouver une terre accueillante où ils pourront s'installer avec leurs enfants en toute sécurité, avoir accès à l'éducation, aux soins de santé, au travail ; un continent où les attendent, pensent-ils, un mieux vivre, où, croient-ils, règnent, sans restriction aucune, liberté, égalité, fraternité ; où chacun, blanc, noir, jaune, métissé, homme, femme, enfant, homosexuel, transgénique, croyant, agnostique, pauvre, travailleur, sans emploi, sans logis... est respecté dans sa différence et peut vivre dignement. En résumé, fuir l'horreur et atteindre leur Graal au nom prometteur de "rêve européen".

                    S'il y a loin du rêve à la réalité, par contre, le "rêve européen", lui, est parfois très proche du " Crève !" de l'Europe ! Comment les victimes d'un monde gangréné par la barbarie et l'égoïsme pandémiques pourraient-elles contredire ce constat ? Elles qui ont vécu, en cours de route, et vivent encore, à leur arrivée sur notre continent, la fin de leur rêve ! Un rêve qui "crève" tel une baudruche, souvent dans l'indifférence générale, parfois accompagné de la compassion frileuse des pays européens, spectateurs passifs de tragédies répétées à leur porte. Car ils ne sont pas les bienvenus chez nous, ces assoiffés de vie ; d'ailleurs, la réponse européenne à leurs attentes et leurs espoirs reste dans les faits, quelle que soit la formule utilisée, "Crève, le plus loin possible de chez nous!" C'est donc cela le rêve européen ?

                    Un rêve décevant pour de nombreux citoyens ordinaires des anciens pays de l'est, dont certains vont jusqu'à regretter le régime communiste : pas riches alors, certes, et sans liberté d'expression, ils avaient tous droit au travail, à l'enseignement et aux soins gratuits.

                    Les Grecs aussi déchantent ; pourtant, croyant tellement au rêve européen qu'ils avaient falsifié leurs comptes, avec, il faut oser le dire, la complicité tacite de leurs futurs partenaires et les magouilles de financiers complaisants, aujourd'hui mués en charognards.

                    Chez nous aussi, la déception grandit. Faute d'avoir uniformisé les politiques des états membres en matières économique, sociale, de travail, de justice, d'immigration, L'Europe a permis que se développent concurrence interne déloyale, injustice croissante, mainmise des grands états sur les orientations et décisions, renforcement du chacun pour soi, défense d'intérêts électoraux, deux poids deux mesures où il vaut mieux s'appeler Allemagne et France qu'Irlande et Portugal, chantage qu'elle stigmatise chez certains mais qu'elle accepte de la Grande-Bretagne qui, elle aussi, pourtant, va décider de son sort européen par un référendum.

                    En conclusion, deux constats alarmants, formulés de façon volontairement choquante ; tant pis pour les biens pensants ! 

    Chaque pays européen tient à sa souveraineté comme une "vierge effarouchée" à son pucelage… C’est ainsi que flétrissent les vieilles filles délaissées, ce que l’Europe et chaque état membre risquent de devenir. Certes, perdre son pucelage peut être un moment douloureux ; mais après, que de plaisir(s) possible(s) !!! Certains appellent ce passage initiatique « minute de courage politique » : un bel exemple de langue de bois !  

                    A force de pratiquer la culture intensive de ses égoïsmes, l'Europe semble avoir perdu son humanité, voire son humanisme, son sens des responsabilités et sa position privilégiée dans le monde. Qu'attend-elle pour changer ?

    Source & texte > Bruno Heureux > Photo > http://rodolediazc.blogspot.be

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    LE MOT DE BRUNO HEUREUX > DIDIER RENSON … TAILLEUR DE PIERRES

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    Didier Renson donne une âme à la pierre

                    Notre première rencontre date d'il y a plus d'un an ; c'était à la maison de la laïcité ; il avait fait l'honneur  de sa présence à quelques artistes locaux lors d'un vernissage où se côtoyaient peintres et écrivains, chansonniers. A l'issue de ma prestation (quatre chansons), il m'avait dit avoir apprécié mes textes et musiques. Puis de fil en aiguille, nous avons parlé de son métier, tailleur de pierre ; une forme artisanale d'un art rugueux, certes, mais où la sensibilité et la créativité ont pourtant une place importante. Impressionné, je lui avais promis de nous revoir et d'approfondir le sujet. Aujourd'hui, chose est faite et je vous fais part de mes découvertes, étonnements et ravissements.

    La nouvelle taille

                    Certes, je connaissais l'entreprise familiale pour passer devant chaque fois que je fais le chemin entre Thisnes et Hannut ; pierre de taille belge dite pierre bleue, petit granit, marbre, granit de grandes dimensions sont rangés sur une aire de stockage au sein de laquelle circulent des clarks déplaçant de pierres découpées, prêtes à la taille ; de temps à autre, une poussière blanche ou grisâtre... Pour moi, c'était cela, la nouvelle taille, une société spécialisée en pierres tombales et monuments funéraires.

                    Oui, c'est cela ! Mais aussi bien autre chose ; ce que m'a permis une visite  approfondie des installations, la découverte d'un outillage spécialisé à la pointe de la modernité, et, surtout, la rencontre de Didier Renson et de son entourage professionnel et familial.

    La sixième génération

                    La passion de la pierre, Didier l'a reçue dans ses gènes et elle coule dans ses artères. Comment pourrait-il en être autrement lorsqu'on est le sixième chaînon d'une famille dont le travail de la pierre a été le gagne-pain et la raison de vivre depuis plus d'un siècle ? Et Didier d'évoquer avec émotion et fierté cette longue lignée familiale, depuis son aïeul ouvrier dans les carrières de Moha jusqu'à son papa, Alphonse, fondateur de l'entreprise hannutoise après avoir été tailleur indépendant à Forville.

                    Une lignée qui ne risque pas de s'éteindre puisque le fils de Didier a rejoint la petite équipe actuelle après une formation scolaire de tailleur de pierre suivie d'un stage comme "compagnon" sur les chemins de France auprès de maîtres-tailleurs renommés.

    L'homme et la machine

                    Aujourd'hui, la technologie a fait évoluer le métier ; des machines perfectionnées taillent les pierres et permettent d'effectuer rapidement des ouvrages qui, il n'y a pas si longtemps, prenaient des heures sinon des jours. De plus, elles donnent la possibilité de réaliser des pièces qu'il aurait été impossible de tailler à la main. Ceci montre que l'entreprise familiale a su évoluer avec son temps tout en faisant cohabiter machines et tailleurs.

                    Cette adaptation aux méthodes contemporaines basées sur une évolution technologique en perpétuelle mutation est indispensable pour permettre à l'entreprise d'être concurrentielle. Cela n'empêche que la pierre d'origine belge (Ecaussinnes, Soignies, Naast...) est incapable d'emporter un marché public si des entreprises étrangères - la Chine pour la pierre, le Portugal, pour le carrelage - soumissionnent ; en effet, leurs matériaux sont beaucoup moins chers et obtenus grâce à une main-d'oeuvre au coût salarial bien inférieur que celui appliqué dans notre pays ; matériaux moins chers, certes, mais surtout de qualité moindre ! Un aspect du problème qu'ignorent sciemment la plupart des administrations qui choisissent d'office le coût moindre... en apparence ; car ces matériaux étrangers s'abîment beaucoup plus vite et demandent un entretien et parfois un remplacement qui, à moyen terme, coûtent plus que les matériaux belges si on les avait choisis. L'exemple le plus proche de nous et le plus visible est celui de la Grand-Place de Hannut où certaines, pierres chinoises choisies il n'y a pas si longtemps, rouillent déjà ! Alors, la raison devrait inviter à faire travailler des entreprises belges, avec des matériaux de chez nous, avec des délais de livraison courts, avec des coûts concurrentiels à moyen terme et avec la possibilité de contacter immédiatement le fournisseur en cas d'éventuel problème (Hannut, ce n'est pas la Chine). 

    Un bel artisan

                    Exercer son métier avec talent, créativité et sensibilité fait de Didier Renson un artisan digne de ce nom. En effet, parvenir à créer et personnaliser des objets "d'usage courant" est la gageure que notre tailleur réussit régulièrement, pour la plus grande satisfaction de ses clients. Exemples : la sculpture en trompe-l’œil d'un bassin de douche en forme de coquillage, les lavabos reprenant exactement les formes souhaitées par la cliente, le dessus de cheminée de 600kg mouluré de style Napoléon pour un château de la région, des pierres tombales et des stèles à nulles autres pareilles... permettent à Didier d'exprimer son talent dans son travail quotidien.

                    Mais, mieux encore ! Le travail terminé, il retourne à l'atelier, récupère chutes et morceaux destinés à la caillasse et aux remblais, donnant une âme à ces pierres "inutiles", pour en faire de véritables œuvres d'art, beaucoup plus petites, nécessitant patience, précision et finesse : verres à goutte, cendriers, croix, soliflores, assiettes à fondue, visages... sont les témoins d'un savoir-faire, à la fois moderne et à l'ancienne, qui font de Didier Renson un maître-tailleur reconnu par ses pairs et apprécié par le public qui a régulièrement l'occasion de le rencontrer sur le marché artisanal de Hannut.

                    En rencontrant Didier, j'ai fait d'une pierre (!) deux coups : la révélation d'un artiste de grande qualité et la découverte d'un homme accueillant ; les deux valent la peine d'être mieux connus.

    Source & texte de > Bruno Heureux.