Le "mot" de BRUNO ! - Page 7

  • Imprimer

    LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > ISLAM ET EUROPE

    EuropeMuzz.jpg

    Islam et Europe

                    Il n’est pas une semaine sans que je reçoive dans ma boîte aux lettres électronique des articles, des photos, des blagues sur les Arabes et les Musulmans, les uns et les autres confondus dans un amalgame où ils sont rassemblés le plus souvent sous le terme d’islamiste ; confusion qui dénote déjà le peu de nuance du contenu de ces envois et des connaissances limitée du sujet par leurs auteurs.

                    Ayant des amis arabes et non musulmans, d’autres, musulmans et non arabes et encore, arabes et musulmans, j’ai cherché à en savoir plus sur l’Islam en allant à sa source, le Coran que je suis occupé à lire. Jusqu’à présent, contrairement à tous les préjugés, dénigrements et accusations que j’ai lus et entendus, je n’ai trouvé dans ce livre saint aucune trace des dérives, des intolérances, des exactions et horreurs que certains intégristes commettent en son nom ; l’Islam mérite mieux que l’image qu’en donnent  ces fanatiques qui l’exploitent à des fins criminelles et barbares.

                    Le Coran est un livre qui, comme la Bible des chrétiens et des juifs, comme les préceptes des grands maîtres du bouddhisme, peut être un guide de vie où la spiritualité personnelle, le respect et la tolérance imprègnent des valeurs morales universelles encore valables aujourd’hui et bien nécessaires dans notre époque déboussolée à beaucoup de points de vue.

                    Le témoignage poignant qui suit est l’expression du rejet d’un Islam non conforme à son esprit, d’un Coran que certains courants, par une interprétation abusive et dévoyée, on transformés en un instrument  de pouvoir moral et d’asservissement physique. Témoignage courageux et lucide qui mérite, au terme de sa lecture, une réflexion approfondie.

    Il y a des jours où je regrette d’être née arabe ! 

    Fawzia Zouari écrivaine et journaliste tunisienne, docteur en littérature française et comparée de la Sorbonne a publié dans « Jeune Afrique » du 02 mai 2014 cet article remarquable : « Il y a des jours où je regrette d’être née arabe. »

                    Les jours où je me réveille devant le spectacle de gueules hirsutes prêtes à massacrer au nom d’Allah et où je m’endors avec le bruit des explosions diffusées sur fond de versets coraniques.

                    Les jours où je regarde les cadavres joncher les rues de Bagdad ou de Beyrouth par la faute des kamikazes; où des cheikhs manchots et aveugles s’arrogent le droit d’émettre des fatwas parce qu’ils sont pleins comme des outres de haine et de sang; où je vois des petites filles, les unes courir protéger de leur corps leur mère qu’on lapide, et les autres revêtir la robe de mariée à l’âge de 9 ans.

                    Et puis ces jours où j’entends des mamans chrétiennes confier en sanglotant que leur progéniture convertie à l’islam refuse de les toucher sous prétexte qu’elles sont impures.

                    Quand j’entends pleurer ce père musulman parce qu’il ne sait pas pourquoi son garçon est allé se faire tuer en Syrie. À l’heure où celui-ci parade dans les faubourgs d’Alep, kalachnikov en bandoulière, en attendant de se repaître d’une gamine venue de la banlieue de Tunis ou de Londres, à qui l’on a fait croire que le viol est un laissez-passer pour le paradis.

                    Ces jours où je vois les Bill Gates dépenser leur argent pour les petits Africains et les François Pinault pour les artistes de leur continent, tandis que les cheikhs du Golfe dilapident leur fortune dans les casinos et les maisons de charme et qu’il ne vient pas à l’idée des nababs du Maghreb de penser au chômeur qui crève la faim, au poète qui vit en clandestin, à l’artiste qui n’a pas de quoi s’acheter un pinceau.

                    Et tous ces croyants qui se prennent pour les inventeurs de la poudre alors qu’ils ne savent pas nouer une cravate, et je ne parle pas de leur incapacité à fabriquer une tablette ou une voiture.

                    Les mêmes qui dénombrent les miracles de la science dans le Coran et sont dénués du plus petit savoir capable de faire reculer les maladies.

                    Non ! L’Occident, ces prêcheurs pleins d’arrogance le vomissent, bien qu’ils ne puissent se passer de ses portables, de ses médicaments, de ses progrès en tous genres.

                    Et la cacophonie de ces « révolutions » qui tombent entre des mains obscurantistes comme le fruit de l’arbre.

                    Ces islamistes qui parlent de démocratie et n’en croient pas un mot, qui clament le respect des femmes et les traitent en esclaves.

                    Et ces gourdes qui se voilent et se courbent au lieu de flairer le piège, qui revendiquent le statut de coépouse, de complémentaire, de moins que rien !

                    Et ces « Niqabées » qui, en Europe, prennent un malin plaisir à choquer le bon Gaulois ou le bon Belge comme si c’était une prouesse de sortir en scaphandrier ! Comme si c’était une manière de grandir l’islam que de le présenter dans ses atours les plus rétrogrades.

                    Ces jours, enfin, où je cherche le salut et ne le trouve nulle part, même pas auprèsfawzia_zouari.jpg d’une élite intellectuelle arabe qui sévit sur les antennes et ignore le terrain, qui vitupère le jour et finit dans les bars la nuit, qui parle principes et se vend pour une poignée de dollars, qui fait du bruit et qui ne sert à rien !

                    Voilà, c’était mon quart d’heure de colère contre les miens. Ouf !

     Source > Fawzia Zouari. Photo > jeunetunisien

                    A la lecture de cette confession de Fawzia Zouari, franche, lucide et, peut-être, dangereuse  pour celle qui nous la livre, il en est, dans notre société occidentale, notamment européenne, qui se sentiront confortés  dans leurs propos et/ou comportements moqueurs, de rejet, même haineux. Pourtant, nous Européens, n’avons-nous pas la mémoire déficiente, n’avons-nous pas à balayer devant notre porte, même si la démarche est difficile ? Osons reconnaître qu’il y a parfois de quoi être honteux d’avoir été, d’être Européen ; exemples et raisons sont multiples au cours de l’histoire de notre continent, notre époque en foisonne : faut-il rappeler le massacre de la Saint-Barthélemy, les colonisations brutales en Amérique, en Afrique et en Asie où, à côté d’aventuriers généreux de l’idéal, il y a eu des cohortes de guerriers sanguinaires, d’exploitants et pilleurs de toutes sortes et sans scrupules, de marchands d’esclaves ?… Et encore, aujourd’hui, la frilosité des Européens à venir au secours de populations massacrées, dans le silence parfois - tout simplement, entre autres, parce qu’il n’y a pas de pétrole chez elles ou parce que « cela ne nous regarde pas » - par des dictateurs, régimes et intégrismes de la pire espèce… n’est-elle pas source de honte, ne doit-elle pas nous faire endosser l’humilité ?

    Alors, le courage de cette femme, qui prend des risques énormes en s’exprimant, n’est-il pas l’exemple à suivre pour que notre Europe redevienne la référence qu’elle a parfois été au travers de ses humanistes qui eux aussi ont jalonné son histoire ; car je suis fier d’être Européen, et, parfois, plus précisément d’être Belge, lorsque j’évoque le Père Damien, leBrunoHeureux 036.jpg Père Pire, le docteur Albert Schweitzer, Mère Theresa, sœur Emmanuelle et… beaucoup d’autres.

    A mon sens, l’Europe doit non seulement se construire mais, surtout, retrouver les valeurs humanistes qui en ont fait, parfois, une lueur rayonnant la dignité, le respect et la tolérance sur l’ensemble de la planète.

    Source texte de Bruno Heureux. Photo > europe-israe

  • Imprimer

    ANDRÉ MOTTET & BRUNO HEUREUX DEUX THISNOIS & … LE WALLON !

     

    e9ea2372639d48eabf628f0c18be4575-1416580765.jpg

     

    "Nos ston firs dyesse wallons"

                    Auteur récemment d’un livre sur Thisnes en Hesbaye son village natal, André Mottet est également un défenseur acharné du chef-d’œuvre en péril qu’est le wallon en général, du wallon thisnois en particulier.

    C’est ainsi qu’il anime chaque mois, surRadio FM Passion, une émission entièrement en wallon avec son compère « Lulu » Ledoux. De plus, déjà bien occupé à la rédaction d’un second ouvrage dans la lignée du premier, André Mottet trouve encore le temps d’assouvir une autre passion, la traduction en wallon d’ouvres d’auteurs anciens et célèbres comme Jean de La Fontaine... Aujourd’hui, laissons-le raconter cette passion d’une langue dialectale qui, sans des mordus, sans des amoureux comme lui, serait déjà morte dans l’indifférence totale.

    Bruno Heureux.

    Théåte  à  Thîn’

    Dernièrement, Le Rideau Thisnois a présenté « Å djoyeû  Pinson » de Christian DERICKE, adaptation du regretté Jean THOUNE, mise en scène par Fernand Petitjean.      

    Participation au concours de la Province  (pièce jouée par 4 troupes différentes au cours de la saison).

    4 représentations (730 personnes) ; « on a dû refuser +/- 20 places». Discussion avec un membre du jury : très bonne impression.Echos du public : très, très favorables.

    Très bonne distribution pour les 4 femmes et 5 hommes.

    Très beaux décors de Louis GOFFART : hall d’accueil d’une maison de repos, avec notamment une porte d’ascenseur (porte coulissante et éclairage automatique), une porte sur l’escalier et 4 portes de chambres.

    Accompagnement musical très bien choisi  -  du bon théâtre !!!

    Mise en scène irréprochable : aucune erreur de placement  - justesse du ton et de la gestuelle. Dialecte liégeois  de bonne qualité, malgré de temps en temps, une petite « thisnoiserie ».

    Distribution et intrigue

    L’action se passe dans un home de personnes âgées : 1 directrice du home avec 1 infirmière et 1 infirmier ; 6 pensionnaires, hommes et femmes de 75 à 95 ans.

    Mme JOLIN,  directrice du home : ma voisine Patricia VANDERVOST donne toute sa mesure dans un rôle qui devient de composition au 3ème acte ; Tom, l’infirmier : rôle ingrat, très bien tenu par le jeune Denis REQUETTE, élément prometteur de la troupe ; Mélissa, jeune infirmière, souffre-douleur (tchin dèl mohone) de la directrice et en même temps objet des attentions d’un pensionnaire amoureux,  rôle très bien interprété par Laurence VANDERVORST ; Roland : 75 ans, directeur d’usine pensionné, va rester au centre de l’action pendant tout le spectacle ; rôle impeccablement tenu par notre ami Lucien LEDOUX, à la hauteur de sa réputation déjà primée à Liège ; Edgard : 80 ans, ancien ébéniste, puis charpentier, le cœur sur la main, rêve encore d’un grand amour et jette sur dévolu sur Mélissa, la jeune infirmière ; ce beau rôle est parfaitement joué par ce camarade de longue date, Adrien LIBIN, un de nos plus anciens acteurs ayant beaucoup de métier et d’aisance en scène ; Ernest : 74 ans, adjudant pensionné depuis 20 ans, un gros couillon qui se fait passer pour général ; depuis la mort de son père il y a 20 ans, il est en froid avec sa mère toujours en vie…. ! C’est François GENOT qui fait toujours rire, rien qu’en entrant en scène ; Germaine : 82 ans, divorcée de son mari depuis plus de 20 ans, se déplace avec un « gadot », femme rancunière, avec un franc parler, beau rôle de composition admirablement tenu par Sophie GERARD ; Joséphine, 95 ans, nouvelle pensionnaire, grincheuse et autoritaire, …la maman du militaire qui en a « toujours autant peur » !! Elisabeth ROUCHE a interprété magnifiquement ce terrible rôle de composition ; Victor : 80 ans, nouveau pensionnaire, ancien syndicaliste dans l’usine de Roland, n’est autre que l’ancien mari de Germaine, devenu par un 2d mariage, beau-père de la directrice : aie, aie, aie ! ; Comme d’habitude, Louis GOFFART, rivalise de métier avec Adrien précité, dans un liégeois sans faute.   

    Commentaires d’André Mottet

                    Dès la deuxième scène, on pressent que le général va être démasqué et quelques répliques plus loin, que sa maman toujours en vie pourrait débarquer…on devine déjà la suite ; par contre, au milieu de ce premier acte, quand la directrice déclare à Edgard, supposé prostatique : «dji n’a nou problème di robinet, mi !», on ne se doute pas de ce qui va lui arriver au moment du dénouement général.

    Les présentations traditionnelles sont à peine terminées que débarque Joséphine, 95 ans, bientôt suivie par l’arrivée surprise de Victor : tous les éléments du drame sont en place.

                    Mais, il s’agit d’une comédie …digne de Molière ou de la farce de Maître Pathelin : l’exagération des caractères et des situations ainsi que quelques quiproquos classiques font de cette pièce une comédie où l’on n’arrête pas de rire. Le vieil amateur que je suis s’est laissé entraîner par le jeu quasi professionnel de nos artistes locaux, buvant toutes les répliques comme du petit lait et jamais distrait par une lenteur ou une erreur de langage ou de placement. Un grand bravo et bonne continuation !

     « Li mosse di ritche èt  lès plêtieûs »  ou > « L’huître et les plaideurs », d’après le texte original de La Fontaine

    Version française, pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas cette fable.

    L'Huître et les Plaideurs

    Un jour deux Pèlerins sur le sable rencontrent

    Une Huître que le flot y venait d'apporter :

    Ils l’avalent des yeux, du doigt ils se la montrent ;

    A l'égard de la dent il fallut contester(1)

    L'un se baissait déjà pour amasser la proie ;

    L'autre le pousse, et dit : Il est bon de savoir

    Qui de nous en aura la joie.

    Celui qui le premier a pu l'apercevoir

    En sera le gobeur ; l'autre le verra faire.

    - Si par là on juge l'affaire, > Reprit son compagnon, j'ai l'œil bon, Dieu merci.

    - Je ne l'ai pas mauvais aussi(3) > Dit l'autre, et je l'ai vue avant vous, sur ma vie.

    - Eh bien ! Vous l'avez vue, et moi je l'ai sentie.

    Pendant tout ce bel incident,

    Perrin Dandin arrive : ils le prennent pour juge.

    Perrin fort gravement ouvre l'Huître, et la gruge(4)

    Nos deux Messieurs le regardant.

    Ce repas fait, il dit d'un ton de Président :

    Tenez, la cour vous donne à chacun une écaille

    Sans dépens, et qu'en paix chacun chez soi s'en aille.

    Mettez ce qu'il en coûte à plaider aujourd'hui ;

    Comptez ce qu'il en reste à beaucoup de familles ;

    Vous verrez que Perrin tire l'argent à lui,

    Et ne laisse aux plaideurs que le sac et les quilles(5)

    (1   discuter > 2  ramasser > 3  non plus > 4manger > 5 donner à quelqu'un son sac et ses quilles : proverbe pour congédier quelqu'un ; ici est évoqué le petit sac de toile où sont les pièces du procès)

    Version wallonne

    On djoû deûs pormineûs   /   å bwérd di l’êwe toumèt

    Sus  ’n moss’ di ritch’ qui l’flo  /  vinèv’ d’y  apwèrter.

    Leûs grands-oûy’ l’avalèt,  /  leûs narèn’ li houmèt,

    Po cou qu’èst di leûs dints,  / i  fala  s’discuter.

    Dèdjà, l’onk s’abahîv’ / po ramasser l’prôye

    L’ôte  èl tchouque, èt dit : /        fåreût  todi sèpi

    Liské      vôrmint   /  ènn’årèt l’djôye !

    Li cisse qui l’ prûmî    /  l’ a polou   dishovri

    Arèt l’dreut dèl èl’magnî ; /  l’ôt’ n’årèt qu’à s’têre.-

    Si c’èst-st-insi  /  qu’on djudje l’afêre,

    Ristitch’-ti  l’om’ al vol’,  /            dj’a bon’oûy, grâce à Diu…

    Dji n’l’a pôr nin  /  måva nin pus,

    Di-st-i l’ôt’. - L’prûmi,  /  c’èst mi  qui l’a vèyou.

    Bon, vos l’avéz vèyou,  /  mins mi, dji l’a sintou !

    Sos l’tins di cisse margaye

    Pièr’ le Båbiè ariv’ ; / i  l’mètèt   djudje di l’caye.

    Pièr’, sérieûs com’on påp’,  /  drouve li mosse,  èt l’avale,

    Nos bèlès djins  /  èl rawêtant…

    Ciss’-st-eûrêye fête, i d’ha : /  - al mod’ d’on prézidant  -

    Tinéz, li cour vis donne  /  à l’onk èt l’ôt’  in’ hågne

    Sins dèpans, et qu’è påye   /  chaskun’ d’lé lu  ’nnè r’våye.

    Comptez çou qu’ ènnè cosse   /  pôr oûy, di s’mèt è transe

    Comptez çou qu’ènné d’mane   / à tant di bonès djins

    Vos veûrez qui l’djustice  /         vis prindrèt tos vos çans’   

    Et n’lêrèt  å plêtieûs  /  qui l’sètch’ èt lès-èhins.

    André Mottet, modeste traducteur wallon.

  • Imprimer

    MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX « LES GRÈVES »

    3724269338_1165.jpg

    Vœux

    A l’approche de l’année nouvelle, permettez-moi de vous présenter mes meilleurs vœux de santé, de BrunoHeureux 036.jpgprospérité, de paix en famille et dans votre cadre de vie. Que 2015 soit pour chacun d’entre vous l’occasion de rencontres qui embellissent la vie et de pardons qui, eux aussi, assurent un mieux vivre dans la sérénité retrouvée.

    Bruno, HEUREUX de vous rencontrer au travers de mes écrits.

    Oser le dire

    Les événements politiques et syndicaux de ces derniers temps ainsi que quelques rencontres fortuites m’inspirent des réflexions qui se concluent toutes par ces trois mots : « Oser le dire » .

    Grève politique

    « La FGTB est le bras armé du PS et les grèves sont politiques ! » fulminent les partis du gouvernement fédéral. Et alors ?  Dans la Grèce antique, la politique est le service de la cité et de ses habitants ; chez nous, aujourd’hui, est-ce toujours pareil ?  En démocratie, certains semblent l’oublier, la politique n’est pas le monopole des partis, des élus, des ministres. Tout un chacun peut faire de la politique, individuellement ou en groupe, sans s’affilier à un parti, et faire entendre sa voix, pas seulement lors des élections mais dans sa vie de tous les jours. Alors, si la population ou une partie de celle-ci estime, après avoir épuisé toutes les autres voies, que la grève est l’ultime moyen pour défendre la qualité de sa vie et notamment celle des petits, des plus faibles, c’est son droit le plus strict voire un devoir. Chaque grève a un sens politique. Normal. Il faut oser le dire !  Normal, à condition que le dialogue social reste le moyen privilégié par tous de résoudre les problèmes entre les autorités, quelles qu’elles soient, et ceux qu’elles « administrent », normalement pour un mieux vivre ensemble ; or, ce n’est pas toujours le cas dans la mesure où le profit personnel, maximal et immédiat remplace trop souvent l’intérêt commun, polluant ainsi la concertation et la rendant très difficile. Il faut oser le dire.

    Grève sauvage

    Si la grève se justifie dans le cas où le dialogue social préalable débouche sur une impasse ou une rupture, en abuser fait perdre toute crédibilité aux travailleurs et à leurs représentants. Or, depuis l’annonce et la mise en oeuvre du plan syndical de grèves et de manifestations, plusieurs corporations ont mené des actions sauvages, notamment certains dépôts des TEC, une  partie des conducteurs de trains...

    Constatons que, une fois de plus, ces mouvements sauvages touchent principalement la Wallonie ; qu’ils ont pour objectifs des intérêts très « personnels », corporatistes pour ne pas dire égoïstes, loin des revendications plus larges des syndicats ; que, par ces actions intempestives, ils finissent par se mettre les usagers à dos. « Y en a marre, trop is te veel ! » disent ces derniers pris en otages; il faut oser le dire.

    Droit au travail

    Le droit de grève fait partie intégrante de la législation du travail ; le droit au travail fait partie intégrante des droits fondamentaux garantis à chacun de ses membres par notre société démocratique. Dans cet esprit, la dérive de certains piquets de grève est regrettable, qui intimident, injurient,  menacent, « bousculent », prennent en otage des gens, qui ne pensent pas comme eux ou qui ne peuvent se permettre de faire grève, et leur interdisent physiquement d’exercer leur droit au travail. En démocratie, face à une opinion différente, à une volonté opposée, plutôt que d’utiliser le chantage et la force, il faut savoir informer, convaincre et, ensuite, laisser à chacun son libre arbitre ; certains piquets devraient s’en inspirer. « Ce qu’on obtiendra par la grève, les non-grévistes en bénéficieront aussi ! » disent les grévistes. A cet argument, pas toujours vérifié, certains répondent : « Je me méfie des gens qui savent mieux que moi ce qui est bon pour moi ! Je ne leur demande rien ! » Il faut oser le dire.

    Mais il n’y a pas que les grévistes qui mettent en péril le droit au travail de tous les citoyens. Les gouvernements successifs, de quelque couleur qu’ils soient, par leur incapacité à mettre en place des politiques créatrices d’emplois, mettent à mal ce droit au travail qui doit assurer à chacun qualité de vie et dignité. Il faut oser le dire.

    Fin de carrière.

    La durée de la vie et donc de la retraite augmentant sans arrêt, il ne sera plus possible d’assurer, dans un futur proche, la pension de retraite de tous les travailleurs au terme de leur carrière, si des mesures adéquates ne sont pas prises dès aujourd’hui. Il faut oser le dire.

    Octroyer une pension décente après la vie professionnelle devrait se faire automatiquement non à un certain âge mais après un nombre défini d’années de travail : tout en tenant compte de la pénibilité différente des diverses professions ; tout en prévoyant des aménagements de fin de carrière appropriés à la santé et aux capacités des plus âgés ; tout en veillant, dans le calcul de la carrière et de la pension, notamment pour les femmes, à valoriser comme travail à temps plein les périodes de travail à temps réduit consacrées à l’éducation de jeunes enfants.

    Cela dit, travailler plus longtemps sera indispensable ; mais rendre cet allongement supportable et motivant devrait être l’unique objectif d’un ministère chargé d’organiser au mieux la (fin de) carrière de celles et ceux qui, il ne faut jamais l’oublier, par leurs impôts et leur travail, rapportent une part importante des recettes de l’état et contribuent aux bénéfices des entreprises. Il faut oser le dire.

    Taxations injustes

    « C’est toujours sur les petits que l’on retombe pour combler les trous créés par une mauvaise gestion de l’Etat. » « L’Etat a payé très cher le renflouement des banques en déconfiture de par leur propre faute. Aujourd’hui, c’est nous qui payons la note... Des milliards pour les banques et rien pour nos emplois ! » Surtout en temps de crise, de telles déclarations, on les entend tous les jours dans tous les lieux publiques. « Raccourcis faciles et amalgames ! » diront certains. Pourtant, peut-on donner tort à celles et ceux qui expriment leurs doléances. En effet, comment justifier, par exemple, qu’après avoir été renflouées par l’Etat, les banques se semblent pas avoir retenu la leçon et agissent comme avant, tout en rendant encore plus difficiles les conditions d’emprunt pour les particuliers et les petites entreprises ? Comment justifier des intérêts notionnels qui ne créent pas d’emplois mais assurent à ceux qui en bénéficient une largesse fiscale écoeurante ? Comment justifier la volonté gouvernementale de ne pas taxer les plus hauts revenus rendant ainsi la société et l’impôt plus inégalitaires, alors qu’on demande à chacun des bas revenus de faire un effort ? Comment justifier les amendes sévères pour certains « petits » délits du commun des mortels alors que des organismes importants et avec pignon sur rue escroquent le fisc sciemment et échappent aux éventuelles poursuites, condamnations et amendes grâce à des procédures interminables qui aboutissent au but recherché, le dépassement du délai de prescription ? Il faut oser le dire.

    D’aucuns n’hésiteront sans doute pas à qualifier mes propos de populistes ; j’assume même s’ils ont tort. Car ces propos sont l’expression de vérités et de réalités où inégalité et injustice règnent en maître, où, de fait, les puissants sont protégés et courtisés alors que les autres sont étroitement surveillés et éventuellement punis avec sévérité. «Si vous voulez faire de la prison, faites-le tant que vous êtes pauvres ; quand vous serez riches, cela ne sera plus possible. » «  Le pauvre a tort avec de bons arguments, le riche a raison sans argument du tout. » Aujourd’hui encore et plus que jamais, ces deux citations d’une lucidité ironique de Félix Leclerc conservent toute leur vérité. Il faut oser le dire.

    Autistes

    Les dirigeants d’un syndicat ont qualifié quelques ministres « d’autistes ». Ce n’est pas très aimable pour les ministres en question ; c’est aussi un manque de respect pour... les autistes qui ne méritent pas d’être comparés à certains de nos dirigeants !!! Certes, je rigole ! Pourtant, il est des mots, des comparaisons, des insultes, parfois, à proscrire pour exprimer indignation et colère, même légitimes. Il faut oser le dire.

    Dignement.

    Une connaissance me disait récemment sa rage d’avoir vu un de ses proches mourir dans d’atroces souffrances alors que celui-ci avait exprimé clairement le désir de s’en aller paisiblement. Sans tenir compte, dans un premier temps, du souhait du patient en phase terminale, l’équipe médicale avait prolongé une survie pénible par un acharnement thérapeutique incompréhensible. Ensuite, devant l’insistance de la famille, le corps médical avait finalement débranché tous les appareillages... tous, y compris celui qui administrait les antidouleurs !!! Débrancher tout, tel était le voeu du malade et des siens, mais, évidemment, pas les antidouleurs qui auraient permis à cette personne de s’en aller sereinement, ce qui ne fut pas le cas, bien au contraire. Inacceptable, inhumain ! On parle souvent du droit de vivre dignement ; mais celui de mourir dignement est tout aussi important ; il faut oser le dire.

    Source & Texte de > Bruno Heureux.Photo > Dessin de Samuel

  • Imprimer

    MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX …. L’UNION FAIT LA FORCE !

    Projet1.png

    Moi d’abord !

    Trop souvent, notre époque et une partie de ceux qui l’habitent font preuve d’un égoïsme d’autant plus grand que la crise socioéconomique actuelle perdure.

    Egoïsme des nantis par rapport aux plus démunis, des pays riches face à la pauvreté des nations les plus pauvres de la planète, du Nord par rapport au Sud, des multinationales par rapport territoires d’ethnies « non civilisées »... Egoïsme aussi au sein d’une même famille, d’une même région, d’un même pays, d’un même continent, qui divise les gens, les peuples, les races et les dresse les uns contre les autres.

    L’union fait la force !

    Et pourtant, comme le rappelle notre devise nationale, elle aussi trop souvent oubliée, « L’union fait la force ».

    Devise dont l’esprit et même la formulation sont reprises dans la devise de nombreux pays sur tous les continents. Le « Unus pro omnibus et omnes pro uno » des Latins, traduit mot à mot en notre « Un pour tous, tous pour un », est une autre façon d’exprimer l’indispensable cohésion d’un groupe, d’une société, de notre continent, de notre planète entière, pour obtenir des buts communs, notamment et surtout celui d’un mieux vivre ensemble basé sur la solidarité, le respect et le partage... Ce constat et les réflexions qu’il m’a inspirées ont été le terreau de ma dernière chanson.

    « Un pour tous, tous pour un. »

    On n’est pas venu sur la terre

    Vivre son temps en solitaire ;

    Mais, pareils à des pèlerins,

    On marche ensemble sur le chemin...

    Un pour tous,

    Tous pour un.

     

    Pour affronter les océans

    Quand le vent se fait violent,

    Il souque dur, tout l’équipage,

    Pour éviter le chavirage...

    Un pour tous,

    Tous pour un.

     

    Au coeur d’un éternel hiver,

    La cordée qui s’avance vers

    Les sommets de l’Himalaya

    A besoin de tous ses sherpas...

    Un pour tous,

    Tous pour un.

     

    Pour chanter, rire et faire la fête,

    Dans la victoire et la défaite,

    Dans un cul-de-sac, face à l’obstacle,

    Serrer les coudes faits des miracles...

    Un pour tous,

    Tous pour un.

                    Cette modeste chanson ne va pas changer la face du monde, le cours de notre siècle, l’histoire de la chanson ; mais peut-être que, semée dans les oreilles de celles et ceux qui l’entendront, germera-t-elle dans leur coeur et imprègnera de solidarité leur façon de vivre au sein de leur voisinage et au fil de leurs rencontres.

    On peut rêver, car il n’y a, heureusement, pas que des égoïstes sur notre planète !

    Source & texte de > Bruno Heureux. > Photos 2 > Wikipedia

  • Imprimer

    MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > 4 ARTICLES

    Projet236.jpg

    Fichue mémoire !

    285a25c17f351708754cdb6d56f3962e-1396695688.jpgL’arrivée de son fils au 16 rue de la Loi a ouvertement réjoui Louis Michel ; très fier de son fiston, le père Michel ne semblait nullement gêné que Charles ait été la cheville ouvrière de la coalition réunie et soit devenu le premier ministre d’un gouvernement où se retrouvaient deux membres de la NVA que l’on peut, sans se tromper, qualifier soit de racistes et xénophobes, soit de complaisants avec l’extrême droite et/ou de très tolérants, voire compréhensifs à l’égard des collaborateurs durant la dernière guerre mondiale.

                    N’était-ce pas ce même Louis Michel, qui, à l’époque où il était ministre des affaires étrangères, suggérait à ses compatriotes de ne plus passer leurs vacances en Autriche, vu que ce pays était alors dirigé par un parti d’extrême droite. A-t-il oublié aujourd’hui ses déclarations vertueuses d’antan ? Oubli de circonstance lié à la promotion de son fils ou simplement perte de mémoire passagère comme en connaissent toutes les personnes qui, comme lui et moi, ont franchi la frontière du 3ème âge ? Ethiquement parlant, j’espère pour lui que c’est la seconde hypothèse.

                    Certes, comparaison n’est pas raison ; la NVA n’est pas (du tout ? vraiment ? encore ? totalement ?) un parti d’extrême droite même si elle a attiré en son sein d’anciens dirigeants et électeurs du Vlaams Blok puis du Vlaams Belang. Mais les déclarations et comportements de certains de ses membres, ministre et secrétaire d’état, auraient pu, auraient dû raviver la mémoire du père Michel et rendre plus discrète sa jubilation.

    L’administration

    1312898640_B973974315Z_1_20141105083849_000_GO93DPVJP_1-0.png Ils viennent d’acheter une maison à la campagne. L’agence immobilière qui leur a vendu l’habitation, avait mis en valeur les différents avantages d’un tel achat, notamment la présence d’un égouttage.

    Or, au cours de travaux de rénovation de la maison et de ses alentours, les nouveaux propriétaires ne trouvent aucune trace de raccord aux égouts. Se renseignant à leur nouvelle commune, ils en reçoivent des réponses diamétralement opposées : les responsables des travaux et le collège communal certifient dans un document officiel qu’il n’y a pas de raccord aux égouts. Pourtant, un autre document obtenu au même service des travaux et sorti du dossier de l’égouttage communal stipule, noir sur blanc, que la maison est raccordée au réseau. Qui croire ? De quoi rendre perplexe !

                    N’est-ce pas la moindre des choses qu’une administration communale évite de donner des informations contradictoires à propos de problèmes importants pour de nouveaux arrivants et qu’elle veille à ce que ses propos et décisions soient en parfait accord avec les documents classés dans ses dossiers et remis aux demandeurs ? Cela, éviterait, comme dans le cas présent, que les nouveaux propriétaires se trouvent devant de nouvelles obligations en matière de traitement des eaux et un très important surcoût inattendu. Cette cohérence, souhaitée mais absente dans le cas présent, s’appelle professionnalisme et respect du citoyen, « vertus » que tous les habitants d’une commune sont en droit d’exiger de leur administration.

    Administration bis

    Armoires.jpgL’histoire précédente me rappelle un souvenir personnel.

    Je venais d’être nommé directeur d’une école secondaire, donc novice dans la fonction. Une circulaire m’invitait à me procurer un document officiel pour je ne sais plus quel usage. Histoire de connaître les lieux et de faire connaissance avec un personnel administratif avec qui j’allais devoir collaborer, je me rends au ministère.

                    A l’entrée, l’on me dirige vers un bureau portant le numéro untel. Je m’y rends, frappe à la porte, patiente avant qu’on me dise d’entrer, me présente et expose l’objet de ma visite, recevoir le document attendu. Immédiatement, la réponse est nette : « Ce n’est pas ici que vous devez vous adresser mais au bureau untel bis. » Je remercie l’employé et me rends à l’endroit indiqué. Là, de nouveau, je sonne à la porte, patiente avant qu’on me dise d’entrer, me présente et expose l’objet de ma visite, recevoir le document attendu. Là également, la réponse est identique :  « Ce n’est pas ici que vous devez vous adresser mais au bureau untel ter. » Une fois encore, je remercie l’employé et me rends à l’endroit indiqué, sans obtenir le document.

                    Cette même présentation et cette même réponse se sont répétées à sept reprises avant que je me retrouve devant le premier bureau de mon périple !!! Toujours aussi respectueux de l’endroit, destiné normalement au bon fonctionnement de l’administration et de l’enseignement francophone, je réitère ma demande en expliquant les détails de mon aventure dans les couloirs du ministère. Alors, me reconnaissant, l’employé s’adresse à une dame assise à un autre bureau : « Au fond, est-ce que ce formulaire ne se trouverait pas dans ton armoire ? »La dame se lève, ouvre l’armoire et, très rapidement, trouve le formulaire tant attendu qu’elle me remet sans un mot d’excuse (faut pas rêver !).

                    Si mon merci a été poli, ma réaction à la sortie du bâtiment a été, je l’avoue, une série d’injures grossières à l’adresse de ce service public qui s’était révélé être plutôt un « Sévice public ».

    Economies communales

    5-COL-éclairage-aubigny1-469x352.jpgA tous les niveaux, il est question d’économies, notamment d’énergie.

    Les communes sont particulièrement concernées vu la diminution de leurs ressources traditionnelles et l’augmentation de leurs charges comme celles du CPAS. Pourtant, il y a quelques jours, vers 11h30, un petit village Hesbignon était éclairé de tous ses feux à une heure où la visibilité aurait été parfaite sans cet éclairage. Pas de compagnie électrique au travail à la cabine toute proche ou dans les rues avoisinantes, donc apparemment pas de raison à cette dépense énergétique inutile ! Et dire que ma femme « m’enguirlande » lorsque j’oublie d’éteindre mon ordinateur durant ma sieste (assez longue, je l’avoue) !

    Source & textes de > Bruno Heureux. 

  • Imprimer

    LE MOT DE BRUNO HEUREUX > 4 « RÉFLEXIONS » …

    Projet221.jpg

    La place de la culture

                    Il y a 15 ans déjà, Directeur d’une école secondaire, j’organisais chaque année une journée culturelle appelée « Brouillon de culture ». Durant trois périodes de deux heures, sous la direction d’animateurs compétents, chaque jeune était mis en situation de découverte et d’expression dans des secteurs très différents de l’art : écriture, poésie, théâtre, création musicale, chanson, danse, rythme, peinture, sculpture... l’occasion d’initiation pour certains, de perfectionnement pour d’autres.

    La table

                    Chaque année, des parents bien intentionnés et attentifs à la formation de leurs B1Gwx43IgAADy3x.jpgenfants me disaient : « Monsieur le Directeur, ne serait-il pas plus profitable pour les élèves de consacrer ce temps au latin, à la mathématique, à la pratique des langues ? » Ma réponse se faisait sous la forme d’un petit dessin, celui d’une table aux pieds inégaux. Mon commentaire soulignait que l’éducation reçue tantôt à la maison, tantôt à l’école, ou encore dans les mouvements de jeunesse... n’avait pas toujours le même objectif, la même forme, la même force de pénétration, en fonction des différents lieux où elle s’initiait ; que cette différence était encore accentuée par l’histoire familiale, le degré culturel et d’études des parents, le milieu social, l’environnement citadin ou rural...

                    Je concluais en disant que construire quoi que ce soit sur une table aux pieds inégaux était périlleux et se terminait souvent par une chute. C’est la raison pour laquelle s’imposait la nécessité de rééquilibrer et stabiliser la table avec quelques « cartons », du style cartons de bière, ou avec du papier journal plié en huit, ce qui rendait possible, sécurisé et sécurisant un échafaudage ultérieur. En éducation, ces cartons s’appellent souvent bénévolat et culture. Deux mots qui, dans le contexte socio-économique actuel, semblent dépassés, d’un autre temps et qu’on envisagera de remettre à l’honneur quand les temps seront meilleurs : demain ? Aux calendes grecques ? Jamais ?

    Or, en renforçant sa base, ces « cartons » apparemment minables, voire inutiles, assurent l’équilibre d’une vie.... Au terme de cette explication, certains parents repartaient sceptiques, d’autres convaincus que cette journée « Brouillon de culture » n’était pas du temps perdu.

                    Il m’est arrivé, depuis ma retraite, de rencontrer plusieurs anciens de mes élèves. Et, grandes sont ma surprise et ma satisfaction, lorsque je leur demande d’évoquer quelques moments forts de leur passage à l’école, de constater que la plupart citent cette journée culturelle, et souvent en premier lieu.

    La culture

                    La culture, ce n’est pas que l’art ; elle est également le partage et l’expression, medium-123919.pngsinon identiques du moins similaires, d’une forme de pensée, d’un regard porté sur les choses et les événements, de valeurs reçues d’un passé commun et enrichies au gré de l’évolution et des chambardements de notre histoire, de comportements traditionnels et contemporains qui font que les gens se sentent membres d’une même « famille ». Sentiment d'appartenance qui, de nos jours, s’exprime trop souvent, hélas, sous forme de méfiance voire de rejet des dépositaires d’une autre culture : « Ils ne pensent pas, ne mangent pas, ne s’habillent pas comme nous...Ils ne veulent pas s’intégrer... Ils ne respectent pas notre culture et veulent nous imposer la leur... » Propos révélateurs d'un problème bien d’actualité, celui de la rencontre et du mélange harmonieux de différentes cultures ; ce qui prouve la place prépondérante de la culture dans la vie des peuples, dans celle, quotidienne, des gens.

                    La culture est donc vitale pour une société ; en sous-estimer l’importance, en diminuant encore les moyens, pourtant déjà trop faibles, destinés à son développement, à son existence et même à sa simple survie, c’est mettre en péril les fondements de cette société. Rappelons-nous l’histoire des peuples : lorsqu’une dictature s’installe, quelle que soit la  partie du monde, sa priorité première est de faire main basse sur la culture, pour la cadenasser dans les normes étroites de la pensée unique du dictateur, en réduisant au silence les artistes de tous bords et les médias trop critiques. Ceci est une preuve a contrario de  ce que la culture est la sève de toute société qui se dit civilisée et se veut démocratique.

    Délinquance anti-culturelle

                    Sabrer dans les budgets culturels, notamment dans la création artistique - on le petition-image-16915cf61090d51c690838e088a1744d.jpgfait partout en temps de crise - comme le prévoit l’actuel gouvernement Michel, c’est prendre le risque d’étouffer en quelques années - si ce gouvernement tient jusqu’au terme de la législature - ce que plus de deux mille ans d’histoire européenne et d’humanisme belge ont contribué à construire avec patience et sagesse. La destruction, par les Talibans, des bouddhas géants en Afghanistan a été un crime d’une rare violence contre la culture. Heureusement, on n’en est pas encore là en Belgique ; mais les mesures anti-culturelles prises chez nous sont déjà de la délinquance, de la petite criminalité anti-culturelle. Je dis souvent, en spectacle : « La culture, c’est comme l’alcool, certains ne supportent pas ! » Dans notre cas belge, aurais-je raison ? J’espère que non !

                    Je terminerai par un (affreux) jeu de mots, osé, sans doute, mais parlant, résumé de ce qui reste de la culture lorsqu’on s’y attaque, de front ou sournoisement, comme notre gouvernement est décidé à le faire : au fil des sapes qui l’érodent, la Culture se réduit progressivement en Cultur, Cultu, Cult pour finir en Cul !!! Est-ce là le niveau culturel de certains de nos dirigeants, celui auquel ils veulent rabaisser la population de notre pays ?

    J’exagère ! Oui, certainement ! Mais sans doute pas autant que d’aucuns le penseront ! Ne dit-on pas que la manipulation d'un peuple est d'autant plus aisée que celui-ci est maintenu dans l'ignorance et l'inculture ? Alors, pour éviter notre asservissement moral et culturel, osons exiger plus et mieux que l'ersatz de culture qui nous est concédé « ur éviter notreédé du pouvoir ; y en a marre des essée que celui-ci est maintenu dans éntemporains appris, pour nous occuper » pendant les manigances au sommet du pouvoir ; nous méritons plus et mieux que téléréalités et séries télévisuelles, plus et mieux que pain et jeux, plus et mieux que promesses électorales non tenues et complices de mensonges éhontés, plus et mieux que valeurs factices, virtuelles, égoïstes, plus et mieux que... Cul !!!

    Source & texte de > Bruno Heureux. Photo site > fondation-cultura

     

  • Imprimer

    MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > RADIO PASSION FM 106.5

    Projet.jpg

    Radio Passion FM 106.5

                    Pourquoi vous parler de cette radio locale ? Tout simplement parce qu’un jour j’ai croisé sa route et que, depuis, je ne résiste jamais à l’envie de la rejoindre, tant elle me plaît par son style et son contenu. De plus, je souhaite partager mon plaisir avec vous, non seulement pour nous souvenir des radios libres du bon vieux temps mais aussi pour constater que Radio Passion FM, une radio d’hier, a su s’adapter et trouver sa place dans notre époque, grâce à sa démarche interactive ainsi qu’au sens de l’accueil et aux talents de celles et ceux qui l’animent.

                    Les premières paroles de « La Bohème », célèbre chanson de Charles Aznavour, nous disent : « Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître... ». Aujourd’hui, je reprends à mon compte ces quelques vers pour vous parler des radios libres et, notamment, de Radio Passion FM 103.5.

    Radios libres ou indépendantes ou locales

                    En effet, ceux qui, aujourd’hui, utilisent régulièrement Itunes, You Tube et d’autres sites à vocation musicale pour écouter ou télécharger de la musique, ne peuvent imaginer la lutte difficile menée par les radios libres, il y a plus de 30 ans, pour ouvrir la voix des ondes à des petites stations régionales et ainsi faciliter l’accès à la musique jusqu’alors monopolisée par les radios d’Etat. Cette lutte a abouti, de 1981 à 1983, à la progressive reconnaissance légale des radios libres. Celles-ci naîtront alors par dizaines, répercutant, sur des territoires limités, des nouvelles des environs, des émissions en français et en dialectes wallons et, surtout, des musiques demandées et dédicacées par les auditeurs.

                    Mais, depuis le début de notre siècle, l’évolution rapide et exponentielle des technologies a permis l’accès aisé à l’information et à la musique sur internet, entraînant rapidement la mort de nombreuses radios indépendantes. Actuellement, seuls demeurent quelques spécimens d’une espèce en voie de disparition ; parmi ceux-ci, dans notre région, Radio Passion FM 106.5 à Orp-le-Grand.

    A Orp-le-Grand

                    Cette survivante naît en 1981 sous le nom de « Radio Centre Jodoigne » avant de déménager à la place communale d’Orp-le-Grand en 2001 et devenir « Radio Passion FM », émettant sur 106.5, avec un rayon d’audience d’environ 40 km.

                    Libre, plus que jamais, et indépendante de l’administration communale locale, elle reçoit un subside de la Fédération Wallonie Bruxelles grâce à ses 14 heures hebdomadaires d’émissions culturelles. Si cette subvention lui permet de faire face à ses frais de fonctionnement, la radio doit surtout sa pérennité à la disponibilité fidèle des nombreux bénévoles qui interviennent dans sa gestion journalière « sur le terrain », en studio et à la régie ; tout cela, sous la houlette de Armand Foriers, son président depuis quinze ans. 

                    Pour caractériser en quelques mots la philosophie de Radio Passion FM, on pense immédiatement à  l’interactivité entre les animateurs des différentes émissions et les auditeurs, ces derniers âgés de 7 à 77 ans et plus. Interactivité grâce au téléphone, à internet et aux réseaux sociaux qui permettent à la radio de recevoir des réactions et des messages venus d’un peu partout et, notamment... du Canada et du Portugal !

                    Pas de place pour la politique et la publicité commerciale dans la programmation mais beaucoup, par contre, pour l’information culturelle et sportive ainsi que pour la musique. Sans entrer dans le détail du programme proposé aux auditeurs, épinglons quelques points forts sur Radio Passion FM.

                    Le mercredi, une émission est consacrée à la chanson française, au théâtre et aux activités culturelles en général ;  sont alors reçus en studio, comédiens, peintres, metteurs en scène, chanteurs comme Frank Alamo et Claudia Sylva... Le vendredi avant-midi, une émission en wallon d’Orp est animée par Marie-Christine Robijns et Joseph Decossou ; dans la même veine dialectale, une fois par mois, Lucien Ledoux et André Mottet du Rideau Thisnois dialoguent avec les auditeurs qui parlent ou comprennent encore le wallon. Grâce à ces deux émissions et leurs animateurs, Radio Passion FM contribue à perpétuer un patrimoine linguistique qui fait la noblesse, la richesse et la saveur de notre coin de Hesbaye... Le samedi matin, Génération d’Or s’adresse à un public « d’anciens » : le vinyle, tant en 45 qu’en 33 tours, y règne en maître... Le dimanche matin, de 9 à 10h, Diana s’adresse à un public d’enfants... Grâce à son Hit 51, Marc Gérard, lui aussi, rassemble un large auditoire autour des radios familiales ; mais Hit 51 prend parfois l’air, puisque, par exemple, le 28 septembre dernier, c’est en public à Ans qu’il a animé une des émissions-phares de Radio Passion FM...

    Deux fois par mois, André Roder propose une émission produite depuis et par la Maison des Jeunes d’Orp ; encore une forme d’interactivité créatrice et sociale qui séduit les jeunes, auditeurs et réalisateurs... Sans oublier les émissions en direct, comme lors des matches de l’équipe locale de volleyball (1ère division), lors des 24 heures de Puzzle de Hannut, le Marché du Chocolat de Jodoigne... Sans oublier les autres émissions non citées hannut,blog,jcd,radio,106.5,orp le grand,radio passion,bruno heureuxqu’il est possible de découvrir sur le site de la radio « www.radiopassion.fm » ; là aussi, sont repris tous les renseignements utiles pour entrer en contact avec cette radio... Dès à présent, je vous souhaite beaucoup de plaisir à l’écoute de Radio Passion FM 106.5        

    Source & texte de Bruno Heureux

    Ecouter 106.5 en ligne > http://www.radiopassion.fm/0-radiobe/

    Le site de radio FM 106.5 > http://www.radiopassion.fm/

    Sur Facebook > https://www.facebook.com

    La vidéo explicative > Reportage pour ACTU sur Radio Passion (Orp-Jauche) > Mise en ligne le 30 mai 2011  > 201.106 reportage pour l’ACTU-tv de juin sur Radio Passion, la radio libre de Orp-Jauche (106.5 FM) - interview d’André Roder secrétaire et animateur de la station. Une séquence de Bob Boutique

  • Imprimer

    MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > TEMPETE A LA CHAMBRE

    149f30c0f95f6a6b59df6f40614c4194-1323758891.jpg

                    J’ai rarement eu autant de réactions à propos de mes réflexions sur Charles Michel au 16 rue de la Loi  et sur les usurpateurs ; elles m’incitent à revenir sur l’article précédent, à en préciser certains points et à lui donner une suite compte tenu des derniers événements à la chambre.

    Sévère ou gentil ?

                    Certains m’ont trouvé trop dur à égard du nouveau premier ministre ! C’est leur avis, que je respecte, mais qui m’étonne tant, à la relecture attentive de mon article, je l’ai trouvé modéré et équilibré.

                    D’autres, au contraire, me reprochent ma trop grande gentillesse pour Charles Michel en n’ayant pas souligné pas son opportunisme et ses multiples mensonges dont le plus éhonté est d’avoir trahi son « Jamais avec la NVA ». J’aurais pu être plus dur, effectivement, mais vu que trop souvent des politiciens en vue ne tiennent pas parole - par exemple, Magnette et Prévost jurant qu’ils resteraient bourgmestres respectivement de Charleroi et de Namur mais vont siéger au gouvernement wallon - comme la plupart des gens, j’ai inconsciemment intégré et admis comme courantes, normales des  pratiques malhonnêtes vis-à-vis de l’électeur ! Pauvre de moi !

                    « A jouer avec le feu, on se brûle les doigts ! » « Qui sème le vent récolte la tempête ! » Est pris qui croyait prendre ! » «C’est un apprenti sorcier dépassé par les événements ! »... Par ces proverbes, adages et réactions, mes interlocuteurs m’ont fait comprendre que le brouhaha de la rentrée parlementaire était prévisible et que Charles Michel était « puni par où il avait péché » . 

    Tempête à la Chambre

                    Le premier ministre a dû rapidement constater que la traversée de la législature serait secouée par bourrasques et tempêtes, que le chavirage n’était pas exclu. Il faut dire que les propos et/ou comportements de deux membres du gouvernement issus de la NVA ont déchaîné les réactions virulentes de l’opposition. Normal, vu la banalisation par l’un d’eux de la collaboration durant la guerre 40-45 ; justifié, étant donné les écrits homophobes et racistes de l’autre.

                    Pourtant, ce chahut vociférant m’a choqué : en effet, j’aime que la confrontation d’idées et de points de vue se passe dans l’écoute et le respect mutuels, ce qui, en l’espèce, n’était le cas ni de la majorité refusant de répondre à une question importante et légitime, ni de l’opposition, dont certains propos grossiers et injurieux n’étaient pas dignes de démocrates. Ceci dit, constatons que le premier ministre aurait pu éviter un tel climat détestable en ayant, d’amblée et avant même sa déclaration gouvernementale, le bon sens tactique, le courage (?) de condamner avec vigueur les propos et attitudes inacceptables des deux membres de son gouvernement et d’oser le geste très fort de les exclure de son équipe. Il aurait alors montré qu’il était le vrai maître à bord et non le capitaine timoré d’un bateau dirigé à distance par son armateur anversois, Bart De Wever. Pareille attitude risquait de faire chavirer le navire ? Oui, peut-être, mais l’honneur, la dignité, le respect des valeurs humanistes de notre démocratie ne méritaient-ils pas ce défi qui aurait permis à Charles Michel de se révéler un vrai homme d’état. Hélas !!! Espérons que les mois à venir lui permettront d’effacer les effets dévastateurs d’une énorme erreur politique et morale.

    Et les autres

                    Les autres membres du gouvernement sont restés muets par rapport à ce problème. « Au nom de la solidarité gouvernementale » se justifient-ils.  « Pour enfin entamer le vrai travail parlementaire », poursuivent-ils ! Ce qui n’est pas faux. Pourtant, j’avais espéré, un peu naïvement, que parmi les ministres issus des autres partis de la majorité, l’un ou l’autre aurait eu l’audace de se lever et d’exprimer sans ambages ce que sa conscience lui dictait de dire, à savoir qu’il stigmatisait l’attitude et les propos de ses deux collègues, qu’il était gêné, voire honteux de faire partie d’une telle équipe.... Hélas, j’avais rêvé d’une utopie. En effet, plus forte encore que les raisons plausibles déjà évoquées, la perspective réelle de perdre, à cause de ce geste guidé par la simple honnêteté morale personnelle, un poste en vue, le sommet d’une carrière politique, espéré, attendu avec (im) patience depuis des années, convoité par beaucoup d’autres... les en a rendus incapables ! A ce silence complice, j’aurais préféré la parole, « au nom de la solidarité avec l’ensemble des démocrates de notre pays ».

                    Décidemment, trop idéaliste, je n’aurais jamais été un bon politicien ; de plus,  la discipline de parti et de gouvernement qui transforme un lion rugissant en mouton de Panurge, qui muselle la voix de la conscience, très peu pour moi. D’autres s’en accommodent. Finalement, heureusement, car ils permettent à notre démocratie de subsister tant bien que mal, de se perpétuer même imparfaite, tantôt rongée par les rivalités haineuses, les  rancoeurs tenaces, les coups bas sournois et le carriérisme de celles et ceux qui l’exploitent et la tropent, tantôt ravivée par les qualités humaines, l’honnêteté et la générosité de celles et ceux qui la servent dans l’intérêt commun.

    Les usurpateurs

                    J’ai vécu l’injustice d’être écarté de la direction d’une école secondaire communale, alors que j’y avais assuré un intérim de 15 mois, « à la satisfaction générale », disaient mes collègues. Au moment d’être nommé définitivement, j’ai été « doublé » par une candidate très bien soutenue par des proches et amis très influents au sein du parti dominant dans cette commune. Je connais donc la frustration, la vraie souffrance, l’injustice d’être lésé dans un système où règnent en maîtres le piston et le passe-droit.[i]

    Il est rarissime que je parle de mes enfants dans cette rubrique. Pourtant, je le fais aujourd’hui pour illustrer mes propos sur les usurpateurs. Il y a une quinzaine d’années, le plus jeune de mes fils postulait à un poste à haute responsabilité dans un grand quotidien belge dont je connaissais plusieurs dirigeants importants. Mon fils m’a fermement prié, pour ne pas dire interdit, de contacter ces personnes pour favoriser sa candidature. J’ai respecté sa volonté... et il a été choisi, sur sa propre valeur et pas grâce à une recommandation pressante ; de le rendre légitimement fier de lui-même, fier de sa capacité à tracer sa propre route sans piston, sans être un usurpateur.. Moi aussi, j’ai été fier de lui, de ses qualités reconnues par un jury, et, surtout, de ses valeurs éthiques fruits de son éducation. Tous les parents dont les enfants agissent de même ressentent cette hannut,blog,jcd,bruno heureux,tempete a la chambrenormale fierté dans un contexte contemporain où la corruption est monnaie courante, où tous les moyens même les plus malhonnêtes sont utilisés pour arriver à ses fins.

    Source & Texte de > Bruno Heureux. > Photo > rtbf.be


     

    [i] Ce qui ne m’a pas empêché, quelques mois plus tard, après épreuves et sans piston, d’être choisi, comme directeur, par le PO de deux écoles différentes... J’ai eu le choix !!!  Quant à l’usurpatrice de mon école précédente, elle n’a pas fait long feu, pour différentes raisons dont l’incompétence.