Le "mot" de BRUNO ! - Page 6

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > « PRIORITE »

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                    Depuis 2008, l’économie mondiale affronte une crise sans précédent, qui n’a pas épargné notre pays. Ce dernier vit également une profonde crise sociale, intimement liée à l’économique. Les gens simples, travailleurs et sans emploi, sont très durement frappés - pas les plus fortunés, qui, au contraire, s’enrichissent encore plus - dans tout ce qui fait l’objet de leurs préoccupations quotidiennes ; emplois, salaires, revenus de remplacement, pouvoir d’achat, chômage, pensions, soins de santé, sécurité, avenir de leurs enfants... tout est remis en question.

                    Et pourtant, au coeur de cette tempête économique et sociale, un homme politique du fédéral à découvert un sujet de discussion autrement plus important : « Qui, derrière le nonce apostolique, doit occuper la deuxième place dans l’ordre protocolaire ? » Le sénat et sa présidente, actuels détenteurs, ou la chambre et son président, actuellement troisièmes ? Une question qui, à coup sûr, empêche l’ensemble des Belges de dormir, tant elle les « turlupine » jusqu’au plus profond d’eux-mêmes.

                    Comment, nous, citoyens responsables, avions-nous pu oublier cette question urgente et vitale pour l’avenir de notre pays ? Merci à Monsieur Siegfried Bracke, président NVA de la chambre, de nous avoir ramenés à l’essentiel, de nous avoir replongés dans la belge réalité et d’avoir eu le génie politique de remettre à la place qu’il mérite, c’est-à-dire en tête de nos préoccupations, ce problème si important... important, surtout pour son ego ; car si la chambre devançait le sénat, l’actuel président de la chambre deviendrait alors le deuxième personnage de l’Etat dans l’ordre protocolaire. Oufti ! On a risqué le pire en oubliant cet élément prépondérant de notre vie fédérale !!!  Grâce au sieur Siegfried tout est rentré dans l’ordre !!!

                    Plus sérieusement ! Après sa gestion catastrophique de la rentrée parlementaire, notre éminence grise se rappelle à notre bon (?) souvenir par une de ces trop nombreuses péripéties futiles qui nuisent à l’image de nos représentants, élus, normalement, pour résoudre de vrais problèmes, beaucoup plus  importants pour l’ensemble des Belges ! En résumé, avec un tel homme, rieN VA !!! Alors, ne nous étonnons pas si nombre de nos compatriotes trouvent que Monsieur Bracke est beaucoup trop bien payé s’il n’a que ce type de préoccupation(s) à son agenda.BrunoHeureux 036.jpg

    Sans autre commentaire et point à la ligne, Siegfried !

    Source & texte > Bruno Heureux > Photo (Partielle) de > knack

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > DERNIER VOYAGE DE PIERRE

               

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                  A mon retour du Québec, en fin septembre dernier, j’avais partagé avec vous la difficulté éprouvée à dire adieu à mon ami Pierre en le quittant : je savais que je ne le reverrais plus puisqu’il approchait du terme de sa transhumance humaine. Une émotion très poignante nous avait réunis, son épouse, lui et moi, au moment de la séparation. Il y a quelques jours, la même émotion a refait surface lorsque j’ai appris le décès de Pierre Therrien.

                    Je vous fais part de sa disparition car, en 2011, cet artiste-photographe avait fait escale chez nous, à Hannut, en compagnie de son épouse, Denise Lafrenière, artiste-peintre ; leur exposition à la Bibliothèque communale et au Centre de lecture publique avait connu un beau succès ; c’était dans le cadre de La Fureur de Lire et, plus précisément, lors de la présentation de « Partages », mon recueil poétique illustré de tableaux de Denise et de photos de Pierre.

                    Nous avions, alors, rencontré un artiste talentueux, un homme souriant et chaleureux ; aujourd’hui, nos pensées amicales l’accompagnent au long de son dernier voyage.

    Source & Texte de > Bruno Heureux

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > REACTIONS DES LECTEURS …

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    Que de réactions à mon article sur « Les attentats à Paris » !

    Vous ne me croirez peut-être pas, mais toutes exprimaient leur adhésion aux points de vue exprimés dans mon long exposé ; avec, parfois, quelques nuances et quelques questions auxquelles je réponds aujourd’hui.

    Pour Charlie

                    Beaucoup m’ont confié qu’après une adhésion spontanée et émotionnelle au slogan « Je suis Charlie », ils avaient, avec un peu de recul, opté pour mon responsable « Je suis pour Charlie », vu les dégâts collatéraux dramatiques pour des innocents, chez nous et ailleurs dans le monde, occasionnés par les caricatures de Charlie Hebdo visant le prophète Mahomet. C’est d’ailleurs le même point de vue qu’exprimait le caricaturiste belge Philippe Geluk lors d’un entretien dans Le Soir d’il y a quelques jours : à la question « Etes-vous prêt à mourir pour une caricature ? », il répondait avec beaucoup de bon sens : « Non ! On est bien plus utile vivant que mort pour défendre ses idées, notamment la liberté d’expression. »

    Autocensure et libre arbitre

                     Plusieurs m’ont demandé de préciser ma conception du libre arbitre et de l’autocensure. Alors, j’explique. Le libre arbitre est la volonté libre, non contrainte, de m’exprimer par la parole et l’action sous toutes ses formes, dont la caricature. L’autocensure, elle, est une interdiction de dire et faire ce que je dirais et ferais normalement, que je suis forcé de m’imposer quand s’exerce sur moi une pression externe, une sorte de chantage, de menace explicite ou implicite sur ma personne (sur les miens ou sur d’autres encore), si j’ose écrire et agir comme d’habitude.

                    Donc, si seuls mes références et critères personnels définissent et délimitent volontairement ma liberté d’expression - je dirais même inconsciemment - sans que je ressente une quelconque pression externe, j’agis à la lumière de mon libre arbitre et il ne s’agit pas d’autocensure. Ceci est vrai dans toute vie quotidienne ; un exemple concret :  il arrive à tout un chacun, sous le coup de la colère, de réagir en son for intérieur à une forme d’agression verbale ou factuelle par une réflexion du genre : « Je lui aurais cassé la figure ! » ou même « Je l’aurais tué ! ».  Que ces mots dépassent la pensée ou qu’ils expriment une révolte profonde et un désir réel, ce n’est pas pour autant que l’on passe à l’acte, qu’on utilise sa liberté d’expression, d’action brutale en l’occurrence.

                    En résumé, dans cet exemple, si la morale, l’éducation, les valeurs et le libre arbitre personnels interdisent spontanément de « casser la figure » et «de tuer », il n’y a aucune autocensure. Mais il y en a une, par contre, si c’est uniquement la menace d’une lourde sanction pénale ou la peur d’une vengeance éventuelle qui freine et limitent ma liberté. Nuance ? Effectivement ! Mais les nuances sont importantes dans la gestion de nos paroles et actes, tant dans la vie de tous les jours que lors de circonstances plus exceptionnelles.

    Prévention  et éducation

                    Il est beaucoup question du rôle de l’école dans la prévention de la radicalisation des idées et des comportements, du rejet des autres parce qu’ils sont mal connus, différents ou victimes d’a priori et d’amalgames injustifiés. Quelques mots à ce sujet.

                    Bien avant l’école, c’est surtout à la maison, dans la famille, que doit se faire la première éducation, morale, religieuse et civique. Constatons que beaucoup d’enfants ne bénéficient pas (ou plus) chez eux de cette éducation au respect des normes sociétales, de l’autorité quelle qu’elle soit, de valeurs morales universelles, de comportement civiques. En même temps, force est de constater également que trop de parents ne sont pas toujours eux-mêmes des exemples pour leurs enfants dans les domaines cités : pour diverses raisons, notamment la facilité et le laisser-aller, malheureusement tolérées par notre société contemporaine, parce qu’entrées dans les moeurs (laxistes) et les (mauvaises) habitudes. La même remarque est également vraie pour trop de nos responsables à tous les niveaux, dans tous les domaines. Autant  que celle des enfants et adolescents, l’éducation, la rééducation de certains adultes devrait être une priorité absolue. J’exagère ? A peine ! Sans vouloir être passéiste et sans occulter différents aspects très négatifs, exagérés et oppressants de la société d’il y a 50 ans, il y avait alors, à la base de l’éducation familiale, scolaire, civique, une forme de respect général qui a disparu aujourd’hui. Les temps ont changés ? Oui ! Mais est-ce bénéfique pour notre société d’avoir oublié, effacé, ce qu’il y avait de positif dans son passé assez récent ? Poser la question, c’est y répondre.

    Cours de religion et/ou de civisme 

                    Un cours de philosophie et/ou un cours d’histoire des religions, de la laïcité, des grands courants de pensée dans les différentes civilisations du monde d’hier et contemporain, en complément, voire en lieu et place des cours de religion et de morale des programmes d’aujourd’hui ? Je partage ce point de vue depuis très longtemps : le simple bon sens devrait l’imposer, même si certains semblent ignorer ou même, plus grave, veulent occulter  la composition et la complexité de notre société actuelle, multiculturelle et, de facto, ouverte au monde par l’arrivée chez nous de nombreux immigrés, quelles que soient les raisons qui les amènent dans notre pays. Mais pour concrétiser cette idée pluraliste et humaniste, pour rendre cette (in)formation valable, plusieurs conditions sont indispensables.

    Formation ciblée des enseignants

                    D’abord, la formation des enseignants de ce cours doit être différente de celle des professeurs des cours philosophiques actuels. Il ne s’agit pas, lors de courtes formations, même répétées, à l’occasion de journées pédagogiques ou lors de quelques week-ends, de saupoudrer des connaissances trop superficielles sur les différents courants de la pensée et de la vie, civiques, morales et religieuses. Cette formation doit faire l’objet d’un cursus dans l’enseignement supérieur de plein temps (3 ou 5 ans) ; doit aborder un contenu sérieux, spécifique et approfondi pour être couronnée par un diplôme garant de la qualité des maîtres chargés, à leur tour, d’informer théoriquement et de former pratiquement les élèves à la connaissance et au respect de l’autre quel qu’il soit.

    Formation commune des élèves

                    Ensuite, ce cours doit réunir tous les élèves d’une classe ou d’un degré, de toutes les confessions religieuses et sensibilités philosophiques, pour permettre la découverte réciproque des autres et de leurs valeurs, un débat d’idées, une confrontation pacifique des points de vue ; pour mettre en exergue surtout les points communs et ce qui relie les gens dans leurs croyances différentes plutôt que ce qui les sépare, favorisant ainsi un vivre ensemble plus harmonieux. Cela se fait déjà dans l’enseignement libre, dans le cadre du cours de religion, obligatoire pour tous ;  il devrait en être de même dans les autres réseaux... ce qui y est actuellement impossible vu l’organisation en parallèle et simultanée des cours de morale laïque et des religions, catholique, protestante, islamique et juive.

                    Dans cet esprit, outre la mise sur pied d’une formation identique pour les maîtres, il est indispensable d’élaborer un programme commun pour ce cours, l’une et l’autre valables pour tous les réseaux. Et là, malheureusement, on sent une forte résistance de la part de l’enseignement libre qui dit « Puisque je le fais déjà bien, pourquoi changer ? ».« Bien ! », ce sont les hautes sphères du libre qui le proclament. Cette affirmation est-elle vraiment objective ? Le satisfecit autoattribué est-il mérité partout dans le libre? Mon vécu, professionnel et simplement humain, m’incite à être circonspect à ce sujet : professeur dans le réseau secondaire officiel puis directeur au secondaire dans le libre, le chrétien que je suis a globalement rencontré plus de tolérance et d’ouverture dans l’officiel que dans le libre. Si bien que, suite à ce constat et à mon expérience, j’ai le sentiment que l’autosatisfaction affichée à la tête du réseau libre cache peut-être aussi une certaine peur du changement et une réticence au partage d’une expérience intéressante, certes, mais seulement partielle.

    Projet pédagogique du libre

                    Au nom d’un « projet pédagogique spécifique » et fort d’un pourcentage important d’élèves fréquentant ses écoles - plus que les autres réseaux réunis - pour la qualité de l’enseignement reçu, le libre a parfois tendance à vouloir faire cavalier seul, de son côté... tout en ayant besoin des deniers de l’Etat pour fonctionner !!! « Projet pédagogique spécifique » : c’est ce que mettent en avant les pouvoirs organisateurs. Mais si vous interrogez les enseignants sur ce sujet, la plupart vous parleront de valeurs fondamentales que, finalement, tous les hommes de bonne volonté, que tout humanisme, même non chrétien, qu’il soit musulman, juif et laïc, mettent aussi en valeur, dans leur vie et dans l’éducation de leur jeunesse. Enfin, ne nous voilons pas la face, il est aujourd’hui de plus en plus de professeurs de l’enseignement libre qui ne partagent pas ou plus cette « idéologie » chrétienne, simplement contents qu’ils sont d’avoir du travail correspondant à leur formation, ni plus, ni moins. Alors, le « projet pédagogique spécifique » est parfois devenu un argument qui a perdu une part de sa pertinence.

    Un seul réseau d’enseignement

                    Enfin,  il est grand temps de cesser la gabegie de dépenses dans l’enseignement en Belgique, liée à  l’existence de quatre réseaux parallèles : la Communauté Française, les Provinces, les Communes et l’Enseignement Libre. Il est grand temps de fusionner ces réseaux pour des raisons économiques, sans doute, mais aussi, bien plus important, sur les bases d’un unique projet éducatif de qualité, soutenu unanimement sur le long terme par tous les partis, à tous les niveaux de pouvoir, malgré les changements de majorité politique ;  un projet également qui réunirait tous les enseignants, élèves, parents,  responsables de l’enseignement au lieu de les diviser et de les opposer en une concurrence malsaine, en une rivalité héritée d’un passé loin de nos réalité d’aujourd’hui, concurrence et rivalité civiquement non éducatives. Les circonstances actuelles donnent une occasion rêvée d’oser ce bouleversement des mentalités chez tous les penseurs et acteurs de l’école, de viser, ensemble, une plus large ouverture d’esprit, une tolérance active, un profond respect mutuel, qualités identiques à celles souhaitées, exigées chez les jeunes.

                    Ce but atteint - ce qu’on est en droit d’attendre d’institutions et de personnes qui ont pour vocation d’enseigner, d’éduquer et de former les générations à venir - l’exemple « venu d’en haut » inciterait certainement les jeunes à marcher dans la même direction et le même esprit que leurs éducateurs et aînés.

                    Et si l’enseignement donnait l’exemple  d’un comportement civique à l’ensemble de la société ? On peut rêver, car c’est possible... si chacun, à sa place, dans son rôle propre, y met du sien et assume ses responsabilités au service du mieux vivre ensemble

    Source & Textes de >  Bruno Heureux.

    Revoir > Premier article & Second article de Bruno.

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    LE MOT DE BRUNO HEUREUX > ATTENTATS DE PARIS (2EME PARTIE)

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    Première partie hier le 19/01 sur > http://hannut.blogs.sudinfo.be

    Attentats de Paris (2ème partie)

                    Avant d’aborder les causes de ces attentats et les solutions pour les éradiquer, mettons en évidence deux éléments apparemment contradictoires mais qui contiennent chacun leur part de vérité dont il faut tenir compte.

                    Le premier : les récentes victimes des manifestations violentes dans de nombreux pays musulmans semblent confirmer qu’il est irresponsable de blesser et d’humilier des sensibilités et des communautés par des actes, des écrits, des propos, des caricatures, dont les conséquences, proches et lointaines, n’ont pas été évaluées à leur juste valeur par Charlie Hebdo.

                    Le second, par contre, est de considérer que Charlie Hebdo n’est pas la cause première de ces événements tragiques, mais que sa fondation et sa pérennité sont la conséquence directe de faits et d’événements passés qu’il a voulu dénoncer. Tant que subsisteront dans le monde des injustices économiques et sociales, des intégrismes quels qu’ils soient, des guerres déclenchées au nom d’intérêts cachés et de faux motifs, des dictatures d’état ou religieuses... tant que séviront, chez nous et ailleurs, des personnes, des partis, des mouvements exerçant des responsabilités politiques, économiques, religieuses, et qui profitent de leurs fonctions et de leurs pouvoirs pour violer l’intérêt commun, pour mépriser les plus faibles, pour s’enrichir honteusement, pour imposer la dictature militaire et/ou de la pensée unique... Charlie Hebdo et d’autres magasines du même genre auront leur place dans notre société pour les brocarder, les stigmatiser,  les caricaturer.

    Causes des attentats en Occident

                    Les premières sont extérieures à l’Occident et liées à la politique internationale. L’instauration par l’ayatollah Khomeiny d’un régime théocratique en Iran est le point de départ de la radicalisation des mouvements islamistes. Ensuite, les détournements d’avions, la victoire des islamistes aux élections en Algérie et leur mise à l’écart brutale, la percée du Hezbolah au Liban et en Palestine, les actions meurtrières des Talibans contre la coalition occidentale en Afghanistan, Ben Laden et son réseau, le conflit israélo-palestinien, la décapitation d’otages, Boko Haram au Niger... ont été et sont encore les manifestations inquiétantes du durcissement islamique et de sa propagation à travers le monde. 

                    Si bien que tous les pays occidentaux, notamment européens, qui sont intervenus militairement pour tenter de régler ces conflits et cette radicalisation, sont visés aujourd’hui. D’autant plus que les États-Unis et leurs alliés européens n’ont pas toujours apprécié à leur juste mesure les luttes d’influence entre les différents courants au sein de l’Islam ainsi que les enjeux locaux et internationaux de la radicalisation islamique. Enfin, leurs interventions ont souvent été contre-productives, mettant de l’huile sur le feu plutôt que d’apaiser les tensions. Les guerres en Afghanistan et en Iraq, le soutien inconditionnel aux faucons en Israël, la frilosité à défendre la Palestine... en sont des exemples concrets.

                    Comme elles le sont en France, d’autres causes sont internes à la Belgique. Depuis la fin de la dernière guerre, les gouvernements successifs ont organisé l’immigration de populations prêtes à suppléer les populations locales dans des métiers ingrats et des tâches peu valorisantes. Les nouveaux arrivants de culture judéo-chrétienne ont, en deux ou trois générations, réussi leur intégration. Par contre, il n’en a généralement pas été de même avec une partie importante des immigrés de culture musulmane et de religion islamique. Confrontées à des valeurs, des idées, des comportements très différents de ceux vécus dans leurs pays d’origine, ces personnes se sont senties en décalage, en opposition avec le milieu socioculturel et religieux local ; ce qui a amené ces populations à être regroupées ou à se regrouper spontanément dans des quartiers qui, la crise économique aidant, se sont transformés en ghettos où le chômage, la misère, le désœuvrement, la délinquance, les trafics, le racisme ont trouvé un terrain favorable à leur développement ; terrain favorable aussi pour les prêcheurs d’un islam rigoureux, notamment les imams venus de l’étranger, qui, ne parlant pas les langues du pays, haranguent et fanatisent leurs fidèles en arabe, échappant ainsi au contrôle que les autorités belges auraient pu exercer sur le contenu de leurs prêches.

                    Une société socialement injuste, une école dépassée par les événements, l’une et l’autre pas prêtes à faire face avec à-propos et efficacité à une évolution qui remet en cause leurs bases, leurs buts et leurs méthodes traditionnelles, ont également contribué à augmenter la fracture sociale et culturelle entre gens de souche et nouveaux arrivants ainsi qu’au développement d’un sentiment de frustration et d’injustice chez ces derniers.

                    Enfin, la déstructuration de la famille, le rejet de l’autorité sous toutes ses formes, la disparition du respect dans tous les pans de la société, l’inefficacité des politiques de prévention et de répression... ont également contribué à « fabriquer » au sein même de notre pays des jeunes, fragilisés et sans espoir, prêts à se laisser séduire et à s’enflammer par des discours politico-religieux qui leur donnent la valorisation et un sens à leur vie, que notre société belge ne leur donne pas ; des discours où l’objectif est double : se venger des agressions dont sont victimes les musulmans de la part d’un monde occidental perverti ; instaurer par la force et le terrorisme des régimes où un Islam pur et dur fera la loi.

    Les solutions

                    N’étant ni politicien, ni sociologue, ni spécialiste des religions, je ne peux que donner l’avis d’un simple citoyen et des éléments de réponse généraux, sans connaître vraiment les possibilités et/ou les difficultés à les mettre en pratique. Voici donc quelques pistes éventuelles.

                    La réponse immédiate doit certainement rassurer la population, la protéger au maximum des actions suicidaires et aveugles des fous de Dieu et de mettre hors d’état de nuire ces dangereux illuminés et ceux qui les ont menés sur les voies du fanatisme et du terrorisme.

                    A plus long terme, se basant sur la  prévention, la réponse demandera de la patience et se construira au jour le jour. Elle devra se baser sur des politiques permettant à l’éducation, tant familiale que scolaire, de mettre en valeur l’exigence personnelle et le respect des autres, de ses idées, de sa liberté d’expression responsable ; des politiques faisant découvrir aux jeunes les différentes philosophies et religions ainsi que celles et ceux qui les mettent en pratique ; des politiques permettant à chacun de trouver sa place dans la société par des formations efficaces débouchant sur des emplois valorisants et durables.

                    Enfin, éviter que celles et ceux qui, malgré ces politiques, restent en marge de la société ne puissent devenir les proies faciles de semeurs d’islam intégristes, notamment en prison et sur les réseaux sociaux. En une phrase, notre avenir dans la paix, la sérénité, la sécurité, passe par l’amélioration constante d’un mieux vivre ensemble, au-delà des différences qui sont, quoi qu’on puisse en dire actuellement, une richesse culturelle inestimable, indispensable et irremplaçable pour notre société occidentale en déclin.

    Source & textes de > Bruno Heureux. Photo > SudInfo

    Première partie hier le 19/01 sur > http://hannut.blogs.sudinfo.be

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    LE MOT DE BRUNO HEUREUX > 7 « MICROS » ARTICLES

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    Attentats de Paris(1ère partie)

    Les attentats djihadistes à Paris ont ému les populations de France et d’ailleurs ; ils les ont incitées à se mobiliser en masse. Pourquoi, nous-mêmes, avons-nous participé à ce mouvement ? A cause de l’extrême violence d’actes barbares ; également, parce que, d’une certaine manière, nous nous sommes sentis visés et que le sentiment d’insécurité, voire de peur, s’est infiltré en nous ; mais aussi, sans doute, parce que cela s’est passé près de chez nous. Car, reconnaissons-le, nous ne nous indignons pas autant, nous ne réagissons pas si fort, quand de pareils d’attentats font dix, vingt, cent, mille fois plus de victimes à l’autre bout du monde : plus de deux mille au cours des dernières semaines au Nigéria, des dizaines de milliers en Syrie et en Iraq... des monstruosités que nous découvrons, de loin, bien à l’abri, comme des faits divers.

    Les religions

    Touché également, je suis interloqué, révolté par les crimes sauvages et monstrueux perpétrés par des « fous de Dieu !!! », où que ce soit sur la planète. Commettre l’innommable au nom d’une religion a été et reste fréquent dans l’histoire des mondes chrétien, juif et musulman : d’où, cette question provocante :  « La religion  serait-elle la pire invention de l’homme ? » 

    Quelqu’un, dont j’ai oublié le nom, a dit en substance : « Ils attendaient le Messie, ils ont reçu l’Eglise ! »  Applicable à toutes les religions, cette réflexion met en évidence l’écart énorme qui peut exister entre le Dieu, quel que soit son nom, et la mise en application par les hommes de son message d’amour et de fraternité ; écart abyssal aussi avec l’appropriation dévoyée, perverse, abusive et cruelle de ce message par quelques intégristes fous et sanguinaires aux desseins diaboliques. Est-ce une raison suffisante pour combattre les religions, les interdire dans la vie publique et imposer la laïcité à tout crin ? A chaque société de trouver sa réponse, équilibrée et respectueuse des croyances de chacun.

    Soutien à Charlie Hebdo

                    Sous le coup de l’émotion, des millions de personnes ont crié, écrit « Je suis Charlie » ; une manière et une volonté d’exprimer ainsi leur soutien à ceux qui sont morts pour défendre la liberté - notamment d’expression - et les autres piliers fondamentaux de la démocratie que sont l’égalité et la fraternité.

                    Pourtant, ce « Je suis » me gêne un peu ; à y réfléchir, et même si c’est compréhensible, n’est-ce pas un peu facile, parce qu’on se sent agressé, parce qu’on a peur, de s’approprier, après coup, une cause, un combat que quelques-uns ont payés au prix fort et auxquels on s’identifie finalement sans grand risque ? Peut-être ! Mais ne pas le faire aurait été pire encore ; il est heureux que, dans des moments particulièrement dramatiques, le peuple se lève et se rassemble autour de valeurs démocratiques.

                    La philosophie de Charlie Hebdo, qui se dit lui-même, ouvertement et fièrement, « Bête et méchant », est - et c’est à espérer pour lui, pour nous, qu’elle le restera - de flinguer tout et n’importe quoi, n’épargnant rien, ni personne, ni valeur, ni sujet. Son arme principale est la caricature, provocatrice et assumée sous toutes ses formes : à la fois de bon et de mauvais goût, potache et grossière, bite et cul, iconoclaste et irrévérencieuse, lourde et sans nuance, pernicieuse et outrancière... du moment qu’elle fait rire. Rire et réfléchir (pas toujours) car, au second degré, les dessins de Charlie Hebdo abordent de vrais problèmes, posent de bonnes questions. Mais elle fait aussi réagir, parfois violemment, car l’humour peut susciter autant de coups de sifflet - et même de kalachnikov - que de salves applaudissements.

    Attention, humour !

                    Pour le pratiquer régulièrement en spectacle, je suis conscient de cette réalité, valable également pour la caricature. L’humour au premier degré, tout le monde le comprend immédiatement. Par contre, au second degré, il dissimule à dessein un contenu destiné à être recherché, découvert, compris ; il génère ainsi un temps de réflexion avant que se déclenche le rire, le temps de saisir ce que son auteur a voulu dire au-delà de la forme de ses mots, de ses dessins. Et là, réside un réel danger. Des gens mal intentionnés ignorent, sciemment et à des fins malveillantes, le contenu réel du second degré pour n’en retenir que l’apparence parfois choquante, sautant sur l’occasion pour stigmatiser leurs auteurs. C’est ainsi que, par exemple, Guy Bedos, Coluche, Pierre Desproges ont parfois été accusés de xénophobie et de racisme, alors que leurs propos, tenus au second degré et semblant se moquer des Arabes et/ou des Juifs, visaient pourtant à brocarder, par l’absurde, les vrais racistes.

    Ma conclusion de ce constat : l’humoriste et le caricaturiste doivent être conscients de l’impact possible de leurs propos et dessins quand ils les prononcent et les publient ; et être prêts à assumer la responsabilité et les conséquences de leurs dires et caricatures.

    Ma liberté

                    Ardant défenseur de la liberté, particulièrement de la liberté d’expression, j’ai une vision personnelle bien claire de son contenu, de son sens. Ma liberté n’est pas la permission sans limites que je me donne de dire et de faire n’importe quoi, n’importe comment, à propos de n’importe quoi et de n’importe qui, n’importe où !

                    Ma conviction est que la vraie liberté individuelle n’est pas sauvage, mais contrôlée et assumée personnellement, en conscience et dans les faits. Que mes propos, actes et/ou caricatures se retournent contre moi, aient des conséquences négatives pour moi, j’assume. Mais suis-je en droit, en vertu de ma propre liberté, de ne pas assumer les conséquences qu’ils peuvent avoir sur d’autres, comme dans le cas de Charlie Hebdo, où, dégâts collatéraux sanglants, des innocents, des non concernés ont perdu la vie ? Pour moi, c’est clairement non. Mais, respectant la liberté des autres, je laisse à ces derniers le droit d’exprimer leur liberté comme ils pensent pouvoir le faire, même si je ne partage pas leur point de vue.

    Je suis POUR Charlie

                    En conclusion, « Je ne suis pas Charlie » mais « Je suis pour Charlie ». Question de mots ? Plus que cela : le choix de ceux-ci  permet d’exprimer les nuances d’une pensée, d’une réflexion qu’un slogan court et/ou une caricature ont des difficultés à formuler. Je me refuse, d’abord, d’être « Bête et méchant » comme Charlie se définit lui-même, ni au premier ni au second degré ; ensuite, refus d’être vulgaire et de blesser gratuitement qui que ce soit ; refus, enfin, d’autoriser ma liberté individuelle à mettre en péril la liberté et, au pire, la vie d’autres personnes. C’est ma façon à moi d’exercer ma liberté d’expression. Autocensure ? Pas pour moi, car ce n’est pas une contrainte ; il s’agit tout simplement d’un choix délibéré, de bon sens, fruit d’une éducation à la responsabilité, nourrie de valeurs morales où le respect d’autrui et l’intérêt commun occupent une place de prédilection. Dans cet esprit, je suis prêt à céder une partie - certes raisonnable, justifiée et contrôlée - de ma liberté individuelle si c’est pour un mieux vivre ensemble!

                    Ceci étant dit, je le répète, «  Je suis pour Charlie », résolument avec force et conviction. Paraphrasant Voltaire, je dis à Charlie : « Je ne suis pas toujours d’accord avec tes dessins ; mais je me battrai pour que tu aies le droit de continuer à t’exprimer comme tu as choisi de le faire, avec impertinence, certes, mais aussi un énorme talent... Mais ne perds pas de vue tes responsabilités, proches et lointaines. »

                    Charlie Hebdo, sa dérision et son irrespect des tabous ont froissé, choqué, agressé, blessé des sensibilités, des communautés. Que celles-ci réagissent est normal : avec d’autres dessins, des protestations, des mots, des textes, des arguments, des débats, des chansons, des manifestations pacifiques, des procès... d’accord, c’est la démocratie. Mais réagir à la kalachnikov, non ! Surtout si, non seulement ces armes de guerre punissent « les mécréants qui l’ont cherché » (sic) mais tuent aussi des victimes innocentes qui n’ont rien à voir avec Charlie, qui ne sont pas Charlie, elles non plus.

    Démocratie

                    Celle-ci est une construction fragile reposant sur trois piliers fondamentaux repris dans la devise de la République Française, «  Liberté, Egalité, Fraternité » Liberté d’être, de se déplacer, d’agir, d’avoir et d’exprimer des convictions... Egalité dans la liberté, les droits, les devoirs, le respect, la considération, quelles que soient l’origine, la race, la couleur de peau, le sexe, la langue, les croyances, l’appartenance sexuelle, les conditions sociales... Fraternité dans la vie quotidienne, dans le partage des joies, des peines, des bons et mauvais moments, dans les grands élans populaires au service de causes humanitaires et humanistes importantes, face à l’adversité, par la générosité, le désintéressement ...

                    Mais, lorsqu’un de ces piliers est attaqué brutalement, comme la liberté - d’expression - l’a été à Paris, une solidarité immédiate et une réaction vigoureuse s’imposent avant que l’ensemble de l’édifice ne s’écroule, emportant avec lui les deux autres piliers. A nous tous d’en être conscients, citoyens ordinaires et responsables à tous les niveaux ; à nous tous d’agir en conséquence.         

    Source & textes de > Bruno Heureux. Photo > SudInfo

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > ERIC ZEMMOUR !

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    Cet article était écrit avant la tragédie de Charlie Hebdo et de ses suites ; je les j’évoquerai plus tard, avec un peu de recul ; mais, selon moi, elles ne changent rien au propos développés ci-dessous.

    ERIC ZEMMOUR

                    Que le verbe et la littérature du polémiste français, imprégnés d’une xénophobie pernicieuse, puissent choquer les honnêtes gens, on le comprend. Pourtant, au-delà de cette indignation, gardons la tête froide et l’esprit lucide, évitons les réactions purement émotionnelles ; celles-ci donnent trop souvent des réponses inadéquates, parfois teintées elles-mêmes d’une forme de racisme inavoué mais bien présent, lourdes d’amalgames injustifiés et injustes, incomplètes, simplistes et sans nuances, à des questions complexes touchant aux fondements mêmes de notre société démocratique ; avec, dans le cas présent, comme conséquence perverse, une propagande médiatique inespérée pour l’auteur d’un livre qui n’en méritait pas tant.

    Questions et réponses

                    Victime d’une crise, notamment économique, sociale et morale, profonde comme rarement auparavant dans son histoire, notre société occidentale est fragilisée. Pour la protéger, d’aucuns prônent le repli sur soi, identitaire, défensif, protectionniste, paranoïaque, égoïste ; Zemmour est de ceux-là, suivi, il faut le reconnaître, par un pourcentage non négligeable de les populations.

                    Devant pareille proposition et pour éviter qu’elle ne fasse tache d’huile, il est urgent de nous poser les vraies questions. La méfiance ou carrément le rejet de l’autre, du différent, de l’inconnu, de l’étranger « venu chez nous prendre le travail et manger le pain» des gens de souche... le souhait d’un retour à un passé regretté sans nuances, qui avait, certes, ses avantages mais aussi d’énormes défauts que nous ne supporterions plus aujourd’hui... la négation d’une réalité où mondialisation et multi-culturalité sont des données dont il faut tenir compte... ces réactions sont-elles de vraies solutions aux problèmes de santé de notre société ? Il est permis d’en douter ! En effet, avons-nous tellement peur pour nous-mêmes et de nous-mêmes, sommes-nous si faibles que nous soyons incapables d’oser faire face, d’argumenter et de contredire avec force et justesse les dires d’un bateleur aux propos réducteurs et aux déductions fallacieuses, au point de vivre barricadés derrière le mur de nos inquiétudes et préjugés ? Si c’est le cas, l’avenir de notre société est sérieusement compromis parce que soumis au vent dévastateur du pessimisme d’un prédicateur et de ses coreligionnaires, aux analyses et diagnostiques douteux, aux remèdes dangereux pour la population. 

                    Nier les importants problèmes réels de notre société, générés par l’évolution des rapports de force, notamment économiques, au niveau mondial, liés aux  délicats drames humains et sociaux créés par les flux migratoires de plus en plus conséquents, causés et amplifiés par les intégrismes de toutes sortes... serait également très dangereux ; il est donc vital de leur trouver des solutions efficaces et durables. Mais en attendant leur mise en pratique et/ou leur intensification, ce n’est pas une raison pour applaudir ou, tout aussi grave, pour déplorer passivement les vérités « Zemmouriennes ».

    (Ré) agir

                    Même s’il distille la méfiance et la zizanie entre les gens, les cultures, les religions, interdire à Zemmour de venir chez nous est anti-démocratique et improductif ; laissons-le parler, s’expliquer quitte à ce qu’il soit sanctionné sévèrement s’il dépasse les limites éthiques tracées par nos lois.

                    Mais, face à ses propos ambigus, simples citoyens, intellectuels, acteurs de terrain et responsables politiques, osons affronter ce monsieur à visage découvert ; tous, pourfendons ses constats fébriles, tendancieux, excessifs, par des arguments solides, théoriquement irréfutables et pratiquement probants parce que tirés de la réalité vécue au sein de notre société. Mais, pour que ce bien vivre ensemble existe vraiment, s’améliore, devienne plus solide et exemplaire, chacun de nous doit s’investir, dans sa vie courante et dans son milieu, pour désenclaver les ghettos raciaux, urbains, sociaux et combattre l’a priori méfiant et injuste.

    Concrètement : gens de souche, accueillons les étrangers venus pacifiquement apporter un plus à notre humanisme multiculturel, aidons-les à s’intégrer ; nouveaux arrivés, respectons le milieu, les usages et la culture qui nous accueillent, sans vouloir importer, imposer les nôtres vécus dans  un milieu tout à fait différent ; les uns et les autres, écoutons, dialoguons, découvrons, rejetons préjugés et amalgames, partageons équitablement travail, bien-être, reconnaissance sociale, qualité de vie, construction de projets communs...

                    Pour donner à nos efforts individuels et collectifs plus de chance(s) de réussir ce généreux programme ambitieux  et capital pour notre société, le soutien de nos gouvernants est indispensable, au moyen de judicieuses et efficaces politiques économiques, sociales et culturelles. Fameux challenge ! Car il y a encore beaucoup de pain sur la planche ! Mais la guérison de notre société passe par là et pas par les pseudo-remèdes empoisonnés d’Éric Zemmour et de ses semblables, venus d’ailleurs et/ou de chez nous.

    Source & Texte > Bruno Heureux.

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    LE MOT DE BRUNO HEUREUX > SEPTANTE ANS ! ………..

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    Septante ans !

                    70 ans ! IL vient d’avoir septante ans. Pas soixante-dix, comme disent celles et ceux qui, par futile coquetterie ou par négation peureuse de la réalité, veulent prolonger leur soixantaine. « 70 ans et toutes mes dents ! » ose-t-IL en riant et dévoilant une dentition impeccable ! « Toutes tes dents, toutes tes dents ?!?... A d’autres, sacré menteur ! » En effet, si vous le surprenez peu après son réveil, vous entendez tout de suite que, sans ses dentiers, IL parle comme avec un gros cheveu sur la langue et on devine qu’ainsi dépouillé, IL consomme plus de crèmes et de yoghourts que de steacks et de couques de Dinant !!!

                    70 ans ! Et un constat implacable : plus sa vie s’allonge, plus sa mémoire raccourcit ! « Et y a pas que sa mémoire ! » renchérit son voisin, avec un clin d’oeil perfide et moqueur !!!  «  Comment le sait-il, qui le lui a dit ? » s’offusque-t-IL alors ! Pourtant, faisant, contre mauvaise fortune, bon coeur, IL minimise ce handicap car, jusqu’à présent, jamais encore, IL n’a embrassé sa femme en lui disant « Je t’aime, Georgette ! », Georgette, le prénom de sa voisine !!! Il n’y a donc pas péril en la demeure.

                    70 ans ! L’âge d’accepter, sans fausse pudeur ni honte, que son corps vieillit - « et ça ne date pas d’hier !! ! » - ; un corps aux performances très éloignées des records (!), prouesses (?), exploits (?) de sa jeunesse. Constat dont s’accommodent pourtant son coeur et sa tête qui n’hésitent pas à bousculer un peu sa vieille carcasse pour lui faire découvrir des horizons encore inconnus et le rivage de la sagesse.

                    70 ans ! Et toujours poète dans l’âme, chanteur à l’occasion, sous et en dehors de sa douche ! Mais l’art qu’IL pratique surtout aujourd’hui est, sans conteste, « l’art hrose » ; même si c’est à son corps défendant, IL possède cet art douloureusement jusqu’au bout des doigts, des épaules, de la nuque, du dos, des hanches, des genoux, des pieds ; un art reçu en héritage de sa mère percluse de rhumatisme(s).

                    70 ans ! Dont près de quarante-cinq de vie commune avec l’amour de sa vie rencontré à l’université, rencontre et amour qui, selon lui, ont été et restent la plus grande chance de sa vie. « Une telle fidélité fait de notre couple un des derniers représentants d’une espèce en voie de disparition ! » constate-t-IL avec humour. « Ce n’est pas facile tous les jours », poursuit-IL plus sérieusement, « car il ne s’agit pas seulement d’amour, de tendresse, mais aussi de la pratique quotidienne des vertus conjugales que sont patience, volonté, respect de l’autre, solidarité dans le partage des bons moments et des mauvais coups de la vie... » C’est qu’au fil du temps, avec le recul et l’expérience emmagasinée, IL est devenu un peu philosophe, notre septuagénaire : « Je suis arrivé à l’âge de donner de bons conseils depuis que je ne suis plus capable de montrer le mauvais exemple !!! »

                    70 ans ! L’âge de voir avec fierté leurs enfants tracer leur propre route, honorablement, dignement, respectant et semant à leur tour les valeurs inculquées en famille, tout au long de leur cheminement vers la maturité et l’autonomie responsable. Le moment également de savourer des instants privilégiés avec leurs petits-enfants ; occasions de les choyer d’amour, de les aider à découvrir et développer leurs talents, de les encourager à oser, de se faire leur complice et confident, de partager avec eux jeux, chagrins, rires, surprises, cadeaux, rêves, déceptions, espoirs...  Moments aussi de recevoir, sur la joue, leurs bisous au jus d’orange et, dans le coeur, leurs « Papy, je t’aime très fort, jusqu’au ciel ! »

                    70 ans ! L’âge de regarder encore vers l’avenir, court ou long, peu importe ; de poursuivre des rêves, moins grands, peut-être, moins loin, sans doute ; surtout, de ne pas laisser d’éventuels regrets superflus freiner sa marche dans une dernière ligne droite qui mérite d’être vécue, malgré son issue à la fois prévisible et incertaine. Et donc l’âge, pour lui, d’apprécier au mieux le présent, de partager ses saveurs avec de fidèles amis, de rester semeur de petits bonheurs autour de lui et même ailleurs.

                    70 ans ! Comme moi ! L’âge d’être Heureux ! Encore et toujours, tout simplement... Merci, la vie !

    Source & Texte de > Bruno-Heureux

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > 3 ARTICLES

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    Rectification

                    Rappelez-vous, en novembre dernier, dans un de mes articles, je stigmatisais la situation « pas drôle du tout » vécue par un couple qui venait d’acheter une maison dans notre région. L’administration communale de l’endroit lui avait fait savoir que sa nouvelle habitation n’était pas raccordée aux égouts - et qu’il devait installer un système d’épuration de ses eaux usées - alors qu’un document remis par le service des travaux de cette même commune certifiait le contraire !!! Je plaidais alors pour une administration rendant des services plus professionnels et plus respectueux des habitants, notamment les nouveaux.

                    En découvrant cette info, le responsable du service incriminé, qui a le bon (?!) goût de lire ma modeste littérature, a reconnu le cas évoqué et a réagi vertement ; il se sentait visé par des propos  « diffamatoires » mettant en cause sa réputation jamais ternie tout au long d’une longue carrière au service de la commune et de ses habitants. De mon côté, les documents et informations sûres en ma possession justifiaient mes écrits sans aucune équivoque.

                    A ma demande, ce responsable et moi nous sommes rencontrés. Lors de notre réunion, il est rapidement apparu que le document indiquant que la maison en question était raccordée portait à confusion. En effet, le terme « raccordé » repris sur ce document signifie « sujet à la taxe communale annuelle sur l’entretien des égouts ». Concrètement, dès qu’un particulier a la possibilité de raccorder le tuyau d’égouttage de sa propriété au réseau communal des égouts, qu’il le fasse ou pas, son habitation est répertoriée « raccordée ». Comment le savoir sans aucune explication sur le document visé ?

                    Conscients que notre divergence de vue était tout simplement liée à ce quiproquo, le responsable des travaux et moi, en personnes raisonnables, nous sommes quittés en bons termes : lui mettant sur le coup de la colère, bien compréhensible, sa réaction vigoureuse ; moi, estimant qu’il était de bon aloi de rectifier dans la presse mon information à la lumière de notre entretien constructif. Alors, en résumé : oui, ce monsieur a très bien fait son travail ; non, sa réputation ne peut donc être abîmée par mes écrits antérieurs ; oui, je regrette que ceux-ci aient été viciés par un document administratif utilisant le terme «raccordé » dans un sens  inadéquat et donc incompréhensible pour le non-initié !

                    Personnellement, j’ai toujours à coeur d’informer correctement les lecteurs, me permettant, parfois, «d’asticoter » les auteurs de faits ou de propos inadmissibles dont les citoyens ordinaires sont les victimes ; car comme le disait Félix Leclerc : « Un poète qui ne dérange pas ne sert à rien ». C’est aussi vrai pour un journaliste ! Mais, par contre, je supporte mal de blesser quelqu’un, même, involontairement, car, en citant de nouveau le poète-chansonnier québécois, « La peine de ma vie est d'en avoir fait. » C’était le cas ici et je répare.

    Entretien

                    D’abord, « entretien » est le mot français traduisant parfaitement le terme anglais « interview » ; alors, pourquoi aller chercher ailleurs ce que nous avons d’excellent dans notre belle langue ?

                    Ensuite, je suis régulièrement mal à l’aise à la vue et à l’écoute des entretiens que les journalistes politiques de la RTBF ont avec leurs invités politiques. En effet, j’éprouve souvent le sentiment que leur première intention est moins de faire mieux connaître aux téléspectateurs le point de vue de leur invité du jour, son programme politique, ses réactions devant l’actualité, que de le piéger, de lui faire dire du mal de collègues, d’autres partis, de négliger le fond au profit d’un éventuel détail croustillant. Interrompre systématiquement l’invité, l’empêcher de répondre complètement à une question, tirer de ses propos des conclusions hâtives, erronées, voire désobligeantes, ou les interpréter avec une certaine mauvaise foi certaine, sont des pratiques malsaines, injustifiées, visant plus la recherche du sensationnel que l’information et indignes d’une vraie investigation.

                    Cela m’a particulièrement frappé lorsque, peu après la formation du gouvernement actuel, ils ont, à diverses reprises et avec insistance, tenté de faire dire à Jean-Marc Nollet que le nouveau ministre du budget, Hervé Jamar, était incompétent ; l’ex-ministre Ecolo a eu le bon goût de ne pas tomber dans le piège. Je dis « le bon goût » non pour défendre un ministre parce qu’il est issu de ma région mais parce que l’attaque sournoise était imméritée ; en effet, il est plus difficile, après seulement quelques jours de fonction, de maîtriser toutes les données d’un ministère où la matière - les chiffres - ne permet pas de noyer le poisson par d’évasives diversions « littéraires », pour ne pas dire par du « blabla », comme cela peut-être possible dans des domaines aux frontières moins précises, comme les affaires étrangères, la coopération au développement, la poste, la Mer du Nord, la politique scientifique... L’honnêteté intellectuelle et morale doit nous dicter de ne pas juger les ministres lors de leur entrée en fonction sur des premières vagues impressions  mais sur des résultats au terme de leur gestion de leur ministère.

    Compétences

                    La désignation des ministres et de leurs départements est liée à divers facteurs parfois inconciliables : l’importance du groupe à la chambre, l’appartenance linguistique, l’attribution de certaines hautes fonctions en Belgique, en Europe et/ou dans les sphères internationales, les exigences de certains chefs de parti, les tendances internes et régionalistes au sein de chaque parti associé au gouvernement... Si bien que l’absence d’une vraie cohérence et d’une nécessaire concordance entre les compétences personnelles des nouveaux ministres et celles exigées pour gérer le ministère qui leur est imposé n’est pas rare ; ce qui peut faire d’un poste ministériel un cadeau empoisonné pour celui qui en hérite.

                    Enfin, cette désignation est confrontée à l’empirique mais très connu « Seuil de Peters », régulièrement appelé « seuil d’incompétence ». Dans tous les domaines de la société, un individu excellent dans sa fonction peut être choisi pour exercer une fonction supérieure avec des responsabilités accrues ; mais il peut s’y révéler incapable de faire face aux nouvelles missions qui lui sont confiées parce que, tout simplement, il a dépassé les limites de ses compétences et parce que les auteurs du choix ont surestimé ses capacités d’adaptation. Un bon professeur ne devient pas nécessairement un bon directeur, un excellent ouvrier peut se révéler un mauvais chef d’atelier, un bon syndicaliste de base peut être un piètre secrétaire général, un excellent joueur peut se muer en mauvais entraîneur... De même, en politique, un homme populaire peut-il toujours faire un bon conseiller communal, celui-ci un bon échevin, ce dernier un bon bourgmestre ? Cela ne va pas de soi et peut causer des déceptions. Ou encore, à un autre niveau, un excellent bourgmestre deviendra-t-il, au cas échéant, un bon député, celui-ci un bon ministre, ce dernier un bon premier ministre ? Ce peut être le cas mais il arrive, plus souvent qu’on le croit, que le résultat espéré soit loin d’être obtenu.

                    Ces questions se posent dans tous les cas de promotion, surtout si le choix est interféré par des considérations partisanes et/ou subjectives ; pas seulement en politique mais aussi partout ailleurs quand favoritisme, népotisme et copinage remplacent des critères objectifs d’une sélection de qualité au détriment de l’intérêt collectif de la société concernée.

    Source & Texte > Bruno Heureux.