Le "mot" de BRUNO ! - Page 5

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > … Du "RÊVE" européen au "CRÈVE !" de l'Europe

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                    Au moment où le peuple grec refuse les propositions européennes et celle du FMI, synonymes d'une austérité encore accrue et insupportable, il n'est pas inutile de porter un regard critique sur l'attitude de l'Europe face à une série de situations et événements actuels.

                    Elle, qui se dit et veut être un modèle de démocratie et de défense des droits de l'homme, a laissé pourrir des problèmes qu'elle n'a pas eu le courage d'affronter et de résoudre au moment opportun, avec lucidité, responsabilité et générosité. Pour avoir reporté, sans cesse à plus tard, des réponses concrètes et efficaces aux difficultés rencontrées, internes et externes à ses frontières, elle en est venue à renier ses valeurs fondamentales tout en montrant au monde ses divisions entretenues par l'égoïsme de chacun de ses états.

                    Dans ce cadre, il est écœurant de constater que l'Allemagne, qui a bénéficié de la remise de toutes ses dettes et d'une solide solidarité internationale après la seconde guerre mondiale, semble avoir oublié ces largesses et se montre l'adversaire le plus impitoyable de la Grèce. Vous avez dit mémoire courte et ingratitude ? Oui, c'est bien de cela qu'il s'agit.

    Du  "RÊVE" européen au "CRÈVE !" de l'Europe

                    Il y a parfois très loin du rêve à la réalité ! C'est ce que doivent se dire ces centaines de milliers de désespérés qui ont tout risqué, même leur vie pour rejoindre leur eldorado commun, l'Europe.

                    Pourquoi cet exode ? Pour fuir guerres, conflits raciaux et/ou religieux, injustice économique et sociale, dictature, corruption, faim, pauvreté, maladie... Pour, au terme d'un périple ruineux et hasardeux, trouver une terre accueillante où ils pourront s'installer avec leurs enfants en toute sécurité, avoir accès à l'éducation, aux soins de santé, au travail ; un continent où les attendent, pensent-ils, un mieux vivre, où, croient-ils, règnent, sans restriction aucune, liberté, égalité, fraternité ; où chacun, blanc, noir, jaune, métissé, homme, femme, enfant, homosexuel, transgénique, croyant, agnostique, pauvre, travailleur, sans emploi, sans logis... est respecté dans sa différence et peut vivre dignement. En résumé, fuir l'horreur et atteindre leur Graal au nom prometteur de "rêve européen".

                    S'il y a loin du rêve à la réalité, par contre, le "rêve européen", lui, est parfois très proche du " Crève !" de l'Europe ! Comment les victimes d'un monde gangréné par la barbarie et l'égoïsme pandémiques pourraient-elles contredire ce constat ? Elles qui ont vécu, en cours de route, et vivent encore, à leur arrivée sur notre continent, la fin de leur rêve ! Un rêve qui "crève" tel une baudruche, souvent dans l'indifférence générale, parfois accompagné de la compassion frileuse des pays européens, spectateurs passifs de tragédies répétées à leur porte. Car ils ne sont pas les bienvenus chez nous, ces assoiffés de vie ; d'ailleurs, la réponse européenne à leurs attentes et leurs espoirs reste dans les faits, quelle que soit la formule utilisée, "Crève, le plus loin possible de chez nous!" C'est donc cela le rêve européen ?

                    Un rêve décevant pour de nombreux citoyens ordinaires des anciens pays de l'est, dont certains vont jusqu'à regretter le régime communiste : pas riches alors, certes, et sans liberté d'expression, ils avaient tous droit au travail, à l'enseignement et aux soins gratuits.

                    Les Grecs aussi déchantent ; pourtant, croyant tellement au rêve européen qu'ils avaient falsifié leurs comptes, avec, il faut oser le dire, la complicité tacite de leurs futurs partenaires et les magouilles de financiers complaisants, aujourd'hui mués en charognards.

                    Chez nous aussi, la déception grandit. Faute d'avoir uniformisé les politiques des états membres en matières économique, sociale, de travail, de justice, d'immigration, L'Europe a permis que se développent concurrence interne déloyale, injustice croissante, mainmise des grands états sur les orientations et décisions, renforcement du chacun pour soi, défense d'intérêts électoraux, deux poids deux mesures où il vaut mieux s'appeler Allemagne et France qu'Irlande et Portugal, chantage qu'elle stigmatise chez certains mais qu'elle accepte de la Grande-Bretagne qui, elle aussi, pourtant, va décider de son sort européen par un référendum.

                    En conclusion, deux constats alarmants, formulés de façon volontairement choquante ; tant pis pour les biens pensants ! 

    Chaque pays européen tient à sa souveraineté comme une "vierge effarouchée" à son pucelage… C’est ainsi que flétrissent les vieilles filles délaissées, ce que l’Europe et chaque état membre risquent de devenir. Certes, perdre son pucelage peut être un moment douloureux ; mais après, que de plaisir(s) possible(s) !!! Certains appellent ce passage initiatique « minute de courage politique » : un bel exemple de langue de bois !  

                    A force de pratiquer la culture intensive de ses égoïsmes, l'Europe semble avoir perdu son humanité, voire son humanisme, son sens des responsabilités et sa position privilégiée dans le monde. Qu'attend-elle pour changer ?

    Source & texte > Bruno Heureux > Photo > http://rodolediazc.blogspot.be

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    MOTS CŒUR & MOT TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > L’ISLAM & LE CORAN

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    L'Islam et le Coran

                    Il y a quelques mois, après avoir commencé la lecture du Coran (Voir Archives) je vous faisais part de mes premières impressions : "en gros", de même que le Christianisme, je disais que l'Islam est une "religion d'amour". La suite de ma lecture m'amène à nuancer ce constat général. Et cela, en compagnie d'un des lecteurs de mes rubriques qui, lui aussi, a lu le Coran et m'a fait part de certaines remarques que je vous livre avant d'y apporter, à mon tour, quelques précisions.

                    Ce lecteur me dit dans son courriel qu'il a lu "Le Coran" de D. Masson, paru en 1967. Personnellement, sur les conseils de Gabriel Ringlet et d'amis musulmans, j'ai lu la version de Chouraqui, éditée chez Laffont ; préférée à beaucoup d'autres à l'authenticité mise en doute[i], cette version est d'autant plus intéressante que son auteur a également traduit la Bible ; cela lui permet de souligner, tout au long de son ouvrage, certains points de comparaison très intéressants entre ces deux "livres inspirés", références pour les croyants de ces deux religions. En me conseillant également de lire "Coran, mode d’emploi" de Farid Esack, Gabriel Ringlet m'a m'évité l'écueil qu'aurait été de vouloir lire, traiter et interpréter le Coran comme un livre ordinaire. Or, comme la Bible, ce livre se lit à petites doses entrecoupées de profondes réflexions et de nombreux retours en arrière pour être sûr d'avoir bien compris la signification exacte des mots et le sens précis des phrases dont la forme poétique et allégorique peut dérouter.

                    Au cours de sa lecture du Coran, mon correspondant a noté diverses remarques, contradictions, impossibilités, erreurs... dont je vous livre, en substance, quelques exemples significatifs.

                    "L'Islam, religion d'amour ?" Pour le fidèle, certainement : appel à l'équité, la patience, la mansuétude, l'aide au pauvre, le rachat du captif... Mais aussi : "Tranchez les mains du voleur et de la voleuse". Le prophète souhaite aussi que meure un de ses oncles et le condamne au feu éternel !!! Concernant l'attitude vis-à-vis des étrangers, il constate que certaines étrangères sont des esclaves sexuelles de fidèles.  L'hostilité envers les incrédules est omniprésente, dont le comble est exprimé en ces mots crus : "Juifs et chrétiens, que Dieu les anéantisse !"  Enfin, il a lu que le port du voile par la femme est bien recommandé et que la création s'est effectuée en 6 jours et non 7.

                    Enfin, il constate que le Coran n'est pas aussi intemporel, aussi intangible que certains voudraient le faire croire : en effet, le prophète lui-même a abrogé certains versets révélés à La Mecque au profit d'autres reçus à Médine. C'est ainsi qu'on peut lire : "Dès que nous abrogeons un verset, nous le remplaçons par un autre meilleur ou semblable." Le problème, dit à juste titre mon correspondant, c'est que les spécialistes eux-mêmes hésitent sur la provenance de la révélation... Que faut-il en penser ? Quelle partie faut-il jeter ?

                    Un immense merci à cet interlocuteur pour sa lecture attentive et critique ainsi que pour ses observations que j'ai également eu l'occasion de vérifier lors de mes propres lectures.

    Aujourd'hui, comment lire le Coran ?

                    Il n'est pas inutile, avant d'aller plus loin, de rappeler quelques dates essentielles dans les



    [i]La même multiplicité  de sources se retrouve pour l'Evangile où, à côté des quatre versions reconnues officiellement par l'Eglise catholique, il existe toute une série d'évangiles apocryphes qui n'ont pas résisté à l'analyse fouillée des exégètes depuis 2000 ans.

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    LE MOT DE BRUNO HEUREUX > "L'ECLIPSE ECLIPSEE"

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    Réponses au « -mot-de-bruno-heureux-l-eclipse-eclipsee »

    Eclipse

                    Suite à une erreur à l'imprimerie, le titre "L'éclipse éclipsée"  s'est transformé en " L'éclipse éclisée " et a donc perdu tout son sens. Il s'agissait, en fait, de souligner que l'observation de l'éclipse de soleil avait été rendue impossible, autrement dit "éclipsée", par la présence de nuages. Désolé pour cette coquille.

    Compromis-sion

                    Deux lecteurs m'ont vertement reproché d'avoir été injuste avec Charles Michel. Je parlais, en effet de compromission lorsque le premier ministre refusait de dénoncer nommément les membres du gouvernement issus de la NVA et le président de ce parti pour certains de leurs comportements, fréquentations et propos douteux à caractère raciste.

                    Ces lecteurs argumentaient que le pays avait besoin d'un gouvernement stable pour effectuer les réformes qui sont indispensables et urgentes pour son avenir ; que dans cet esprit, nommer et stigmatiser publiquement Bart De Wever ainsi que ses ministres et secrétaires d'état, risquait de mettre en péril la vie même du gouvernement ; que ce que j'appelais compromission était, au contraire, une attitude politiquement correcte, responsable et nécessaire, voire courageuse.

                    Si je les ai bien compris, en politique, pour parvenir à ses fins, même louables, tous les moyens sont bons même les moins honnêtes réprouvés ailleurs ! Y aurait-il une morale et une moralité différentes en politique - et plus largement dans les hautes sphères de toutes les formes de pouvoir - à celles exigées en éducation, dans les relations humaines... en un mot, dans le monde "normal" du commun des mortels ? Je ne le pense pas et j'espère - je crois en connaître - qu'il est des politiques et des responsables économiques qui partagent mon opinion.

                    Certes, notre pays a besoin de stabilité pour permettre des réformes en profondeur ; mais pas à n'importe quel prix. L'honnêteté, intellectuelle et morale, n'est pas un luxe superflu.

    Source & texte de > Bruno Heureux.

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    LE MOT DE BRUNO HEUREUX > A WAREMME > SCRAPBOOKING ET TÉLÉVIE …

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    Les adeptes du scrapbooking sont invité(e)s à aller "scrapper" le samedi.25 avril, de 14 à 22h00, à la salle des Bettos, rue Mulhoff, 70 à 4300 Waremme (Bettincourt).

    Il y aura également des ateliers destinées à celles et ceux qui ne connaissent pas encore le scrapbooking et voudraient s'y initier... Bienvenue à toutes et tous.

    Les frais d'inscription de 10€  et un paiement de l'atelier de 5€/heure de même que les bénéfices de la vente de boissons et sandwiches seront versés intégralement au Télévie.

    Pour tout renseignement : Christine Lagneaux - christine@architectelagneaux.be  - ; versements avec coordonnées complètes  au n° de compte - BE30 3770 6192 2211 -.

    Source & Texte > Bruno Heureux

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    LE MOT DE BRUNO HEUREUX SUR «ÇA BOUGE A LA BIBLIOTHEQUE COMMUNALE DE HANNUT »

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    Samedi 25 avril 2015, de 10h à 13h, animation « HAIKUS »   POUR TOUS.

    « Au cœur des livres, Matinée d’avril, Laissez parler votre cœur » : venez capturer l’instant par l’écriture ou l’illustration de haïkus sur une carte postale,  pour partager vos  ECLATS DE LIRE, vos ECLATS D’AMOUR.

    Projet2.jpgTable thématique : Les histoires d’amour ; les grandes, les petites, les classiques, les pas catholiques… Les histoires d’amour sortent des rayonnages.

    Apéro festif : l’équipe de la bibliothèque met les petits plats dans les grands pour vous accueillir.

    Au plaisir de vous y rencontrer… 

    Bibliothèque communale de hannut 43, rue de Landen – 4280 Hannut – 019/512316

    Scrapbooking et Télévie

    Les adeptes du scrapbooking sont invité(e)s à aller "scrapper" le samedi.25 avril, de 14 à 22h00, à la salle des Bettos, rue Mulhoff, 70 à 4300 Waremme (Bettincourt). Il y aura également des ateliers destinées à celles et ceux qui ne connaissent pas encore le scrapbooking et voudraient s'y initier... Bienvenue à toutes et tous.

    Les frais d'inscription de 10€  et un paiement de l'atelier de 5€/heure de même que les bénéfices de la vente de boissons et sandwiches seront versés intégralement au Télévie.

    Pour tout renseignement : Christine Lagneaux - christine@architectelagneaux.be - ; versements avec coordonnées complètes  au n° de compte - BE30 3770 6192 2211 -.

    Source & Texte > Bruno Heureux

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    LE MOT DE BRUNO HEUREUX > L’ECLIPSE ECLIPSEE

    2015.04.05. L'éclipse éclipsée 01.jpg

    Pas de bol  pour les chasseurs d'éclipse  de l'école primaire du Collège Sainte-Croix Hannut !

    Le vendredi 20 mars vers 10h00, plus de cent élèves de cette école se sont déplacés en « Piedibus » sur la voie de Liège pour y observer une éclipse partielle de soleil. Hélas, cette géniale initiative, orchestrée  par  Madame Jamoulle, la directrice, et bien  préparée par le corps professoral[i], a été gâchée par un ciel brumeux ! Quelle déception ! On l’attendait tellement cette éclipse!

    Mais, ces nuages n’ont pas empêché ces élèves  de passer quelques instants très enrichissants avec « Roger »[ii], l’astronome amateur[iii] hannutois bien connu. Pour ce bénévole, observer le ciel et plus spécialement notre système solaire, c’est aussi se poser des questions sur l’univers, sa naissance, son évolution, son fonctionnement, ses phénomènes... et chercher des réponses aux innombrables questions qui se posent toujours. Grâce à son matériel didactique, il a incité les jeunes enfants à réfléchir à l’astronomie, en particulier, et aux sciences, en général : sciences et astronomie qui nous aident à mieux comprendre le présent planétaire, à mieux découvrir son passé et à mieux envisager son avenir ; un passé, un présent et un avenir intimement confondus dans l’éternité du temps et l’immensité de l’espace en perpétuelle évolution.

    Et Roger de conclure :  « N’est-il pas étrange que les habitants de notre planète aient presque tous vécu jusqu’ici sans savoir où ils sont et sans se douter des merveilles de l’Univers ? » Voyez cette photo et vous  serez  convaincus que nos enfants ne veulent plus rater pareille occasion, celle d’être en lien avec le ciel et d’en apprécier la grandeur... Alors, croisons les doigts pour la prochaine éclipse partielle de soleil …..en  2028 !

    Merci, Roger de partager ton savoir et ton enthousiasme avec des jeunes qui ne demandent qu’à découvrir, apprendre et comprendre l’univers où ils habitent, plein de mystères nébuleux et de beautés bien réelles à admirer.

     


    [i]Equipe composée de 4 institutrices et d’1 instituteur : Madame  Leroy  P5b, Madame  Mercenier P5c, Monsieur Kysin P6a,  Madame   Buchelot  P6b  ,  Madame  Schmitz  P6c.    

    [ii] Monsieur Roger Applincourt.

    [iii] Dans le cas présent, astronome « amateur » ne signifie pas astronome « dilettante », mais désigne quelqu’un « qui aime » l’astronomie, la pratique  et partage son plaisir en se basant sur des connaissances scientifiques réelles, sans cesse affinées par ses lectures et ses observations.

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > 3 ARTICLES

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                    Permettez-moi, cher ami lecteur, d’être (trop ?) sérieux dans les lignes qui suivent. Cela ne m’arrive pas souvent, alors profitez de ce moment de grâce !!!

    Réfléchir

                    Plus de 50 ans après mes études secondaires, j’ai toujours en mémoire les exhortations, encouragements et conseils de certains de mes professeurs. Parmi eux, des professeurs de l’époque, bien sûr ; mais aussi d’autres, venus du fin fond de l’histoire, maîtres de cultures antiques abordées dans les cours. Le contenu et les valeurs de ces cultures d’hier ont conservé tout leur intérêt et peuvent encore nous inspirer aujourd’hui.

                    L’un de ces maîtres, Socrate[i], m’a, notamment, laissé en héritage cette  réflexion que je n’ai jamais oubliée : « On ne peut rien enseigner à qui que ce soit, on peut seulement amener les gens à réfléchir... » Cette vérité (à mes yeux) a été le fil conducteur de ma carrière d’enseignant ; les matières pratiques et théoriques que j’enseignais étaient moins des buts à atteindre que des moyens pour développer chez mes élèves un esprit de réflexion au sens très large du terme. Y suis-je parvenu ? Seuls, mes anciens élèves pourraient le dire. Mais ma propre expérience d’étudiant gréco-latiniste le confirme : des matières au programme de mes humanités, je n’ai finalement retenu que peu de choses tangibles, concrètes, immédiatement « utilisables » ; par contre, s’est progressivement construite en moi une façon de réfléchir, de réfléchir au sens, raisons et conséquences des choses, aux événements, problèmes et rencontres de la vie ; une forme de réflexion qui nourrit encore mes choix et décisions d’aujourd’hui, au moment de la parole et de l’action.

                    Ceci ne doit pas pour autant nous faire oublier que les connaissances sont essentielles pour, par après, développer des compétences et, plus tard encore, nourrir la réflexion ; en d’autres mots - dont l’enseignement primaire et secondaire d’aujourd’hui devraient mieux s’inspirer -, sans connaissances en quantités suffisantes et solidement acquises, il est impossible de faire preuve de compétence(s), de résoudre adéquatement un problème quel qu’il soit.  Ce constat, en lui-même, mérite une réflexion approfondie.

                    Cela n’empêche que la compétence, elle aussi, reste surtout du domaine de la connaissance ; au-delà de celle-ci, grâce à elle, le jeune doit saisir l’occasion de développer une tournure d’esprit et de se choisir des valeurs-repères humanistes qui demeurent et résistent à l’usure du temps et aux aléas de la vie. L’une et les autres constituent la vraie richesse d’un homme.

    Libre pensée

                    Bill, le plus jeune de mes fils, a lu mes derniers articles sur la liberté d’expression, l’autocensure et le libre arbitre ; il a également découvert ma chanson : « Oser l’utopie ». Après lecture et écoute, il m’a fait part de sa totale adhésion à mes idées. Mais, surtout, il leur a apporté ses nuances et différents compléments très importants.

                    Bill n’est pas Socrate (la comparaison le ferait éclater de rire, ne serait-ce que d’un point de vue capillaire !) mais sa réflexion, profonde, idéaliste, utopiste à sa façon, révolutionnaire sous certains aspects, mérite qu’on s’y attarde.

    «  ... Sommes-nous encore conscients de tous les paradigmes (directives, modèles,  gabarits, normes...) qui pilotent notre vie, paradigmes culturels, éducationnels, religieux, sociaux ? Quelles chaînes acceptons-nous de mettre à nos pieds, en connaissance de cause ?... La violence n'est pas dans la lutte, elle est dans la soumission. L'absence de soumission, autrement dit, la lutte, est la liberté intérieure ; à l’opposé, la soumission est la dépendance aux choses et aux gens... Il faut se libérer à l'intérieur pour aborder l'Homme sans danger... et donc sans soumission. C'est probablement ce qu'ont compris, au sens le plus profond et le plus philosophique du terme, des gens tels que Gandhi ou Mandela... »

                    En peu de phrases, Bill pose quelques-unes des questions essentielles de la vie : de leurs réponses, dépendent la qualité de notre existence et son utilité, tant personnelle que sociale. L’opposition manifeste entre les différentes réponses possibles à ces questions est souvent à l’origine de l’absence de dialogue ; d’où, conséquence inéluctable, conflits et guerres, entre individus, états, races, religions, philosophies, systèmes économiques. « Ils ne se parlent plus ! Normal, l’un rampe dans la boue, l’autre vole dans les airs ! » Disait, en substance, Félix Leclerc... L’un se soumet, humilié, et rampe ; l’autre lutte, digne, et vole ! Ver de terre ou goéland ? Tout individu a le choix ; de sa réponse dépendront le sens et la qualité de sa vie privée, professionnelle et sociale.

                    D’un point de vue plus personnel, celui de mon « art », je constate que Bill va encore plus au fond des choses que mes propres écrits et chansons sur le sujet ; au passage et en contraste, la profondeur de sa réflexion met en relief – même si j’en suis conscient depuis longtemps – les limites de mes petites créations de simple artisan. En effet, aller aussi loin que la réflexion de Bill n’est pas possible dans une chanson, même à « message » : sa durée restreinte et son texte, qui doit être compréhensible immédiatement par un public « tout venant », ne lui en donnent pas l’occasion. Pourtant, le contenu voilé d’une image poétique, d’une allusion effleurée, peut – c’est à espérer – survivre et éclore après l’écoute sous la forme d’une réflexion plus approfondie…  Mais cette espérance ne doit pas faire oublier à tous les artistes, petits et grands, connus et inconnus, que leur art doit s’ancrer dans la modestie et l’humilité.

    Socrate

                    Avant de terminer, je ne résiste pas à la tentation de vous livrer deux autres pensées de Socrate, que j’apprécie tout particulièrement.

                    La première ! Lorsque certains de mes professeurs et différents parents de mes élèves se plaignaient de la jeunesse d’aujourd’hui, je feignais abonder dans leur sens en citant une phrase de Socrate, tout en leur laissant croire que j’en étais l’auteur : « Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l’autorité et n’ont aucun respect pour l’âge. À notre époque, les enfants sont des tyrans. » Très souvent, parents et enseignants approuvaient et surenchérissaient. Quelle n’était pas alors leur stupéfaction lorsque je leur apprenais que ce constat impitoyable était de Socrate et datait de 2.500 ans ! Les jeunes d’aujourd’hui ne sont ni meilleurs ni plus mauvais que ceux du temps de Socrate ; seul a changé le monde que nous leur avons donné comme cadre de vie et de développement ; cela aussi devrait nourrir notre réflexion.

    La seconde !

    Celui qui sait qu'il ne sait pas, éduque-le.

    Celui qui sait qu'il sait, écoute-le.

    Celui qui ne sait pas qu'il sait, éveille-le.

    Celui qui ne sait pas qu'il ne sait pas, fuis-le. »

                    Alors, selon votre humeur, votre opinion au terme de vos réflexions sur mes propos de ce jour, éduquez-moi, écoutez-moi, éveillez-moi ou fuyez-moi ! A vous de choisir !

    Source & Texte de > Bruno Heureux.



    [i] Philosophe grec du Vèmesiècle avant JC.

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > « LA GRECE ET L’EUROPE »

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                    Le problème actuel de la Grèce est certainement lié à la mauvaise gestion économique et à la criante injustice sociale, entretenues, l’une et l’autre, par les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays depuis le renversement du régime des Colonels. Mais également et, peut-être surtout, il est dû à l‘initiale complicité coupable de l’Europe qui, pour intégrer ce pays à tout prix, a sciemment fermé les yeux sur ses bilans économiques et sociaux falsifiés. Qu’aujourd’hui, cette même Europe joue à la vierge effarouchée défendant sa rigoureuse pureté économique est tout simplement de l’hypocrisie.

                     La Grèce est un problème pour l’Europe ? Certainement ! La Grèce doit rembourser ses dettes, c’est normal, moral… mais de façon réaliste, adaptée à ses moyens et, avant tout, tenant compte des conditions de vie de ses habitants.

                    Mais, la Grèce n’est pas le seul problème de l’Europe ; celle-ci en collectionne beaucoup d’autres dont le moindre n’est pas celui de l’Allemagne. Très fort aujourd’hui (quoique socialement tout n’est pas rose pour les plus faibles de sa société), l’Allemagne ne doit pas oublier qu’après la guerre 40-45, elle a été aidée, beaucoup plus que la Grèce aujourd’hui, sans avoir les terribles contraintes et pressions dont les habitants de cette dernière sont l’objet. Ce grand pays se comporte comme un nouveau riche à la mémoire courte, ayant trop vite oublié qu’il a été très pauvre, bien plus que la Grèce des années 2010, et qui se montre sans pitié avec les pays moins nantis, même si certains de ceux-ci ont une indéniable part de responsabilité(s) dans leur triste situation.

                    L’égoïsme des états riches et/ou puissants, qui prétendent savoir mieux que les autres ce qui est bon pour les nations plus petites et/ou plus faibles, ne résoudra pas le problème de la Grèce, au contraire. Par contre, si l’Europe parvient à régler la crise grecque, avec patience et respect, rigueur juste et mesurée, écoute compréhensive, justice sociale, sens du devoir et de la solidarité, la Grèce aura été à la base d’un nouveau départ pour l’Europe, une chance pour celle-ci de se bonifier : une nouvelle Europe, refusant, à la fois, la poursuite de sa course effrénée à son élargissement et le renforcement d’un capitalisme effréné et peu soucieux des Européens d’en bas ; une nouvelle Europe où le citoyen sera enfin au centre de ses préoccupations et décisions politiques, économiques, sociales, et surtout positives pour la vie quotidienne de toutes ses composantes, notamment les plus BrunoHeureux 036.jpgvulnérables... Deux conditions sine qua non pour négocier avec réussite un virage très important de son histoire. Sans cela, l’Europe ira droit dans le mur et n’y survivra pas !

    Source & Texte > Bruno Heureux > Photo > AFP