Le "mot" de BRUNO ! - Page 4

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > AIMABLE ATTENTION ENVERS SES LECTEURS

                    Chers amis lecteurs,

                    Comme tout homme bien élevé- je n’ai pas dit bien dressé par son épouse (quoique…) - j’ai envoyé mes vœux tous azimuts en souhaitant un tas de bonnes choses à la moitié de la planète qui a pris quartier dans ma liste d’amis sur facebook. Moitié de la planète qui s’est déjà autorisée à m’envoyer, huit jours avant Noël, des vœux pour mon 71ème anniversaire.

                     Chaque année, je répondais individuellement à chacun de ces messages, par quelques mots appropriés à la personnalité de chacun de mes très nombreux expéditeurs ; ce qui me prenait plusieurs heures pour la raison très simple que j’ignorais comment  envoyer une réponse collective, plus anonyme, certes, mais plus facile et moins longue à effectuer. Cette année, j’ai donc fait appel aux connaissances facebookiennes d’une de mes petites-filles pour combler mes lacunes informatiques. Comme Charlotte, 21 ans, était trop occupée par son blocus en deuxième année de l’enseignement supérieur, j’ai posé mon problème à Zia, 7 ans. Celle-ci, très rapidement, smartphone en mains, m’a dit : « Mais Papy, c’est très facile, il suffit de faire ça… puis ça… tu tapes ton messages et puis tu termines en appuyant sur envoyer ! » Croyez-moi, cela marche ! Non parce que je suis un bon élève, mais parce que ce petit bout de femme est un excellent professeur (elle a de qui tenir !) et, comme toutes les copines de son âge, maîtrise le sujet à la perfection. Quelle belle leçon d’humilité pour un papy qui croit parfois trop facilement qu’il connaît tout ou presque tout !

                    Je reviens à mon propos de départ, les vœux pour 2016. Avec l’HEUREUX nom qui est le mien, mes envois sont remplis de bonnes paroles, apaisantes et encourageantes quand c’est nécessaire, toujours généreuses en vision optimiste de l’année qui s’ouvre. À mes envois, je reçois toujours de mes correspondants bien élevés- je n’ai pas dit bien dressés par qui que ce soit - des réponses dans le même ton. Parmi ces réponses, j’en ai épinglé deux qui, tant dans leur forme que par leur contenu, exhalent une saveur toute particulière. Je vous les confie.

                    La première émane d’une amie de longue date, fidèle au rendez-vous des moments importants de ma vie et de chaque Saint-Sylvestre ; on se voit rarement, mais elle m’a gardé une petite place bien au chaud dans son cœur. Elle est chouette, cette amie !

    « Cher Bruno,

    Mille mercis pour tes bons vœux embarqués sur les ruisseaux de l’optimisme et de la joie.

    Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Les larmes s’y noient très vite et le soleil y décuple sa lumière.

    Avec le vent de l’espoir, l’océan 2016 peut être resplendissant ! Amitié et amour à la source...

    Cargo de bonheur ! »

    Que c’est bien dit, avec poésie, avec sagesse et confiance en l’avenir !

    La seconde est due à la réflexion et à l’écriture d’un autre ami qui, au seuil de l’an neuf, aborde, à sa façon, les vraies questions auquel notre monde doit trouver des réponses adéquates et durables pour que 2016 soit une année généreuse pour tous les habitants de la planète Terre.

    « Cher Bruno,

    Je n'ai pas le verbe facile, mais je me suis tout de même réveillé ce matin avec ceci en tête :

    ce matin j'ai rêvé que j'avais grandi ;

    j'ai rêvé de sagesse et de beauté

    d'un monde sans guerres ni haine

    d'une société sans riches sans pauvres

    où les ressources et la connaissance étaient gratuites partagées, échangées, distribuées ; tous étaient considérés égaux ; tous avaient les mêmes droits : plus d'esclaves,

    plus de travail, mais des services aux autres ; et des artistes, des artisans de paix, de justice et d'amour…

    et j'ai vu que je n'étais pas seul,

    j'ai entendu cette multitude

    qui me faisait écho

    et j'ai compris que mon rêve

    était un vœu partagé.

                    Amitiés ! »

                    Qu’ajouter à cela ? Rien ! Laissons ces deux messages se distiller au plus profond de nos cœurs, inspirer, éclairer, nourrir nos pensées, nos actes et nos rencontres, tout au long de 2016. Quelle belle année ce sera alors !

    Source & Texte > Bruno Heureux.

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    LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > L’ÉCLAT DE RIRE DE MATHIAS

    L’éclat de rire de Mathias

                    Aujourd’hui,  l’enfant a éclaté de rire ! Pour la première fois depuis son arrivée en Belgique, il y a cinq mois, le soleil a illuminé son visage. Ce jeune Syrien, s’appelle Mathias, pas Jamil ou Ali. Car Mathias n’est pas musulman mais chrétien, orthodoxe. Une des raisons pour lesquelles qu’il a dû quitter sa terre natale en compagnie de ses parents, ses frères et ses sœurs.

                    Aujourd’hui, Mathias a éclaté de rire pour la première fois depuis que le dictateur Bachar al Assad n’hésite pas à bombarder sa propre population ; depuis, également, que les fous d’Allah de Daesh terrorisent et massacrent ceux qu’ils considèrent comme « impies ». Depuis que ses parents ont décidé de prendre la route de l’exil, longue, dangereuse, coûteuse et incertaine, laissant derrière eux emplois et reste de la famille, en même temps que leurs enfants abandonnaient  école, amis et amies.

                    Aujourd’hui, Mathias a éclaté de rire pour la première fois depuis que les (ir) responsables des pays occidentaux ont poussé la Syrie dans la guerre civile et religieuse par manque de vision, de prévoyance, de courage, par excès de frilosité, d’égoïsme, de repli sur soi. Depuis que ces mêmes irresponsables cherchent désespérément  comment sortir  d’un « merdier » où ils se sont fourrés eux-mêmes. Depuis que, pour ces dirigeants occidentaux, l’immigration vers l’Europe  est devenue cause de migraine et même, chez certains, cause de migrHAINE.

                   Aujourd’hui,  Mathias a éclaté de rire pour la première fois depuis la rentrée scolaire où méconnaissance de la langue et des habitudes culturelles de notre région ainsi que l’obligation de refaire des apprentissages de première année alors qu’il a 12 ans... l’ont rendu taciturne et peu sociable.

                    Aujourd’hui,  Mathias a éclaté de rire pour la première fois depuis que son professeur de français bénévole l’encourage deux fois par semaine à progresser plus vite et mieux dans ses divers apprentissages. Des rencontres et moments de partages qui, peu à peu, ont créé un climat de confiance entre l’enfant et l’adulte. Qui ont permis à celui-ci d’aider son élève a redécouvrir ses propres qualités, ses capacités scolaires, son caractère enjoué et son vrai sens social, qui ne demandaient qu’à s’exprimer et à s’épanouir dans la sérénité...

                    Aujourd’hui, Mathias a éclaté de rire pour la première fois grâce à la complicité de ce professeur qui lui a donné l’occasion de redevenir lui-même. Alors, s’est ouverte pour le jeune garçon une fenêtre sur son avenir, ensoleillé et où tout est possible, loin du fracas des bombes, des ruines empoussiérées, des passeurs et autres trafiquants sans scrupule.

                    Aujourd’hui, Mathias a éclaté de rire car à l’immigration, ce professeur a apporté la vraie solution concrète, humaine, humaniste, l’immigrACTION pour le plus grand bonheur de Mathias qui, pour la première fois depuis cinq mois, est spontanément heureux.  

                    Là où la politique, les politiques de l’Europe ont échoué, ce professeur, simplement par son sens de l’accueil concret, a réussi, comme d’autres aussi, individuellement ou en équipe, aux quatre coins de l’Europe. Et si c’était cela l’Europe nouvelle, celle de simples agissant avec coeur pour rendre la dignité à celles et ceux qui viennent la recouvrer chez nous ? Quelle belle Europe, alors !

    Source & texte > Bruno Heureux > Crédit Photo > SudPresse

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    MOTS COEUR ET MOTS TUS.> PRECISIONS DE BRUNO HEUREUX

    Régulièrement, certaines personnes se demandent encore et me demandent ce que signifie le « dessin » au-dessus de ma rubrique.

    Il s’agit d’un rébus : « M » suivi de « os » (prononcer o), suivi de « coeur » ; puis, « M » suivi de « eau » (prononcer o), suivi de « tu » (bouche cousue).

    Donc « mots coeur » pour mes coups de coeur et « mots tus » pour les vérités que l’on tait d’habitude et que j’ose exprimer. Voilà, ce n’est pas plus compliqué que cela !

    Source > Bruno Heureux.

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    LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > MON ARBRE, AU TEMPS DES MIGRATIONS

    Mon arbre, au temps des migrations

                    Quel que soit le temps, mes balades quotidiennes en campagne hesbignonne me ramènent immanquablement au pied d’un vieil arbre, que notre amitié m’autorise à appeler « mon ami, l’arbre ». Phare verdoyant au milieu des labours, il est grand, majestueux, solide encore malgré son âge.

                    Ensemble, nous partageons de longs moments de complicité, silencieuse mais riche. C’est lui, en effet, qui ne cesse de répéter que nous sommes frères, fils naturels d’une même mère, la terre. C’est encore lui qui, au fil de nos rencontres, m’a fait découvrir et apprécier la philosophie, la dignité, la sagesse des arbres. Ceux-ci nous enseignent un temps qui  prend tout son temps, un temps où l’instant se goûte ; en automne, ils pleurent de toutes leurs feuilles leur prochaine mort hivernale, mais leurs racines entretiennent les braises de la vie et la sève d’un printemps généreux en fleurs et en promesses de fruits... Grâce à eux, grâce à mon ami, l’arbre, j’ai compris qu’en adoptant le rythme des arbres, notre vie serait tout autre. Plus longue ? Ce n’est pas sûr ! Bien meilleure, c’est évident ! Et je ne suis pas le seul à le penser.

                    En effet, lors de mes visites, je ne suis jamais seul chez mon ami, l’arbre. Comme moi, de nombreux oiseaux bien de chez nous s’arrêtent sous son feuillage protecteur, le plus souvent pour une brève escale dans leurs jeux aériens. Mais d’autres s’attardent, le temps d’une saison, s’en venant de plus loin, des froideurs du grand nord où l’hiver se fait rigoureux, des moiteurs suffocantes  du sud quand l’été darde ses rayons accablants ; le temps de retrouver la sécurité, d’accueillir des petits, de refaire forces et provisions avant de reprendre le vol du retour, sans se retourner, car ils sentent que cet arbre sera là encore, prêt à les accueillir à nouveau en d’autre saisons difficiles.

                    Une certitude ancrée dans les faits ! A l’arrivée chez mon ami, l’arbre, pas besoin pour ces oiseaux migrateurs, de passeport, de papiers d’identité, de longues files avant d’être enregistrés, logés sommairement, vêtus,  nourris et, souvent, regardés avec méfiance par les passereaux de l’endroit. Non, toute la grande famille des gens du voyage est bienvenue et accueillie dignement. Et l’arbre ne se fâche pas d’être envahi, même si autochtones et nouveaux arrivants doivent se serrer sur les branches pour faire de la place à tout le monde et doivent se partager insectes, vers, étangs et flaques d’eau. Car, dans sa grande sagesse, l’arbre sait que lorsque la saison sera meilleure là d’où proviennent ses hôtes de passage, ceux-ci s’en retourneront chez eux, heureux d’avoir été accueillis, nourris, logés, respectés le temps de leur séjour chez nous, heureux, surtout, de retrouver leur chez eux.

                    Et si l’Europe Nouvelle était cet arbre accueillant lorsque la chaleur torride des guerres et la froideur mortelle de la misère chassent de chez eux et dirigent jusqu’à nos frontières des milliers de migrants en quête de dignité et d’une vie meilleure. Et si l’Europe Nouvelle se rendait compte qu’après le temps des colonies, celui des crédits aux états en voie de (sous-)développement, il était urgent de passer à l’aide directe et (dans un premier temps) gratuite à des populations aujourd’hui obligées de s’amputer à vif de leurs racines. Et si l’Europe Nouvelle investissait dans des projets locaux qui permettraient, à terme, aux gens de ces régions de subvenir, par eux-mêmes, à leurs propres besoins et de vivre dans la paix... C’en serait fini, alors, des mauvaises saisons humaines et des migrations qu’elles entraînent, avec leurs lots de conséquences pour les déplacés et ceux qui doivent leur ouvrir leur porte, le plus souvent avec réticence.

                    Oui, si l ‘Europe Nouvelle ressemblait à mon ami, l’arbre, généreux et accueillant, si ses dirigeants s’inspiraient de  sa sagesse et des exemples multiples de la nature, alors, elle serait à nouveau belle, humaine, comme elle n’aurait jamais dû cesser de l’être.

    Source & texte > Bruno Heureux.

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX (THISNES/HANNUT)

    L’Europe, vue du Québec

                    En septembre dernier, une fois encore, mes chansons m’ont conduit à la rencontre des publics québécois.

    Profitant de  l’occasion et  vu la situation actuelle de l’Europe éprouvant une récurrente difficulté à trouver des solutions justes et durables aux problèmes qui l’assaillent, j’ai systématiquement posé aux Québécois rencontrés quelques questions sur notre continent ; les informations télévisées et la presse de la Belle Province m’ont, de leur côté, éclairé sur l’objet de ma curiosité. Permettez-moi de vous rapporter ces opinions, telles quelles, sans les trier : elles ne sont le résultat ni d’un sondage ni d’une enquête construite, mais d’un simple « micro-hasard » qui mérite pourtant d’être écouté, nuancé, certes, mais aussi pris en considération.

                    Au départ des échanges, une seule question très générale, « Que vous inspire l’Europe, aujourd’hui ? », permettait réactions, réflexions et développements de tous ordres .

                    Deux courts préliminaires ! Le premier : personne ne m’a répondu que l’Europe ne l’intéressait pas ! Le second : quel que soit le public interrogé, unanimement, cruellement, la réponse a été laconique. « C’est d’la marde ». Il ne faut pas être doué en linguistique pour la traduire !

                    Les Québécois de souche française sont fiers de leurs historiques racines européennes auxquelles ils restent attachés. Quant aux expatriés belges et leurs enfants, ils n’oublient pas leur Belgique d’origine, même s’ils sont contents d’avoir quitté « un petit pays, aux idées trop souvent étroites et aux responsables politiques manquant de vision et d’envergure. » Mais les uns et les autresne s’en cachent pas : « Pas de quoi être fiers de la terre de nos ancêtres, de ce qu’elle est devenue ! Celle qui était l’Europe des Lumières, un phare, un exemple pour le reste du monde, n’est plus que l’ombre d’elle-même et n’offre plus de réelles perspectives à ses jeunes générations. »

                    Les immigrés quittant les zones perturbées de la planète préfèrent aussi rejoindre l’Amérique du Nord, notamment le Canada, « où l’esprit d’entreprise et le dynamisme offrent aux arrivants des possibilités de se reconstruire une vie, ce que l’Europe d’aujourd’hui ne leur donne plus, repliée sur elle-même, n’ayant pas anticipé les bouleversements de notre époque, mondialisée et en continuelle évolution. »

                    Dans un pays où l’immigration est choisie, ciblée et donc limitée par des critères extrêmement sévères, les gens comprennent peu ou pas comment l’Europe pourrait accepter tous les immigrés frappant à ses portes. « Qu’allez-vous faire de tous ces gens, alors que votre économie est essoufflée et que votre opinion publique semble majoritairement s’opposer à leur arrivée ? » Il faut dire que vivre de très loin la réalité des immigrants qui meurent par centaines en Méditerranée leur fait souvent ignorer l’aspect humanitaire de ce problème.

                    Au moment de mon voyage, le Canada et donc le Québec étaient en pleine campagne électorale. Tant dans la presse que dans beaucoup de réactions individuelles, les émigrés sont considérés comme un péril pour la société québécoise ; d’où, des réactions dans tous les sens, certaines généreuses, mais d’autres franchement teintées de racisme et de xénophobie. Comme en Europe, la communauté musulmane est devenue une cible privilégiée ; par exemple, la controverse, parfois virulente, à propos du port de la burka a été un élément crucial dans le déroulement de la campagne[i]. Très souvent, dans un amalgame saisissant, des Québécois m’ont demandé : « Pourquoi l’Europe ne renvoie-t-elle pas chez eux Arabes, musulmans, islamistes et autres terroristes ? » Beaucoup ignoraient qu’il y a eu en Europe, il y a plusieurs générations, une immigration arabe et musulmane pour des raisons économiques ;  donc que les adultes et maintenant les jeunes issus de celle-ci sont des Européens à part entière et que l’Europe est leur propre terre, leur propre « chez eux ».

                    Enfin, deux de mes interlocuteurs ont été les seuls à m’exposer une vision de l’Europe moins superficielle, moins émotive, plus raisonnée et plus objective. «  Quoi qu’on en dise et malgré l’explosion sanglante de l’ex-Yougoslavie, depuis 70 ans, l’Europe a réussi à éviter les guerres entre ses composantes les plus puissantes ; on peut parler d’un bilan humain, politique et économique dont elle peut être très fière. » Par contre, ont-ils ajouté  « L’Union Européenne ne mérite pas ce nom. En effet, l’image qu’elle donne d’elle-même au reste du reste du monde est celle de la désunion, cultivant en son sein rivalités entre les plus grands pays, inégalités criantes entre les plus puissants et les plus pauvres, disparités et oppositions de législations dans des domaines très importants, concurrences dans le marché du travail, chacun pour soi égoïste souvent lié à intérêts électoraux locaux, manque de solidarité dans la gestion de l’immigration...  En l’Euro et l’Espace Schengen, L’Europe avait pourtant deux atouts qui ne lui ont pas apporté la réussite espérée. En effet, ces initiatives audacieuses auraient pu être géniales si elles avaient été l’aboutissement d’un processus, lent, sensé et maîtrisé : mais les avoir introduits sans que tous les états soient à même de les appliquer, voire de les supporter, a été une erreur énorme qui, aujourd’hui, donne l’impression de décisions prématurées, mal préparées, au point de n’avoir pas été adoptées par tous les pays de l’Europe ! En résumé, l’Europe s’est faite trop vite et à l’envers, la pointe de la pyramide avant la base !!! »... Ces deux personnes n’étaient ni politiciens, ni journalistes, ni universitaires... L’une, assistante sociale dans une maison d’accueil pour femmes battues, l’autre responsable d’un (excellent, mais) petit vignoble... Leur regard lointain porté sur  l’Europe révèle une intelligence, une justesse, un sens des nuances et des réalités dont certains de nos responsables continentaux devraient s’inspirer.

                    Trois conclusions ! La première : examiner une situation de loin peut permettre d’en percevoir, avec un certain recul, toutes leurs composantes, interactions et conséquences. La deuxième : examiner une situation de loin peut empêcher de percevoir et/ou d’estimer à leur juste valeur, des réalités de terrain importantes, historiques, culturelles et sociologiques. La dernière : ma récolte des réponses des Québécois n’est pas scientifique : par contre le contenu de ces réponses, me semble, finalement, tellement pareil à celui exprimé par des Européens « d’en bas » si on leur avait posé cette simple question : « Que vous inspire l’Europe, aujourd’hui ? »

     Source & texte > Bruno Heureux.> Crédit Photo > jeandebogue



    [i]  Ce débat, éclipsant tous les autres, a été déterminant dans le résultat des élections, ruinant les chances d’un candidat pourtant largement favori dans les sondages.

     

     

     

     

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > VOUS AVEZ DIT « ABSURDE » ?

    Vous avez dit « Absurde » ?

                    Il a plus de 50 ans et a travaillé toute sa vie. Jamais un jour de chômage, malgré un métier très dur physiquement et psychologiquement, au service des accidentés de la vie. Un métier qui, finalement, l’a usé et qu’il a dû quitter, sur ordre des médecins.

                    Au courant de son histoire, une de ses connaissances, directeur d’école et ami de longue date, le contacte. Avec le parcours qu’il possède, les qualités humaines et professionnelles y afférentes, ce sans emploi forcé pourrait jouer un rôle à sa mesure dans cette école où une place se libère. Accord verbal est pris entre les deux hommes. Enorme espoir pour ce convalescent de la vie professionnelle ! Grande satisfaction pour le directeur qui sait que son équipe sera enrichie par le nouvel arrivant.

                    Le secrétariat entame les démarches administratives indispensables pour enrôler le candidat. Après une attente anxieuse, la réponse est sans appel, la candidature n’est pas recevable et donc rejetée. Motif ? L’intéressé n’a pas chômé un nombre suffisant de jours pour pouvoir briguer cet emploi. Coup sur la tête du handicapé de notre législation ; coup dur pour le directeur qui croyait avoir trouvé la solution idéale à un problème important dans son école.

                    Des jeunes sortis des études et sans emploi peuvent, quel que soit leur âge, bénéficier d’allocations d'insertion après un stage d'insertion professionnelle de 310 jours. Belle décision pour les jeunes, peut-être. Mais un adulte qui, contrairement à ces jeunes, n’a jamais été à charge de la société ne pourrait-il pas recevoir, sans stage d’attente préalable, une chance de réintégrer le monde du travail ? Cela paraît de bon sens. Mais la législation en place ne partage ni cet avis ni ce bon sens ; elle est d’une absurdité côtoyant les sommets, une sorte d’Everest de l’absurdité administrative !

    Vous avez dit « Absurde » ?

                    Elle a 60 ans aujourd’hui. Vu le recul de l’âge d’admission à la retraite, elle comptait travailler quelques années encore. Son champ d’action ? Les personnes âgées, placées en institution ; un domaine où, unanimes, ses collègues et ses patients disent qu’elle excelle.

                    Pourtant, une restructuration économique récente touche l’organisme qui gère plusieurs institutions semblables à celle où elle travaillait jusqu’il y a peu. La conséquence ? Notre infirmière modèle rejoint, malgré elle, le groupe et le sort des demandeurs d’emploi. Mais elle ne manque pas de courage :  non seulement, elle répond aux appels d’offre, passe et réussit les examens nécessaires, mais elle prend aussi son bâton de pèlerin et va poser sa candidature de vive voix, jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres de son domicile...

                    Résultat ? « Madame, votre CV et vos recommandations sont impressionnants ; vous correspondez parfaitement au profil de la personne recherchée pour l’emploi ; nous souhaiterions vous engager immédiatement... Mais vous nous coûteriez trop cher. Donc, nous préférons un candidat plus jeune au salaire moins important, même si nous sommes conscients qu’il aura moins d’expérience et que ce sont nos patients qui en subiront, éventuellement, les conséquences. » Ici, là et ailleurs, toujours le même discours.

                    Déplorons que l’actuel gouvernement force les plus âgés à travailler plus longtemps, pour diverses raisons que l’on peut éventuellement comprendre, mais omette de mettre en place simultanément des mesures efficaces d’accompagnement pour que le salaire plus important des personnes en phase finale de  carrière ne devienne pas un handicap à l’embauche. Quelle improvisation, que d’irresponsabilité.

                    Vouloir faire travailler les gens plus longtemps alors que leur salaire leur ferme la plupart des portes d’accès à l’emploi est absurde. Une volonté irréaliste côtoyant les sommets de l’absurdité, elle est d’une absurdité côtoyant les sommets, une sorte d’Everest de l’absurdité doctrinale d’un gouvernement !

    Vous avez dit « Absurde » ?

                    A l’heure où, pour d’évidentes raisons de santé, il est recommandé de manger chaque jour cinq légumes et fruits différents, une publicité, entendue depuis quelques jours en radio, fait bondir. Il est demandé à un enfant s’il préfère manger un fruit ou une boisson chocolatée bien connue chez nous. Et l’enfant de répondre qu’il choisit la boisson chocolatée.

                    N’est-il pas contradictoire de faire, tous azimuts, la promotion d’une alimentation saine, d’y investir les deniers de l’Etat, et, simultanément, pour ce dernier, d’accepter, au travers de la RTBF, l’argent de la société productrice d’un produit dont les bénéfices pour la santé sont plus que douteux et remis en question par l’ensemble des diététiciens. Quelle duplicité révoltante ! La même que l’on dénonce  quand l’Etat tire un profit maximal du tabac, via les taxes qui obèrent son prix d’achat, alors que la dépendance à la nicotine nuit gravement à la santé et coûte beaucoup à l’INAMI ! Quelle duplicité révoltante !

                    Nous vivons en absurdité, avec la complicité intéressée entre nos responsables politiques et certaines firmes sans scrupules. Mais, osons le dire, parfois aussi, avec la nôtre... Quelle duplicité, également !

    Source & Texte > Bruno Heureux. > Illustration > hitek

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    LE MOT DE BRUNO HEUREUX > DRÔLES DE PUB

    Une banque affiche clairement ses ambitions, au travers d’un slogan apparemment prometteur : « 95% de clients satisfaits, on se donne à 100% pour y arriver. » !

    Excellente nouvelle pour ces clients apprenant que leur(s) banquiers(s) utilise(nt) 100% de son (leur) énergie pour atteindre l’objectif !

    Mais que reste-t-il d’énergie pour les les 5% qui restent ? Que fait-on pour eux ? Ou plus crûment, on s’en tape ? Qu’ils aillent voir ailleurs ? Qu’ils crèvent ? Personnellement, j’aurais peur d’être client de pareille banque : qui dit, en effet, que je ferais partie des 95% de privilégiés et que je ne me retrouverais pas dans la case « poubelle » ? Vu l’attitude des banques lors et depuis la crise bancaire mondiale, quand on y pense bien, ma remarque n’est pas (complètement) idiote...

                    Une chaîne de magasins, spécialisée en appareillage électroménager, se vante d’être respectueuse de ses engagements : « Car une parole donnée est une parole tenue ! » On comprend, parce qu’on est de bonne foi et intelligent. Mais, si on se réfère au sens réel des mots, quand on veut donner un objet à quelqu’un, on ouvre la main pour qu’il le prenne, on ne le tient donc plus ; donné c’est donné et pas tenu ! C’est sans doute jouer sur les mots, mais quand on y pense bien, ma remarque n’est pas (complètement) idiote...

                    Une publicité, relativement ancienne mais toujours d’actualité, encourage, notamment les jeunes, à utiliser le préservatif lors de rapports sexuels avec un (des) partenaire(s) de passage, occasionnel(s), peu sûr(s), à risque... avec comme slogan choc, « Sortez couverts ».  D’accord, l’idée n’est pas mauvaise, loin de là ! Mais, ne serait-elle pas encore plus efficace si, excusez-moi pour la précision un peu scabreuse mais de vrai bon sens, elle disait : « Entrez couverts ! » Quand on y pense bien, ma remarque n’est pas (complètement) idiote...

                    En cette période de transferts dans le monde du football, on entend souvent les gens réagir violemment face aux sommes astronomiques payées par certains clubs pour acquérir un joueur talentueux d’un autre club. De même, les salaires indécents de ces joueurs, acquis à prix d’or et qui ne changent pas de crèmerie pour des ronds de carotte, heurtent le citoyen honnête ; ce dernier, s’il a la chance d’avoir du boulot, devrait travailler plusieurs siècles pour obtenir l’équivalent du salaire annuel de certains de ces « artistes du ballon rond ». Est-ce que les quelques heures d’entraînement quotidien de ces « gamins », doués naturellement, méritent-ils une telle rémunération ? Certainement pas ! Mais les joueurs, mettez-vous à leur place, ne sont pas fautifs. Ce sont, par contre,  les mêmes personnes, clubs, sponsors qui leur proposent de tels salaires et qui, à n’en pas douter, seraient beaucoup plus frileux, voire opposés, à dépenser pareilles sommes pour créer de l’emploi pour les jeunes, pour accueillir dignement des migrants, pour aider des causes philanthropiques urgentes.

    L’indignation face à cette gabegie est justifiée ! Certes ! Mais, parmi les personnes qu’elle indigne, certaines ne jouent-elles pas à l’Euro Millions, attirées par le slogan aguicheur « Devenez scandaleusement riche » ? Ce qu’elles trouvent indécent, scandaleux pour les footballeurs, elles sont prêtes à l’accepter pour elles !!! Quand on y pense bien, ma remarque n’est pas (complètement) idiote...

    Source & Texte de Bruno Heureux.> Photo > pressecitron

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    MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > 4 ARTICLES D’ACTUALITÉS …

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                    L’actualité - et la vie, tout simplement, - le démontrent régulièrement, l’intelligence n’est liée ni à la fonction occupée ni au nombre de diplômes obtenus.

    Derniers exemples en date : rendre au fabricant son pot de Sirop de Liège parce que cette firme a obtenu la certification « halal » ou ne plus utiliser la moutarde et les produits Bister parce qu’ils ont le « label halal » ne sont pas signe d’une intelligence féconde.

    Halal

                    Le Sirop de Liège est fabriqué selon une recette qui n’a pas (ou très peu) varié depuis plus de 110 ans ; la moutarderie Bister prépare ses produits depuis près de 90 ans. A l’origine, il n’était question pas de produits « halal », « kasher », sans huile de palme, sans conservateurs, sans colorants... Il s’agissait du résultat de recettes artisanales qui, grâce à l’inventivité de leurs créateurs, possédaient une couleur, une texture et une saveur qui plaisaient au consommateur. D’ailleurs, ce dernier se « foutait » du tiers et du quart de savoir comment son sirop et sa moutarde étaient concoctés ; seul comptait pour lui le plaisir éprouvé en les dégustant... Donc tout était parfait pour ces deux firmes belges utilisant des produits belges, selon un savoir-faire belge, pour une clientèle belge, belge, belge !

    Or, horreur, il se fait que les secrets et méthodes de fabrication de ces deux beaux représentants de la cuisine belge respectent, « à l’insu de leur plein gré », les conditions méritant le « label halal ». Quel drame !!! Que ces produits puissent être consommés et appréciés par des musulmans, vendus et renommés dans des pays musulmans, comment est-ce possible, comment en est-on arrivé là, comment nos divers gouvernements peuvent-ils admettre une telle ignominie ? Trop, c’est trop, trop is te veel ! Rendons à César ce qui appartient à César, les pots de Sirop de Liège au Sirop de Liège, les pots de moutarde Bister à Bister!!! J’exagère ? Non ! Car, pareils comportement et réaction dévoilent une intolérance primaire, ridicule parce qu’infondée et, surtout, indigne de citoyens dotés, normalement, d’une capacité de réflexion avérée.

                    Quand la connerie - merci d’excuser ce terme violent, mais il me paraît tout à fait approprié - s’invite jusque dans notre assiette, il est grand temps que l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) fasse son travail d’utilité publique pour que cette connerie ne contamine pas toute une population !!!

    AFSCA

                    A propos de l’AFSCA, personne ne niera qu’elle peut améliorer les conditions d’hygiène dans la fabrication, le transport, la conservation et la consommation des produits que nous mangeons. Par contre, certains de ses comportements rappellent parfois que le mieux est l’ennemi du bien. En effet, comment comprendre que ses agents déversent de l’eau de javel sur des tartes artisanales, confectionnées à des fins philanthropiques selon une recette locale très ancienne, pour les rendre impropres à la consommation ? Comment comprendre que cette institution soit parvenue à décourager un fabricant de fromage de Herve sous prétexte que ses produits sont à base de lait cru, « très dangereux pour la santé ». De mémoire d’homme, de pommier et de vache, il n’est pas d’exemples de personnes mortes pour avoir consommé de la tarte artisanale et/ou du fromage de Herve. Ces comportements de l’AFSCA sont d’autant plus incompréhensibles qu’à côté de cet aspect tatillon de la prévention sanitaire, on laisse les Belges se gaver d’huile de palme, de viandes étrangères « fabriquées » loin des normes d’hygiène exigées de nos élevages, d’alcool et de tabac de toutes natures, pourtant nuisibles à la santé, coûteux pour la sécurité sociale mais qui rapportent gros à l’Etat sous forme de taxes diverses... Deux poids, deux mesures, incohérence, bêtise, hypocrisie... 

                    Quand la connerie - merci d’excuser ce terme violent, mais il me paraît tout à fait approprié - s’invite jusque dans l’AFSCA, il est grand temps que le bon sens fasse son travail d’utilité publique pour que cette connerie ne contamine pas toute une population !!!

    Respect animal

                    Un mot, encore, sur l’abattage des bêtes sans les avoir assommées préalablement. J’ai assisté, dans ma jeunesse, et il n’y a pas si longtemps encore, à la saignée de canards, de porcs, à la décapitation d’oies et de poules sans que ces animaux aient été « endormis ». Ce qui n’a pas empêché qu’ils aient été préparés, cuits et consommés pour le plus grand plaisir des convives et que personne n’en soit mort. Pourtant, depuis quelques années, la cause animale a développé des exigences plus restrictives, que l’on peut comprendre dans une société civilisée et qui doivent être respectées par toutes celles et tous ceux qui y vivent ou viennent s’y installer.

    Société civilisée

                    Je disais « société civilisée » Mais est-ce vraiment le cas ? Une société qui légifère pour que les animaux soient respectés, qu’ils vivent et meurent dans la dignité et qui, en même temps, refuse les mêmes droits à certaines catégories de ses citoyens, est-elle vraiment civilisée ? Quand elle ferme les yeux sur les conditions de vie des sans-abris, quand elle impose à certains de ses membres de devoir choisir entre se nourrir ou se chauffer ou se soigner ou se loger, quand un belge sur cinq flirte avec le seuil de pauvreté ou est carrément en dessous, est-elle vraiment civilisée ? Quand la générosité des citoyens (Télévie, Cap 48, Action Damien, Îles de Paix, 11.11.11...) doit pallier les insuffisances de cette société dans des domaines fondamentaux où celle-ci a pourtant le devoir d’être présente et efficace... est-elle vraiment civilisée ?

                    Quand le manque de bon sens - j’allais dire connerie - pollue la hiérarchie des valeurs au coeur même d’une société, il est grand temps que chaque membre de celle-ci fasse, à son niveau, action d’utilité (personnelle et) publique pour remettre l’essentiel en tête de liste de nos préoccupations collectives. Sensibilité et respect à l’égard des animaux ? C’est nécessaire ! Mais humanité avec nos voisins du village, du pays, de la planète entière, c’est prioritaire, indispensable pour que notre société, celle que nous fabriquons, mérite  le label de société civilisée.

    Source & Texte > Bruno Heureux.