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MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > TROIS ARTICLES

Des congères dans la ville

                Je vais finir par croire que, pour certains Hannutois,  je suis devenu une sorte de boîte aux lettres où l’on dépose ses plaintes, en dernier recours, après avoir épuisé, disent-ils, tous les autres. Lorsqu’elles sont fondées et dignes d’améliorer le mieux vivre ensemble, je les relaie auprès des lecteurs.

                Plusieurs personnes âgées - c’est-à-dire encore plus âgées que moi (71 ans !) - m’ont fait part de leurs difficultés à circuler dans Hannut-ville lors des périodes enneigées. En effet, constatent-elles, chaque commerçant balaie la neige le long de sa façade et devant sa porte, la repoussant au bord du trottoir, le long de la route. Or, les chasse-neige repoussent, eux aussi, la neige sur le bord de la route, même sur le bord du trottoir. Les deux actions combinées forment un tas de neige continu en bordure de trottoir, rendant très difficile, voire impossible, la traversée de la route. Comme le font déjà quelques-uns, chaque habitant, commerçant ou privé, ne pourrait-il pas, chaque jour, dégager dans cette congère artificielle un passage sécurisé, de la largeur d’une personne, pour permettre à tout un chacun de changer de trottoir sans devoir se chausser de bottes hautes, d’après-ski et, surtout, sans risquer la chute ? Bonne question dont la réponse va de soi et qui est simple à concrétiser quand on pense un peu aux autres.

Avis à la population

                Après l’assaut hivernal et, notamment, la coupure d’électricité, plus moins longue selon les quartiers et villages de l’entité hannutoise, beaucoup ont regretté de n’avoir reçu aucune explication, aucun avis officiel de la commune concernant les tenants et aboutissants de la situation catastrophique. Ils auraient souhaité que des voitures radio parcourent prudemment toutes les rues du Grand-Hannut pour préciser aux habitants l’ampleur de la situation, ses conséquences possibles pour les particuliers, les contacts pris avec le  distributeur d’électricité pour évaluer la durée approximative de la panne avant un retour à la normale ; en résumé, pour rassurer les gens et leur éviter le sentiment d’abandon par les autorités locales qu’ils ont éprouvé.

                Comme l’a répondu le bourgmestre face à ces critiques, ce n’était pas à la commune d’assurer cette mission, mais à la compagnie d’électricité. Rien à redire, c’est vrai ! Pourtant, d’autres communes, dans la même situation, ont assuré elles-mêmes ce service à la population, estimant qu’en pareilles circonstances, le devoir de responsables communaux dépassait les limites de la stricte réalité administrative ; ce geste de savoir-vivre ensemble mérite d’être souligné et devrait servir d’exemple à l’avenir, si pareille situation devait se reproduire ; c’est en tout cas ce qu’estiment les citoyens hannutois qui m’en ont parlé.

                A propos de neige et de coupures d’électricité, ce fut, en quelque sorte, le baptême du feu pour le gouverneur de la Province de Liège, Hervé Jamar. Certes, une situation complexe à gérer, mais sans aucune mesure avec celle que doit gérer aujourd’hui le gouvernement fédéral, à savoir la récupération d’entre 2.200 milliards et 3.200 milliards d’euros suite à des prévisions de recettes trop optimistes. Je ne crois pas me tromper si j’avance que l’ex-bourgmestre hannutois, un homme de terrain, a préféré, de loin, gérer la crise hivernale que celle du budget et des finances publiques.

Illuminations

                Le hasard m’a fait rencontrer, durant la période des fêtes de fin d’année, plusieurs commerçants à la tête d’enseignes qui ont pignon sur rue et une excellente réputation à Hannut. Tous partageaient un sentiment mitigé par rapport à la façon dont les rues principales de Hannut étaient illuminées par les vitrines des magasins.

                En soirée, certaines restaient illuminées jusque 22h00 ; c’étaient principalement celles des anciens commerçants et de quelques collègues plus récents qui avaient suivi le bon exemple. Par contre, toujours selon eux, trop de nouveaux commerces, dont les gérants n’habitent pas nécessairement sur place, éteignaient les lumières de leurs étalages dès la fermeture du magasin, vers 19h00 au plus tard, alors que la technologie permet l’allumage et l’extinction automatique des vitrines, soit à distance soit avec des minuteries. Ils s’interrogeaient encore sur l’opportunité pour l’administration communale d’investir dans l’éclairage festif des ronds-points d’accès à la ville et dans les rues de celle-ci si, dès 19 h00 et faute de suffisamment de vitrines éclairées, Hannut ressemblait très, trop tôt à une ville "morte", excepté la Grand-Place et ses alentours immédiats.

                Et de regretter l’époque glorieuse de la Quinzaine Hannutoise originelle, à laquelle, sous la houlette de vraies personnalités, tous les commerçants participaient activement et solidaires les uns avec les autres, décoraient leurs devantures jusque tard dans la soirée, se montraient disponibles pour une caravane publicitaire, pour l’installation des urnes destinées à la récolte des bons, se relayaient pour le relevé de ces urnes, pour le tirage au sort journalier qui permettait à tout un chacun, petit ou gros budget-dépenses, de pouvoir gagner…

                Nostalgie quand tu nous tiens ! Sans doute, car nous ne vivons plus à la même époque. Mais il y a une bonne part de vérité dans leur constat, car un meilleur esprit de solidarité ne ferait de tort ni au commerce hannutois ni à la bonne réputation de la ville.

Source & textes > Bruno Heureux.> illustration capture GOOGLE

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