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MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > 3 ARTICLES

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Le respect

                Il y a quelques semaines, lors d’une journée de nettoyage des rues et campagnes hannutoises, un jeune scout a été brûlé aux jambes par un déchet très corrosif abandonné le long de la voirie ; pas de chance pour ce garçon, mal récompensé d’avoir accepté, comme de nombreuses autres personnes, de consacrer une partie de ce week-end à rendre plus propre notre cadre de vie commun.

                Comment en est-on arrivé à cette situation absurde où des bénévoles doivent passer du temps à nettoyer ce que d’autres salissent et polluent sans vergogne ? La réponse est simple : parce que trop de nos concitoyens, de toutes conditions sociales, de tous milieux, de tous âges font preuve d’un incivisme qui nuit à l’ensemble de la collectivité. Jeter un emballage de cigarettes et son mégot en rue, jeter sa canette vide de boisson derrière une haie, dans le fossé et même dans la rigole d’une rue, laisser tomber au sol et s’envoler au vent un emballage de chocolat ou de biscuits alors qu’une poubelle les attend à quelques mètres parfois, abandonner les restes graisseux d’un cornet de frites et son trop plein de mayonnaise en pleine ville, laisser les crottes de son chien sur les trottoirs ou les pelouses privées sans les ramasser, abandonner dans les campagnes pneus usés, vieux matelas souillés, litières d’animaux, frigos en panne, téléphoner au volant, mettant ainsi la vie des autres en danger, ne pas mettre son clignotant en sortant d’un rondpoint, contribuant ainsi à ralentir la circulation... en sont les preuves avérées au quotidien. « Tout cela n’est pas grave et n’est que de la  ¨petite ¨ incivilité » diront les coupables, de mauvaise foi ; mais répétées et généralisées, ces incivilités deviennent « grosses » et intolérables tant elles sont les manifestations d’un triste égoïsme et d’un impardonnable manque de respect des autres et du bien commun.

La courtoisie

                Elle aussi a pris un sérieux coup de vieux depuis quelques années. Est-il si difficile de dire bonjour, au revoir, s’il vous plaît, merci ? Est-ce perdre du temps ou déshonorant que d’aider une personne plus âgée à traverser une rue, de céder la priorité à un automobiliste alors qu’on pourrait exercer sa priorité en forçant le passage, à permettre à une maman de passer devant soi à la caisse d’un magasin pour lui permettre d’arriver à temps à la sortie de l’école y retrouver ses enfants ? Est-ce demander l’impossible pour un piéton de remercier d’un geste de la main et d’un sourire un automobiliste qui s’est arrêté pour le laisser franchir un passage pour piétons en toute sécurité. La réponse est non, bien sûr !

Mais force est de constater que ces signes de courtoisie, qui facilitent et ensoleillent pourtant la vie, ont tendance à disparaître. « Je suis dans mon droit et c’est à l’autre à s’arrêter, à faire attention, à me céder la priorité ! » rétorquent beaucoup de conducteurs. Peut-être ! Mais être dans son droit doit-il empêcher d’être courtois ? Si vous ne l’êtes pas ne vous étonnez pas qu’on ne le soit pas avec vous.

L’attrait du pouvoir

                La formation des futures alliances politiques pour diriger Bruxelles et la Région Wallonne a fait des heureux mais surtout un grand frustré, le MR. Et on peut le comprendre vu sa réelle progression électorale. Pourtant, la façon dont son président et quelques-uns de ses acolytes ont exprimé leur colère et vilipendé leurs adversaires politiques, dont ils auraient souhaité prendre la place, transpirait une forme de naïveté incompréhensible pour des dirigeants de « haut » niveau !  

                Le visage offusqué de Charles Michel, qui accusait « les autres » de chercher « le pouvoir pour le pouvoir », n’a pas réussi à me faire partager son indignation. Allez, Monsieur Michel, un peu de sérieux et de sang-froid ! Comme eux, vous l’aimez ce pouvoir. Pour lui-même ? Sans doute ! Un peu ? Beaucoup ? A la folie ? Passionnément ?...

Cependant, j’ai la candeur de croire que leur motivation première et la vôtre sont, au travers de vos programmes, d’améliorer les conditions de vie de la population francophone du pays. Pourquoi les autres partis n’auraient-ils pas cette même intention, aussi louable que la vôtre ? Pourquoi n’auriez-vous pas le même goût du pouvoir que les autres, autant qu’eux, si pas plus après dix ans de disette et la perspective de cinq années supplémentaires ? Reprocher aux autres de vouloir le pouvoir pour le pouvoir alors que vous-même râlez de ne pas y être associé, n’est-ce pas « le corbeau qui dit noir cul à l’agasse » ?

                Ensuite, vous parlez de « majorité des perdants » ; effectivement, mais ces perdants remplissent les conditions pour exercer le pouvoir ensemble alors que les MR, PTB et PP étaient dans l’incapacité de former une majorité des vainqueurs. En démocratie « proportionnelle », le pouvoir est exercé par une coalition représentant une majorité des élus par la population ; le reste c’est du blablas, des pleurnicheries de mauvais perdants ou, dans le cas présent, de vainqueurs partiels et relatifs !!!.

                Maintenant, sur le fond, les choix du PS sont-ils définitifs, judicieux ? On le verra à l’usage. Mais ne sont-ils pas, au-delà des différences de programmes, également, et peut-être surtout, la volonté de ne pas collaborer avec un parti qui, depuis Didier Reynders, a réussi l’exploit de se mettre à dos tous les partenaires francophones avec qui il aurait dû pouvoir discuter sereinement pour former une éventuelle coalition ? C’est un sentiment largement répandu, parfois même au sein du MR. Qui sème le vent récolte la tempête, en politique comme ailleurs. Par contre, des relations humaines respectueuses et courtoises restent la base de toute concertation constructive et de toute possible collaboration. BrunoHeureux 036.jpgL’oublier, Monsieur Michel, amène, tôt ou tard, à s’en mordre les doigts.

Source & Texte de > Bruno Heureux.

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