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INFO BOULOT > DE L’EMPLOI EN CONSTRUCTION

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Les entreprises de construction pointent un secteur en renouveau et des métiers pour demain

En Belgique, 20.000 offres d’emploi concernant des ouvriers de la construction demeurent à pourvoir chaque année. Et la création de nouveaux emplois verts liés à l’attrait pour la basse énergie ne fera qu’accroître ces difficultés de recrutement. Réunis autour de la table de JobsRégions, cinq acteurs du secteur de la construction avancent des solutions.

Du pain sur la planche, donc, pour les responsables d’entreprises, les agences d’intérim et les centres de formation dont les efforts doivent impérativement passer par une amélioration de l’image de la main-d’œuvre qualifiée. Ensemble, Bruxelles et la Wallonie comptent 12.000 entreprises en construction employant quelque 58.000 ouvriers (Source : Fonds de Formation paritaire du secteur de la construction). Des chiffres qui pourraient gonfler chaque année de plusieurs milliers d’unités si la main-d’œuvre ne répondait pas aux abonnés absents !

Chez Thomas & Piron comme chez Cobelba, la liste des métiers en pénurie est coulée dans du béton et longue comme un mur sans fin : gestionnaires et chefs de chantiers, maçons, carreleurs, couvreurs, chauffagistes, coffreurs, ferrailleurs…

Chez EuroDV, groupe spécialisé dans les agencements liés à la sécurité des personnes, où l’aspect technique est davantage présent encore, on manque de menuisiers, de gestionnaires de chantier, de deviseurs mais aussi des soudeurs et des ouvriers compétents en menuiserie métallique.

«Les jeunes ne voient rien de très attrayant dans le métier », analyse Jean-Louis Henry (Cobelba). «En outre, il faut se lever tôt, pas question de jouer sur son ordi une partie de la nuit ! ». «C’est vrai qu’il faut être courageux, car les conditions de travail sont souvent difficiles et les chantiers n’attendent pas ! » concède Agnès Hannard (EuroDV). Philippe Callens fait quant à lui remarquer : «Et ceux que cela intéresse aimeraient filer sur un chantier avant même d’y être préparés! »

L’attractivité peut être aujourd’hui regagnée grâce aux nouvelles normes énergétiques, qui font émerger de nouveaux métiers « dans le vent ». Mais ces exigences liées aux bâtiments basse énergie, la pénurie s’étend aujourd’hui aux techniciens spécialisés en système d’isolation et de ventilation double flux. «Oui bien sûr », répond Jean-Louis Henry. « Par ailleurs, il est vrai qu’en Belgique, où le bâti ancien est considérable, les besoins sont importants. Mais ces aménagements coûtent cher et les moyens financiers des propriétaires ont tendance à se réduire. »

Si les ouvriers qualifiés sont des perles rares, obligeant parfois certains à aller piocher de la main-d’œuvre dans les pays de l’Est – la concurrence, au vu des charges sociales, y est forte ! –, il est cependant possible de trouver certains profils intéressants dans les agences d’intérim. Nathalie Raquet : «Chez Adecco, nous recevons de plus en plus de demandes émanant d’ouvriers qualifiés. Je pense qu’entrer dans la construction par la porte de l’intérim permet à certains de s’y intégrer petit à petit tout en restant à une distance d’observation.»

Cela peut paraître anecdotique, mais les contrats ALE peuvent fournir aux plus courageux l’opportunité de partir au bas de l’échelle. «Plusieurs personnes sont récemment rentrées chez nous par ce biais », explique Agnès Hannard. «Et l’une d’elle a gravi les échelons un à un. Au début, elle balayait les locaux, aujourd’hui, elle est capable de travailler seule sur un chantier ! »

Un secteur d’avenir en pleine évolution

L’image de la construction n’est pas mirobolante, soit, mais comment la polir ? Chez Thomas & Piron, on a étudié le problème sous toutes ces facettes et la conclusion semble chantier-de-construction.jpgreposer sur une amélioration de la communication. « Il convient d’accentuer les rencontres avec les étudiants, par exemple lors des journées découvertes entreprises ou les chantiers ouverts, mais aussi via des présentations dans les écoles », préconise Philippe Callens. « Il faut expliquer aux enfants que les métiers techniques se sont fort diversifiés et qu’ils ont évolué avec la technologie et les nouveaux matériaux… » Agnès Hannard : « Chez nous, en menuiserie métallique, nos ouvriers travaillent beaucoup sur des machines à commandes numériques.

Pour les jeunes, voir que l’on peut également utiliser ses compétences intellectuelles peut être un élément attrayant. Malheureusement, le déclic ne s’est pas encore opéré et ces profils sont rares. » « Il faut sensibiliser les jeunes très tôt, dès le niveau primaire, en leur montrant ce qu’est un chantier », insiste Jean-Louis Henry. « Mais encore faut-il que les enseignants contribuent à l’effort. Or, je l’ai constaté lors des chantiers ouverts, ils ne sont pas nombreux ceux qui  essaient d’intéresser leurs élèves aux métiers techniques. C’est pourtant valorisant de voir terminée la maison dans laquelle on a transpiré chaque jour. Et ce n’est pas un travail à la chaîne : chaque chantier est différent du précédent ! » Pour Philippe Callens, il conviendrait également de mettre davantage en avant l’aspect financier : «Les métiers de la construction ne sont pas de tout repos, c’est un fait certain, mais il convient néanmoins de relever que les rémunérations sont plus attrayantes que dans bien d’autres secteurs. Et il convient d’ailleurs de rémunérer ses ouvriers à juste mesure, sinon ils ne résistent pas longtemps aux sirènes de la concurrence».

Et nos interlocuteurs de conclure à l’unisson : « La construction est un secteur porteur d’emploi et facteur de stabilité ! Quand quelqu’un y a mis un pied et qu’il fait du bon travail, il n’a plus de souci à se faire, même s’il est un jour contraint de changer d’entreprise. C’est surtout un secteur d’avenir, car le logement est et restera un besoin vital. » À bon entendeur…

Les femmes, bienvenues sur les chantiers ?

Pas assez fortes, pas douées techniquement, moins disponibles, il faut leur aménager des sanitaires… Les stéréotypes liés à la mixité continuent à souffler en rafales sur les chantiers. Pourtant, même si elles ne sont encore que 300 dans  le secteur de la audrey_beuvant1.jpgconstruction en Wallonie (selon les chiffres du FFC moins d’1 %), de plus en plus de femmes sont désireuses de s’investir dans des fonctions manuelles et techniques. «Nous n’avons aucun problème pour engager des jeunes femmes », expliquent de concert Philippe Callens et Jean-Louis Henry. «Mais force est de constater que les candidates désireuses de travailler sur chantier sont très rares. En revanche, elles sont nombreuses dans les fonctions administratives». Julie Demoitié confirme : «Chez Cefora, nous comptons une moyenne de 25 % de femmes dans nos groupes demandeurs d’emploi en construction du côté francophone. Mais elles viennent principalement pour les formations d’employé polyvalent. »

On retrouve également ces dames parmi les architectes et responsables de chantier. Pour encourager la mixité, le projet « Femmes et Construction », mis au point par l’ensemble des acteurs wallons du secteur, propose des outils concrets pour aider les gestionnaires d’entreprises à modifier leurs représentations des femmes sur chantier et des arguments pour aider les candidates qui ont choisi de faire carrière dans la construction.

Un site internet (www.femmesdemetier.be ) dédié à l’insertion des femmes a également vu le jour. Les candidates y trouveront notamment des fiches métiers et des témoignages

Retrouver les Intervenant > ICI

Source > http://www.jobsregions.be

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