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  • FAUT-IL ARRACHER SES TATTOOS POUR DECROCHER UN EMPLOI ?

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    Toi aussi, l’aiguille plantée dans l’encrier, tu t’es dit un jour :

    Ces frises ethniques, ces caractères gothiques, ces dauphins nautiques vont vieillir avec toi. Toi aussi, on le soupçonne, tu as fini par te rétracter Mais quinze ans plus tard, le désir te caresse encore. Et encore. Un bon conseil : mords fort et évite de pleurer !

    Cela fait quelques années que le tatouage n’est plus un rite réservé aux bikers ou aux fans de death metal. Du Patutiki polynésien sur l’épaule aux ailes d’ange sur le bas des reins, en passant par les dragons chinois qui s’enroulent autour du mollet… Le tattoo est à la portée de tous, de l’infirmière au banquier, pour le meilleur et pour le pire.

    Aux États-Unis, où un Américain sur quatre est tatoué, c’est carrément la marchandisation du corps qui menace avec le skinvertising – contraction de skin (peau) et d’advertising (publicité) –, rapporte le magazine « Capital ». C’est ainsi que des salariés de l’agence immobilière new-yorkaise Rapid Realty ont été augmentés de 15 % après s’être fait tatouer le logo de leur société. Mais cela ne signifie pas pour autant que les tatouages sont parfaitement acceptés partout.

    Bien qu’aucune entreprise ne le crie haut et fort, le tatouage demeure un frein à l’emploi. Selon une étude menée par l’Université de St Andrews, en Écosse, auprès de responsables du recrutement dans l’hôtellerie, l’Administration, les prisons ou les librairies, les tattoos continuent de véhiculer des préjugés qui… collent à la peau. Selon le professeur Andrew R. Timming, auteur de l’enquête, les recruteurs s’inquiètent de ce que leurs clients jugent ces marques indélébiles, « répugnantes » et «douteuses», les associant aux voyous et aux drogués. Et ce, même si le body art se banalise.

    Au travail, aussi, le tatouage a la vie dure. Les employeurs sont de plus en plus nombreux à en faire mention dans leur code vestimentaire. Ils peuvent exiger qu’un tatouage soit couvert s’il est de nature sexiste, raciste, violente ou s’il dénote une association au crime organisé. Ou encore s’il nuit à la réputation de l’entreprise. Mais dans tous les cas, les employeurs doivent faire preuve de transparence auprès de leur personnel. Faute de quoi, ils risquent d’enfreindre les droits à la vie privée et à la liberté d’expression.

    Dans la petite ville de San Pablo en Californie, qui affiche un taux de chômage de 15 %, certains prennent ce problème très au sérieux. Les autorités de la ville ont lancé un programme pour faire changer l’aiguille de direction, en termes de chômage, déclare avec humour la responsable du projet, dans une interview au « Contra Costa Times ». À San Pablo, tous les demandeurs d’emploi ont la possibilité de se faire enlever, pour 50 $, les tatouages visibles qui risqueraient de les pénaliser durant un entretien d’embauche. Chez nous, il faut compter entre 100 € et 150 € la séance de « détatouage ». Un sacré investissement quand on sait que cinq à sept séances, d’environ 15 minutes, sont nécessaires pour faire disparaître totalement un tattoo mal accepté.

    Source & Texte: Rafal Naczyk sur > http://www.references.be