suédoise

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    Là-bas comme ici

                    Aimer le Québec et ses habitants à l’accueil chaleureux ne m’empêche pas d’être conscient des difficultés et problèmes de cette province et du Canada dont elle fait partie.

                    De même que c’est parfois le cas en Belgique, la corruption existe dans la Belle Province, jusqu’au plus haut niveau de l’état. Depuis des semaines, l’actualité québécoise consacre une bonne partie de ses pages à un grand procès de personnes impliquées dans l’octroi « partial » de permis de construire et la désignation « téléguidée » de sociétés, frauduleusement privilégiées, pour la réalisation d’énormes projets immobiliers. Dès le début de ce procès, on a assisté au déballage de pratiques « mafieuses » éclaboussant des personnalités de renom.

     indien1.jpg               Au niveau fédéral canadien, les grosses sociétés internationales sont épargnées par une série de subventions accordées généreusement sans véritables contreparties sociales - on se croirait en Belgique - ; par contre, elles sont protégées et, plus encore, associées par le gouvernement canadien à un immense projet visant à exploiter au maximum toutes les richesses forestières, minières, maritimes, pétrolières... du Grand Nord. Le Québec est très concerné. Ce projet met en péril la (sur)vie d’une des rares régions de la planète encore vierges de toute pollution humaine, au grand dam de l’immense majorité des Québécois. Ces derniers assistent, incrédules, au saccage délibéré du nord de l’Alberta  par le gouvernement canadien : celui-ci y subventionne massivement l’extraction du pétrole bitumeux et la capture du gaz de schiste, opérations pourtant extrêmement coûteuses et assassines pour l’environnement : en effet, ces activités industrielles utilisent des milliards de m3 d’eau qu’elles polluent fortement. Cette eau souillée s’infiltre dans les nappes phréatiques qu’elle rend progressivement impropres à la consommation et nocives pour la santé des populations ; conséquence nuisible dans l’immédiat mais également dans un futur estimé à plusieurs dizaines d’années alors que certains experts parlent même de plusieurs siècles.

                    Et pendant ce temps-là, le même gouvernement inflige une austérité implacable, notamment dans les domaines de la santé, de la culture et de l’enseignement ; une austérité surtout irrespectueuse des habitants actuels les plus faibles et des perspectives d’avenir pour les générations à venir. Certes, cette politique fournit des emplois (parfois scandaleusement mal rémunérés) et de la richesse, mais essentiellement pour les grands groupes internationaux proches du pouvoir d’Ottawa. Quel est le prix de ce boum économique ? Celui de la santé des habitants de la province, présents et à venir !!! En résumé, une politique de profit à court terme, sans perspectives sociales et hypothéquant l’avenir.

                    Avec le gouvernement dirigé par le très, très, très libéral Harper, le Canada, et donc le Québec, sont emportés par une politique on ne peut plus de droite. Elle ressemble, mais en plus grand et à l’échelle du Canada, à celle que pourrait nous imposer le prochain gouvernement fédéral belge que les partenaires de la probable coalition « suédoise » cherchent à mettre sur pied.

    Suédoise ? Mon oeil !

                    D’habitude, lorsqu’on parle de « suédoise », voitures et/ou jeunes femmes, on pense à de belles carrosseries aux lignes séduisantes, tout en courbes artistiques, agréables femme2.jpgau regard et invitant aux rêves les plus fantasques. Alors, avoir le toupet d’appeler « suédoise » la coalition qui tente de se mettre en place au fédéral est une tromperie. Que peut-on, en effet, trouver d’harmonieux, d’attirant, de sexy dans cet amalgame contre nature, contre Belgique, contre francophones ? Rien ! Il s’agit d’une vraie publicité mensongère.

                    Au tout début de l’aventure, on avait dit coalition « kamikaze », en référence aux aviateurs suicidaires japonais, une espèce de fous de dieu leur l’empereur ; leur fuite en avant, sans désir de retour, se terminait inéluctablement par la mort. N’est-ce pas un mauvais présage pour la tentative actuelle des partis complices ?

                    En fait, pas suédoise pour un sou, un peu kamikaze, cette coalition semble plutôt honteuse de s’avouer flamande avec un prisonnier francophone volontaire, le MR ; elle aurait pourtant le mérite de la clarté si elle avait l’honnêteté de se nommer « FlaMRde », appellation qui, jusque dans l’écriture, correspond à la réalité du MR cerné par les quatre partis flamands à la table des négociations. Même dans ce détail, le courage n’a pas été la première qualité des partis concernés.           

    Courage, fuyons !

                    A propos de courage, la volonté affichée de refuser d’assumer les responsabilités de Premier Ministre est digne du peu glorieux « Courage, fuyons ! » De Wever préfère rester à Anvers et, apparemment pas intéressé par le poste, regarder les autres se mouiller e8285a90-8f9e-4357-970f-2ba83ac98e4f_500.jpgà sa place tout en tirant habilement les ficelles. Kris Peeters et le CD&V ont refusé d’être à la tête d’un gouvernement qui devra prendre des décisions risquant de provoquer de vives réactions sociales. Alors refiler la patate chaude au seul parti francophone des négociations était un piège dans lequel ce dernier est fatalement tombé. Mais, pouvait-il vraiment faire autrement ? Pour certains politologues plus perfides, il ne souhaitait pas faire autrement car le prestige de la fonction de Premier Ministre Fédéral peut éblouir, rendre aveugle et, parfois, effacer bien des scrupules...

                    Enfin, et en étant désolé de noircir encore le tableau, les tractations, chantages, manipulations, compensations, surenchères, dramatisations... dans la désignation de la Commissaire Européenne laissent aux yeux du public l’image de négociateurs politiques très loin des problèmes et intérêts de la population mais plus proches des marchandages de marchands de bestiaux de chez nous ou dignes de souks de pays dits, dédaigneusement, en voie de développement. Et on s’étonnera de la désaffection, du rejet, voire du mépris de la politique dans une frange de plus en plus large de la population ? Dommage pour celles et ceux qui exercent les responsabilités politiques sans les détourner de leur noble but, sans les polluer par des comportements indignes des attentes légitimes des électeurs.

    Source & Textes de & part > Bruno Heureux. 

    [1] Une province anglophone du Canada.

    [1] Alors que le Québec est 50 fois plus grand que la Belgique, le Canada équivaut à plus de 325 fois la surface de notre pays.

    [1] Merci, mesdames, de bien vouloir m’excuser pour cette association et comparaison... flatteuse pour les Saab et autres Volvo.