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  • QUI VA VOUS SOIGNER DANS 7 MOIS ? PENURIE DE SOIGNANTS ET DE MANAGERS :

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    Qui va vous soigner dans 7 mois ? Pénurie de soignants et de managers : le secteur de la santé et de l’action sociale tire le signal d’alarme.

    L’évolution démographique et le vieillissement de la population créent des besoins croissants que la réserve de main-d’œuvre ne parvient pas toujours à combler. A partir de 2015, en raison de l’effet « baby-boom », ces besoins risquent de croître de façon inquiétante

    Les invités de JobsRégions se sont surtout penchés sur le cas des infirmières, des aides-soignants et sur les fonctions de management. « En 2013, nous avons recruté 137 infirmières, 200 aides-soignants et 120 encadrants », énumère Elisabeth Moumal (Armonea). « Ces chiffres seront grosso-modo similaires cette année, mais dès 2015-16, ils partiront à la hausse. Nos besoins sont exponentiels, car nous ouvrons deux ou trois sites par an. Après la Flandre, c’est le Brabant wallon et Bruxelles qui vont être les régions les plus touchées par la pénurie de main-d’oeuvre. »

    Si, jadis, cette pénurie touchait surtout les infirmières, Pascale Vanrillaer, la directrice d’Express Medical, société qui recherche de nombreux profils dans le secteur, a noté une légère évolution depuis un an. « Aujourd’hui, le personnel infirmier se fait moins rare. Dans les hôpitaux, il y a parfois des files d’attente. Certains jeunes sont désemparés face à cette saturation et nous leur conseillons de s’orienter vers d’autres secteurs. »

    Si le recrutement des infirmières pose également moins de problème aujourd’hui à l’Hôpital Saint-Martin, l’institution est en revanche confrontée à la pénurie d’aides-soignants masculins.

     «Nous sommes pénalisés », poursuit Julie Clément, « car nous avions tendance à engager des éducateurs. Or, la législation ne le permet plus, sauf s’ils sont enregistrés comme aidessoignants. Malheureusement, certains ont du mal à effectuer cette démarche». « De nombreux candidats se rendent compte par eux-mêmes, après leurs journées d’essai, qu’ils ne sont pas taillés pour ce métier. Si la psychiatrie n’est pas leur premier choix, ils ne resteront pas ».

    LA VOCATION, SEULE VÉRITABLE PORTE D’ENTRÉE

    Nos invités sont unanimes : ceux qui choisissent de travailler dans le secteur de la santé pour des raisons économiques risquent fort de se retrouver face à un mur. La véritable porte d’entrée du milieu, c’est la vocation. Mais elle est se fait rare…

     «Auparavant, on s’engageait dans le secteur parce qu’on avait la volonté d’aider les gens ; aujourd’hui, c’est moins évident », constate Agnès Prégaldien. « La psychiatrique est un univers particulièrement dur, peu de gens sont actuellement capables de donner un morceau d’eux-mêmes au service des autres ».

    Elisabeth Moumal : « Travailler dans ce secteur, doit être le résultat d’un véritable choix. Les gens y entrent pour établir une relation avec le patient et sa famille. Dans nos maisons de repos, notre public cible n’est pas le jeune qui sort de l’école, mais le travailleur qui quitte le milieu hospitalier parce qu’il a envie de tenter une autre expérience et nouer des liens à long terme. »

    Mais si la pénurie est déjà bien présente aujourd’hui dans le secteur, que dire alors de la forme qu’elle prendra dans un avenir proche ? « De nombreuses mises à la retraite sont attendues dès 2015 en raison de l’effet « baby-boom », prévient Pascale Vanrillaer. « La combinaison de la pyramide des âges et du vieillissement de la population va engendrer des besoins énormes. Qui va nous soigner dans cinq ans ? Qui va trouver une solution avant que la bombe éclate ? »

    La réponse est liée au financement d’un secteur qui en aura plus que jamais besoin. L’augmentation des coûts a conduit une grande partie des hôpitaux belges au bord du gouffre. Et les restrictions budgétaires imposées aux communes rendent la gestion des CPAS et maisons de repos publiques de plus en plus complexe…

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    Source > http://www.jobsregions.be