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  • LE CLIMAT GENERAL FORCE LES TRAVAILLEURS A SE REINVENTER

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    Les entreprises sont en constante évolution, s’adaptant sans cesse aux nouvelles demandes du marché.

    Pourquoi les travailleurs ne feraient-ils pas de même ? Regardez votre plan carrière et votre position sur le marché du travail sous un angle nouveau, vous encourage Nicolas de Vicq, consultant indépendant passionné par l’entreprenariat, qu’il veut individualiser. Avec son épouse, Sandrine Vandenbossche, neuropsychologue, il a lancé Mindstep, destinée à accompagner les travailleurs désireux de changer d’horizon(s). Ils s’inspirent du modèle Business Model You, développé par l’entrepreneur multimillionnaire Tim Clark, qui a révolutionné l’entreprenariat pour le rendre accessible à tout un chacun. Son slogan : « l’entreprenariat pour tous ! ». C’est aussi l’objectif poursuivi par Nicolas de Vicq et Sandrine Vandenbossche, qui veulent encourager les travailleurs à « entreprendre leur carrière ». Nous les avons rencontrés au salon Talentum de Bruxelles, où ils donnaient un séminaire sur le sujet. Explications.

    Votre initiative se fonde sur le fameux modèle « Business Model You ». Pouvez-vous nous expliquer plus précisément en quoi cela consiste ?

    Dans son ouvrage (collectif), Tim Clark se penche sur les aspects les plus fondamentaux nécessaires au bon fonctionnement d’un business. En une page, il répond à des questions essentielles : quelle est la valeur ajoutée que l’entreprise apporte ? À quel segment du marché s’adresse-t-elle ? Quel bénéfice ce marché lui procure-t-il ? Quelles sont ses activités ? Ses ressources ? Ses coûts ? Cela permet de faire le mapping en une page d’une idée de business. Tim Clark adapte cet outil aux individus. Il part du principe que chacun est en soi une sorte de petite entreprise. Il faut alors se demander quelle est notre valeur ajoutée ? Quels sont nos compétences ? Ce modèle s’applique à toute personne désireuse de réorienter sa carrière, qu’elle aspire à développer sa propre entreprise ou à changer d’employeur.

    Beaucoup de travailleurs se trouvent-ils dans cette situation ?

    Nous constatons un besoin de changement plus pressant, plus impérieux, qu’avant. Les travailleurs aspirent à l’épanouissement, dut-ce passer par la reconversion professionnelle. Ce besoin touche aussi bien les jeunes d’une trentaine d’années qui n’ont que quelques années d’expérience, que les professionnels d’un âge plus avancé, qui ont besoin de redonner un sens à ce qu’ils font, de retrouver de la motivation, qui ne se sentent plus alignés avec les valeurs de leur entreprise. Ils ont de nouvelles exigences au niveau personnel et aspirent à un autre équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée.

    Comment expliquez-vous cette évolution ?

    Les temps ont changé. Il y a dix ans, on parlait encore de la « sécurité de l’emploi ». Aujourd’hui, nous sommes bien conscients de ne plus pouvoir rester à vie dans une entreprise. Nous devons désormais nous protéger en nous réinventant constamment, sous peine de nous retrouver du jour au lendemain sans emploi. Le risque ne concerne pas que les indépendants.

    Certains profils sont-ils plus enclins à la reconversion que d’autres ?

    Nous ne constatons pas de différences en fonction des secteurs, des professions. La volonté de changement tient plutôt à la personnalité des travailleurs. Ne fut-ce que remettre en question son orientation professionnelle demande un certain courage. Cette remise en question constitue une première phase, relativement difficile. C’est aussi pour cela que nous sommes là. Nous accompagnons les travailleurs dans le processus de transition de carrière.

    Cette phase de questionnement débouche souvent sur une seconde : celle de la transition effective. Le travailleur doit alors entreprendre des démarches concrètes pour changer de travail. Cette phase est la plus délicate. Les travailleurs freinent souvent des quatre fers. Ils sont retenus par le risque, par la peur du changement. Ce risque est parfois mal évalué. De nombreux employés craignent par exemple de passer au statut d’indépendant car ils pensent mettre en péril leur pension. Or, de nos jours, chaque travailleur, indépendant ou employé, doit prendre conscience que sa pension n’est pas assurée, quel que soit son statut. Nous devons tous souscrire une assurance complémentaire. Au final, si vous vous entourez des bons experts et si vous faites appel aux nombreuses structures d’aide aux indépendants, vous vous rendrez compte que vous n’aurez pas plus de désavantages que les employés.

    Quelle est la principale difficulté de la reconversion professionnelle ?

    La résistance au changement. On entend beaucoup parler de sortir de « la zone de confort ». Mais parfois, on oublie que « sortir de la zone de confort », ça veut aussi dire qu’il faut un moment accepter de se sentir inconfortable. Démissionner, changer d’employeur, ne pas réellement savoir si nous gagnerons au change, ne pas connaître l’ambiance de travail dans la nouvelle entreprise, constituent de nombreuses inconnues qui peuvent parfois faire peur.

    Avez-vous un conseil à donner à ceux qui rêvent de reconversion ?

    Il faut résister à la tentation de rester dans sa zone de confort, sous peine de passer à côté d’une opportunité réelle d’épanouissement. Quand on sort de sa zone de confort, on atterrit dans une zone de panique, semée d’incertitudes. Mais lorsque l’on dépasse cette zone, on accède à une zone magique où l’on peut essayer d’atteindre ses objectifs et ses rêves. Tout devient alors possible. C’est en visualisant son objectif final, son rêve, que l’on peut sortir plus sereinement de cette zone de confort pour atteindre un idéal de carrière et de vie.

    Source > Texte: Céline Préaux via > http://www.references.be

  • INFO BOULOT > COMMENT RÉUSSIR VOTRE RECONVERSION PROFESSIONNELLE

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    Quelle que soit la cause (la crise, la génération Y girouette), de nos jours, les travailleurs changent de carrière comme de chemise.

    Bien sûr, il est plus aisé de changer de casquette en début de carrière, mais on voit aussi des personnes moins jeunes réussir brillamment leur reconversion professionnelle.

    Un calcul stratégique 

    Joel Garfinkle, coach carrière et auteur de Getting Ahead : Three Steps to Take Your Career to the Next Level (« Aller de l’avant : trois étapes pour emmener votre carrière à un niveau supérieur »), explique : « Il est bon d’envisager une reconversion professionnelle si une telle chose s’avère bénéfique d’un point de vue stratégique. Les défis économiques permettent aux employés proactifs de changer stratégiquement de carrière, afin d’éviter les licenciements (collectifs ou non). Parfois, une reconversion professionnelle s’impose pour aller de l’avant lorsque vous avez atteint une impasse dans votre carrière actuelle. » 

    Une question de satisfaction personnelle

    Une autre raison poussant à la reconversion professionnelle est bien sûr la satisfaction personnelle. Selon une étude menée par Spherion, une entreprise de dotation en personnel, 87% des travailleurs citent l’équilibre travail/vie comme une raison de rester au sein de l’entreprise. Sandy Mazur, l’un des responsables de l’enquête, développe : « Parmi les données déterminantes dans la volonté d’une reconversion professionnelle, on retrouve le niveau de satisfaction procuré par le job actuel et l’aspiration à un travail plus épanouissant. Les gens veulent un boulot stimulant et gratifiant. » 

    Un travail d’introspection

    Quelle que soit la motivation de départ, les experts s’accordent sur le fait que, avant de vous embarquer sur une voie professionnelle entièrement nouvelle, vous devez procéder à un sérieux travail d’introspection, afin de dresser une liste réaliste de vos points forts et de vos faiblesses. Ainsi, il serait peu judicieux de vous lancer dans une carrière dans les ventes si vous ne possédez que peu de qualités de communication. Tout comme il ne serait pas avisé de vous improviser trader si vous ne résistez pas très bien aux situations stressantes.

    Un calcul coûts/bénéfices

    Par ailleurs, vous devez confronter les risques aux bénéfices. Par exemple, est-ce que vous pouvez vous permettre de gagner moins d’argent ou de vous payer une formation ? Garfinkle pointe une contradiction apparente : « Il peut paraître paradoxal que l’instabilité économique puisse être à la fois la cause d’une reconversion professionnelle et la raison pour laquelle une telle reconversion peut s’avérer risquée. Commencer au bas de l’échelle dans une nouvelle carrière signifie également que vous êtes le premier sur la liste en cas de licenciement collectif. » 

    Une bonne connaissance de soi

    Selon Kimberly A. Smith, administratrice au cabinet de recrutement Witt/Kieffer, les gens qui réussissent leur reconversion professionnelle sont ceux qui prennent le temps de faire le point sur leurs qualités et leurs défauts. Cette connaissance de soi permet de faire la lumière sur les types de carrières dans lesquelles vous pouvez percer et ceux qu’il vaut mieux éviter. Kimberly Smith conseille aussi de demander l’avis de vos collègues ou même de patrons qui seraient prêts à vous livrer des exemples impartiaux de vos points forts et de vos faiblesses.

    Une décision mûrement réfléchie

    Lorsque vous avez établi ce bilan, vous devriez investiguer les domaines dans lesquels vous auriez envie de travailler. Vous devriez vous renseigner sur le genre de compétences et de formation(s) dont vous aurez besoin pour briller dans ce type de boulot. Par ailleurs, vous devriez vous enquérir du niveau de compétition des postes que vous brigueriez et des échelles salariales correspondant à votre expérience et à vos compétences. Garfinkle met en garde : « Ne changez pas de boulot tant que vous ne possédez pas toutes les informations susceptibles de mener à une décision mûrement réfléchie. » 

    Trouvez-vous un mentor

    Vous pouvez déjà avoir un aperçu de ce à quoi ressemblera votre futur job en vous renseignant sur Internet ou sur le site de Références. Mais il vous faudra aussi approfondir votre recherche en exploitant au maximum votre réseau de connaissances et en vous trouvant un mentor dans le domaine que vous envisagez, qui pourra vous éclairer au mieux sur les conditions de travail. Sandy Mazur explique : « Il est important de chercher quelqu’un actif dans le domaine choisi. Il vous renseignera sur ce qui fonde son succès, sur les pour et les contre. » Mazur vous conseille de suivre cette personne quelques jours, si possible. Rien de tel que l’action sur le terrain pour vous forger votre propre opinion. 

    Une formation souvent nécessaire

    Beaucoup de gens aimeraient changer de carrière. Mais l’idée de retourner sur les bancs d’école afin d’acquérir la formation nécessaire réduit la perspective à l’état de rêve. Certains jobs ne s’improvisent pas : on ne peut pas devenir infirmière ou comptable du jour au lendemain. Mais vous pouvez un peu remanier votre CV pour mettre en évidence toutes vos compétences transversales.

    Par exemple, avant d’occuper le poste de recruteur chez Witte/Kieffer, Kimberly Smith dirigeait un hôpital qui finit par être revendu. Au cours de ses recherches d’emploi, on lui demanda si elle envisageait de faire de la recherche. Au départ, Kimberly Smith rejeta cette idée, avant de se raviser et de réaliser que ses compétences étaient également un atout dans ce domaine, même si Witt/Kieffer n’était pas un hôpital. Elle raconte : « Vous devez être ouvert(e) aux nouvelles expériences et oser prendre des risques. La récompense peut valoir le coup. » 

     

    Source: Glassdoor.com via > http://www.references.be