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  • HELIOTROPE LE QUARTET HANNUTOIS A FÊTÉ DIGNEMENT SES 30 D’EXISTENCE

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    Dimanche dernier, le Centre Culturel de Hannut fêtait les 30 ans d’Héliotrope Quartet.

    Compte-rendu:

    « Excusez-moi, j’ai un bonbon ! » dit-il en retirant le sujet de sa bouche pour commenter et introduire la prestation et les musiciens, en parlant devant le microphone. Le cadre est posé. Nous sommes entre amis…

    Directement, Héliotrope Quartet nous plonge dans une atmosphère de kermesse. Les 454_30ans_QUAT_HELIOTROPE_ 034.jpgmusiciens-clowns, tout de noir vêtus, ont emprunté aux comiques, le gilet bariolé, le noeud papillon et le nez rouge, ils s’installent. Le clown à moustaches (Christian Gerstmans, deuxième violon) est auréolé de lumière, un des spots l’enveloppe telle une gloire. Tous les regards, toutes les oreilles sont en attente de son. Très vite, les instruments chantent, joués aux doigts, corde à corde. Ils trissent comme un gazouillis d’hirondelle annonçant le printemps.

    L’archet reprend ses glissades le long des cordes, picotant les notes, ululant les sons. Il ne manque que le bout de la langue qui sort entre les lèvres pour figurer la concentration. « Même pas peur » pourrait être la devise des 4 compères pendant ce morceau. La maitrise du jeu des protagonistes relève de l’excellence, ils nous font croire avec espièglerie qu’il existe encore des moments d’incertitudes dans leur prestation, mais oh combien incertaine est cette affirmation. Quel plaisir évident et partager, de prendre conscience que nous savons ce qu’ils voudraient nous faire croire et de faire fi… Je salue ce travail qui nous laisse croire que tout est inné, improvisé sans que nous en décelions aucune des ficelles, exercice truculent et conséquent.

    Les silences sont musique, spontanéité et joie de vivre.

     « Vos soucis, ici, oubliez-les » lance Éric Gerstmans (Alto).454_30ans_QUAT_HELIOTROPE_ 035.jpg

     Nos souvenirs classiques, aussi bien cinématographiques que musicaux, sont revisités, réinterprétés. Les partitions tournent à bonne allure, je peux imaginer en fermant les yeux me retrouver à une veillée au coin du feu avec le groupe qui joue, on est serré comme des sardines dans le salon et tous les voisins sont venus écouter le raffut de notes, le chahut d’accords, les échanges tonitruants et entrainants de nos quatre joyeux drilles.

     Héliotrope Quartet traduit l’humour en plaisir musical. Ces bouts en train dépoussièrent Grease, les parapluies, la mélodie du bonheur avec volupté. Ils nous font plonger dans le ragtime, cette musique ancêtre du jazz, jouée par la communauté afro-américaine avec ravissement grâce à deux violons, un alto et un violoncelle. Les amis sont dans la salle et l’ambiance est échange et complicité. « Le Chant des Valeureuses Gayoles Liégeoises » ravive l’esprit libre du Liégeois. Ces troubadours, un peu fous du roi, jouent de l’espièglerie, voire de l’effronterie comme d’une arme, sur un air de cramignon, de petite fugue légère en réveillant au passage le « Tchantchès » principautaire qui sommeille dans nos coeurs. Même le coq du drapeau liégeois participe à cette prise de conscience identitaire.

    454_30ans_QUAT_HELIOTROPE_ 036.jpgCes drôles font partie, Mesdames, excusez du peu, de ces fous que l’on voudrait entendre matin, midi et soir sous nos fenêtres. Ils nous rendraient belles de leurs airs entrainants. Ils nous feraient rougir de leur maligne irrévérence et nous feraient sourire de leur candeur. Leurs ballades pourraient nous voir essayer quelques pas…

    Ils sont quatre : Pierre Hénaut, le cadet, qui remplace Georges. Christian Gerstmans, le frère d’Éric, « qui se connaissent depuis qu’ils sont nés », explique ce dernier et Étienne Capelle. Ils réécrivent l’histoire à l’aide de deux violons, un alto et un violoncelle. À entendre absolument. Héliotrope Quartet traduit en musique l’évolution humaine en un quart d’heure. Notre histoire débute à la préhistoire, nous traversons la période romaine, le Moyen-Age et prenons le temps de sourire à l’époque galante française. Nous entendons les notes du canon de Pachelbel pour évoluer vers le temps qui passe de Vivaldi jusqu’à la Révolution française. Le premier homme sur la lune nous projette dans le monde actuel. Béjart, fantôme passe derrière nous quand le Boléro égrène les notes de Ravel, le temps ne s’arrête pas, 40-45, l’après-guerre, du flirt à la poupée de cire, les seventies, les années 80, rien n’est oublié, Satisfaction, Bee Gees, Dalida pour en revenir aux notes égrenées de Ravel. Béjart salue d’un petit geste la prestation et s’évanouit à mon regard en caressant454_30ans_QUAT_HELIOTROPE_ 039.jpg son menton. Notre belgitude peut se réjouir, nous avions déjà Brel et Stromae, aujourd’hui j’ai aussi découvert Héliotrope Quartet. Nous pouvons sans complexe les associer à ces perles belges. Ces quatre perles, donc, sont polies par leurs 30 ans de scène, mais ils n’ont pas perdu de leurs éclats. Héliotrope Quartet, c’est à l’image d’un autre groupe de papys pour le rock and roll, ce qu’il y a de meilleur en Jazz de cabaret aujourd’hui… « Que la musique triomphe ! »

    Héliotrope Quartet a fait des bébés. Ces enfants, adultes aujourd’hui sont du même jus que leurs ainés. Ils sont tombés dedans quand ils étaient petits !

     Faites-leur confiance, ils s’expriment avec force, passion et conviction.

     Ouvrez-leur vos oreilles.

    Source G.B. sur > https://www.facebook.com/centrecultureldehannut > (Photos: Jean-Claude Dubois)