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  • LES PROFILS SCIENTIFIQUES SONT-ILS VRAIMENT RECHERCHES ?

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    Ils sont biologistes, géographes, chimistes, physiciens.

    Autant de scientifiques dont chacun s'accorde à souligner l'importance, mais qui peinent pourtant parfois à trouver un emploi. Pour quelles raisons ?

    C'est le printemps. Des sciences notamment. Comme chaque année, les élèves ont été invités fin mars à s'initier à des expériences extraordinaires, à des découvertes amusantes. L'idée ? En dédramatiser la complexité, mais aussi susciter des vocations. Les profils scientifiques seraient, dit-on, particulièrement recherchés dans les entreprises. Mais les diplômés ne partagent pas toujours cette vision...

    Postuler de manière utilitariste que le choix des études scientifiques doit impérativement s'inscrire dans la perspective d'un emploi n'est pas la seule approche pertinente, tempère d'emblée Philippe Fonck, directeur du Centre d'information et d'orientation de l'UCL. Étudier les sciences, c'est avant tout s'inscrire dans une démarche visant à repousser les limites de la connaissance en sortant des sentiers battus. Il faut encourager, pour notre avenir à tous, l'émergence de tels profils qui ont davantage l'envie de découvrir que d'optimiser ce qui existe déjà.

    Ce n'est donc pas un hasard ni une surprise si nombre de ces étudiants se profilent à terme vers l'enseignement ou le doctorat. Comme Sébastien, physicien et boursier au sein de l'Institut de recherche en mathématique et physique (IRMP) de l'UCL où il poursuit sa thèse de doctorat consacrée, résume-t-il, à l'analyse des données du détecteur CMS au LHC (le grand collisionneur de hadrons du Cern, NDLR) pour rechercher de la nouvelle physique au-delà du modèle standard. Sa passion pour la physique des particules l'emporte sur tout le reste. Travailler dans une entreprise ne m'intéresse pas pour l'instant, dit-il. Je ne suis en rien opposé à ce monde, où un scientifique pourrait sans doute s'épanouir également, mais je préfère me concentrer sur la recherche fondamentale. On verra ce qu'il adviendra à la fin de mon doctorat.

    Une employabilité à compléter par d'autres compétences

    Qu'en est-il des titulaires d'un master qui n'ont pas cette envie ? Certains d'entre eux mettent des mois à trouver un boulot. Parfois bien en deçà de leurs compétences, en attendant mieux. Parfois sans obtenir, sur la base de leur seul diplôme, le moindre entretien de recrutement. La question qui se pose est celle de leur employabilité, résume Philippe Fonck. Celle-ci est réelle, mais probablement moins immédiate que celle d'un ingénieur par exemple qui répond d'emblée aux besoins des entreprises. Le scientifique, à défaut de correspondre très précisément à un descriptif de fonction, doit travailler à mettre en valeur d'autres compétences pour séduire.

    Ces compétences peuvent s'acquérir relativement facilement. Soit par le biais des « mineures », cette partie du cursus complémentaire aux disciplines principales qui a été initiée par la réforme de Bologne. Soit par le biais d'une formation complémentaire, en marketing ou en management par exemple, qui constituera le côté « professionnalisant » de la formation initiale, la couche indispensable pour attirer l’œil du recruteur et l'amener à s'intéresser aux atouts de la formation principale. Soit enfin par le biais de stages ou d'autres activités qui permettent de mettre en exergue des compétences « soft » mais très recherchées comme la capacité de travailler en équipe, de porter un projet, de faire preuve d'adaptabilité.

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