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  • SANTÉ : PROFILS ET FILIÈRES. « LA SPECIALISATION NUIT A LA FLEXIBILITE »

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    Les infirmiers et aide soignants doivent-ils suivre une formation plus poussée?

    C’est une arme à double tranchant. Les spécialistes seront appréciés pour leurs compétences pointues, mais les polyvalents auront en face d’eux un marché plus large. Cela dépend donc du créneau et de la région. La problématique de l’emploi dans le secteur doit être examinée globalement.

    Trois années d’études pour devenir infirmière, est-ce suffisant ? Faut-il mettre en place une filière de formation en cinq ans ? Les interlocuteurs de JobsRégions sont sceptiques. Certes, les infirmières spécialisées en gériatrie ou en psychiatrie trouveront facilement un emploi, mais d’autres risquent de se retrouver devant une porte close. « C’est une question difficile », analyse Pascale Vanrillaer (Express Médical).

     Auparavant, les infirmières recevaient une formation de base commune, puis approfondissaient leurs compétences dans l’un ou l’autre créneau. Aujourd’hui, la tendance est à la spécialisation maximum. En diminuant leur polyvalence, on se heurte à des problèmes épineux. Les sages-femmes, par exemple, qui sont compétentes dans l’art de guérir aux yeux de la législation, ne peuvent pas pratiquer l’art de soigner.

    Conséquence : il y en a trop et elles sont au chômage ! La spécialisation diminue la flexibilité sur le marché du travail. Cela demande donc réflexion. La problématique de l’emploi dans le secteur devrait être examinée d’une façon globale.»

    Autre profil en pénurie : celui de chef infirmier ou de chef manager. Pourquoi ces fonctions ne trouvent-elles pas facilement de candidats ? «Parce qu’elles ne sont pas suffisamment valorisées », répondent en choeur les invités de JobsRégions. « Les chefs infirmiers n’ont pas de prestations de nuit ou de week-end et ne bénéficient donc pas de compensations salariales, mais ils ont davantage de responsabilités », explique Agnès Prégaldien (Hôpital Saint-Martin). «Les attentes pour les fonctions de management sont très larges », confirme Pascale Vanrillaer. « Ces profils constituent un maillon important entre les patients,  la famille, le personnel soignant… Ils doivent prendre des décisions, gérer des commandes. Il leur faut donc de l’expérience ». «On en revient à la question de motivation », observe Elisabeth Moumal (Armonea). L’employeur peut proposer des formations, mais si la motivation n’est pas présente, ce sera peine perdue ». « C’est ce qui arrive souvent quand on part à la recherche du bon profil plutôt que d’attendre qu’il se présente lui même », note Julie Clément, qui estime que l’on devrait mettre en place davantage de stages d’observation : «Cela fait souvent naître des vocations ! »

     Mais comment savoir si ces jeunes seront capables de gérer les ressources humaines et de prendre des responsabilités ? En tant que bureau de recrutement, Express Medical prône des formations incluant des actions « proactives », mettant les candidats dans des situations de conflits relationnels afin de leur apprendre à communiquer et à les gérer. « Mais encore faut-il que ces jeunes aient choisi la filière d’étude adéquate. Si on les oriente vers la filière des brevets, ils ne pourront pas occuper plus tard un poste de management...»

     En désespoir de cause, des employeurs vont parfois chercher, pour occuper une fonction de management, des personnes qui ne viennent pas du secteur de la santé… « Alors, ils perdront les subsides », note Elisabeth Moumal. « C’est la même chose pour le personnel chargé de la logistique. On sort du cadre légal ».

    Source > http://www.jobsregions.be