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  • LE MOT DE BRUNO HEUREUX > ATTENTATS DE PARIS (2EME PARTIE)

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    Première partie hier le 19/01 sur > http://hannut.blogs.sudinfo.be

    Attentats de Paris (2ème partie)

                    Avant d’aborder les causes de ces attentats et les solutions pour les éradiquer, mettons en évidence deux éléments apparemment contradictoires mais qui contiennent chacun leur part de vérité dont il faut tenir compte.

                    Le premier : les récentes victimes des manifestations violentes dans de nombreux pays musulmans semblent confirmer qu’il est irresponsable de blesser et d’humilier des sensibilités et des communautés par des actes, des écrits, des propos, des caricatures, dont les conséquences, proches et lointaines, n’ont pas été évaluées à leur juste valeur par Charlie Hebdo.

                    Le second, par contre, est de considérer que Charlie Hebdo n’est pas la cause première de ces événements tragiques, mais que sa fondation et sa pérennité sont la conséquence directe de faits et d’événements passés qu’il a voulu dénoncer. Tant que subsisteront dans le monde des injustices économiques et sociales, des intégrismes quels qu’ils soient, des guerres déclenchées au nom d’intérêts cachés et de faux motifs, des dictatures d’état ou religieuses... tant que séviront, chez nous et ailleurs, des personnes, des partis, des mouvements exerçant des responsabilités politiques, économiques, religieuses, et qui profitent de leurs fonctions et de leurs pouvoirs pour violer l’intérêt commun, pour mépriser les plus faibles, pour s’enrichir honteusement, pour imposer la dictature militaire et/ou de la pensée unique... Charlie Hebdo et d’autres magasines du même genre auront leur place dans notre société pour les brocarder, les stigmatiser,  les caricaturer.

    Causes des attentats en Occident

                    Les premières sont extérieures à l’Occident et liées à la politique internationale. L’instauration par l’ayatollah Khomeiny d’un régime théocratique en Iran est le point de départ de la radicalisation des mouvements islamistes. Ensuite, les détournements d’avions, la victoire des islamistes aux élections en Algérie et leur mise à l’écart brutale, la percée du Hezbolah au Liban et en Palestine, les actions meurtrières des Talibans contre la coalition occidentale en Afghanistan, Ben Laden et son réseau, le conflit israélo-palestinien, la décapitation d’otages, Boko Haram au Niger... ont été et sont encore les manifestations inquiétantes du durcissement islamique et de sa propagation à travers le monde. 

                    Si bien que tous les pays occidentaux, notamment européens, qui sont intervenus militairement pour tenter de régler ces conflits et cette radicalisation, sont visés aujourd’hui. D’autant plus que les États-Unis et leurs alliés européens n’ont pas toujours apprécié à leur juste mesure les luttes d’influence entre les différents courants au sein de l’Islam ainsi que les enjeux locaux et internationaux de la radicalisation islamique. Enfin, leurs interventions ont souvent été contre-productives, mettant de l’huile sur le feu plutôt que d’apaiser les tensions. Les guerres en Afghanistan et en Iraq, le soutien inconditionnel aux faucons en Israël, la frilosité à défendre la Palestine... en sont des exemples concrets.

                    Comme elles le sont en France, d’autres causes sont internes à la Belgique. Depuis la fin de la dernière guerre, les gouvernements successifs ont organisé l’immigration de populations prêtes à suppléer les populations locales dans des métiers ingrats et des tâches peu valorisantes. Les nouveaux arrivants de culture judéo-chrétienne ont, en deux ou trois générations, réussi leur intégration. Par contre, il n’en a généralement pas été de même avec une partie importante des immigrés de culture musulmane et de religion islamique. Confrontées à des valeurs, des idées, des comportements très différents de ceux vécus dans leurs pays d’origine, ces personnes se sont senties en décalage, en opposition avec le milieu socioculturel et religieux local ; ce qui a amené ces populations à être regroupées ou à se regrouper spontanément dans des quartiers qui, la crise économique aidant, se sont transformés en ghettos où le chômage, la misère, le désœuvrement, la délinquance, les trafics, le racisme ont trouvé un terrain favorable à leur développement ; terrain favorable aussi pour les prêcheurs d’un islam rigoureux, notamment les imams venus de l’étranger, qui, ne parlant pas les langues du pays, haranguent et fanatisent leurs fidèles en arabe, échappant ainsi au contrôle que les autorités belges auraient pu exercer sur le contenu de leurs prêches.

                    Une société socialement injuste, une école dépassée par les événements, l’une et l’autre pas prêtes à faire face avec à-propos et efficacité à une évolution qui remet en cause leurs bases, leurs buts et leurs méthodes traditionnelles, ont également contribué à augmenter la fracture sociale et culturelle entre gens de souche et nouveaux arrivants ainsi qu’au développement d’un sentiment de frustration et d’injustice chez ces derniers.

                    Enfin, la déstructuration de la famille, le rejet de l’autorité sous toutes ses formes, la disparition du respect dans tous les pans de la société, l’inefficacité des politiques de prévention et de répression... ont également contribué à « fabriquer » au sein même de notre pays des jeunes, fragilisés et sans espoir, prêts à se laisser séduire et à s’enflammer par des discours politico-religieux qui leur donnent la valorisation et un sens à leur vie, que notre société belge ne leur donne pas ; des discours où l’objectif est double : se venger des agressions dont sont victimes les musulmans de la part d’un monde occidental perverti ; instaurer par la force et le terrorisme des régimes où un Islam pur et dur fera la loi.

    Les solutions

                    N’étant ni politicien, ni sociologue, ni spécialiste des religions, je ne peux que donner l’avis d’un simple citoyen et des éléments de réponse généraux, sans connaître vraiment les possibilités et/ou les difficultés à les mettre en pratique. Voici donc quelques pistes éventuelles.

                    La réponse immédiate doit certainement rassurer la population, la protéger au maximum des actions suicidaires et aveugles des fous de Dieu et de mettre hors d’état de nuire ces dangereux illuminés et ceux qui les ont menés sur les voies du fanatisme et du terrorisme.

                    A plus long terme, se basant sur la  prévention, la réponse demandera de la patience et se construira au jour le jour. Elle devra se baser sur des politiques permettant à l’éducation, tant familiale que scolaire, de mettre en valeur l’exigence personnelle et le respect des autres, de ses idées, de sa liberté d’expression responsable ; des politiques faisant découvrir aux jeunes les différentes philosophies et religions ainsi que celles et ceux qui les mettent en pratique ; des politiques permettant à chacun de trouver sa place dans la société par des formations efficaces débouchant sur des emplois valorisants et durables.

                    Enfin, éviter que celles et ceux qui, malgré ces politiques, restent en marge de la société ne puissent devenir les proies faciles de semeurs d’islam intégristes, notamment en prison et sur les réseaux sociaux. En une phrase, notre avenir dans la paix, la sérénité, la sécurité, passe par l’amélioration constante d’un mieux vivre ensemble, au-delà des différences qui sont, quoi qu’on puisse en dire actuellement, une richesse culturelle inestimable, indispensable et irremplaçable pour notre société occidentale en déclin.

    Source & textes de > Bruno Heureux. Photo > SudInfo

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