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  • MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > ... « STAGIAIRES »

    Stagiaires

                    Le hasard m’a fait rencontrer, au cours de ces dernières semaines, des étudiant(e)s stagiaires en pharmacie, médecine, soins infirmiers, ergothérapie, enseignement. Leur regard unanime porté sur leurs stages et les établissements qui les ont accueillis est interpelant.

                    D’un côté, tous estiment que ces périodes de formation à leurs futurs métiers sont indispensables ; elles leur permettent, notamment, de voir si leurs choix sont judicieux ou, au contraire, s’ils ont été faussés par une vision idyllique et erronée loin de la réalité. Et de louer les membres du personnel qui, chargés de les encadrer, leur donnent l’occasion de mettre en pratique gestes, comportements, théories apprises lors de leurs cours théoriques ; ces étudiants estiment que les conseils et remarques de professionnels chevronnés les aident à se perfectionner.

                    Par contre, tous, sans exception, ont vécu l’expérience douloureuse, voire traumatisante, d’un membre de ce personnel acariâtre, hautain, violent verbalement, n’épargnant rien aux malheureux stagiaires confiés à leur garde, dont ils semblent avoir oublié qu’ils sont en formation et que celle-ci peut induire des erreurs : un personnel qui semble avoir également oublié qu’un jour il est aussi passé par ce stade intermédiaire entre l’école supérieure et la vie professionnelle : reléguer systématiquement les étudiants dans les tâches les moins valorisantes et peu formatrices, remontrances violentes à répétition parce que « tu traînes… », Parce que « j’ai autre chose à faire que de traîner un gros sac derrière moi… » Parce que « tu n’es bon à rien… », Parce que « je me demande comment tu as pu passer en deuxième… » et autres gentillesses du même genre. Des personnes qui considèrent les stagiaires comme du personnel de seconde main, voire de « la crotte, de la m…. ». Il faut souvent une dose de vrai courage pour résister à ce harcèlement - sans manifester sa révolte, car les points obtenus à l’issue du stage dépendent en bonne partie de ce personnel - qui a déjà amené, malheureusement certains élèves plus fragiles à abandonner leurs études.

                    L’accueil, l’écoute, la patience, les conseils judicieux, les remarques faites posément et de façon constructive restent la base de tout responsable de stage d’un jeune en apprentissage.  Certains semblent avoir oublié qu’une part de leur mission est pédagogique.

    Source & texte Bruno Heureux > illustration > Sudinfo © Reporters

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > 3 ARTICLES

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                    Permettez-moi, cher ami lecteur, d’être (trop ?) sérieux dans les lignes qui suivent. Cela ne m’arrive pas souvent, alors profitez de ce moment de grâce !!!

    Réfléchir

                    Plus de 50 ans après mes études secondaires, j’ai toujours en mémoire les exhortations, encouragements et conseils de certains de mes professeurs. Parmi eux, des professeurs de l’époque, bien sûr ; mais aussi d’autres, venus du fin fond de l’histoire, maîtres de cultures antiques abordées dans les cours. Le contenu et les valeurs de ces cultures d’hier ont conservé tout leur intérêt et peuvent encore nous inspirer aujourd’hui.

                    L’un de ces maîtres, Socrate[i], m’a, notamment, laissé en héritage cette  réflexion que je n’ai jamais oubliée : « On ne peut rien enseigner à qui que ce soit, on peut seulement amener les gens à réfléchir... » Cette vérité (à mes yeux) a été le fil conducteur de ma carrière d’enseignant ; les matières pratiques et théoriques que j’enseignais étaient moins des buts à atteindre que des moyens pour développer chez mes élèves un esprit de réflexion au sens très large du terme. Y suis-je parvenu ? Seuls, mes anciens élèves pourraient le dire. Mais ma propre expérience d’étudiant gréco-latiniste le confirme : des matières au programme de mes humanités, je n’ai finalement retenu que peu de choses tangibles, concrètes, immédiatement « utilisables » ; par contre, s’est progressivement construite en moi une façon de réfléchir, de réfléchir au sens, raisons et conséquences des choses, aux événements, problèmes et rencontres de la vie ; une forme de réflexion qui nourrit encore mes choix et décisions d’aujourd’hui, au moment de la parole et de l’action.

                    Ceci ne doit pas pour autant nous faire oublier que les connaissances sont essentielles pour, par après, développer des compétences et, plus tard encore, nourrir la réflexion ; en d’autres mots - dont l’enseignement primaire et secondaire d’aujourd’hui devraient mieux s’inspirer -, sans connaissances en quantités suffisantes et solidement acquises, il est impossible de faire preuve de compétence(s), de résoudre adéquatement un problème quel qu’il soit.  Ce constat, en lui-même, mérite une réflexion approfondie.

                    Cela n’empêche que la compétence, elle aussi, reste surtout du domaine de la connaissance ; au-delà de celle-ci, grâce à elle, le jeune doit saisir l’occasion de développer une tournure d’esprit et de se choisir des valeurs-repères humanistes qui demeurent et résistent à l’usure du temps et aux aléas de la vie. L’une et les autres constituent la vraie richesse d’un homme.

    Libre pensée

                    Bill, le plus jeune de mes fils, a lu mes derniers articles sur la liberté d’expression, l’autocensure et le libre arbitre ; il a également découvert ma chanson : « Oser l’utopie ». Après lecture et écoute, il m’a fait part de sa totale adhésion à mes idées. Mais, surtout, il leur a apporté ses nuances et différents compléments très importants.

                    Bill n’est pas Socrate (la comparaison le ferait éclater de rire, ne serait-ce que d’un point de vue capillaire !) mais sa réflexion, profonde, idéaliste, utopiste à sa façon, révolutionnaire sous certains aspects, mérite qu’on s’y attarde.

    «  ... Sommes-nous encore conscients de tous les paradigmes (directives, modèles,  gabarits, normes...) qui pilotent notre vie, paradigmes culturels, éducationnels, religieux, sociaux ? Quelles chaînes acceptons-nous de mettre à nos pieds, en connaissance de cause ?... La violence n'est pas dans la lutte, elle est dans la soumission. L'absence de soumission, autrement dit, la lutte, est la liberté intérieure ; à l’opposé, la soumission est la dépendance aux choses et aux gens... Il faut se libérer à l'intérieur pour aborder l'Homme sans danger... et donc sans soumission. C'est probablement ce qu'ont compris, au sens le plus profond et le plus philosophique du terme, des gens tels que Gandhi ou Mandela... »

                    En peu de phrases, Bill pose quelques-unes des questions essentielles de la vie : de leurs réponses, dépendent la qualité de notre existence et son utilité, tant personnelle que sociale. L’opposition manifeste entre les différentes réponses possibles à ces questions est souvent à l’origine de l’absence de dialogue ; d’où, conséquence inéluctable, conflits et guerres, entre individus, états, races, religions, philosophies, systèmes économiques. « Ils ne se parlent plus ! Normal, l’un rampe dans la boue, l’autre vole dans les airs ! » Disait, en substance, Félix Leclerc... L’un se soumet, humilié, et rampe ; l’autre lutte, digne, et vole ! Ver de terre ou goéland ? Tout individu a le choix ; de sa réponse dépendront le sens et la qualité de sa vie privée, professionnelle et sociale.

                    D’un point de vue plus personnel, celui de mon « art », je constate que Bill va encore plus au fond des choses que mes propres écrits et chansons sur le sujet ; au passage et en contraste, la profondeur de sa réflexion met en relief – même si j’en suis conscient depuis longtemps – les limites de mes petites créations de simple artisan. En effet, aller aussi loin que la réflexion de Bill n’est pas possible dans une chanson, même à « message » : sa durée restreinte et son texte, qui doit être compréhensible immédiatement par un public « tout venant », ne lui en donnent pas l’occasion. Pourtant, le contenu voilé d’une image poétique, d’une allusion effleurée, peut – c’est à espérer – survivre et éclore après l’écoute sous la forme d’une réflexion plus approfondie…  Mais cette espérance ne doit pas faire oublier à tous les artistes, petits et grands, connus et inconnus, que leur art doit s’ancrer dans la modestie et l’humilité.

    Socrate

                    Avant de terminer, je ne résiste pas à la tentation de vous livrer deux autres pensées de Socrate, que j’apprécie tout particulièrement.

                    La première ! Lorsque certains de mes professeurs et différents parents de mes élèves se plaignaient de la jeunesse d’aujourd’hui, je feignais abonder dans leur sens en citant une phrase de Socrate, tout en leur laissant croire que j’en étais l’auteur : « Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l’autorité et n’ont aucun respect pour l’âge. À notre époque, les enfants sont des tyrans. » Très souvent, parents et enseignants approuvaient et surenchérissaient. Quelle n’était pas alors leur stupéfaction lorsque je leur apprenais que ce constat impitoyable était de Socrate et datait de 2.500 ans ! Les jeunes d’aujourd’hui ne sont ni meilleurs ni plus mauvais que ceux du temps de Socrate ; seul a changé le monde que nous leur avons donné comme cadre de vie et de développement ; cela aussi devrait nourrir notre réflexion.

    La seconde !

    Celui qui sait qu'il ne sait pas, éduque-le.

    Celui qui sait qu'il sait, écoute-le.

    Celui qui ne sait pas qu'il sait, éveille-le.

    Celui qui ne sait pas qu'il ne sait pas, fuis-le. »

                    Alors, selon votre humeur, votre opinion au terme de vos réflexions sur mes propos de ce jour, éduquez-moi, écoutez-moi, éveillez-moi ou fuyez-moi ! A vous de choisir !

    Source & Texte de > Bruno Heureux.



    [i] Philosophe grec du Vèmesiècle avant JC.

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > 3 ARTICLES

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    Rectification

                    Rappelez-vous, en novembre dernier, dans un de mes articles, je stigmatisais la situation « pas drôle du tout » vécue par un couple qui venait d’acheter une maison dans notre région. L’administration communale de l’endroit lui avait fait savoir que sa nouvelle habitation n’était pas raccordée aux égouts - et qu’il devait installer un système d’épuration de ses eaux usées - alors qu’un document remis par le service des travaux de cette même commune certifiait le contraire !!! Je plaidais alors pour une administration rendant des services plus professionnels et plus respectueux des habitants, notamment les nouveaux.

                    En découvrant cette info, le responsable du service incriminé, qui a le bon (?!) goût de lire ma modeste littérature, a reconnu le cas évoqué et a réagi vertement ; il se sentait visé par des propos  « diffamatoires » mettant en cause sa réputation jamais ternie tout au long d’une longue carrière au service de la commune et de ses habitants. De mon côté, les documents et informations sûres en ma possession justifiaient mes écrits sans aucune équivoque.

                    A ma demande, ce responsable et moi nous sommes rencontrés. Lors de notre réunion, il est rapidement apparu que le document indiquant que la maison en question était raccordée portait à confusion. En effet, le terme « raccordé » repris sur ce document signifie « sujet à la taxe communale annuelle sur l’entretien des égouts ». Concrètement, dès qu’un particulier a la possibilité de raccorder le tuyau d’égouttage de sa propriété au réseau communal des égouts, qu’il le fasse ou pas, son habitation est répertoriée « raccordée ». Comment le savoir sans aucune explication sur le document visé ?

                    Conscients que notre divergence de vue était tout simplement liée à ce quiproquo, le responsable des travaux et moi, en personnes raisonnables, nous sommes quittés en bons termes : lui mettant sur le coup de la colère, bien compréhensible, sa réaction vigoureuse ; moi, estimant qu’il était de bon aloi de rectifier dans la presse mon information à la lumière de notre entretien constructif. Alors, en résumé : oui, ce monsieur a très bien fait son travail ; non, sa réputation ne peut donc être abîmée par mes écrits antérieurs ; oui, je regrette que ceux-ci aient été viciés par un document administratif utilisant le terme «raccordé » dans un sens  inadéquat et donc incompréhensible pour le non-initié !

                    Personnellement, j’ai toujours à coeur d’informer correctement les lecteurs, me permettant, parfois, «d’asticoter » les auteurs de faits ou de propos inadmissibles dont les citoyens ordinaires sont les victimes ; car comme le disait Félix Leclerc : « Un poète qui ne dérange pas ne sert à rien ». C’est aussi vrai pour un journaliste ! Mais, par contre, je supporte mal de blesser quelqu’un, même, involontairement, car, en citant de nouveau le poète-chansonnier québécois, « La peine de ma vie est d'en avoir fait. » C’était le cas ici et je répare.

    Entretien

                    D’abord, « entretien » est le mot français traduisant parfaitement le terme anglais « interview » ; alors, pourquoi aller chercher ailleurs ce que nous avons d’excellent dans notre belle langue ?

                    Ensuite, je suis régulièrement mal à l’aise à la vue et à l’écoute des entretiens que les journalistes politiques de la RTBF ont avec leurs invités politiques. En effet, j’éprouve souvent le sentiment que leur première intention est moins de faire mieux connaître aux téléspectateurs le point de vue de leur invité du jour, son programme politique, ses réactions devant l’actualité, que de le piéger, de lui faire dire du mal de collègues, d’autres partis, de négliger le fond au profit d’un éventuel détail croustillant. Interrompre systématiquement l’invité, l’empêcher de répondre complètement à une question, tirer de ses propos des conclusions hâtives, erronées, voire désobligeantes, ou les interpréter avec une certaine mauvaise foi certaine, sont des pratiques malsaines, injustifiées, visant plus la recherche du sensationnel que l’information et indignes d’une vraie investigation.

                    Cela m’a particulièrement frappé lorsque, peu après la formation du gouvernement actuel, ils ont, à diverses reprises et avec insistance, tenté de faire dire à Jean-Marc Nollet que le nouveau ministre du budget, Hervé Jamar, était incompétent ; l’ex-ministre Ecolo a eu le bon goût de ne pas tomber dans le piège. Je dis « le bon goût » non pour défendre un ministre parce qu’il est issu de ma région mais parce que l’attaque sournoise était imméritée ; en effet, il est plus difficile, après seulement quelques jours de fonction, de maîtriser toutes les données d’un ministère où la matière - les chiffres - ne permet pas de noyer le poisson par d’évasives diversions « littéraires », pour ne pas dire par du « blabla », comme cela peut-être possible dans des domaines aux frontières moins précises, comme les affaires étrangères, la coopération au développement, la poste, la Mer du Nord, la politique scientifique... L’honnêteté intellectuelle et morale doit nous dicter de ne pas juger les ministres lors de leur entrée en fonction sur des premières vagues impressions  mais sur des résultats au terme de leur gestion de leur ministère.

    Compétences

                    La désignation des ministres et de leurs départements est liée à divers facteurs parfois inconciliables : l’importance du groupe à la chambre, l’appartenance linguistique, l’attribution de certaines hautes fonctions en Belgique, en Europe et/ou dans les sphères internationales, les exigences de certains chefs de parti, les tendances internes et régionalistes au sein de chaque parti associé au gouvernement... Si bien que l’absence d’une vraie cohérence et d’une nécessaire concordance entre les compétences personnelles des nouveaux ministres et celles exigées pour gérer le ministère qui leur est imposé n’est pas rare ; ce qui peut faire d’un poste ministériel un cadeau empoisonné pour celui qui en hérite.

                    Enfin, cette désignation est confrontée à l’empirique mais très connu « Seuil de Peters », régulièrement appelé « seuil d’incompétence ». Dans tous les domaines de la société, un individu excellent dans sa fonction peut être choisi pour exercer une fonction supérieure avec des responsabilités accrues ; mais il peut s’y révéler incapable de faire face aux nouvelles missions qui lui sont confiées parce que, tout simplement, il a dépassé les limites de ses compétences et parce que les auteurs du choix ont surestimé ses capacités d’adaptation. Un bon professeur ne devient pas nécessairement un bon directeur, un excellent ouvrier peut se révéler un mauvais chef d’atelier, un bon syndicaliste de base peut être un piètre secrétaire général, un excellent joueur peut se muer en mauvais entraîneur... De même, en politique, un homme populaire peut-il toujours faire un bon conseiller communal, celui-ci un bon échevin, ce dernier un bon bourgmestre ? Cela ne va pas de soi et peut causer des déceptions. Ou encore, à un autre niveau, un excellent bourgmestre deviendra-t-il, au cas échéant, un bon député, celui-ci un bon ministre, ce dernier un bon premier ministre ? Ce peut être le cas mais il arrive, plus souvent qu’on le croit, que le résultat espéré soit loin d’être obtenu.

                    Ces questions se posent dans tous les cas de promotion, surtout si le choix est interféré par des considérations partisanes et/ou subjectives ; pas seulement en politique mais aussi partout ailleurs quand favoritisme, népotisme et copinage remplacent des critères objectifs d’une sélection de qualité au détriment de l’intérêt collectif de la société concernée.

    Source & Texte > Bruno Heureux.

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX …. L’UNION FAIT LA FORCE !

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    Moi d’abord !

    Trop souvent, notre époque et une partie de ceux qui l’habitent font preuve d’un égoïsme d’autant plus grand que la crise socioéconomique actuelle perdure.

    Egoïsme des nantis par rapport aux plus démunis, des pays riches face à la pauvreté des nations les plus pauvres de la planète, du Nord par rapport au Sud, des multinationales par rapport territoires d’ethnies « non civilisées »... Egoïsme aussi au sein d’une même famille, d’une même région, d’un même pays, d’un même continent, qui divise les gens, les peuples, les races et les dresse les uns contre les autres.

    L’union fait la force !

    Et pourtant, comme le rappelle notre devise nationale, elle aussi trop souvent oubliée, « L’union fait la force ».

    Devise dont l’esprit et même la formulation sont reprises dans la devise de nombreux pays sur tous les continents. Le « Unus pro omnibus et omnes pro uno » des Latins, traduit mot à mot en notre « Un pour tous, tous pour un », est une autre façon d’exprimer l’indispensable cohésion d’un groupe, d’une société, de notre continent, de notre planète entière, pour obtenir des buts communs, notamment et surtout celui d’un mieux vivre ensemble basé sur la solidarité, le respect et le partage... Ce constat et les réflexions qu’il m’a inspirées ont été le terreau de ma dernière chanson.

    « Un pour tous, tous pour un. »

    On n’est pas venu sur la terre

    Vivre son temps en solitaire ;

    Mais, pareils à des pèlerins,

    On marche ensemble sur le chemin...

    Un pour tous,

    Tous pour un.

     

    Pour affronter les océans

    Quand le vent se fait violent,

    Il souque dur, tout l’équipage,

    Pour éviter le chavirage...

    Un pour tous,

    Tous pour un.

     

    Au coeur d’un éternel hiver,

    La cordée qui s’avance vers

    Les sommets de l’Himalaya

    A besoin de tous ses sherpas...

    Un pour tous,

    Tous pour un.

     

    Pour chanter, rire et faire la fête,

    Dans la victoire et la défaite,

    Dans un cul-de-sac, face à l’obstacle,

    Serrer les coudes faits des miracles...

    Un pour tous,

    Tous pour un.

                    Cette modeste chanson ne va pas changer la face du monde, le cours de notre siècle, l’histoire de la chanson ; mais peut-être que, semée dans les oreilles de celles et ceux qui l’entendront, germera-t-elle dans leur coeur et imprègnera de solidarité leur façon de vivre au sein de leur voisinage et au fil de leurs rencontres.

    On peut rêver, car il n’y a, heureusement, pas que des égoïstes sur notre planète !

    Source & texte de > Bruno Heureux. > Photos 2 > Wikipedia

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX …. RETOUR…& …SOUVENIRS

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    Revenu sur mes terres au terme d’une belle tournée de spectacles au Québec, je reprends contact avec vous, chers amis lecteurs, pour vous livrer quelques impressions au terme d’un long et inoubliable voyage.

    Retrouvailles d’amis, publics accueillants et chaleureux, organisateurs aux petits soins, personnalités culturelles et politiques conquises, nourriture locale appréciée... m’ont fait oublier les 7h30 de vol à l’aller et les 6h45 au retour (différence due aux vents d’ouest favorables) ainsi que les 1500 km de déplacements entre les différentes étapes de mon séjour. Evoquons donc ensemble quelques moments forts choisis parmi tous mes souvenirs.

    Mon ami Pierre

    Je craignais ne plus le revoir vivant, il est en phase terminale d’un cancer. J’ai encore pu le serrer dans mes bras comme c’est la coutume au Québec, avec précaution car il a perdu plus de 55 kg ; lorsqu’il est moins bien, le moindre effort et la moindre émotion l’épuisent. Mais sa lucidité et son courage face à la maladie, remarquables et respectables, le maintiennent debout avec dignité ; l’attention amoureuse de tout instant de sa Denise l’y aide beaucoup également. Un beau couple, un bel amour qui cheminent vers la fin proche de leur histoire commune. Dans ces circonstances (peut-être à cause d’elles), j’ai pourtant vécu, en leur compagnie, quelques jours d’amitié vraie et de partages intenses.

    Spectacle au 3ème âge               

    Comme j’en ai l’habitude lors de mes tournées, je consacre un spectacle soit à des malades dans des hôpitaux soit, comme cette année, à des personnes âgées placées en maison d’accueil. Quel bonheur de faire naître le sourire sur ces visages marqués par les ans et la vie, de voir ces personnes réagir à mes jeux de mots et histoires, claquer des mains lorsque le rythme s’accélère, se lever et applaudir à tout rompre lorsqu’une chanson les interpelle particulièrement. Quelle émotion aussi, lorsqu’au terme de ma prestation, une dame d’un âge certain me demande de ne pas partir avant qu’elle ait eu le temps d’aller me chercher un souvenir... un petit castor en peluche pour ma petite-fille de 6 ans évoquée dans le spectacle. Cadeau touchant de spontanéité, de tendresse, de reconnaissance pour les bons moments partagés lors du spectacle ! D’où le tenait-elle ? Comment avait-elle pu le choisir et le préparer avec autant d’à propos ? … Mystère !

    Oné Onti, le Huron

    Des personnes âgées placées dans des « homes », voilà un sujet récurrent abordé avec véhémence par Oné Onti, ancien chef respecté des Indiens Hurons-Wendat, lors d’une rencontre très enrichissante. Il stigmatise notre conception européenne et anglo-saxonne de la « société en carré » où nous parquons dans un coin les personnes qui nous dérangent, notamment nos « p’tits vieux ». La « société en cercle » indienne, elle, ne connaît pas les coins ; si bien que les anciens y sont intégrés, écoutés, respectés et pris en charge par la famille ou la tribu jusqu’à la fin de leur vie... Il y a certainement des nuances à apporter à cette vision des choses sans doute trop idyllique ; pourtant, la remarque du sage indien mérite notre réflexion sur certains comportements devenus normaux chez nous mais qui peuvent choquer ceux pour qui, selon Oné Onti, « la gratitude à l’égard des anciens est un devoir sacré, une vertu fondamentale d’une civilisation digne de ce nom. »

    Western québécois

     Une soirée très « western » dans la forme reste un souvenir pittoresque. Les parents de l’organisateur habitent une ferme perdue en pleine campagne ; parmi les bâtiments, une énorme grange à l’architecture québécoise traditionnelle ; bottes de paille et bancs y ont été installés en guise de sièges ; si la scène est la plateforme d’un charriot en bois aménagé pour la circonstance, la sonorisation est excellente et bien d’aujourd’hui. Alors que le spectacle est prévu à 21h00, quelques minutes avant son début, plus de 100 voitures et pick up convergent vers la grange ; en débarquent des couples, en robes longues pour les dames, en chemises à carreaux et chapeau western pour la plupart des hommes. Chacun apportant son bac de bière locale, l’ambiance monte vite. Mais finalement, après un début un peu plus difficile que d’habitude, le spectacle se poursuit dans le respect de l’artiste, les chansons, histoires et jokes (blagues en québécois) étant saluées de cris et sifflements enthousiastes, avec une ovation finale très, très bruyante. Puis, la fête s’est poursuivie jusque tard dans la nuit... Ce spectacle « western » à la québécoise constitue une nouvelle, originale et belle expérience après 50 ans de carrière !!!

    Adieu !

    Enfin, le souvenir embué de larmes et d’une profonde émotion : il évoque à nouveau mon ami Pierre et spécialement le moment de la séparation sur le quai du départ, lorsque l’au-revoir a des accents d’adieu, lorsque les mots devenus inutiles n’ont plus leur place, hannut,blog,jcd,bruno,heureux,mots coeur,mots tus,québeclorsque les sourires qui se voudraient rayonnants ont la pâleur de soleils fades. C’est dur de quitter un ami qui s’en va là-bas d’où on ne revient pas... Difficile de s’appeler « heureux » en de tels moments.

    Source & Texte Bruno  HEUREUX > Photo > http://www.bonjourquebec.com/

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX « LE VOYAGEUR (SUITE) »

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    Rappeler vous > article précédent >  ICI

    Un petit homme sur une longue route.

                Les grands axes routiers gravent leur bitume dans la Pampa et en Patagonie ; sur  des kilomètres,  rectilignes et tracés au cordeau sous un soleil éclatant, ils découpent l'horizon en tranches verticales et se perdent dans un halo de chaleur. Les collines précèdent et suivent les vallées, à l'infini.

                Si, sur une photo, le spectacle pourrait paraître monotone, il n'en est rien en réalité car il y a toujours une petite chose ou un évènement qui attire l'attention. Un vol de vautours au-dessus d'un cadavre de mouton, un cheval en liberté, un lapin traversant la route, un étang naturel où nagent des canards et où paradent des flamands roses, un bouquet d'arbres isolé .... Ou un point au lointain progressant dans les vibrations de lumière et de chaleur.

                En approchant je me rends compte qu'il s'agit d'un cycliste, seul au milieu de nulle part, pédalant avec ardeur et détermination. Le dépassant, j'aperçois un petit drapeau flottant sur son barda. Je décide alors de m'arrêter le long de la route et il me rejoint bientôt. Il me gratifie d'emblée d'un grand sourire et un « Hi!, I'm Paul, what's your name ? » Sous la casquette délavée, le visage est volontaire et le nez est tout pelé. En lui demandant d'où il venait, il se retourne et me dit : « De là ! »; lorsque je lui demande où il va, il me répond : « Droit devant ! » Paul est incroyable, en riant il me raconte qu'il est parti il a y 15 ans et qu'il n'est toujours pas décidé à rentrer chez lui. IL parcourt le monde avec son petit vélo et travaille quand il a besoin d'argent.

                Il accepte avec plaisir une bouteille d'eau fraîche et enjambe sa petite reine pour aller, comme il dit : « Droit devant! »

    Image > http://www.australie

    Martina

     

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                J'ai aussi rencontré Martina.

    Je ne vous raconterai pas comment j'ai rencontré Martina, ça n'a pas d'importance.

    Ce qui l'est, c'est de l'avoir rencontrée !

                Martina à bientôt sept ans mais n'en parait que quatre. Elle est ce qu'on appelle ici « dawn ». Ce qui se traduit en français par « trisomique ». En plus, elle souffre aussi d'autisme.

                Je ne sais pourquoi, mais c'est un privilège, j'ai été adopté par Martina

    Elle est fascinante tant son petit univers est surprenant et isolé de presque tous. Ses petites mains sont molles comme si c'était du cartilage; elle regarde toujours le sol quand elle marche car son équilibre est instable, mais quand elle est assise sur un rocher et qu'elle regarde l'océan elle lève les bras, rit et semble s'envoler avec les mouettes et les pélicans.

                Je crois que Martina est heureuse, j'en suis même sûr, mais dans son monde à elle, qu'elle ne partage avec personne.

    Image > http://www.wikipaintings.org

    Le Voyageur > Source & texte > Bruno Heureux

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  • MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > ARTICLE

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    JE LIS DANS MA COMMUNE 2014

    Ça bouge à la bibliothèque communale de Hannut ! « Lectures en mouvement »

    Du 23 avril au 10 mai, pour tous

    Il était des histoires, le samedi 26 avril à 10h30, 11h et 11h30.

    Venez mettre vos pas dans ceux de Karine Moers et de Laurence Leton, conteuses.  Elles vous donnent rendez-vous aux « Arrêts à histoires ».

    Séances pour enfants à partir de 4 ans et séances pour ados/adultes.

    « Le tour du monde des histoires », le mercredi 30 avril à 15h00

    Laurence Leton vous invite partir en voyage au gré des histoires d’ici et d’ailleurs.

    Pour enfants de 4 à 7 ans.

    Jeux en mouvement,Le samedi 26 avril dès 9h30

    Balade ludique : animation et tables de jeux par la Ludothèque 1000 Bornes

    5 minutes pour un coup de coeur

    Venez copier la 5ième phrase de la 56ième page de votre/vos livre(s) coup de cœur.  Les phrases mises bout à bout formeront une œuvre collective originale.

    De nombreux chèques livres à gagner !

    Exposition « mots en mouvement dans l’art d’aujourd’hui» 

    Des artistes contemporains ont été invités par le Centre culturel à créer des œuvres sur la thématique des « mots en mouvement ».

    Vernissage de l’exposition le samedi 26 avril à 11 heures.

    Bibliothèque communale de Hannut, rue de Landen, 43 ; renseignements : 019/512316

    Heures d’ouverture : Lu et Sa 9-13h, Me 9-18h, Je et Ve 13h30-18h

    Ça bouge aussi dans toutes les bibliothèques du Réseau public de Lecture de la Région hannutoise 

    Au centre documentaire Sainte-Croix (rue de Crehen, 1 à Hannut), du 25 avril au 30 mai :

    5 minutes pour un coup de cœur

    « Art dans la ville » : une exposition regroupant des œuvres issues d’ateliers graphiques et d’écriture sur le thème de la ville auxquels ont participé des élèves de 10-11 ans. Ces œuvres représentent des villes imaginaires, des villes rêvées ou encore des futurs insolites au travers des réalisations collectives où les mots et l’art s’entrecroisent.

    A la Bibliothèque communale de Lincent (rue de Grand-Hallet, 2 à Lincent):

    Le mercredi 23 avril à 15h : Il était une histoire : « Le tour du monde des histoires »

    A 15h pour les enfants de 8 à 12 ans ; à 15h30 pour les enfants de 2,5 ans à 7 ans

    Les parents sont les bienvenus.

    5 minutes pour un coup de cœur, lesvendredis 25 avril et 9 mai de 14h à 18h.

    A la Bibliothèque de Racour (rue de Landen, 31 à Racour) :

    5 minutes pour un coup de cœur, les dimanches 27 avril et 4 mai de 10h15 à 12h15.

    Source & texte > Bruno Heureux

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX (TROIS SUJETS)

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                    Les lecteurs de cette rubrique m’interpellent régulièrement, soit dans la rue soit par courrier électronique, pour me faire part de leurs réactions à mes écrits mais également pour me proposer des sujets qui, selon eux, mériteraient de faire l’objet d’articles.

                    Il ne m’est pas possible de traiter tous les thèmes proposés vu, notamment, le manque de place dans les journaux locaux et de temps dans mon agenda bien chargé de pensionné actif. Mais, aujourd’hui, je livre à vos réflexions des propos qui m’ont été présentés récemment.

    Rallye de Hannut

                    Annulé pour « raisons administratives » en 2012, le Rallye de Hannut a, depuis, retrouvé sa place au calendrier du sport automobile belge. L’édition 2014 pointe déjà son nez à l’horizon, pour le plus grand bonheur des fans de ce type de sport. Il convient de souligner l’opiniâtreté des organisateurs et le dévouement des bénévoles qui, depuis tant d’années, attirent les feux de l’actualité sportive sur la cité hesbignonne.

     hannut,blog,jcd,bruno heureux,mots coeur,mots tus               Pourtant, cette épreuve ne fait pas que des heureux, notamment parmi celles et ceux qui regrettent la pollution sonore et atmosphérique occasionné par une telle manifestation. De plus, les habitants de différents villages sont particulièrement touchés par le rallye, leur habitation étant en bordure de circuit ou, pire encore, à un endroit de freinage suivi immédiatement d’une ré accélération bruyante. C’est le cas précis d’une personne souffrant d’un cancer qui, pour échapper aux nuisances, est obligée, malgré sa santé précaire, de déménager pendant ce weekend.

                    Les points de vue des uns et des autres sont compréhensibles ; alors, si la solution consistait simplement entre un dialogue franc et respectueux des « adversaires où chacun essaierait vraiment de comprendre l’autre en se mettant à sa place et d’en tenir compte ?

    Attaque de personnes âgées

                    L’agression récente de personnes âgées à Ciplet a fait resurgir la problématique de la création de réseaux citoyens pour surveiller les habitations. Plus utilisée en Flandre, cette pratique l’est également en Brabant Wallon dans des communes et/ou des quartiers « aisés ».

    hannut,blog,jcd,bruno heureux,mots coeur,mots tusRéflexion d’un lecteur : « Il serait dommage que, dans des régions rurales comme la nôtre, de devoir recourir à une sorte de milice privée pour pallier l’inefficacité de la police locale dont c’est normalement le rôle d’assurer efficacement la sécurité des citoyens. » Nuançons ce propos : par exemple, le weekend, les effectifs de police sont réduits et centralisés, parfois assez loin de certaines communes, ce qui rend leur surveillance difficile et leur intervention parfois tardive.

                    La vie de quartier où chacun se sent partie prenante et active au sein d’une communauté locale n’est-elle pas sinon la solution du moins un élément de solution au problème posé ; être attentif à ce qui se passe dans le voisinage immédiat, rendre visite chaque jour à des voisins plus âgés ou à la maison un peu à l’écart… peut déjà favoriser la sécurité d’un quartier.

                    Mais cela implique que cette proximité, que ce lieu de partage se cultivent au jour le jour, au fil des années, que les nouveaux arrivants s’intègrent à la vie du village, à ses activités, en respectant les coutumes et usages locaux. Implique également que les natifs de l’endroit se montrent accueillants envers les « étrangers » qui viennent s’installer à proximité de chez eux ! Hélas, ce n’est toujours le cas, avec généralement, responsabilité partagée.

    Permis de bâtir.

                    Un lecteur me fait remarquer que, à Villers-le-Peuplier, au-tout début de la rue Les ruelles, à proximité immédiate de son carrefour avec la chaussée de Huy, les nouvelles hannut,blog,jcd,bruno heureux,mots coeur,mots tusconstructions sont tellement proches de la rue, que le trottoir y est réduit à sa plus simple expression. Les gens sortant de ces nouvelles habitations se retrouvent quasi directement sur la rue, avec le danger réel pour les jeunes enfants qui sortiront de chez eux en courant. Impossible également à une voiturette pour handicapé d’emprunter ce mini-trottoir, dès lors obligée de descendre sur la route pour y circuler, au risque d’être renversée par une automobile prenant le tournant et se retrouvant face à un tel obstacle sur la voie publique.

                    Et dire, comme le signalait mon correspondant, que l’urbanisme se montre parfois « chiant » (sic) pour des « bêtises » comme la couleur d’une corniche ou d’une toiture, alors qu’il autorise le type de constructions visées ci-dessus, sans prendre en considération la sécurité de tous les usagers, notamment piétons et personnes à mobilité réduite !

    Source & Textes > Bruno Heureux.