mots coeur

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > IL Y A DU RECYCLAGE DANS L’AIR.

    Pour les anciens, il y a du recyclage dans l’air.

                    Il y a plus de 16 ans que j’ai terminé ma carrière comme directeur d’école au secondaire à l’Institut Sainte-Begge à Andenne. Mais certains de mes anciens professeurs m’envoient régulièrement de leurs nouvelles, comme  la lettre d’une maman d’élève ; son contenu m’a fait rire aux larmes. Lisez-la et vous comprendrez.

                    Déjà cet été, j’ai adoré les campings qui ne veulent plus qu’on les appelle campings parce que ça suscite instantanément dans l’esprit des gens l’image de Franck Dubosc en moule-boules ou de Roger et Ginette à l’apéro avec casquette Ricard et claquettes Adidas. Donc les professionnels de la branche demandent que l’on dise désormais « hôtellerie en plein air ». …Ha ha, ça change tout !!! J’ai aussi appris que je n’étais pas petite mais « de taille modeste » et qu’un nain était une « personne à verticalité contrariée ». Si, si !

                Mais rendons à César ce qui lui appartient, l’empereur du genre reste le milieu scolaire et ses pédagos à gogo. J’étais déjà tombée de ma chaise pendant une soirée de parents quand la maîtresse a écrit sur le tableau que nos enfants allaient apprendre à manier « l’outil scripteur » au lieu de tenir un crayon.

    Je me suis habituée au fait que les rédactions sont des «productions écrites », les sorties en groupe des « sorties de cohésion » et les élèves en difficulté ou handicapés des « élèves à besoins éducatifs spécifiques ».

                Mais cette année, sans discussion aucune, la palme est attribuée au Conseil supérieur des programmes en France et à sa réforme du collège. Z’êtes prêts ?... Allons-y. Demain l’élève n’apprendra plus à écrire mais à « maîtriser le geste graphomoteur et automatiser progressivement le tracé normé des lettres ». Il n’y aura plus de dictée mais une « vigilance orthographique ». Quand un élève aura un problème on tentera une « remédiation ».

                Mais curieusement le meilleur est pour la gym… Oups pardon !!! pour l’EPS (Education physique et sportive). Attention, on s’accroche : courir c’est « créer de la vitesse », nager en piscine c’est « se déplacer dans un milieu aquatique profond standardisé et traverser l’eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête », et le badminton est une « activité duelle médiée par un volant ». Ah! c’est du sportif, j’avais prévenu !... Les précieuses ridicules de Molière, à côté, c’est de l’urine de jeune félidé (je n’ose pas dire du pipi de chat).

                Alors, les amis, ne perdons pas ce merveilleux sens du burlesque et inventons une nouvelle catégorie : la « personne en cessation d’intelligence » autrement dit, le con. »

    Signé Mme Hickx, mère d’une élève.

     

                    Et mon ex-professeur de corriger. « Ah non, re-pardon… Mme Hickx « génitrice d’une apprenante ». Ben oui, un « outil scriptutaire » c'est un stylo, un « référentiel bondissant » c'est un ballon, et un « bloc mucilagineux à effet soustractif » c'est… une gomme. Je pense que les « zzzzzzzélites » qui ont inventé de telles conneries n’en resteront pas là… avant d’être tous en hôpital psychiatrique… pour « remédiation de cessation d’intelligence »…...

                    Bien vu, cher collègue ! Et ta dernière remarque me remet en mémoire quelques réflexions sur la nouvelle catégorie que cette maman a inventée avec beaucoup d’à propos.

    « Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît. » (Michel Audiard) « Les cons gagnent toujours, ils sont trop. » (François Cavanna) « On dit toujours qu'on ne peut pas être et avoir été. Eh ben, j'en connais un, il a été con et il l'est encore. »(Pierre Doris) « Au championnat du monde de la connerie, il finirait 2ème. Il est trop con pour finir premier. » (Coluche)  « Rien n'est plus voluptueux pour un pas con que d'être pris pour un con par un con. » (Frédéric Dard) « Il y aurait plusieurs façons d'être con, mais le con choisit toujours la pire. » (Frédéric Dard)  « Comme disait mon grand-père tout les ans il y a de plus en plus de cons, mais cette année j'ai l'impression que les cons de l'année prochaine sont déjà là. » (Patrick Timsit) « A quoi reconnaît-on un imbécile de haut vol (attention, tous les mots comptent) ? Au bruit qu’il fait en passant le mur du con !!! » (Bruno Heureux)

                    Les cons en ont pris plein la poire dans les citations précédentes. Alors, pour un peu réparer, ce con-seil : « Ne traitez jamais les gens de cons car les con-serves ou les cons-servent, comme vous voulez !!! » Oui, je sais, c’est con, mais c’est de moi, ce qui explique tout !!! Et puis, ça fait du bien de déconner de temps en temps.

     

    Source & textes de > Bruno Heureux.

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > ... « STAGIAIRES »

    Stagiaires

                    Le hasard m’a fait rencontrer, au cours de ces dernières semaines, des étudiant(e)s stagiaires en pharmacie, médecine, soins infirmiers, ergothérapie, enseignement. Leur regard unanime porté sur leurs stages et les établissements qui les ont accueillis est interpelant.

                    D’un côté, tous estiment que ces périodes de formation à leurs futurs métiers sont indispensables ; elles leur permettent, notamment, de voir si leurs choix sont judicieux ou, au contraire, s’ils ont été faussés par une vision idyllique et erronée loin de la réalité. Et de louer les membres du personnel qui, chargés de les encadrer, leur donnent l’occasion de mettre en pratique gestes, comportements, théories apprises lors de leurs cours théoriques ; ces étudiants estiment que les conseils et remarques de professionnels chevronnés les aident à se perfectionner.

                    Par contre, tous, sans exception, ont vécu l’expérience douloureuse, voire traumatisante, d’un membre de ce personnel acariâtre, hautain, violent verbalement, n’épargnant rien aux malheureux stagiaires confiés à leur garde, dont ils semblent avoir oublié qu’ils sont en formation et que celle-ci peut induire des erreurs : un personnel qui semble avoir également oublié qu’un jour il est aussi passé par ce stade intermédiaire entre l’école supérieure et la vie professionnelle : reléguer systématiquement les étudiants dans les tâches les moins valorisantes et peu formatrices, remontrances violentes à répétition parce que « tu traînes… », Parce que « j’ai autre chose à faire que de traîner un gros sac derrière moi… » Parce que « tu n’es bon à rien… », Parce que « je me demande comment tu as pu passer en deuxième… » et autres gentillesses du même genre. Des personnes qui considèrent les stagiaires comme du personnel de seconde main, voire de « la crotte, de la m…. ». Il faut souvent une dose de vrai courage pour résister à ce harcèlement - sans manifester sa révolte, car les points obtenus à l’issue du stage dépendent en bonne partie de ce personnel - qui a déjà amené, malheureusement certains élèves plus fragiles à abandonner leurs études.

                    L’accueil, l’écoute, la patience, les conseils judicieux, les remarques faites posément et de façon constructive restent la base de tout responsable de stage d’un jeune en apprentissage.  Certains semblent avoir oublié qu’une part de leur mission est pédagogique.

    Source & texte Bruno Heureux > illustration > Sudinfo © Reporters

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > 3 ARTICLES

    2015.02.21.Socrate copie.jpg

                    Permettez-moi, cher ami lecteur, d’être (trop ?) sérieux dans les lignes qui suivent. Cela ne m’arrive pas souvent, alors profitez de ce moment de grâce !!!

    Réfléchir

                    Plus de 50 ans après mes études secondaires, j’ai toujours en mémoire les exhortations, encouragements et conseils de certains de mes professeurs. Parmi eux, des professeurs de l’époque, bien sûr ; mais aussi d’autres, venus du fin fond de l’histoire, maîtres de cultures antiques abordées dans les cours. Le contenu et les valeurs de ces cultures d’hier ont conservé tout leur intérêt et peuvent encore nous inspirer aujourd’hui.

                    L’un de ces maîtres, Socrate[i], m’a, notamment, laissé en héritage cette  réflexion que je n’ai jamais oubliée : « On ne peut rien enseigner à qui que ce soit, on peut seulement amener les gens à réfléchir... » Cette vérité (à mes yeux) a été le fil conducteur de ma carrière d’enseignant ; les matières pratiques et théoriques que j’enseignais étaient moins des buts à atteindre que des moyens pour développer chez mes élèves un esprit de réflexion au sens très large du terme. Y suis-je parvenu ? Seuls, mes anciens élèves pourraient le dire. Mais ma propre expérience d’étudiant gréco-latiniste le confirme : des matières au programme de mes humanités, je n’ai finalement retenu que peu de choses tangibles, concrètes, immédiatement « utilisables » ; par contre, s’est progressivement construite en moi une façon de réfléchir, de réfléchir au sens, raisons et conséquences des choses, aux événements, problèmes et rencontres de la vie ; une forme de réflexion qui nourrit encore mes choix et décisions d’aujourd’hui, au moment de la parole et de l’action.

                    Ceci ne doit pas pour autant nous faire oublier que les connaissances sont essentielles pour, par après, développer des compétences et, plus tard encore, nourrir la réflexion ; en d’autres mots - dont l’enseignement primaire et secondaire d’aujourd’hui devraient mieux s’inspirer -, sans connaissances en quantités suffisantes et solidement acquises, il est impossible de faire preuve de compétence(s), de résoudre adéquatement un problème quel qu’il soit.  Ce constat, en lui-même, mérite une réflexion approfondie.

                    Cela n’empêche que la compétence, elle aussi, reste surtout du domaine de la connaissance ; au-delà de celle-ci, grâce à elle, le jeune doit saisir l’occasion de développer une tournure d’esprit et de se choisir des valeurs-repères humanistes qui demeurent et résistent à l’usure du temps et aux aléas de la vie. L’une et les autres constituent la vraie richesse d’un homme.

    Libre pensée

                    Bill, le plus jeune de mes fils, a lu mes derniers articles sur la liberté d’expression, l’autocensure et le libre arbitre ; il a également découvert ma chanson : « Oser l’utopie ». Après lecture et écoute, il m’a fait part de sa totale adhésion à mes idées. Mais, surtout, il leur a apporté ses nuances et différents compléments très importants.

                    Bill n’est pas Socrate (la comparaison le ferait éclater de rire, ne serait-ce que d’un point de vue capillaire !) mais sa réflexion, profonde, idéaliste, utopiste à sa façon, révolutionnaire sous certains aspects, mérite qu’on s’y attarde.

    «  ... Sommes-nous encore conscients de tous les paradigmes (directives, modèles,  gabarits, normes...) qui pilotent notre vie, paradigmes culturels, éducationnels, religieux, sociaux ? Quelles chaînes acceptons-nous de mettre à nos pieds, en connaissance de cause ?... La violence n'est pas dans la lutte, elle est dans la soumission. L'absence de soumission, autrement dit, la lutte, est la liberté intérieure ; à l’opposé, la soumission est la dépendance aux choses et aux gens... Il faut se libérer à l'intérieur pour aborder l'Homme sans danger... et donc sans soumission. C'est probablement ce qu'ont compris, au sens le plus profond et le plus philosophique du terme, des gens tels que Gandhi ou Mandela... »

                    En peu de phrases, Bill pose quelques-unes des questions essentielles de la vie : de leurs réponses, dépendent la qualité de notre existence et son utilité, tant personnelle que sociale. L’opposition manifeste entre les différentes réponses possibles à ces questions est souvent à l’origine de l’absence de dialogue ; d’où, conséquence inéluctable, conflits et guerres, entre individus, états, races, religions, philosophies, systèmes économiques. « Ils ne se parlent plus ! Normal, l’un rampe dans la boue, l’autre vole dans les airs ! » Disait, en substance, Félix Leclerc... L’un se soumet, humilié, et rampe ; l’autre lutte, digne, et vole ! Ver de terre ou goéland ? Tout individu a le choix ; de sa réponse dépendront le sens et la qualité de sa vie privée, professionnelle et sociale.

                    D’un point de vue plus personnel, celui de mon « art », je constate que Bill va encore plus au fond des choses que mes propres écrits et chansons sur le sujet ; au passage et en contraste, la profondeur de sa réflexion met en relief – même si j’en suis conscient depuis longtemps – les limites de mes petites créations de simple artisan. En effet, aller aussi loin que la réflexion de Bill n’est pas possible dans une chanson, même à « message » : sa durée restreinte et son texte, qui doit être compréhensible immédiatement par un public « tout venant », ne lui en donnent pas l’occasion. Pourtant, le contenu voilé d’une image poétique, d’une allusion effleurée, peut – c’est à espérer – survivre et éclore après l’écoute sous la forme d’une réflexion plus approfondie…  Mais cette espérance ne doit pas faire oublier à tous les artistes, petits et grands, connus et inconnus, que leur art doit s’ancrer dans la modestie et l’humilité.

    Socrate

                    Avant de terminer, je ne résiste pas à la tentation de vous livrer deux autres pensées de Socrate, que j’apprécie tout particulièrement.

                    La première ! Lorsque certains de mes professeurs et différents parents de mes élèves se plaignaient de la jeunesse d’aujourd’hui, je feignais abonder dans leur sens en citant une phrase de Socrate, tout en leur laissant croire que j’en étais l’auteur : « Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l’autorité et n’ont aucun respect pour l’âge. À notre époque, les enfants sont des tyrans. » Très souvent, parents et enseignants approuvaient et surenchérissaient. Quelle n’était pas alors leur stupéfaction lorsque je leur apprenais que ce constat impitoyable était de Socrate et datait de 2.500 ans ! Les jeunes d’aujourd’hui ne sont ni meilleurs ni plus mauvais que ceux du temps de Socrate ; seul a changé le monde que nous leur avons donné comme cadre de vie et de développement ; cela aussi devrait nourrir notre réflexion.

    La seconde !

    Celui qui sait qu'il ne sait pas, éduque-le.

    Celui qui sait qu'il sait, écoute-le.

    Celui qui ne sait pas qu'il sait, éveille-le.

    Celui qui ne sait pas qu'il ne sait pas, fuis-le. »

                    Alors, selon votre humeur, votre opinion au terme de vos réflexions sur mes propos de ce jour, éduquez-moi, écoutez-moi, éveillez-moi ou fuyez-moi ! A vous de choisir !

    Source & Texte de > Bruno Heureux.



    [i] Philosophe grec du Vèmesiècle avant JC.

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > 3 ARTICLES

    Projet1.jpg

    Rectification

                    Rappelez-vous, en novembre dernier, dans un de mes articles, je stigmatisais la situation « pas drôle du tout » vécue par un couple qui venait d’acheter une maison dans notre région. L’administration communale de l’endroit lui avait fait savoir que sa nouvelle habitation n’était pas raccordée aux égouts - et qu’il devait installer un système d’épuration de ses eaux usées - alors qu’un document remis par le service des travaux de cette même commune certifiait le contraire !!! Je plaidais alors pour une administration rendant des services plus professionnels et plus respectueux des habitants, notamment les nouveaux.

                    En découvrant cette info, le responsable du service incriminé, qui a le bon (?!) goût de lire ma modeste littérature, a reconnu le cas évoqué et a réagi vertement ; il se sentait visé par des propos  « diffamatoires » mettant en cause sa réputation jamais ternie tout au long d’une longue carrière au service de la commune et de ses habitants. De mon côté, les documents et informations sûres en ma possession justifiaient mes écrits sans aucune équivoque.

                    A ma demande, ce responsable et moi nous sommes rencontrés. Lors de notre réunion, il est rapidement apparu que le document indiquant que la maison en question était raccordée portait à confusion. En effet, le terme « raccordé » repris sur ce document signifie « sujet à la taxe communale annuelle sur l’entretien des égouts ». Concrètement, dès qu’un particulier a la possibilité de raccorder le tuyau d’égouttage de sa propriété au réseau communal des égouts, qu’il le fasse ou pas, son habitation est répertoriée « raccordée ». Comment le savoir sans aucune explication sur le document visé ?

                    Conscients que notre divergence de vue était tout simplement liée à ce quiproquo, le responsable des travaux et moi, en personnes raisonnables, nous sommes quittés en bons termes : lui mettant sur le coup de la colère, bien compréhensible, sa réaction vigoureuse ; moi, estimant qu’il était de bon aloi de rectifier dans la presse mon information à la lumière de notre entretien constructif. Alors, en résumé : oui, ce monsieur a très bien fait son travail ; non, sa réputation ne peut donc être abîmée par mes écrits antérieurs ; oui, je regrette que ceux-ci aient été viciés par un document administratif utilisant le terme «raccordé » dans un sens  inadéquat et donc incompréhensible pour le non-initié !

                    Personnellement, j’ai toujours à coeur d’informer correctement les lecteurs, me permettant, parfois, «d’asticoter » les auteurs de faits ou de propos inadmissibles dont les citoyens ordinaires sont les victimes ; car comme le disait Félix Leclerc : « Un poète qui ne dérange pas ne sert à rien ». C’est aussi vrai pour un journaliste ! Mais, par contre, je supporte mal de blesser quelqu’un, même, involontairement, car, en citant de nouveau le poète-chansonnier québécois, « La peine de ma vie est d'en avoir fait. » C’était le cas ici et je répare.

    Entretien

                    D’abord, « entretien » est le mot français traduisant parfaitement le terme anglais « interview » ; alors, pourquoi aller chercher ailleurs ce que nous avons d’excellent dans notre belle langue ?

                    Ensuite, je suis régulièrement mal à l’aise à la vue et à l’écoute des entretiens que les journalistes politiques de la RTBF ont avec leurs invités politiques. En effet, j’éprouve souvent le sentiment que leur première intention est moins de faire mieux connaître aux téléspectateurs le point de vue de leur invité du jour, son programme politique, ses réactions devant l’actualité, que de le piéger, de lui faire dire du mal de collègues, d’autres partis, de négliger le fond au profit d’un éventuel détail croustillant. Interrompre systématiquement l’invité, l’empêcher de répondre complètement à une question, tirer de ses propos des conclusions hâtives, erronées, voire désobligeantes, ou les interpréter avec une certaine mauvaise foi certaine, sont des pratiques malsaines, injustifiées, visant plus la recherche du sensationnel que l’information et indignes d’une vraie investigation.

                    Cela m’a particulièrement frappé lorsque, peu après la formation du gouvernement actuel, ils ont, à diverses reprises et avec insistance, tenté de faire dire à Jean-Marc Nollet que le nouveau ministre du budget, Hervé Jamar, était incompétent ; l’ex-ministre Ecolo a eu le bon goût de ne pas tomber dans le piège. Je dis « le bon goût » non pour défendre un ministre parce qu’il est issu de ma région mais parce que l’attaque sournoise était imméritée ; en effet, il est plus difficile, après seulement quelques jours de fonction, de maîtriser toutes les données d’un ministère où la matière - les chiffres - ne permet pas de noyer le poisson par d’évasives diversions « littéraires », pour ne pas dire par du « blabla », comme cela peut-être possible dans des domaines aux frontières moins précises, comme les affaires étrangères, la coopération au développement, la poste, la Mer du Nord, la politique scientifique... L’honnêteté intellectuelle et morale doit nous dicter de ne pas juger les ministres lors de leur entrée en fonction sur des premières vagues impressions  mais sur des résultats au terme de leur gestion de leur ministère.

    Compétences

                    La désignation des ministres et de leurs départements est liée à divers facteurs parfois inconciliables : l’importance du groupe à la chambre, l’appartenance linguistique, l’attribution de certaines hautes fonctions en Belgique, en Europe et/ou dans les sphères internationales, les exigences de certains chefs de parti, les tendances internes et régionalistes au sein de chaque parti associé au gouvernement... Si bien que l’absence d’une vraie cohérence et d’une nécessaire concordance entre les compétences personnelles des nouveaux ministres et celles exigées pour gérer le ministère qui leur est imposé n’est pas rare ; ce qui peut faire d’un poste ministériel un cadeau empoisonné pour celui qui en hérite.

                    Enfin, cette désignation est confrontée à l’empirique mais très connu « Seuil de Peters », régulièrement appelé « seuil d’incompétence ». Dans tous les domaines de la société, un individu excellent dans sa fonction peut être choisi pour exercer une fonction supérieure avec des responsabilités accrues ; mais il peut s’y révéler incapable de faire face aux nouvelles missions qui lui sont confiées parce que, tout simplement, il a dépassé les limites de ses compétences et parce que les auteurs du choix ont surestimé ses capacités d’adaptation. Un bon professeur ne devient pas nécessairement un bon directeur, un excellent ouvrier peut se révéler un mauvais chef d’atelier, un bon syndicaliste de base peut être un piètre secrétaire général, un excellent joueur peut se muer en mauvais entraîneur... De même, en politique, un homme populaire peut-il toujours faire un bon conseiller communal, celui-ci un bon échevin, ce dernier un bon bourgmestre ? Cela ne va pas de soi et peut causer des déceptions. Ou encore, à un autre niveau, un excellent bourgmestre deviendra-t-il, au cas échéant, un bon député, celui-ci un bon ministre, ce dernier un bon premier ministre ? Ce peut être le cas mais il arrive, plus souvent qu’on le croit, que le résultat espéré soit loin d’être obtenu.

                    Ces questions se posent dans tous les cas de promotion, surtout si le choix est interféré par des considérations partisanes et/ou subjectives ; pas seulement en politique mais aussi partout ailleurs quand favoritisme, népotisme et copinage remplacent des critères objectifs d’une sélection de qualité au détriment de l’intérêt collectif de la société concernée.

    Source & Texte > Bruno Heureux.

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX …. L’UNION FAIT LA FORCE !

    Projet1.png

    Moi d’abord !

    Trop souvent, notre époque et une partie de ceux qui l’habitent font preuve d’un égoïsme d’autant plus grand que la crise socioéconomique actuelle perdure.

    Egoïsme des nantis par rapport aux plus démunis, des pays riches face à la pauvreté des nations les plus pauvres de la planète, du Nord par rapport au Sud, des multinationales par rapport territoires d’ethnies « non civilisées »... Egoïsme aussi au sein d’une même famille, d’une même région, d’un même pays, d’un même continent, qui divise les gens, les peuples, les races et les dresse les uns contre les autres.

    L’union fait la force !

    Et pourtant, comme le rappelle notre devise nationale, elle aussi trop souvent oubliée, « L’union fait la force ».

    Devise dont l’esprit et même la formulation sont reprises dans la devise de nombreux pays sur tous les continents. Le « Unus pro omnibus et omnes pro uno » des Latins, traduit mot à mot en notre « Un pour tous, tous pour un », est une autre façon d’exprimer l’indispensable cohésion d’un groupe, d’une société, de notre continent, de notre planète entière, pour obtenir des buts communs, notamment et surtout celui d’un mieux vivre ensemble basé sur la solidarité, le respect et le partage... Ce constat et les réflexions qu’il m’a inspirées ont été le terreau de ma dernière chanson.

    « Un pour tous, tous pour un. »

    On n’est pas venu sur la terre

    Vivre son temps en solitaire ;

    Mais, pareils à des pèlerins,

    On marche ensemble sur le chemin...

    Un pour tous,

    Tous pour un.

     

    Pour affronter les océans

    Quand le vent se fait violent,

    Il souque dur, tout l’équipage,

    Pour éviter le chavirage...

    Un pour tous,

    Tous pour un.

     

    Au coeur d’un éternel hiver,

    La cordée qui s’avance vers

    Les sommets de l’Himalaya

    A besoin de tous ses sherpas...

    Un pour tous,

    Tous pour un.

     

    Pour chanter, rire et faire la fête,

    Dans la victoire et la défaite,

    Dans un cul-de-sac, face à l’obstacle,

    Serrer les coudes faits des miracles...

    Un pour tous,

    Tous pour un.

                    Cette modeste chanson ne va pas changer la face du monde, le cours de notre siècle, l’histoire de la chanson ; mais peut-être que, semée dans les oreilles de celles et ceux qui l’entendront, germera-t-elle dans leur coeur et imprègnera de solidarité leur façon de vivre au sein de leur voisinage et au fil de leurs rencontres.

    On peut rêver, car il n’y a, heureusement, pas que des égoïstes sur notre planète !

    Source & texte de > Bruno Heureux. > Photos 2 > Wikipedia

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX …. RETOUR…& …SOUVENIRS

    photo_splash.jpg

    Revenu sur mes terres au terme d’une belle tournée de spectacles au Québec, je reprends contact avec vous, chers amis lecteurs, pour vous livrer quelques impressions au terme d’un long et inoubliable voyage.

    Retrouvailles d’amis, publics accueillants et chaleureux, organisateurs aux petits soins, personnalités culturelles et politiques conquises, nourriture locale appréciée... m’ont fait oublier les 7h30 de vol à l’aller et les 6h45 au retour (différence due aux vents d’ouest favorables) ainsi que les 1500 km de déplacements entre les différentes étapes de mon séjour. Evoquons donc ensemble quelques moments forts choisis parmi tous mes souvenirs.

    Mon ami Pierre

    Je craignais ne plus le revoir vivant, il est en phase terminale d’un cancer. J’ai encore pu le serrer dans mes bras comme c’est la coutume au Québec, avec précaution car il a perdu plus de 55 kg ; lorsqu’il est moins bien, le moindre effort et la moindre émotion l’épuisent. Mais sa lucidité et son courage face à la maladie, remarquables et respectables, le maintiennent debout avec dignité ; l’attention amoureuse de tout instant de sa Denise l’y aide beaucoup également. Un beau couple, un bel amour qui cheminent vers la fin proche de leur histoire commune. Dans ces circonstances (peut-être à cause d’elles), j’ai pourtant vécu, en leur compagnie, quelques jours d’amitié vraie et de partages intenses.

    Spectacle au 3ème âge               

    Comme j’en ai l’habitude lors de mes tournées, je consacre un spectacle soit à des malades dans des hôpitaux soit, comme cette année, à des personnes âgées placées en maison d’accueil. Quel bonheur de faire naître le sourire sur ces visages marqués par les ans et la vie, de voir ces personnes réagir à mes jeux de mots et histoires, claquer des mains lorsque le rythme s’accélère, se lever et applaudir à tout rompre lorsqu’une chanson les interpelle particulièrement. Quelle émotion aussi, lorsqu’au terme de ma prestation, une dame d’un âge certain me demande de ne pas partir avant qu’elle ait eu le temps d’aller me chercher un souvenir... un petit castor en peluche pour ma petite-fille de 6 ans évoquée dans le spectacle. Cadeau touchant de spontanéité, de tendresse, de reconnaissance pour les bons moments partagés lors du spectacle ! D’où le tenait-elle ? Comment avait-elle pu le choisir et le préparer avec autant d’à propos ? … Mystère !

    Oné Onti, le Huron

    Des personnes âgées placées dans des « homes », voilà un sujet récurrent abordé avec véhémence par Oné Onti, ancien chef respecté des Indiens Hurons-Wendat, lors d’une rencontre très enrichissante. Il stigmatise notre conception européenne et anglo-saxonne de la « société en carré » où nous parquons dans un coin les personnes qui nous dérangent, notamment nos « p’tits vieux ». La « société en cercle » indienne, elle, ne connaît pas les coins ; si bien que les anciens y sont intégrés, écoutés, respectés et pris en charge par la famille ou la tribu jusqu’à la fin de leur vie... Il y a certainement des nuances à apporter à cette vision des choses sans doute trop idyllique ; pourtant, la remarque du sage indien mérite notre réflexion sur certains comportements devenus normaux chez nous mais qui peuvent choquer ceux pour qui, selon Oné Onti, « la gratitude à l’égard des anciens est un devoir sacré, une vertu fondamentale d’une civilisation digne de ce nom. »

    Western québécois

     Une soirée très « western » dans la forme reste un souvenir pittoresque. Les parents de l’organisateur habitent une ferme perdue en pleine campagne ; parmi les bâtiments, une énorme grange à l’architecture québécoise traditionnelle ; bottes de paille et bancs y ont été installés en guise de sièges ; si la scène est la plateforme d’un charriot en bois aménagé pour la circonstance, la sonorisation est excellente et bien d’aujourd’hui. Alors que le spectacle est prévu à 21h00, quelques minutes avant son début, plus de 100 voitures et pick up convergent vers la grange ; en débarquent des couples, en robes longues pour les dames, en chemises à carreaux et chapeau western pour la plupart des hommes. Chacun apportant son bac de bière locale, l’ambiance monte vite. Mais finalement, après un début un peu plus difficile que d’habitude, le spectacle se poursuit dans le respect de l’artiste, les chansons, histoires et jokes (blagues en québécois) étant saluées de cris et sifflements enthousiastes, avec une ovation finale très, très bruyante. Puis, la fête s’est poursuivie jusque tard dans la nuit... Ce spectacle « western » à la québécoise constitue une nouvelle, originale et belle expérience après 50 ans de carrière !!!

    Adieu !

    Enfin, le souvenir embué de larmes et d’une profonde émotion : il évoque à nouveau mon ami Pierre et spécialement le moment de la séparation sur le quai du départ, lorsque l’au-revoir a des accents d’adieu, lorsque les mots devenus inutiles n’ont plus leur place, hannut,blog,jcd,bruno,heureux,mots coeur,mots tus,québeclorsque les sourires qui se voudraient rayonnants ont la pâleur de soleils fades. C’est dur de quitter un ami qui s’en va là-bas d’où on ne revient pas... Difficile de s’appeler « heureux » en de tels moments.

    Source & Texte Bruno  HEUREUX > Photo > http://www.bonjourquebec.com/

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > TROIS ARTICLES

    Projet7.jpg

                    Mon dernier billet évoquait le manque de respect dans notre société actuelle et la réaction du président du MR après son éviction des négociations pour la formation de coalitions, tant à la Région Wallonne qu’à la Région Bruxelloise.

    J’y reviens quelques instants.

    Manque de respect (1)

                    Se lever à 5h00 du matin, rester à jeun en vue d’un examen médical, attendre un « taxi senior » pour se faire conduire au centre hospitalier - monsieur, malade, ne peut plus conduire et madame n’a pas son permis - , stresser de peur d’arriver en retard au rendez-vous de 7h00 au terme d’un déplacement de 40 km dans les embouteillages matinaux... et, finalement, devoir patienter jusqu’à 8h50 dans une « salle d’attente » - en fait, dans couloir muni de chaises inconfortables au coeur d’un brouhaha permanent - , voilà ce qu’a vécu, il y a quelques jours, un couple de personnes âgées dont j’ai partagé l’attente durant de longues minutes avant d’être moi-même reçu avec retard. Le tout, sans un mot d’excuse... Quel manque de respect du « patient », qui, en pareil cas, mérite bien son nom. Imaginons un seul instant la réaction du personnel et du médecin si ces personnes avaient eu, elles, quelques minutes de retard bien involontaire...

    Manque de respect (2)

                    Certains cours de promotion sociale se donnent en journée, destinés à des jeunes à la recherche d’un premier emploi et/ou à des personnes désireuses de changer d’orientation professionnelle et/ou encore à d’autres venues de l’étranger, soucieuses de s’intégrer à la société belge par le travail.

                    Parmi ces dernières, la plupart sont pères et mères de famille. Poursuivre les cours du jour leur demande une organisation rigoureuse et un investissement important, tant il leur faut jongler avec l’horaire scolaire des enfants et le leur, les tâches ménagères (certes semblables à celles de tous les ménages), la prestation des stages au programme de la formation, la rédaction, dans une langue qui n’est pas la leur, des rapports de stage et de fin de formation, l’étude des cours en vue des examens finaux...

                    Or, tout récemment, une telle école a bouleversé, au dernier moment, l’horaire de fin d’année établi de longue date, suite à la maladie d’un professeur. Motif compréhensible direz-vous ! Sans doute ! Mais si la maladie se prolongeait ou si, hypothèse extrême, ce professeur décédait, que ferait l’école ? N’est-ce pas son devoir de prévoir de tels incidents, de ne pas mettre en péril les efforts de deux ans de formation pour des personnes bien méritantes ? En tant qu’ancien directeur d’école, pour avoir connu pareilles circonstances et les avoir prévues, j’en suis convaincu. Quelles que soient les circonstances, le respect des élèves est tout aussi important que celui, normal, des enseignants.

    Victoire électorale

                    Quelques lecteurs m’ont reproché de mettre en doute la victoire du MR lors des dernières élections. En effet, je constatais que ce parti était certes en progrès mais insuffisamment pour revendiquer d’être automatiquement appelé à la table des négociations pour former une coalition.

                    Pour étayer sur mon point de vue, je leur propose deux simples comparaisons. Le vainqueur d’une course est celui qui franchit la ligne d’arrivée en premier ; les autres sont battus même s’ils ont entamé un sprint remarquable dans la dernière ligne droite pour, finalement, échouer à quelque centimètre. Lors d’un match de sport collectif, le vainqueur est celui qui, au terme de la partie, a marqué le plus de buts, même si l’équipe adverse, menée largement au score à la mi-temps, a résorbé la quasi-totalité de son retard pour, en fin de compte, perdre le match par le plus petit écart. BrunoHeureux 036.jpg

    Dans les deux cas, on peut et doit souligner les mérites et la remontée de ces valeureux concurrents... qui n’en restent pas moins des battus ! Désolé pour eux, mais c’est comme ça ! La seule solution pour ces courageux perdants est de se préparer au mieux pour remporter réellement la victoire lors d’une prochaine confrontation.

    Source & Textes de > Bruno Heureux.

    Photos > http://www.ouest-france.fr & http://www.mycommunitymanager.fr

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX « LE VOYAGEUR (SUITE) »

    imagesJORAFZ8T.jpg

    Rappeler vous > article précédent >  ICI

    Un petit homme sur une longue route.

                Les grands axes routiers gravent leur bitume dans la Pampa et en Patagonie ; sur  des kilomètres,  rectilignes et tracés au cordeau sous un soleil éclatant, ils découpent l'horizon en tranches verticales et se perdent dans un halo de chaleur. Les collines précèdent et suivent les vallées, à l'infini.

                Si, sur une photo, le spectacle pourrait paraître monotone, il n'en est rien en réalité car il y a toujours une petite chose ou un évènement qui attire l'attention. Un vol de vautours au-dessus d'un cadavre de mouton, un cheval en liberté, un lapin traversant la route, un étang naturel où nagent des canards et où paradent des flamands roses, un bouquet d'arbres isolé .... Ou un point au lointain progressant dans les vibrations de lumière et de chaleur.

                En approchant je me rends compte qu'il s'agit d'un cycliste, seul au milieu de nulle part, pédalant avec ardeur et détermination. Le dépassant, j'aperçois un petit drapeau flottant sur son barda. Je décide alors de m'arrêter le long de la route et il me rejoint bientôt. Il me gratifie d'emblée d'un grand sourire et un « Hi!, I'm Paul, what's your name ? » Sous la casquette délavée, le visage est volontaire et le nez est tout pelé. En lui demandant d'où il venait, il se retourne et me dit : « De là ! »; lorsque je lui demande où il va, il me répond : « Droit devant ! » Paul est incroyable, en riant il me raconte qu'il est parti il a y 15 ans et qu'il n'est toujours pas décidé à rentrer chez lui. IL parcourt le monde avec son petit vélo et travaille quand il a besoin d'argent.

                Il accepte avec plaisir une bouteille d'eau fraîche et enjambe sa petite reine pour aller, comme il dit : « Droit devant! »

    Image > http://www.australie

    Martina

     

    dawn-1862.jpg

     

                J'ai aussi rencontré Martina.

    Je ne vous raconterai pas comment j'ai rencontré Martina, ça n'a pas d'importance.

    Ce qui l'est, c'est de l'avoir rencontrée !

                Martina à bientôt sept ans mais n'en parait que quatre. Elle est ce qu'on appelle ici « dawn ». Ce qui se traduit en français par « trisomique ». En plus, elle souffre aussi d'autisme.

                Je ne sais pourquoi, mais c'est un privilège, j'ai été adopté par Martina

    Elle est fascinante tant son petit univers est surprenant et isolé de presque tous. Ses petites mains sont molles comme si c'était du cartilage; elle regarde toujours le sol quand elle marche car son équilibre est instable, mais quand elle est assise sur un rocher et qu'elle regarde l'océan elle lève les bras, rit et semble s'envoler avec les mouettes et les pélicans.

                Je crois que Martina est heureuse, j'en suis même sûr, mais dans son monde à elle, qu'elle ne partage avec personne.

    Image > http://www.wikipaintings.org

    Le Voyageur > Source & texte > Bruno Heureux

    BrunoHeureux 036.jpg