les grangres

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    J’aurais pu écire « La fête au village » mais j’ai préféré « La fête DU village » ; nuance importante ! En lisant ce qui suit, vous allez vite comprendre la raison de mon choix.

     Samedi dernier, sous un soleil presque automnal, j’ai passé une superbe après-midi à Abolens, dans l’entité hannutoise ; une petite communauté d’environ 350 habitants, racrapotée autour de ses granges, témoins de la ruralité de l’endroit ; un petit village qui, chaque fin d’été depuis quatre ans, réunit sa famille autour d’un chapiteau et de ses nobles bâtisses anciennes où s’entassent les trésors dorés de moissons parfois généreuses et toujours laborieuses.

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     Le festival « Les Granges », c’est une réunion de famille, la réunion des familles : tels sont l’impression prégnante et le souvenir fort que j’ai conservés après quelques heures partagées avec les festivaliers, organisateurs, bénévoles, artistes et … « étrangers ». Car s’ils souhaitent que la fête reste leur fête, les villageois sont pourtant accueillants à qui fait escale chez eux ; la preuve, c’est que l’on ne m’a pas refoulé à l’entrée !!! Cela, d’autant plus que l’organisation a de la mémoire : en effet, ceci dit sans prétention aucune, j’ai collaboré à la mise sur pied de l’affiche du premier Festival des Granges ; en effet, c’est par mon intermédiaire que les frères Mike et Dan Lemay ont débarqué du Québec dans notre campagne hesbignonne. Ce duo de chanteurs a conservé un tel souvenir de son premier séjour à Abolens qu’il  y est revenu il y a deux ans et cette année encore. L’occasion pour moi de retrouver deux bons copains, conviviaux dans la vie comme ils le sont sur scène.

     Je pourrais vous parler de leur concert sous le chapiteau : ambiance extraordinaire jusque tard dans la nuit pour un public qui s’est laissé entraîné par le dynamisme, l’humour et la simplicité des deux compères ; un public qui a pu également apprécier les talents éclectiques de Mike et Dan, auteurs, compositeurs et musiciens aux palettes instrumentales diverses et chaleureuses. Mais ce constat, tout commentateur de leurs spectacles peut le faire et doit l’écrire. J’ai plutôt envie d’aborder avec vous leur implication dans une autre partie du programme concocté par les organisateurs.

     Ces derniers avaient consacré aux enfants l’après-midi du samedi : Musta Largo et ses contes merveilleux, un magicien, une maquilleuse, de la barbe à papa, des petits tours à cheval et poney et… les frères Lemay. Oui, ces deux artistes, qui se sont déjà produits devant des assemblées de plusieurs milliers de spectateurs, ont accepté, de bon cœur, d’illuminer les yeux de quelques dizaines d’enfants en leur faisant découvrir plusieurs instruments de la panoplie du chanteur populaire québécois : les cuillères (où l’on donne le rythme avec les mains et la cuisse), la planche (où les pieds cadencent la musique), le violon, la flûte à bec, la guitare…Sous une petite tente sans sonorisation, où des bottes de paille accueillaient enfants et parents, les deux frères ont réussi la gageure d’intéresser petits et plus grands avant de les faire chanter tout en donnant la percussion. Un moment de tendresse musicale  pour les enfants qui n’étonne pas lorsqu’on connaît les deux frères, notamment la chanson que Dan a composée pour son p’tit homme de deux ans :

     «  T’es mon nouveau réveille-matin ; c’est toi l’soleil dans mon jardin,

        Les petits oiseaux sur mon terrain, mon grand amour, mon petit calin.

        T’es le courage dont j’ai besoin, c’qu’il m’faut pour m’rendre jusqu’à demain ;

        Prends mon petit doigt dans ta petite main, mon petit bonheur au quotidien.

        T’es le plus petit de mes copains, c’est toi l’plus beau, c’est toi l’plus fin* ;

        C’est toi le plus original, t’es la vedette du festival ;

        T’es le chef-d’œuvre qu’on voulait voir, t’es le héros dans mon histoire ;

        Tu peux pas savoir, p’tit coco, comment je t’aime, c’est bien trop gros. »

    Une superbe chanson d’amour du père pour son rejeton, partagée avec tendresse par le tonton.

                    Merci, chers Dan et Mike, pour vos chansons, votre enthousiasme, votre disponibilité, votre amitié, qui font du bien partout où vous passez ; merci de semer des germes de fêtes simples et familiales au cœur des enfants et des grands.

     Source & Texte > Bruno Heureux.

     * Au Québec, quelqu’un qui est « fin » n’est pas maigre mais gentil, attentionné, délicat.