le voyageur

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX (2 ARTICLES)

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                    Nous sommes rencontrés grâce à un ami commun. Très vite, le courant est passé et des liens se sont tissés. De plus en plus solides au fil de nos rencontres, pourtant pas très nombreuses. Normal, puisque ses pas lui font parcourir le monde, découvrir ailleurs et d’autres gens!

                    Pendant que j’écris, face à la campagne hesbignonne qui m’entoure, il rédige un journal de bord à qui il confie ses chemins et rencontres, un peu comme je le fais dans mes articles, poèmes et chansons. Spontanément, sans retouches, puisqu’il sera quasi le seul à les relire. Car préférant le grand air, les espaces, le vent, la voûte du ciel fiancée à l’horizon, mon nouvel ami n’éprouve pas le besoin de partager ses découvertes et émotions comme je le fais, saltimbanque, sous les spots des boîtes à chansons, cabarets et centres culturels jalonnant mes chemins de traverse.

                    Il y a peu, pourtant, un courant favorable m’a fait parvenir un de ses textes. Waow ! Beau, profond, authentique ! Bien observé, pensé, dit, écrit ! Avec justesse, générosité, humilité ! Si bien que, par la suite, je l’ai souvent interrogé à propos des autres pages de son carnet de route. Alors, il m’a fait un cadeau, une copie de ses écrits de voyage. Leur lecture m’a convaincu, comme l’étaient déjà ses proches, qu’un tel trésor de sensibilité, d’écoute attentive et de regard respectueux méritait d’être partagé par un cercle plus large de lecteurs, vous.

    Le Voyageur

                    Ce ne fut pas aisé de le convaincre car, je le répète, notre homme cultive une réserve de bon aloi, sœur jumelle de l’humilité. Et, finalement, son « imprimatur » fut conditionné à l’anonymat d’un pseudonyme « Le Voyageur », signature au bas des extraits de ses notes.

                    De temps à autre, entre mes rubriques habituelles, je vous ferai découvrir, les coups de cœur pleins d’humanité de notre globe-trotter, devenus un véritable viatique pour le reste de sa transhumance terrestre. Empreintes inoubliables également, j’en suis convaincu, pour les personnes qui l’ont accueilli dans leur vie, l’espace de quelques heures ou quelques jours. De temps à autre et pas régulièrement, pour laisser à chacun le recul pour réfléchir et apprécier les rencontres du Voyageur au cours de ses périples et, également, celle qu’il vous propose au travers de ses récits.

                    Aujourd’hui, le texte évoque une vraie philosophie du voyage… que je partage totalement, ce qui est certainement la source de la complicité amicale qui nous lie, Le Voyageur et moi.

    Bruno Heureux.

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    « Un petit morceau de soi

                    Si un bateau trouve le chemin du port, ce n'est pas uniquement parce que le vent pousse la voile. Il faut aussi choisir une voie. Seulement voilà, partir n'est pas seulement fuir, c'est aussi arriver quelque part !

                    C'est la réflexion que je me faisais, constatant que j'avais déjà parcouru la moitié de mon périple. Je me suis fait à un rythme de progression régulier, tout en sélectionnant des lieux et endroits que je veux hors des chemins battus par le « tourisme ». Alors les églises et les cathédrales, où il faut payer une entrée pour regarder les ors et les décors, les musées où tout est tristement cadenassé et répertorié, les lieux à ne pas manquer où on suit la file, ticket bien visible à la main, on finit par me lasser.

                    C'est le temps et la liberté d'aller où on veut et quand on veut qui procure cette aisance et ce retour sur soi, face au monde neuf qu'on découvre chaque jour. Ce n'est pas un repli, c'est une ouverture. On laisse entrer l'air et le vent qui balayent la poussière des conformismes, des abandons et des manquements que le passé a laissé recouvrir.

                    C'est une redécouverte de soi et la prise de conscience qu'on représente bien peu de choses dans d'autres univers où des hommes et des femmes affrontent leurs propres réalités avec pugnacité, courage, joies et tristesses. Mais les jours s'enchaînent et ne se ressemblent jamais, quelle richesse! Vivre sous un autre ciel que celui qui nous a vu naître, c'est assez banal, mais dépasser un passé un peu figé et aborder un avenir ouvert, ça ce ne l'est pas. C'est comme admettre une surprise qui ne vous vient pas d'ailleurs, mais qui éclot à l'intérieur de soi.

                    Privilégier le naturel au despotisme d'une certaine apparence ... Puisqu'il faut ressembler à quelqu'un, alors autant que ce soit à soi-même. »

    Source texte > Le Voyageur & Bruno Heureux