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  • MOTS CŒUR & MOT TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > L’ISLAM & LE CORAN

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    L'Islam et le Coran

                    Il y a quelques mois, après avoir commencé la lecture du Coran (Voir Archives) je vous faisais part de mes premières impressions : "en gros", de même que le Christianisme, je disais que l'Islam est une "religion d'amour". La suite de ma lecture m'amène à nuancer ce constat général. Et cela, en compagnie d'un des lecteurs de mes rubriques qui, lui aussi, a lu le Coran et m'a fait part de certaines remarques que je vous livre avant d'y apporter, à mon tour, quelques précisions.

                    Ce lecteur me dit dans son courriel qu'il a lu "Le Coran" de D. Masson, paru en 1967. Personnellement, sur les conseils de Gabriel Ringlet et d'amis musulmans, j'ai lu la version de Chouraqui, éditée chez Laffont ; préférée à beaucoup d'autres à l'authenticité mise en doute[i], cette version est d'autant plus intéressante que son auteur a également traduit la Bible ; cela lui permet de souligner, tout au long de son ouvrage, certains points de comparaison très intéressants entre ces deux "livres inspirés", références pour les croyants de ces deux religions. En me conseillant également de lire "Coran, mode d’emploi" de Farid Esack, Gabriel Ringlet m'a m'évité l'écueil qu'aurait été de vouloir lire, traiter et interpréter le Coran comme un livre ordinaire. Or, comme la Bible, ce livre se lit à petites doses entrecoupées de profondes réflexions et de nombreux retours en arrière pour être sûr d'avoir bien compris la signification exacte des mots et le sens précis des phrases dont la forme poétique et allégorique peut dérouter.

                    Au cours de sa lecture du Coran, mon correspondant a noté diverses remarques, contradictions, impossibilités, erreurs... dont je vous livre, en substance, quelques exemples significatifs.

                    "L'Islam, religion d'amour ?" Pour le fidèle, certainement : appel à l'équité, la patience, la mansuétude, l'aide au pauvre, le rachat du captif... Mais aussi : "Tranchez les mains du voleur et de la voleuse". Le prophète souhaite aussi que meure un de ses oncles et le condamne au feu éternel !!! Concernant l'attitude vis-à-vis des étrangers, il constate que certaines étrangères sont des esclaves sexuelles de fidèles.  L'hostilité envers les incrédules est omniprésente, dont le comble est exprimé en ces mots crus : "Juifs et chrétiens, que Dieu les anéantisse !"  Enfin, il a lu que le port du voile par la femme est bien recommandé et que la création s'est effectuée en 6 jours et non 7.

                    Enfin, il constate que le Coran n'est pas aussi intemporel, aussi intangible que certains voudraient le faire croire : en effet, le prophète lui-même a abrogé certains versets révélés à La Mecque au profit d'autres reçus à Médine. C'est ainsi qu'on peut lire : "Dès que nous abrogeons un verset, nous le remplaçons par un autre meilleur ou semblable." Le problème, dit à juste titre mon correspondant, c'est que les spécialistes eux-mêmes hésitent sur la provenance de la révélation... Que faut-il en penser ? Quelle partie faut-il jeter ?

                    Un immense merci à cet interlocuteur pour sa lecture attentive et critique ainsi que pour ses observations que j'ai également eu l'occasion de vérifier lors de mes propres lectures.

    Aujourd'hui, comment lire le Coran ?

                    Il n'est pas inutile, avant d'aller plus loin, de rappeler quelques dates essentielles dans les



    [i]La même multiplicité  de sources se retrouve pour l'Evangile où, à côté des quatre versions reconnues officiellement par l'Eglise catholique, il existe toute une série d'évangiles apocryphes qui n'ont pas résisté à l'analyse fouillée des exégètes depuis 2000 ans.

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  • MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX « LES GRÈVES »

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    Vœux

    A l’approche de l’année nouvelle, permettez-moi de vous présenter mes meilleurs vœux de santé, de BrunoHeureux 036.jpgprospérité, de paix en famille et dans votre cadre de vie. Que 2015 soit pour chacun d’entre vous l’occasion de rencontres qui embellissent la vie et de pardons qui, eux aussi, assurent un mieux vivre dans la sérénité retrouvée.

    Bruno, HEUREUX de vous rencontrer au travers de mes écrits.

    Oser le dire

    Les événements politiques et syndicaux de ces derniers temps ainsi que quelques rencontres fortuites m’inspirent des réflexions qui se concluent toutes par ces trois mots : « Oser le dire » .

    Grève politique

    « La FGTB est le bras armé du PS et les grèves sont politiques ! » fulminent les partis du gouvernement fédéral. Et alors ?  Dans la Grèce antique, la politique est le service de la cité et de ses habitants ; chez nous, aujourd’hui, est-ce toujours pareil ?  En démocratie, certains semblent l’oublier, la politique n’est pas le monopole des partis, des élus, des ministres. Tout un chacun peut faire de la politique, individuellement ou en groupe, sans s’affilier à un parti, et faire entendre sa voix, pas seulement lors des élections mais dans sa vie de tous les jours. Alors, si la population ou une partie de celle-ci estime, après avoir épuisé toutes les autres voies, que la grève est l’ultime moyen pour défendre la qualité de sa vie et notamment celle des petits, des plus faibles, c’est son droit le plus strict voire un devoir. Chaque grève a un sens politique. Normal. Il faut oser le dire !  Normal, à condition que le dialogue social reste le moyen privilégié par tous de résoudre les problèmes entre les autorités, quelles qu’elles soient, et ceux qu’elles « administrent », normalement pour un mieux vivre ensemble ; or, ce n’est pas toujours le cas dans la mesure où le profit personnel, maximal et immédiat remplace trop souvent l’intérêt commun, polluant ainsi la concertation et la rendant très difficile. Il faut oser le dire.

    Grève sauvage

    Si la grève se justifie dans le cas où le dialogue social préalable débouche sur une impasse ou une rupture, en abuser fait perdre toute crédibilité aux travailleurs et à leurs représentants. Or, depuis l’annonce et la mise en oeuvre du plan syndical de grèves et de manifestations, plusieurs corporations ont mené des actions sauvages, notamment certains dépôts des TEC, une  partie des conducteurs de trains...

    Constatons que, une fois de plus, ces mouvements sauvages touchent principalement la Wallonie ; qu’ils ont pour objectifs des intérêts très « personnels », corporatistes pour ne pas dire égoïstes, loin des revendications plus larges des syndicats ; que, par ces actions intempestives, ils finissent par se mettre les usagers à dos. « Y en a marre, trop is te veel ! » disent ces derniers pris en otages; il faut oser le dire.

    Droit au travail

    Le droit de grève fait partie intégrante de la législation du travail ; le droit au travail fait partie intégrante des droits fondamentaux garantis à chacun de ses membres par notre société démocratique. Dans cet esprit, la dérive de certains piquets de grève est regrettable, qui intimident, injurient,  menacent, « bousculent », prennent en otage des gens, qui ne pensent pas comme eux ou qui ne peuvent se permettre de faire grève, et leur interdisent physiquement d’exercer leur droit au travail. En démocratie, face à une opinion différente, à une volonté opposée, plutôt que d’utiliser le chantage et la force, il faut savoir informer, convaincre et, ensuite, laisser à chacun son libre arbitre ; certains piquets devraient s’en inspirer. « Ce qu’on obtiendra par la grève, les non-grévistes en bénéficieront aussi ! » disent les grévistes. A cet argument, pas toujours vérifié, certains répondent : « Je me méfie des gens qui savent mieux que moi ce qui est bon pour moi ! Je ne leur demande rien ! » Il faut oser le dire.

    Mais il n’y a pas que les grévistes qui mettent en péril le droit au travail de tous les citoyens. Les gouvernements successifs, de quelque couleur qu’ils soient, par leur incapacité à mettre en place des politiques créatrices d’emplois, mettent à mal ce droit au travail qui doit assurer à chacun qualité de vie et dignité. Il faut oser le dire.

    Fin de carrière.

    La durée de la vie et donc de la retraite augmentant sans arrêt, il ne sera plus possible d’assurer, dans un futur proche, la pension de retraite de tous les travailleurs au terme de leur carrière, si des mesures adéquates ne sont pas prises dès aujourd’hui. Il faut oser le dire.

    Octroyer une pension décente après la vie professionnelle devrait se faire automatiquement non à un certain âge mais après un nombre défini d’années de travail : tout en tenant compte de la pénibilité différente des diverses professions ; tout en prévoyant des aménagements de fin de carrière appropriés à la santé et aux capacités des plus âgés ; tout en veillant, dans le calcul de la carrière et de la pension, notamment pour les femmes, à valoriser comme travail à temps plein les périodes de travail à temps réduit consacrées à l’éducation de jeunes enfants.

    Cela dit, travailler plus longtemps sera indispensable ; mais rendre cet allongement supportable et motivant devrait être l’unique objectif d’un ministère chargé d’organiser au mieux la (fin de) carrière de celles et ceux qui, il ne faut jamais l’oublier, par leurs impôts et leur travail, rapportent une part importante des recettes de l’état et contribuent aux bénéfices des entreprises. Il faut oser le dire.

    Taxations injustes

    « C’est toujours sur les petits que l’on retombe pour combler les trous créés par une mauvaise gestion de l’Etat. » « L’Etat a payé très cher le renflouement des banques en déconfiture de par leur propre faute. Aujourd’hui, c’est nous qui payons la note... Des milliards pour les banques et rien pour nos emplois ! » Surtout en temps de crise, de telles déclarations, on les entend tous les jours dans tous les lieux publiques. « Raccourcis faciles et amalgames ! » diront certains. Pourtant, peut-on donner tort à celles et ceux qui expriment leurs doléances. En effet, comment justifier, par exemple, qu’après avoir été renflouées par l’Etat, les banques se semblent pas avoir retenu la leçon et agissent comme avant, tout en rendant encore plus difficiles les conditions d’emprunt pour les particuliers et les petites entreprises ? Comment justifier des intérêts notionnels qui ne créent pas d’emplois mais assurent à ceux qui en bénéficient une largesse fiscale écoeurante ? Comment justifier la volonté gouvernementale de ne pas taxer les plus hauts revenus rendant ainsi la société et l’impôt plus inégalitaires, alors qu’on demande à chacun des bas revenus de faire un effort ? Comment justifier les amendes sévères pour certains « petits » délits du commun des mortels alors que des organismes importants et avec pignon sur rue escroquent le fisc sciemment et échappent aux éventuelles poursuites, condamnations et amendes grâce à des procédures interminables qui aboutissent au but recherché, le dépassement du délai de prescription ? Il faut oser le dire.

    D’aucuns n’hésiteront sans doute pas à qualifier mes propos de populistes ; j’assume même s’ils ont tort. Car ces propos sont l’expression de vérités et de réalités où inégalité et injustice règnent en maître, où, de fait, les puissants sont protégés et courtisés alors que les autres sont étroitement surveillés et éventuellement punis avec sévérité. «Si vous voulez faire de la prison, faites-le tant que vous êtes pauvres ; quand vous serez riches, cela ne sera plus possible. » «  Le pauvre a tort avec de bons arguments, le riche a raison sans argument du tout. » Aujourd’hui encore et plus que jamais, ces deux citations d’une lucidité ironique de Félix Leclerc conservent toute leur vérité. Il faut oser le dire.

    Autistes

    Les dirigeants d’un syndicat ont qualifié quelques ministres « d’autistes ». Ce n’est pas très aimable pour les ministres en question ; c’est aussi un manque de respect pour... les autistes qui ne méritent pas d’être comparés à certains de nos dirigeants !!! Certes, je rigole ! Pourtant, il est des mots, des comparaisons, des insultes, parfois, à proscrire pour exprimer indignation et colère, même légitimes. Il faut oser le dire.

    Dignement.

    Une connaissance me disait récemment sa rage d’avoir vu un de ses proches mourir dans d’atroces souffrances alors que celui-ci avait exprimé clairement le désir de s’en aller paisiblement. Sans tenir compte, dans un premier temps, du souhait du patient en phase terminale, l’équipe médicale avait prolongé une survie pénible par un acharnement thérapeutique incompréhensible. Ensuite, devant l’insistance de la famille, le corps médical avait finalement débranché tous les appareillages... tous, y compris celui qui administrait les antidouleurs !!! Débrancher tout, tel était le voeu du malade et des siens, mais, évidemment, pas les antidouleurs qui auraient permis à cette personne de s’en aller sereinement, ce qui ne fut pas le cas, bien au contraire. Inacceptable, inhumain ! On parle souvent du droit de vivre dignement ; mais celui de mourir dignement est tout aussi important ; il faut oser le dire.

    Source & Texte de > Bruno Heureux.Photo > Dessin de Samuel

  • LE MOT DE BRUNO > LES SPÉCIALISTES & LES PLAINES DE JEUX HANNUTOISES

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    Les spécialistes.

     

                    C’est fou comme des pensionnés peuvent être occupés, même pendant les 764_UE_du_coeur.jpgvacances ! « Quelles vacances ?» me direz-vous puisque, pour eux, les vacances durent toute l’année ! Et pourtant, les faits sont là et me le prouvent : je n’ai pas eu le temps de vous mitonner un de ces petits articles que, paraît-il, vous attendez chaque semaine. Dommage, mais vous devrez encore patienter quelques semaines car je vais partir prochainement pour une série de spectacles au Québec et en Alberta !

                    En attendant, pour vous faire patienter, je vous invite à lire ce billet Philippe Bouvard, le célèbre journaliste français et l’inamovible animateur des « Grosses Têtes ». Avec pertinence, il y dénonce, notamment, la réduction européenne des aides alimentaires en faveur des nombreux pauvres de notre riche société et des absurdités du même genre…

    Les spécialistes (Texte de Philippe Bouvard) 

    C’est donc à l’issue d’une série de repas, dont il y a tout lieu de penser que les menus étaient moins frugaux que ceux des Restos du Cœur, que les gouvernants et les hauts fonctionnaires ont imaginé de réduire l’aide alimentaire européenne. premiere.jpg

    Et il en est ainsi dans tous les domaines. Un président célibataire prône le mariage pour tous. Des ministres se déplaçant en voiture de fonction conseillent d’emprunter les transports en commun. Des parlementaires débordants de santé se penchent sur la fin de vie. Des experts sans enfants réforment le temps scolaire. Et comme vitupérait le regretté Michel Audiard : « On est gouverné par des lascars qui fixent le prix de la betterave et qui ne seraient pas fichus de faire pousser un radis. »

     

                    Philippe Bouvard  aurait pu ajouter qu’un président prix Nobel de la paix mène deux guerres loin de chez lui et espionne nos conversations et courriels. Que le clergé s’approprie le droit de cadrer la vie sexuelle des couples. Que nos grandes surfaces proposent, en plein mois de décembre, tomates, asperges et fraises venues du bout du monde mais qu’elles refusent ces mêmes produits locaux au cours de notre été. Que des inspecteurs éloignés des classes depuis des années imposent des méthodes pédagogiques qui font de notre enseignement francophone l’un des plus mauvais de l’Europe… En attendant mon retrour, je vous laisse le soin de compléter cette liste non exhaustive ; je pense que vous n’aurez aucune difficulté à le faire.

     

    Les plaines de jeux hannutoises.

     

                    Les vacances scolaires durent deux mois mais celles des parents sont plus courtes, globalement de moitié, ce qui pose problème à de nombreuses familles.

    ParcVieuxCim_ 013.jpgC’est là qu’interviennent les grands-parents… quand ils sont disponibles ou pas trop éloignés, ce qui n’est pas toujours le cas. Alors, la plaine de jeux est une solution palliative intéressante. La ville de Hannut l’a compris et propose durant les vacances différents stages sportifs, culturels et/ou artistiques qui permettent aux enfants, entourés par des moniteurs et aide-moniteurs formés et brevetés, de passer des journées agréables, intéressantes et éducatives. « Ouf et merci ! » disent les parents soulagés de savoir leurs enfants en lieux sûrs et de bonnes mains.

                    Ce service à la population incite sans doute certaines familles désireuses de quitter les villes à s’installer dans notre région plutôt qu’ailleurs ; en effet, les plaines de jeux des vacances viennent judicieusement résoudre un problème important en comblant le vide laissé au terme d’une année scolaire et professionnelle bien remplie et menée de front avec une panoplie d’activités diverses proposées à la population hannutoise. Gouverner, c’est prévoir ; dans ce cas, les responsables locaux ont fait de la bonne gestion.

     

    Source & textes > Bruno Heureux.

  • LE MOT DE BRUNO > MOTS CŒUR & MOTS TUS > HISTOIRES DE CŒUR

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                    Le cœur a été au centre de l’actualité récente, à deux occasions, l’une et l’autre interpellant pour des raisons diamétralement opposées. De quoi susciter une réflexion plus large.

    Un cœur artificiel

                    Quelle prouesse chirurgicale que la première implantation d’un cœur artificiel sur un être humain ! Tôt ou tard, plus besoin de transplantation cardiaque pour les malades dont c’était la dernière chance de survie. Plus d’angoisses interminables dans les salles d’attente de la mort en souhaitant le décès d’un donneur au cœur compatible.

                    Superbe exploit technique qui pose pourtant des questions fondamentales. Ce type d’intervention ne risque-t-il pas de n’être accessible qu’aux plus riches, de renforcer la médecine à deux vitesse ? L’homme va-t-il progressivement pouvoir prolonger (indéfiniment) la vie des individus en remplaçant le cœur et les autres organes malades ? Ces avancées techniques indubitables ne risquent-elles pas d’être dévoyées par des savants fous s’engageant dans l’aventure diabolique de la création d’un humain de contrefaçon ?

                    Bizarre médecine ! Capable du plus spectaculaire, du plus audacieux mais incapable du plus courant, du plus urgent ; capable de greffer un cœur artificiel, de refaire complètement un visage, de sauver des bébés de plus en plus prématurés ; incapable de soigner vraiment un rhume, de trouver un vaccin contre le sida, d’enrayer certaines pandémies ! 

                    Eblouis par les prouesses des chercheurs et chirurgiens, n’oublions-nous pas que la nature fixe ses limites et qu’à tout moment, elle peut nous le rappeler, parfois brutalement ? Ne confondons-nous pas trop facilement évolution technique, technologique, scientifique avec progrès pour l’humanité, avec meilleures conditions de vie pour tous les habitants de la planète ? Tout en étant ouverts et admiratifs face aux découvertes géniales qui jalonnent notre époque, en appréciant leur utilité dans certains cas précis, restons pourtant vigilants quant à l’utilisation qui en est faite, tant notre monde est peuplé d’apprentis sorciers de toutes les sortes.

    Manger du cœur

                    Comment ne pas être horrifié par ces images d’un rebelle syrien exhibant le cœur d’un adversaire abattu avant de le manger ? Que ce dernier et ses complices soient coupables de crimes sauvages, eux aussi condamnables, ne justifie jamais une telle barbarie. Œil pour œil, dent pour dent !!! Que la violence de notre époque, économique, sociale, religieuse, tribale… débouche sur ce type de pratique d’un autre temps n’est pas à l’honneur de nos civilisations contemporaines, de nos dirigeants incapables de gérer rapidement tensions et conflits hors d’intérêts partisans. Où va l’humanité ?

    Fondation en cœur.

       heartandstroke.gif             Au Québec,  la Fondation en Cœur aide financièrement les familles dont un enfant est né avec des problèmes cardiaques importants et doit subir des interventions chirurgicales très lourdes. Il y a trois ans, déjà, cette fondation m’a fait l’honneur de reprendre une de mes chansons comme porte-drapeau musical de ses organisations. Je vous invite à en lire quelques extraits à la lumière des propos repris ci-dessus.

    Introduction à la chanson :

    Notre époque est bien malade et, d’urgence, la greffe d’un cœur s’impose ! Alors, comme nous sommes tous compatibles, pourquoi ne nous ferions pas donneurs ? Car une fois la transplantation réussie, les enfants du monde pourront grandir, sourire, guérir aussi, sans peur et à la poursuite de leurs rêves. Les grands, quant à eux, pourront cultiver leur enfance tout au long de leur vie, dans la paix et la dignité. A ce monde plus beau, plus généreux, plus humain, donnons des fondations solides, une Fondation en Cœur.

    Refrain chanté avec cœur par un chœur d’enfants :

    • Un peu plus d’amour dans les rouages,
    • De fraternité dans la voilure,
    • Un peu plus d’accueil et de partage,
    • Et la terre tournerait mieux, c’est sûr !
    • Un peu plus de rêve dans les nuages
    • Et plus de tendresse dans la froidure,
    • Un peu plus d’accueil et de partage,
    • Et les hommes s’entendraient mieux, c’est sûr !
    • Et plus d’enfants seraient heureux, c’est sûr !

    Source > Bruno Heureux

  • LE MOT DE BRUNO > MOTS CŒUR ET MOTS TUS

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    Etat laïque

                Faire disparaître de l’espace public belge tous les signes religieux, tel est l’objectif de quelques personnes bien intentionnées, parmi lesquelles s’est rapidement faufilé un quarteron de politiciens à la recherche de publicité médiatique facile et bon marché.

                Les auteurs de cette opération de nettoyage s’attaquent à une tâche gigantesque : pas simple, en effet, d’effacer toute trace du passé de notre Europe Occidentale, dont l’évolution et les développements depuis plus de 2.000 ans, les horreurs, parfois, les progrès, souvent, ont eu et ont encore la civilisation chrétienne comme berceau et levain. Alors, ces chevaliers blancs de la laïcité sont-ils conscients que leur action révèle des formes sous-jacentes d’ignorance ou d’ingratitude culturelle, de rejet des racines et origines de notre société… Sont-ils conscients également que leur entreprise est dangereuse : poussée à l’extême, l’attitude de quelques-uns d’entre eux peut rapidement tourner à la bêtise iconoclaste. N’est-ce pas des intégristes de la même espèce, certes plus professionnels et plus expéditifs, qui ont dynamité les bouddhas géants de Bâmyiân en Afghanistan sous prétexte de purification ?

     c2019est-quoi-la-laicite.jpg           Et puis, pratiquement, comment ces « messieurs et mesdames propres » vont-ils justifier leurs sacro-saints (ô horreur) congés liés aux fêtes chrétiennes (ô horreur !) : Toussaint (ô horreur !), Ascension (ô horreur !), lundi de Pentecôte (ô horreur !), Noël (ô horreur !) ?

                Tant qu’à faire, peut-être vont-ils aussi interdire l’emploi dans les espaces publics du juron « Nom de Dieu ! », du souhait spontané « Dieu m’en préserve ! », l’un et l’autre utilisés par toutes les couches de la population, en français comme en wallon ? Interdit en public également le « Ô mon Dieu », que croyants ou mécréants laissent échapper publiquement face à la brutalité d’événements catastrophiques d’ampleur inattendue ?

    Les façades de bâtiments anciens, les monuments et les musées devront-ils cacher au regard des visiteurs toutes les œuvres d’inspiration chrétienne (ô horreur !) et des autres religions et/ou courants d’inspiration divine (ô horreur !) ? Les cloches des églises (ô horreur !) devront-elles se taire après des siècles de tyrannie sonore ? La bûche de Noël (ô horreur !), la fête de la Saint-Sylvestre (ô horreur !) et les œufs de Pâques (ô horreur !) devront-ils changer d’appellation ? Les manuels scolaires devront-ils modifier l’expression « une population de 2.000  âmes » (ô horreur !) en « une population de 2.000 corps ou laïcs » ? Car même l’école n’échappe pas à cette sorte de chasse aux sorcières chrétiennes (ô horreur !) puisque le nom des vacances et des semaines de congé a dû être modifié pour ne pas heurter les âmes (ô horreur !) sensibles.

                Que l’église catholique se mêle de ses affaires, qu’il ne lui soit plus permis d’imposer à notre société ses vues, prescriptions et diktats moraux comme elle l’a fait trop longtemps, tout à fait d’accord ! Qu’existe une démocratique, saine et infranchissable séparation entre l’Eglise et L’Etat, là aussi, 1000 fois d’accord!

    Mais ce n’est pas une raison pour que quelques bien(?!)-pensants, intégristes à leur façon, plus catholiques (ô horreur !) que le pape (ô horreur !), perdent leur temps et gaspillent notre argent en se parant d’une ridicule et pudibonde laïcité dont les vrais laïcs, tolérants et cultivés, se moquent à juste titre ; et, s’ils s’en trouvent parmi eux, nos représentant du peuple n’ont pas été élus pour pinailler sur des queues de cerises et le sexe des anges (ô horreur !). 

                Volontairement caricaturaux et, donc,  provocateurs, ces questions et exemples démontrent pourtant l’idiotie et la futilité de tels « problèmes » alors que des défis autrement importants pour l’avenir de la planète sont « oubliés » et que des questions cruciales pour les hommes d’aujourd’hui restent sans solutions. C’est à cela que devraient œuvrer les gesticulateurs d’une laïcité « bio » !

    Laïcité

                Il faut dire et regretter que certains dignitaires de la laïcité belge ne constituent pas véritablement des exemples dignes d’être suivis.

    Rappellons-nous, il y a quelques semaines, l’élection du nouveau pape. A cette occasion, la télévision nous a proposé divers commentaires émis par des porte-paroles du clergé, du peuple chrétien, du protestantisme, du judaïsme, du monde musulman et même par des RTEmagicC_laicite_inch-allah-jpg.jpgreprésentants laïques. Parmi ces derniers, Pierre Galand, le président du Centre d’Action Laïque. Dieu (ô horreur !) sait si cet organisme a un rôle important  à jouer dans notre société contemporaine, multiculturelle et multiconfessionnelle.

    Certes, mais certainement pas dans l’esprit d’intolérance, de « bouffeur de curé(s) » d’un autre temps, dont a fait preuve son président lors de ses interventions. Face à l’intelligence, l’ouverture, la tolérance de Gabriel Ringlet et d’autres intervenants, ce monsieur est apparu aux yeux de beaucoup de téléspectateurs, de toutes les opinions, comme un leader rigide, sectaire, fanatique, borné...

    Personnellement, autant j’apprécie son implication au sein du tribunal Russel pour la Palestine, autant je suis déçu que Pierre Galand n’ait donné de la laïcité qu’une vulgaire caricature, celle d’un intégrisme laïc, fermé, réducteur et dépassé. Ce faisant, il m’a fait regretter les grands laïcs belges que sont, entre autres, Hervé Hasquin, Guy Haarscher, Roger Lallemand, des esprits sages et ouverts qui, eux, incarnent vraiment la laïcité et les valeurs humanistes d’ouverture et de tolérance qui nourrissent son esprit et ses actions.

     

    Textes > Bruno Heureux.