l'aronde

  • SOUVENONS-NOUS 14-18 DANS > « L’ARONDE 1988» SOUS LA PLUME DE JEAN ROSOUX

    Daxhelet L'ARONDE.jpg

    Au moment où nous commémorons le 100ème anniversaire du début de la guerre de 1914, « Le carrefour hannutois » publiait le 18 septembre un texte paru dans L’Aronde en 1988 sous la plume de Jean Rosoux (Clap'Sabot)

    C’est avec l’aimable autorisation de « Imprimerie Daxhelet à Avin » que nous republions ce texte.

    Jean ROSOUX.jpgEn s'informant sur le passé de Hannut, le rédacteur de service a rencontré un "grand monsieur", un intellectuel hannutois qui, sa vie durant, s'est intéressé de façon scientifique aux sources historiques de sa ville natale.

    Sa maison est le véritable temple où sont vénérés les témoins des joies, des épreuves, des exploits de nos aïeux.

    Le début de la guerre 14-18

    Dans le journal intime d'une dame on relève cette page confidentielle 4 août 1914 : la nouvelle de la déclaration de guerre a été connue vers 3 heures.

    Monsieur Landercy, d'Avin, qui revenait en auto de Bruxelles l'annonçait. Ce soir-là des troupes belges logeaient déjà dans les rues, il y avait de grands fourgons à l'hôtel de ville et des pontonniers passaient pour aller à la Meuse. Le mercredi 5 août les Lanciers et les Guides passaient : on recherchait des espions dans les campagnes.

    Toutes les maisons sur la Grand-Place avaient les volets fermés. Ce jour-là Mademoiselle Louise convoque à l'hôtel de ville une réunion de dames et de jeunes filles pour organiser le soin des blessés

    Madame Dupré, de la banque en fut nommée chef. Le jeudi 6 août, les premiers blessés arrivaient chez Jean-Batiste Bolle et là nous allâmes les soigner. Ils revenaient de Liège, déjà exténués.

    Le vendredi 7 août l'église était remplie de soldats qui s'y reposaient et le Doyen Frère pleurait en les regardant. Alors, la Croix-Rouge fut installée chez les Sœurs. Le soir, on devait faire appel aux plus vaillants pour qu'ils cèdent leur place aux autres moins bien ! La cuisinière, sœur Agnès, a été d'un grand dévouement.

    Un soldat allemand fut tué derrière chez Goossens le 8 août. Le fils de Jérôme Fraiture à  été blessé en allant vers Thisnes ou Crehen : il n'est pas mort sur le coup mais à la Clinique Mottard où on l'avait transporté.

    Le Bourgmestre Monsieur Mottin a bien sauvé la population ces jours-là en réglant les sorties et en tenant tête aux Allemands.

    Les Allemands sont arrivés le 15 août à midi par tous les chemins. Le Bourgmestre et le Doyen furent pris en otage quelques heures sur la grande place tant que les réquisitions soient terminées (le 15 août). Nuits et jours les Allemands passaient. On traversait difficilement les rues.

    Des magasins se fermaient, la fabrication du pain devenait difficile on entendait très fort le canon de Namur. On comptait avoir la fin de la guerre vers septembre ! Les lettres durent rester ouvertes tant que la guerre dura, et quand on voyageait on visitait les valises et les poches. On a été visité trois fois pour les cuivres pendant la guerre 14-18.

    L’occupation

    Les hommes valides (non mobilisés dans l’armée belge) étaient obligés de respecter leurs obligations envers la garde civique (ou garde du territoire) instituée en 1897 !

    En 1914, elle était commandée par le capitaine Louis Lancelle (en 1915 par Jérôme Radar). Louis Lancelle était menuisier de son état et domicilié rue de l’Eglise, actuelle maison Sauvenier. Il avait épousé Amélie Delfosse d’Avernas. Il est le grand-père de Dolly Damoiseau, speakerine à la RTB).

    Les évacués français en 1917

    Chassés de chez eux par les Allemands, les Français du Nord et les riverains du Front de la Marne cherchent refuge en Belgique. Ils arrivent chez nous en longs cortèges de détresse, utilisant tous les moyens de locomotion et de transport du moment.

    Novembre 1918

    L’espoir des uns, le désespoir d’autres. La guerre est finie, l’armistice est signé, les Hannutois arborent le drapeau national, les troupes allemandes désarmées refluent vers le Nord.

    Le pauvre mayeur Mottin est obligé de mettre ses concitoyens en garde contre les mesurescarrefour_hannutois.jpg de répression en cas de défection. La hiérarchie belge semble mise à l’ombre... Ce n’est plus le capitaine qui semble diriger la garde.

    Source > Le Carrefour Hannutois du 18 septembre 2014 N° 2968