ingénieures

  • INGENIEURS OU INGENIEURES ?

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    Nos entreprises souffrent d'une carence d'ingénieurs et, bien davantage encore, d'une pénurie d'ingénieures.

    Pourquoi celles-ci n'atteignent-elles toujours pas 15 % des effectifs dans certaines filières ? Les clichés, toujours les clichés...

    Il manque structurellement plusieurs milliers d'ingénieurs en Belgique : entre 2 000 et 3 000 selon les dernières évaluations. Une situation de pénurie, donc, qui ne sera pas comblée de sitôt : le nombre de diplômés toutes filières confondues (ingénieurs civils, industriels et bio-ingénieurs) suffit à peine à combler les départs à la retraite.

    En Belgique francophone, une moyenne de 1 250 ingénieurs sortent chaque année de l'enseignement supérieur alors que le nombre de diplômés dans ces filières atteignait 1 500 personnes il y a dix ans et 1 750 il y a quinze ans, constate Jacques van Vyve, président de la Fabi (fédération belge d'associations d'ingénieurs civils et bio-ingénieurs). C'est la raison pour laquelle nous collaborons avec diverses associations professionnelles et notre fédération homologue pour les ingénieurs industriels (UFIIB) afin de promouvoir les métiers de l'ingénieur auprès d'un très large public et de susciter un maximum de vocations.

    L'enjeu est crucial. Le manque d'ingénieurs porte préjudice au bon fonctionnement de secteurs-clés garants du bien-être de notre société, relève la plateforme Ingénieursbelges.be dédiée à la valorisation de ces filières. Les ingénieurs sont impliqués, plus que jamais, dans des enjeux fondamentaux tels que l'industrie, les nouvelles technologies, l'agriculture, l'énergie, l'environnement, la mobilité, la santé, le génie civil, l'humanitaire.

    Comment susciter ces vocations ? La cible est large, mais c'est au sein de la population féminine que le potentiel de progression est le plus important. Le taux de féminisation de ces études est certes en croissance, mais ne culmine jamais qu'à 20 %. Et ce, essentiellement grâce à l'attrait des études de bio-ingénieurs où la parité est désormais quasiment atteinte : les étudiantes ne représentent toujours que 12 % à 18 % des auditoires en ingénieurs civils et industriels, selon les spécialisations.

    Rien ne distingue pourtant fondamentalement un ingénieur d'une ingénieure. Pas même la motivation individuelle pour entreprendre ces études, selon une enquête réalisée l'an dernier : filles ou garçons les choisissent avant tout en raison de leur attirance personnelle pour les disciplines scientifiques et de leurs bons résultats scolaires. Je suis ingénieur. Je ne me pose pas la question de savoir si c'est « un » ou « une », confirme à ce sujet Caroline Devillers, ingénieure agronome diplômée de l'UCL qui travaille aujourd'hui chez CBC. Je ne revendique pas du tout une étiquette féministe. Je ne me pose tout simplement pas la question.

    Filles comme garçons reconnaissent cependant que le milieu familial a aussi influencé leur choix. Cela prouve qu'il faut lutter contre les clichés au plus tôt, non seulement à l'école, mais aussi de manière plus globale dans la société, estime Nori Manderlier, ingénieure industrielle spécialisée dans la radioprotection, qui travaille dans le contrôle des appareils de radiologie en milieu hospitalier au sein du groupe AIB-Vinçotte. Je suis choquée de voir à quel point dès le plus jeune âge, y compris dans les magasins de jouets, les enfants sont victimes de déterminisme. Il est trop facile d'affirmer : que chacun fasse ce qui lui plaît, dès lors qu'on est enfermé dès l'enfance dans des clichés qui font que les garçons jouent avec des voitures et les filles avec des poupées.

    Même si la plus grande partie des étudiantes comme des étudiants ne choisissent véritablement leurs études qu'à la fin des humanités, à un moment où ils sont en principe en mesure d'exercer leur libre arbitre, il n'en reste pas moins qu'il est impossible de trouver des critères objectifs justifiant le fait que les femmes se tournent bien davantage vers les études de bio-ingénieur que d'ingénieur civil ou industriel.

    Il s'agit donc avant tout d'une question de perception, confirme Jacques van Vyve. Toutes ces études présentent le même degré de complexité et ouvrent sur un panel de débouchés qui sont susceptibles de satisfaire les attentes professionnelles les plus diverses. Il faut donc plus que jamais continuer à communiquer, à sensibiliser...

    Benoît July

    Une rémunération attractive

    D'après les recommandations de leur fédération, les ingénieurs civils et bio-ingénieurs entrant en première année d'activité peuvent revendiquer un salaire annuel minimum de 40 201 € brut, augmenté des avantages extralégaux. Parmi les plus courants : voiture de société, assurance hospitalisation et revenus garantis, pension extralégale, GSM, chèques divers (repas, éco, culture, etc.) et autres frais de représentation.

    « Sortons de nos frontières »

    C'est sous le thème de la mobilité internationale et des opportunités que celle-ci recèle pour les ingénieurs que la plateforme Ingenieursbelges.be déclinera son prochain événement annuel. Au menu : l'internationalisation des carrières, mais aussi des formations qui sont censées y préparer. L'événement aura lieu le 13 novembre prochain à l'HEPH-Condorcet-Université du Travail à Charleroi.

    Plus de renseignements via le site www.ingenieursbelges.be

    Source > Bas Bogaert > Texte: Benoît July sur > http://www.references.be