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  • LE MOT DE BRUNO HEUREUX > "L'ECLIPSE ECLIPSEE"

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    Réponses au « -mot-de-bruno-heureux-l-eclipse-eclipsee »

    Eclipse

                    Suite à une erreur à l'imprimerie, le titre "L'éclipse éclipsée"  s'est transformé en " L'éclipse éclisée " et a donc perdu tout son sens. Il s'agissait, en fait, de souligner que l'observation de l'éclipse de soleil avait été rendue impossible, autrement dit "éclipsée", par la présence de nuages. Désolé pour cette coquille.

    Compromis-sion

                    Deux lecteurs m'ont vertement reproché d'avoir été injuste avec Charles Michel. Je parlais, en effet de compromission lorsque le premier ministre refusait de dénoncer nommément les membres du gouvernement issus de la NVA et le président de ce parti pour certains de leurs comportements, fréquentations et propos douteux à caractère raciste.

                    Ces lecteurs argumentaient que le pays avait besoin d'un gouvernement stable pour effectuer les réformes qui sont indispensables et urgentes pour son avenir ; que dans cet esprit, nommer et stigmatiser publiquement Bart De Wever ainsi que ses ministres et secrétaires d'état, risquait de mettre en péril la vie même du gouvernement ; que ce que j'appelais compromission était, au contraire, une attitude politiquement correcte, responsable et nécessaire, voire courageuse.

                    Si je les ai bien compris, en politique, pour parvenir à ses fins, même louables, tous les moyens sont bons même les moins honnêtes réprouvés ailleurs ! Y aurait-il une morale et une moralité différentes en politique - et plus largement dans les hautes sphères de toutes les formes de pouvoir - à celles exigées en éducation, dans les relations humaines... en un mot, dans le monde "normal" du commun des mortels ? Je ne le pense pas et j'espère - je crois en connaître - qu'il est des politiques et des responsables économiques qui partagent mon opinion.

                    Certes, notre pays a besoin de stabilité pour permettre des réformes en profondeur ; mais pas à n'importe quel prix. L'honnêteté, intellectuelle et morale, n'est pas un luxe superflu.

    Source & texte de > Bruno Heureux.

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX …. RETOUR…& …SOUVENIRS

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    Revenu sur mes terres au terme d’une belle tournée de spectacles au Québec, je reprends contact avec vous, chers amis lecteurs, pour vous livrer quelques impressions au terme d’un long et inoubliable voyage.

    Retrouvailles d’amis, publics accueillants et chaleureux, organisateurs aux petits soins, personnalités culturelles et politiques conquises, nourriture locale appréciée... m’ont fait oublier les 7h30 de vol à l’aller et les 6h45 au retour (différence due aux vents d’ouest favorables) ainsi que les 1500 km de déplacements entre les différentes étapes de mon séjour. Evoquons donc ensemble quelques moments forts choisis parmi tous mes souvenirs.

    Mon ami Pierre

    Je craignais ne plus le revoir vivant, il est en phase terminale d’un cancer. J’ai encore pu le serrer dans mes bras comme c’est la coutume au Québec, avec précaution car il a perdu plus de 55 kg ; lorsqu’il est moins bien, le moindre effort et la moindre émotion l’épuisent. Mais sa lucidité et son courage face à la maladie, remarquables et respectables, le maintiennent debout avec dignité ; l’attention amoureuse de tout instant de sa Denise l’y aide beaucoup également. Un beau couple, un bel amour qui cheminent vers la fin proche de leur histoire commune. Dans ces circonstances (peut-être à cause d’elles), j’ai pourtant vécu, en leur compagnie, quelques jours d’amitié vraie et de partages intenses.

    Spectacle au 3ème âge               

    Comme j’en ai l’habitude lors de mes tournées, je consacre un spectacle soit à des malades dans des hôpitaux soit, comme cette année, à des personnes âgées placées en maison d’accueil. Quel bonheur de faire naître le sourire sur ces visages marqués par les ans et la vie, de voir ces personnes réagir à mes jeux de mots et histoires, claquer des mains lorsque le rythme s’accélère, se lever et applaudir à tout rompre lorsqu’une chanson les interpelle particulièrement. Quelle émotion aussi, lorsqu’au terme de ma prestation, une dame d’un âge certain me demande de ne pas partir avant qu’elle ait eu le temps d’aller me chercher un souvenir... un petit castor en peluche pour ma petite-fille de 6 ans évoquée dans le spectacle. Cadeau touchant de spontanéité, de tendresse, de reconnaissance pour les bons moments partagés lors du spectacle ! D’où le tenait-elle ? Comment avait-elle pu le choisir et le préparer avec autant d’à propos ? … Mystère !

    Oné Onti, le Huron

    Des personnes âgées placées dans des « homes », voilà un sujet récurrent abordé avec véhémence par Oné Onti, ancien chef respecté des Indiens Hurons-Wendat, lors d’une rencontre très enrichissante. Il stigmatise notre conception européenne et anglo-saxonne de la « société en carré » où nous parquons dans un coin les personnes qui nous dérangent, notamment nos « p’tits vieux ». La « société en cercle » indienne, elle, ne connaît pas les coins ; si bien que les anciens y sont intégrés, écoutés, respectés et pris en charge par la famille ou la tribu jusqu’à la fin de leur vie... Il y a certainement des nuances à apporter à cette vision des choses sans doute trop idyllique ; pourtant, la remarque du sage indien mérite notre réflexion sur certains comportements devenus normaux chez nous mais qui peuvent choquer ceux pour qui, selon Oné Onti, « la gratitude à l’égard des anciens est un devoir sacré, une vertu fondamentale d’une civilisation digne de ce nom. »

    Western québécois

     Une soirée très « western » dans la forme reste un souvenir pittoresque. Les parents de l’organisateur habitent une ferme perdue en pleine campagne ; parmi les bâtiments, une énorme grange à l’architecture québécoise traditionnelle ; bottes de paille et bancs y ont été installés en guise de sièges ; si la scène est la plateforme d’un charriot en bois aménagé pour la circonstance, la sonorisation est excellente et bien d’aujourd’hui. Alors que le spectacle est prévu à 21h00, quelques minutes avant son début, plus de 100 voitures et pick up convergent vers la grange ; en débarquent des couples, en robes longues pour les dames, en chemises à carreaux et chapeau western pour la plupart des hommes. Chacun apportant son bac de bière locale, l’ambiance monte vite. Mais finalement, après un début un peu plus difficile que d’habitude, le spectacle se poursuit dans le respect de l’artiste, les chansons, histoires et jokes (blagues en québécois) étant saluées de cris et sifflements enthousiastes, avec une ovation finale très, très bruyante. Puis, la fête s’est poursuivie jusque tard dans la nuit... Ce spectacle « western » à la québécoise constitue une nouvelle, originale et belle expérience après 50 ans de carrière !!!

    Adieu !

    Enfin, le souvenir embué de larmes et d’une profonde émotion : il évoque à nouveau mon ami Pierre et spécialement le moment de la séparation sur le quai du départ, lorsque l’au-revoir a des accents d’adieu, lorsque les mots devenus inutiles n’ont plus leur place, hannut,blog,jcd,bruno,heureux,mots coeur,mots tus,québeclorsque les sourires qui se voudraient rayonnants ont la pâleur de soleils fades. C’est dur de quitter un ami qui s’en va là-bas d’où on ne revient pas... Difficile de s’appeler « heureux » en de tels moments.

    Source & Texte Bruno  HEUREUX > Photo > http://www.bonjourquebec.com/

  • CINQ MANIÈRES D’ÊTRE VRAIMENT PLUS HEUREUX AU BOULOT

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    RESSOURCES HUMAINES : CÉDRIC CRAPET

    D’après diverses enquêtes, il apparaît que les gens sont de moins en moins heureux au boulot. On aurait en effet perdu 10% de satisfaction au bureau, en 10 ans. Comment faire pour être plus heureux sur son lieu de travail ? Cédric Crapet, consultant RH, propose 5 moyens d’y parvenir.

    Sur le plan de l’organisation du travail, pourquoi ne pas mettre les réunions en début de journée ? Trop souvent, on les place en fin de journée mais, d’après le consultant, « c’est un mauvais calcul ». Les gens sont fatigués, moins réactifs et cela peut mettre en difficulté certaines mères de famille qui doivent s’occuper de leurs enfants. « L’idéal, c’est de bien communiquer la veille à propos de l’ordre du jour, de préciser la durée de la réunion et d’exiger la ponctualité des participants », note Cédric Crapet.

    Deuxio, couper le sifflet de tous les appareils électroniques. « Certains trouvent formidables de pouvoir gérer leurs tweets en direct mais c’est très prenant et cela met énormément de stress sur les gens ». Pourquoi ne pas instaurer un créneau horaire où on peut s’occuper de ses mails plutôt que de les ouvrir tous à la moindre alerte ?

    Quitter sa tenue de travail quand on rentre chez soi. Même si on ne porte pas un habit de travail professionnel de type salopette ou autre, l’idéal, quand on rentre le soir, c’est de marquer, de manière symbolique, la coupure entre le monde du travail et la maison.

    Prendre le temps d’écouter et de répondre à ses collègues est aussi source de bonnes relations et de climat positif. Habituellement, quand on demande à un collègue « ça va ? », on n’attend pas nécessairement de savoir si ça va vraiment. « Sans devenir un psychologue de comptoir, on pourrait néanmoins améliorer nos relations au travail ».

    Enfin, notre consultant RH propose aux managers de réserver dans son agenda une heure ou deux pour gérer les  imprévus. «Pensez aux impondérables et prévoyez du temps pour la gestion desimprévus », ajoute Cédric Crapet.

    Source > L.B. sur > http://www.jobsregions.be

  • CE VENDREDI 09/05 > BRUNO HEUREUX « BOIS, PARLE & CHAUFFE » À L’ACADÉMIE DE HANNUT

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       D’ Ecaussinnes en Belgique, où s’ancrent ses racines, jusqu’au sentier poétique de Drummondville au Québec, où il côtoie notamment les poètes Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Emile Nelligan et Julos Beaucarne, Bruno Heureux nous fait découvrir ses chemins de traverse jalonnés de rencontres, toutes uniques et ciselées avec respect comme des œuvres d’art.

           Tout au long de ses spectacles, au fil de ses chansons, textes et histoires, ce jongleur de mots, libre et authentique, partage avec le public poésie et humour, rêve et réalité, tendresse et coups de gueule, enfance et l’automne de l’âge, dans un grand vent de rimes et de réflexions savoureuses.

           Selon Julos Beaucarne, « Bruno Heureux remonte le courant des jours, avec ses chansons vraies qui viennent du fond de l’âme ; chercheur de sens, il éclaire nos jours et nos nuits… ». Quant à Nathalie Leclerc, la fille de Félix, elle n’hésite pas à déclarer : « Bruno a été un bon élève de mon père »… Ils ont dit l’essentiel sur l’homme et l’artiste. 

    Présentation de Bruno Heureux

    dans l’Anthologie « Etoiles et planètes » parue dans Les dossiers d’Aquitaine en juillet 2012.

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > ARTICLE

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    JE LIS DANS MA COMMUNE 2014

    Ça bouge à la bibliothèque communale de Hannut ! « Lectures en mouvement »

    Du 23 avril au 10 mai, pour tous

    Il était des histoires, le samedi 26 avril à 10h30, 11h et 11h30.

    Venez mettre vos pas dans ceux de Karine Moers et de Laurence Leton, conteuses.  Elles vous donnent rendez-vous aux « Arrêts à histoires ».

    Séances pour enfants à partir de 4 ans et séances pour ados/adultes.

    « Le tour du monde des histoires », le mercredi 30 avril à 15h00

    Laurence Leton vous invite partir en voyage au gré des histoires d’ici et d’ailleurs.

    Pour enfants de 4 à 7 ans.

    Jeux en mouvement,Le samedi 26 avril dès 9h30

    Balade ludique : animation et tables de jeux par la Ludothèque 1000 Bornes

    5 minutes pour un coup de coeur

    Venez copier la 5ième phrase de la 56ième page de votre/vos livre(s) coup de cœur.  Les phrases mises bout à bout formeront une œuvre collective originale.

    De nombreux chèques livres à gagner !

    Exposition « mots en mouvement dans l’art d’aujourd’hui» 

    Des artistes contemporains ont été invités par le Centre culturel à créer des œuvres sur la thématique des « mots en mouvement ».

    Vernissage de l’exposition le samedi 26 avril à 11 heures.

    Bibliothèque communale de Hannut, rue de Landen, 43 ; renseignements : 019/512316

    Heures d’ouverture : Lu et Sa 9-13h, Me 9-18h, Je et Ve 13h30-18h

    Ça bouge aussi dans toutes les bibliothèques du Réseau public de Lecture de la Région hannutoise 

    Au centre documentaire Sainte-Croix (rue de Crehen, 1 à Hannut), du 25 avril au 30 mai :

    5 minutes pour un coup de cœur

    « Art dans la ville » : une exposition regroupant des œuvres issues d’ateliers graphiques et d’écriture sur le thème de la ville auxquels ont participé des élèves de 10-11 ans. Ces œuvres représentent des villes imaginaires, des villes rêvées ou encore des futurs insolites au travers des réalisations collectives où les mots et l’art s’entrecroisent.

    A la Bibliothèque communale de Lincent (rue de Grand-Hallet, 2 à Lincent):

    Le mercredi 23 avril à 15h : Il était une histoire : « Le tour du monde des histoires »

    A 15h pour les enfants de 8 à 12 ans ; à 15h30 pour les enfants de 2,5 ans à 7 ans

    Les parents sont les bienvenus.

    5 minutes pour un coup de cœur, lesvendredis 25 avril et 9 mai de 14h à 18h.

    A la Bibliothèque de Racour (rue de Landen, 31 à Racour) :

    5 minutes pour un coup de cœur, les dimanches 27 avril et 4 mai de 10h15 à 12h15.

    Source & texte > Bruno Heureux

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX (2 ARTICLES)

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                    Nous sommes rencontrés grâce à un ami commun. Très vite, le courant est passé et des liens se sont tissés. De plus en plus solides au fil de nos rencontres, pourtant pas très nombreuses. Normal, puisque ses pas lui font parcourir le monde, découvrir ailleurs et d’autres gens!

                    Pendant que j’écris, face à la campagne hesbignonne qui m’entoure, il rédige un journal de bord à qui il confie ses chemins et rencontres, un peu comme je le fais dans mes articles, poèmes et chansons. Spontanément, sans retouches, puisqu’il sera quasi le seul à les relire. Car préférant le grand air, les espaces, le vent, la voûte du ciel fiancée à l’horizon, mon nouvel ami n’éprouve pas le besoin de partager ses découvertes et émotions comme je le fais, saltimbanque, sous les spots des boîtes à chansons, cabarets et centres culturels jalonnant mes chemins de traverse.

                    Il y a peu, pourtant, un courant favorable m’a fait parvenir un de ses textes. Waow ! Beau, profond, authentique ! Bien observé, pensé, dit, écrit ! Avec justesse, générosité, humilité ! Si bien que, par la suite, je l’ai souvent interrogé à propos des autres pages de son carnet de route. Alors, il m’a fait un cadeau, une copie de ses écrits de voyage. Leur lecture m’a convaincu, comme l’étaient déjà ses proches, qu’un tel trésor de sensibilité, d’écoute attentive et de regard respectueux méritait d’être partagé par un cercle plus large de lecteurs, vous.

    Le Voyageur

                    Ce ne fut pas aisé de le convaincre car, je le répète, notre homme cultive une réserve de bon aloi, sœur jumelle de l’humilité. Et, finalement, son « imprimatur » fut conditionné à l’anonymat d’un pseudonyme « Le Voyageur », signature au bas des extraits de ses notes.

                    De temps à autre, entre mes rubriques habituelles, je vous ferai découvrir, les coups de cœur pleins d’humanité de notre globe-trotter, devenus un véritable viatique pour le reste de sa transhumance terrestre. Empreintes inoubliables également, j’en suis convaincu, pour les personnes qui l’ont accueilli dans leur vie, l’espace de quelques heures ou quelques jours. De temps à autre et pas régulièrement, pour laisser à chacun le recul pour réfléchir et apprécier les rencontres du Voyageur au cours de ses périples et, également, celle qu’il vous propose au travers de ses récits.

                    Aujourd’hui, le texte évoque une vraie philosophie du voyage… que je partage totalement, ce qui est certainement la source de la complicité amicale qui nous lie, Le Voyageur et moi.

    Bruno Heureux.

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    « Un petit morceau de soi

                    Si un bateau trouve le chemin du port, ce n'est pas uniquement parce que le vent pousse la voile. Il faut aussi choisir une voie. Seulement voilà, partir n'est pas seulement fuir, c'est aussi arriver quelque part !

                    C'est la réflexion que je me faisais, constatant que j'avais déjà parcouru la moitié de mon périple. Je me suis fait à un rythme de progression régulier, tout en sélectionnant des lieux et endroits que je veux hors des chemins battus par le « tourisme ». Alors les églises et les cathédrales, où il faut payer une entrée pour regarder les ors et les décors, les musées où tout est tristement cadenassé et répertorié, les lieux à ne pas manquer où on suit la file, ticket bien visible à la main, on finit par me lasser.

                    C'est le temps et la liberté d'aller où on veut et quand on veut qui procure cette aisance et ce retour sur soi, face au monde neuf qu'on découvre chaque jour. Ce n'est pas un repli, c'est une ouverture. On laisse entrer l'air et le vent qui balayent la poussière des conformismes, des abandons et des manquements que le passé a laissé recouvrir.

                    C'est une redécouverte de soi et la prise de conscience qu'on représente bien peu de choses dans d'autres univers où des hommes et des femmes affrontent leurs propres réalités avec pugnacité, courage, joies et tristesses. Mais les jours s'enchaînent et ne se ressemblent jamais, quelle richesse! Vivre sous un autre ciel que celui qui nous a vu naître, c'est assez banal, mais dépasser un passé un peu figé et aborder un avenir ouvert, ça ce ne l'est pas. C'est comme admettre une surprise qui ne vous vient pas d'ailleurs, mais qui éclot à l'intérieur de soi.

                    Privilégier le naturel au despotisme d'une certaine apparence ... Puisqu'il faut ressembler à quelqu'un, alors autant que ce soit à soi-même. »

    Source texte > Le Voyageur & Bruno Heureux

     

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS > JE ME SOUVIENS (1ER PARTIE) PAR BRUNO HEUREUX

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    Texte d’aujourd’hui, intégral et sans retouche d’une grand-mère québécoise, Johanne Chayer.

    Pour comprendre ce texte, il faut savoir que le Québec, comme nos pays d’Europe, se trouve confronté aux signes religieux extérieurs, de plus en plus répandus et ostentatoires, et se pose la question de la laïcité de sa société. Celle-ci se sent menacée par de nouveaux arrivants, notamment musulmans, qu’elle trouve parfois intolérants et sectaires, alors qu’elle souhaite conserver ses valeurs et ses façons de vivre traditionnelles sans pourtant être considérée comme raciste.

    Il faut savoir aussi que la devise québécoise «Je me souviens » a remplacé, notamment sur les plaques automobiles, l’ancien  « La Belle Province » ; une façon d’inciter les Québécois à se souvenir du combat mené depuis les années 1960 pour permettre à la société civile, aux particuliers et notamment aux femmes de s’émanciper de « l’omniprésente oppression » de l’Eglise Catholique Romaine alliée solide d’un pouvoir conservateur obsolète, dépassé par les réalités du monde de la seconde moitié du XXème siècle.

    Alors, ce témoignage d’une grand-mère québécoise est interpellant, abrupt, sans langue de bois, déclarant ouvertement ce que beaucoup de ses compatriotes pensent tout bas et n’osent pas dire. Certains passages de ce témoignage mériteraient des nuances, certaines expressions fortes pouvant choquer malgré l’absence de haine. Pourtant, il a le grand mérite de faire réfléchir les gens de souche d’une région, d’un pays, et les nouveaux arrivants sur ce qui peut les rassembler dans le respect mutuel au lieu de les diviser dans l’intolérance.

    Bruno Heureux.

     « J’aurais voulu aller rencontrer ces femmes musulmanes à Hérouxville pour partager leur culture et leurs recettes, mais surtout profiter de l’occasion de leur expliquer notre devise : « Je me souviens ».

    jemesouviens.jpgDans la même décennie, je me souviens que ma mère a été chassée de l’Eglise, parce qu’après avoir mis au monde 4 enfants, elle ne voulait plus en avoir d’autres. Je me souviens que pour cette raison, le pardon de ses fautes lui était refusé par l’Eglise à moins qu’elle laisse son corps à son mari, avec ou sans plaisir, au risque d’atteindre la douzaine. Je me souviens qu'elle a refusé et qu'elle a quitté l'Église comme beaucoup d'autres femmes de sa génération.

    Je me souviens que ma mère s'est ensuite séparée de mon père et que nous sommes devenus la cible des regards et des commentaires désobligeants de notre paroisse. Cependant je me souviens qu'à la suite de sa séparation, nous avons vu le collet romain sur la table de nuit. Le prêtre voulait-il tester les moyens de contraception de l'heure ? Dans la même décennie, je me souviens que la cousine de ma mère a obtenu le divorce et qu'elle a reçu du même coup son excommunication de Rome.

    Je me souviens que lorsque j'étais jeune, nous devions nous aussi, comme pour les religions, musulmane et autres, prier 7 à 8 fois par jour. La messe tous les matins, une prière avant le déjeuner, une prière en entrant en classe, une au dîner sous le coup de l'Angélus, une autre avant la classe de l'après-midi, les grâces au souper, le chapelet en famille avec le Cardinal Léger et une dernière prière avant d'aller au lit. Il y avait le mois de Marie, les Vêpres, etc. Nous avions aussi de longues périodes de jeûne avant Noël (l'Avent), avant Pâques (le Carême). Je n'ai pas dit non plus que nous devions porter le deuil durant un an ou moins selon le degré de parenté de la personne décédée. Je me souviens aussi qu'il n'était plus un péché de manger de la viande le vendredi. Je ne sais pas ce qui est arrivé à ceux qui sont allés en enfer. J'espère qu'on les a rapatriés.

    Je me souviens que, tour à tour, ma mère et ma belle-mère ont vu une opération urgente retardée en attendant que leur mari respectif, de qui elles étaient séparées de fait et non légalement, apposent leur signature pour autoriser leur intervention chirurgicale.

    Devenue adulte, je me souviens que grâce aux pressions de la génération précédente, j'ai eu accès aux premiers moyens de contraception qui m'ont permis de restreindre le nombre de mes propres rejetons.

    Je me souviens que quelques années à peine avant ma naissance, les femmes ont obtenu le droit de vote et en même temps le droit d'être considérées comme des citoyennes à part entière dans la société. Devenue adulte, je me souviens avoir travaillé dans des environnements traditionnellement réservés aux hommes. Je me souviens des frustrations de ne pas avoir été traitée au même titre que les hommes dans les entreprises et surtout dans la vie en général. Je me souviens qu'après avoir eu un fils, je ne voulais plus d'autres enfants de peur que ce ne soit des filles, par solidarité et parce que le travail qui restait encore à faire pour atteindre l'égalité était énorme. Je me souviens des efforts que beaucoup de femmes ont dû déployer pour se faire reconnaître et pour obtenir des postes administratifs de haut niveau. Je me souviens du militantisme de beaucoup de femmes qui ont travaillé d'arrache-pied pour obtenir l'équité dans notre pays comme politicienne, au sein des chambres de commerce, des syndicats, du Conseil du statut de la femme, etc.

    Je me souviens qu'il a fallu plus de 50 ans d'efforts collectifs pour nous libérer de l'emprise de l'Église et de la religion sur nos vies. Je me souviens qu'il a fallu plus de 60 ans (1940 à 2006) pour obtenir l'équité salariale et que ce n'est pas encore fini. Mes soixante ans font que je sais que rien n'est acquis dans la vie et qu'il faut maintenir voire redoubler nos efforts pour ne pas perdre le résultat de tous ces labeurs.

    Suite de ce témoignage dans la prochaine parution.

    Le diaporama avec le texte sur Youtube > http://www.youtube.com

    Source & texte > Bruno Heureux

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > « UNE FEMME-FAN » & « LE FRANÇAIS »

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    Parti le 10 septembre dernier au Québec et en Alberta, deux semaines, quatre beaux spectacles, 26 heures passées dans des avions et 3.000 km de voiture plus tard, je suis enfin bien rentré chez nous.

    « Enfin », car retrouver famille, amis et terre hesbignonne reste toujours un vrai bonheur. « Bien rentré » mais fatigué, avec en prime une taxe de surcharge pour mes bagages remplis de cadeaux pour celles et ceux que j’aime et de souvenirs inoubliables : paysages impressionnants, découvertes improbables comme la « crème brûlée à la menthe », rencontres inattendues comme celle d’une Québécoise qui s’exclame : « Oufti, qué drache ! »[i] Parmi ces rencontres, je vous en évoque deux, bien différentes.

    [1] Son mari depuis près de 25 ans est belge !

    Une femme-fan

                   parta.jpg La première, touchante, se passe lors d’une prestation au Québec.  Dès le début de mon tour de chant, je constate qu’une dame du premier rang consulte un livre posé sur ses genoux et, à certains moments, chante en même temps que moi. Intrigué, lors d’une de mes « pages d’humour » entre deux « tranches de poésie », je finis par l’interpeller gentiment (on me connaît !). Pour réponse, elle brandit fièrement mon dernier recueil de chansons « Partages ». Descendu de scène, micro en main, je l’interroge ; cette dame me dit avoir acheté mon livre et un de mes CD lors de ma dernière tournée québécoise ; qu’elle connaît la plupart des chansons que je viens d’interpréter ; que, dans mon répertoire, celle qu’elle préfère s’intitule « Un peu plus d’amour » dont elle se met à chanter le refrain, de mémoire, d’une voix fluette mais claire et juste ; qu’elle a quatre-vingt-treize ans... J’en reste bouche bée tandis que le public, épaté, lui réserve alors une ovation digne d’une diva.

                    Ayant repris le cours normal du spectacle, j’ai ensuite chanté surtout pour elle qui,  à elle seule, valait mon long déplacement depuis la Belgique, non pour ma petite vanité personnelle mais pour la fierté et le bonheur lus dans ces yeux lorsqu’elle avait chanté « Un peu plus d’amour dans les rouages, de fraternité dans la voilure, un peu plus d’accueil et de partages, et les hommes d’entendraient mieux, c’est sûr ! ».

    Le français

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                    La constitution du Canada spécifie que le pays compte deux langues nationales ; dans la réalité, la langue la plus utilisée est l’anglais, le français n’ayant la priorité qu’au Québec. Donc, l’Alberta où j’ai également chanté est une province anglophone. Si l’administration est bilingue, il faut constater que les personnes qui parlent les deux langues sont majoritairement des francophones (souvent venus du Québec) qui parlent anglais ; car comme ceux des USA, de Nouvelle-Zélande et d’Australie, le plus souvent, les anglophones de l’Alberta, ne parlent que leur langue. Si bien que, même dans les lieux touristiques les plus importants, la plupart des guides ne s’expriment que dans la langue de Shakespeare.

                    Cela dit, la scène se passe sur un petit bateau qui permet aux touristes de parcourir le Maligne Lake, dans le splendide Parc National de Jasper. Alors que l’accompagnateur du groupe débite toutes ses explications dont, de toute évidence, elles ne comprennent pas un mot, deux dames d’un certain âge tempêtent assez fort pour que j’entende leurs propos : « Ca est qua mêm’ pas croyabel, y a pas un pey ici qui pèt un mot de français ! » le tout avec un accent bruxellois pur jus. Surpris de cette touche nationale à 10.000 km de chez moi, je ne résiste pas à leur lancer, comme on dit à Bruxelles : « Non, peut-être ?! » en imitant au mieux leur accent. A leur tour interloquées, ces deux dames, venues de Saint-Josse, me tombent quasi dans les bras, heureuses de retrouver quelqu’un de « normal », c’est-à-dire qui « causss » comme elles. Durant quelques minutes, nous échangeons nos impressions de voyage sur l’accueil des « indigènes, la nourriture, les paysages et l’unilinguisme anglophone comparé aux français, néerlandais, anglais et espagnol  utilisés par les guides sur les canaux de Bruges… En débarquant du bateau, nous nous séparons non sans qu’une de mes deux compatriotes me lance une dernière remarque : « Allei, merci, ça était tof de causer avec un Belch ; c’est comme si j’avais mangé un steack-frit’s-mayonnaisss, je me sens mieux ! »… » Une façon originale d’exprimer les choses mais qui ressemblait assez bien à ce que je ressentais au même moment !

    Textes > Bruno Heureux. Photo « L’îlot aux Sapins » > Bruno Heureux