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  • PLUS QUE JAMAIS LE SECTEUR DE LA GRANDE DISTRIBUTION RECRUTE!

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    Si l’année 2014 a été relativement bonne dans la grande distribution, elle a aussi permis de faire quelques constats : le discount pur et dur tend à disparaître, la fréquentation des magasins est en hausse mais le panier moyen est, lui, en baisse.

    Ce qui ne devrait pas empêcher les grandes enseignes de continuer à embaucher. Ce sont plusieurs centaines de postes qui vont être à pourvoir dans les prochains mois… 

    Pour ce débat sur la grande distribution, JobsRégions a réuni autour de la table plusieurs enseignes de renom : Lidl, Colruyt, Champion-Mestdagh mais aussi Carrefour, Lediscount/ Eurobazar et Leader Price. Premier constat, le discount pur et dur n’existe plus vraiment.

     « On doit ouvrir la gamme, cela complexifie le métier et pèse sur la rentabilité. On n’a pas d’autres choix pour survivre. Tout le monde se retrouve au centre et on se partage la même part de gâteau, d’autant que le panier moyen diminue tout comme le prix des articles », explique Eric Hubert, directeur général Leader Price/Sobelgel. Clairement positionné sur le discount, Leader Price (qui appartient au groupe français Casino) se lance aujourd’hui un nouveau défi avec le développement d’une enseigne de surgelés, Thiriet, dont le premier magasin va ouvrir en mai, à Waterloo. 

    La réduction du panier moyen est un constat partagé par d’autres enseignes. « Le consommateur et le climat actuel nous poussent à innover de manière continue. Chez Lidl, nous réalisons un focus continu sur l'efficacité, nos processus et notre stratégie. Ce qui garantit notre succès », explique Thomas De Ganck, responsable recrutement chez Lidl Belgique et Luxembourg, un groupe qui compte 300 enseignes chez nous et en comptera 315 d’ici la fin de l’année. « Nous constatons que le consommateur est plus attentif, qu'il recherche en permanence le meilleur rapport qualité/prix. Notre évolution vers le smart discount (rénovations de magasins, élargissement de la gamme de produits frais), nous permet aujourd'hui d'accueillir de nouveaux groupes cibles comme de jeunes familles ».

    Chez Colruyt, on constate aussi un changement des habitudes d'achats ces dernières années. « Mais nous poursuivons cependant notre croissance. Au deuxième semestre de 2014, nous avons connu une belle reprise et avons réalisé aussi beaucoup d'investissement », avance Mathieu Casteele, responsable RH chez Colruyt. « Nos différentes enseignes prennent de l’expansion, notamment ce qui concerne l’ecommerce. Il y a des opportunités d’emplois (lire par ailleurs) et le bilan est rassurant », ajoute-til. 

    Chez Lediscount/Eurobazar, la baisse du pouvoir d’achat est également un constat. « Nous avons modifié nos magasins pour coller davantage aux besoins des clients », note Olivier Elen, directeur des ventes chez Lediscount/Eurobazar. « Les clients vont à l’essentiel et le non-food n’est pas essentiel. Or, ils veulent se faire plaisir avec un budget moindre. Notre défi pour le second semestre et l’année

    2016 sera d’expliquer qui nous sommes et comment nous nous positionnons sur le marché », ajoute le directeur des ventes. 

    MUTATION DES HABITUDES EN COURS

    « Il faut continuer à poursuivre les innovations »

    L’année 2014 de Carrefour aura été marquée par l’achèvement de la transformation des hypermarchés. Cela concerne 45 magasins sur 3 ans. « Nous avons lancé un nouveau processus et nous allons poursuivre les innovations comme le premier drive « solo » (non adossé à un magasin) qui a ouvert ses portes en septembre 2014 à Waterloo. Il commence à bien fonctionner », note Carole Delava, recrutement & mobility manager chez Carrefour. Le groupe va poursuivre le développement en franchises et la transformation des supermarchés Market. Rappelons que les deux premiers magasins Express viennent d’ouvrir leurs portes au Luxembourg ».

    Du côté de Mestdagh, les trois dernières années écoulées ont vu beaucoup d’investissements, notamment pour le remodeling des 16 enseignes reprises à Carrefour et le passage à l’enseigne unique «Carrefour Market-Groupe Mestdagh ». « 2014 a été marquée par un investissement important au niveau des entrepôts, dont la superficie a doublé. Dans les mois à venir, le groupe va poursuivre son expansion via des franchises et travailler sa marge », note Virginie Levert, responsable recrutement et sélection chez Mestdagh. « Nous constatons aussi un changement de consommation chez le client, avec un panier moyen moindre, même si un supermarché de proximité installé, par exemple, dans une galerie commerciale a un autre flux de clients qu’un magasin installé dans une ville comme Spa. A Charleroi, si on suit les promos, un jour sur deux, on a quasiment un repas gratuit. Nous voulons nous différencier par des produits frais : du pain cuit sur place, une boucherie, des fruits et légumes présentés comme chez le maraîcher… Et un focus sur les produits régionaux ».

    Une ligne suivie par Lidl. « En tant que spécialiste du frais, la plupart de nos magasins présentent un rayon boulangerie ou encore un îlot de poisson frais », ajoute Thomas de Ganck (Lidl). «Nous investissons dans le domaine de l'expansion afin de renforcer l'expérience de shopping de nos clients : en proposant des magasins plus spacieux, plus lumineux, habillés d'un tout nouveau concept architectural ». Colruyt se dit prêt à s’adapter aux habitudes d’achat des clients. « Les attentes sont différentes », poursuit Mathieu Casteele (Colruyt Group) argumentant que son enseigne a développé une nouvelle génération de magasin (Colruyt) avec un espace fraîcheur différent, par exemple. 

    PROFILS

    « Il faut pouvoir prendre des initiatives de façon responsable »

    La grande distribution recrute mais quel est véritablement le profil recherché ? A l’heure actuelle, la personne qui travaille en rayon ou à la vente a davantage de responsabilités. « Nous recevons quelque 13.000 CV par an », explique Thomas De Ganck (Lidl). « Pour travailler en rayon, par exemple, il faut de bonnes compétences, ça ne s’improvise pas. Il faut comprendre son secteur, savoir comment fonctionne la grande distribution. Il faut pouvoir prendre des initiatives, comprendre son rayon. J’ai envie de dire aux gens qui veulent venir chez nous d’oser car nous aussi, nous proposons des responsabilités et mettons les gens face à des challenges », poursuit-il.

    Les mentalités ont changé, comme le constate Eric Hubert (Leader Price). « Il a 20 ans, quand on demandait aux universitaires où ils voulaient travailler, ils citaient souvent le secteur des banques ou de l’audit, rarement celui de la grande distribution. Aujourd’hui, dans des entreprises comme la nôtre, on demande un savoir-faire et un savoir- être, ainsi qu’une capacité à gérer des équipes. Avant, les gens se réalisaient à travers leur travail. Aujourd’hui, ils cherchent davantage une qualité de vie et moins une réalisation par le travail. Cela pose parfois problème». 

    Mestdagh se montre pour sa part très actif sur le plan des partenariats, avec une attention particulière pour l'apprentissage des jeunes et la réinsertion professionnelle.

    Source > http://www.jobsregions.be