grèce & europe.

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > « LA GRECE ET L’EUROPE »

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                    Le problème actuel de la Grèce est certainement lié à la mauvaise gestion économique et à la criante injustice sociale, entretenues, l’une et l’autre, par les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays depuis le renversement du régime des Colonels. Mais également et, peut-être surtout, il est dû à l‘initiale complicité coupable de l’Europe qui, pour intégrer ce pays à tout prix, a sciemment fermé les yeux sur ses bilans économiques et sociaux falsifiés. Qu’aujourd’hui, cette même Europe joue à la vierge effarouchée défendant sa rigoureuse pureté économique est tout simplement de l’hypocrisie.

                     La Grèce est un problème pour l’Europe ? Certainement ! La Grèce doit rembourser ses dettes, c’est normal, moral… mais de façon réaliste, adaptée à ses moyens et, avant tout, tenant compte des conditions de vie de ses habitants.

                    Mais, la Grèce n’est pas le seul problème de l’Europe ; celle-ci en collectionne beaucoup d’autres dont le moindre n’est pas celui de l’Allemagne. Très fort aujourd’hui (quoique socialement tout n’est pas rose pour les plus faibles de sa société), l’Allemagne ne doit pas oublier qu’après la guerre 40-45, elle a été aidée, beaucoup plus que la Grèce aujourd’hui, sans avoir les terribles contraintes et pressions dont les habitants de cette dernière sont l’objet. Ce grand pays se comporte comme un nouveau riche à la mémoire courte, ayant trop vite oublié qu’il a été très pauvre, bien plus que la Grèce des années 2010, et qui se montre sans pitié avec les pays moins nantis, même si certains de ceux-ci ont une indéniable part de responsabilité(s) dans leur triste situation.

                    L’égoïsme des états riches et/ou puissants, qui prétendent savoir mieux que les autres ce qui est bon pour les nations plus petites et/ou plus faibles, ne résoudra pas le problème de la Grèce, au contraire. Par contre, si l’Europe parvient à régler la crise grecque, avec patience et respect, rigueur juste et mesurée, écoute compréhensive, justice sociale, sens du devoir et de la solidarité, la Grèce aura été à la base d’un nouveau départ pour l’Europe, une chance pour celle-ci de se bonifier : une nouvelle Europe, refusant, à la fois, la poursuite de sa course effrénée à son élargissement et le renforcement d’un capitalisme effréné et peu soucieux des Européens d’en bas ; une nouvelle Europe où le citoyen sera enfin au centre de ses préoccupations et décisions politiques, économiques, sociales, et surtout positives pour la vie quotidienne de toutes ses composantes, notamment les plus BrunoHeureux 036.jpgvulnérables... Deux conditions sine qua non pour négocier avec réussite un virage très important de son histoire. Sans cela, l’Europe ira droit dans le mur et n’y survivra pas !

    Source & Texte > Bruno Heureux > Photo > AFP