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  • UNE EXPOSITION À VOIR A HANNUT > ETHYLIC - SAMUEL D’IPPOLITO A LA GALERIE JEAN

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    Ethylic - Samuel d’Ippolito.

    Une rencontre improbable d’un vendredi soir sur la terre…

    Finalement une belle coïncidence, un rendez-vous avec un artiste à fleur de peau qui vit et projette ses inquiétudes, voire ses angoisses dans son travail.

    460_ ETHYLIC Samuel D'IPPOLITO_ 011.jpgPlusieurs séries d’œuvres à son actif, celle présentée au Château Mottin est “Ethylic”. Nous sommes en présence d’un collectionneur… peut-être obsessionnel… à vous de vous faire une idée… Pas très éloigné de l’enfant remplissant ses poches de cailloux, il nous plonge dans son univers avec candeur et ravissement. L’artiste est jeune et passionné, gage de spontanéité, ce qui moi m’a emportée…  J’entre dans une réalité différente, pour certains, ne sont présentés que des assemblages de bouchons mis en scène, pour d’autres, allégorie de la nature avec « Purple Mountains », une de ses premières œuvres où il n’y a que la signature qui est encore hésitante. La scénographie de l’œuvre est établie, tout converge vers l’œuvre d’art… Ne nous y trompons pas, la jeunesse de l’artiste est d’autant plus frappante que la qualité de son travail est millimétrée de recherche, l’effet semble méticuleusement réfléchi tout en étant libre, sans contrainte. Enfant, il a développé ses capacités à l’atelier de Nadine Fabry… L’art un merveilleux endroit de rencontres…460_ ETHYLIC Samuel D'IPPOLITO_ 014.jpg

    Les liens établis par Samuel D’Ippolito sont tirés de ses réalités, un atelier lumineux, ancienne terrasse de la maison familiale, face à l’usine Cockerill ; une famille portante, qui fait grandir ; des études d’administration des affaires dont il sort en 2008 ; un trentenaire actif qui un jour, s’est assis dans un canapé et a joué avec des bouchons abandonnés sur une table de salon, un peu déprimé de son quotidien… Une ligne de bouchons bien ordinaire est à l’origine de cette vague de fond, non de fond de bouteille, mais de mouvement, un tsunami artistique.

    Une œuvre où tout est lien, tout est oscillation. Liens établis entre le cinéma, le milieu de vie et les connexions étranges et propres qui naissent dans le cerveau de l’artiste. Ses interrogations sont nombreuses, variées comme les bouchons de ses œuvres… aucun n’est identique, tous sont travaillés un à un, placés et regardés pour œuvrer à la réalisation commune… dont le résultat s’apparente à l’indicible.

    460_ ETHYLIC Samuel D'IPPOLITO_ 028.jpgUne installation de 9 carrés attire le regard dans un coin… Samuel D’Ippolito vient de me parler de cinéma et moi, je projette « La piel que habito » film de Pedro Almodovar sorti en 2011 sur cette œuvre, peut-être la couleur, le ressenti, la délicatesse des formes, mais aussi le découpage… un fil éphémère se tisse entre ce que je vois, ce que je sens, ce que je sais.

    Partout où le regard porte dans cette exposition, sur chacune des représentations de l’univers “Ethylic” du plasticien, une réalité s’offre, différente des nôtres. L’une est même véritablement odorante… Le feu l’a consumée, l’a transformée… Elle est corps calciné… J’en ai presque le cœur dans la gorge tellement le ressenti est là, le haut-le-cœur est puissant, les émotions jaillissent… Le doute s’installe… Où suis-je ? Dans une galerie, campée sur mes deux pieds où face à une atrocité aux formes douces, rondes presque féminines… le malaise persiste, la respiration s’accélère, vite tourner les talons, s’éloigner…

    Ici, le mouvement, la goutte d’eau qui s’imprime dans le mur, remous qui tend à l’immobilité, vie éphémère d’une impulsion qui s’estompe…

    Certaines représentations sont enchâssées dans un cadre comme une vitrine, comme ce fameux Grey Smoke, autant que la fumée reste confinée à l’intérieur, quelle ne nous salisse pas, ne nous envahisse pas…460_ ETHYLIC Samuel D'IPPOLITO_ 030.jpg

    Toutes ces créations, participent, ne vous y trompez pas, à nous faire sentir l’éther… Comme si le but de l’artiste était de nous emmener au-delà de nos représentations. Toutes ses installations sont interrogations face à la vie, aux chemins qu’elle peut emprunter que ces parcours de vie soient torturés, angoissés ou…

    De l’infiniment petit, un détail de main à l’immensité universelle de nos questions sans réponses… Geneviève Babe.

    À découvrir jusqu’au 30 janvier à la galerie d’art du Château Mottin, rue de Landen, 23 à 4280 Hannut.

    Source > Alain Bronckart sur > https://www.facebook.com/alain.bronckart