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    belgium_pop_1968.jpgVendredi dernier, le quotidien « Le Soir » a publié un dossier sur l’évolution démographique à Bruxelles et en Wallonie, entre 2005 et 2010. Il contient un classement des 50 communes qui ont vu leur population augmenter le plus dans ces deux régions confondues ; Hannut y occupe la 35ème place avec un pourcentage de progression de + 10,6%. Mais si l’on s’en tient à la Région Wallonne, Hannut occupe la 23ème place.

     

    Ce poucentage est important ; il aide à comprendre, en partie certes mais pas sans raison, à expliquer pourquoi nombre d’habitants de l’entité, de souche ou qui s’y sont établis et intégrés de longue date, à ressentir que leur petite ville et les villages environnants ont beaucoup changé, notamment au cours de la période visée par le dossier du « Soir ».

     

    Leur constat n’est pas l’expression du repli sur soi, du rejet de « l’étranger », du refus du changement et de la modernité. Non, il exprime simplement le regret de voir diminuer, voire disparaître, les valeurs qui rendaient attrayante la petite cité hesbignonne : un centre-ville hannutois animé par des commerçants locaux, des espaces non bâtis entre Hannut et les villages, ces derniers au caractère rural intact, où tout le monde se connaissait et se parlait, à l’habitat individuel rénové ou neuf le long de voiries existantes, des activités agricoles et leurs conséquences considérées comme des atouts et non comme des nuisances sonores ou olfactives, des festivités locales destinées essentiellement aux occupants des lieux pour créer ou entretenir des liens …

     

    Ceci ne remet nullement en cause ce qui est et a été réalisé de positif dans notre commune, ce que la majorité ne manquera pas, à juste titre, de mettre en lumière lors de la prochaine campagne électorale. Mais ces améliorations, la plupart urbaines, commerciales, routières, immobilières, esthétiques et/ou de prestige ne se font-elles pas, trop souvent, en reléguant au second plan des besoins humains fondamentaux comme la qualité de la vie des citoyens et le mieux vivre ensemble, notamment au sein des villages ?

    Diriger, c’est se donner des priorités, faire des choix ; ceux-ci ne peuvent satisfaire tout le monde, on le comprend. Mais dans une région rurale comme la nôtre, dont la plupart des dirigeants sont d’origine « terrienne », laisser s’éroder l’essence-même de cette région, c’est contribuer à abîmer un patrimoine que des générations de gens courageux et travailleurs ont contribué à développer avec fierté. Alors, de nos dirigeants au plus modeste d’entre nous, restons dignes de l’héritage qui nous a été transmis.

     

    Dans cet esprit, un extrait du dossier du Soir a de quoi nous faire réfléchir ; il est empreint de bon sens, de mesure. Alors que la ville d’Enghien ne veut pas passer les 15.000 habitants, Esneux tient à son cadre bucolique. Voici ce qu’écrit Julie Schyns à propos de la commune liégeoise :

    « A Esneux,commune verte située en périphérie liégeoise, on recense actuellement 13.200 habitants, un chiffre qui n'a presque pas évolué ces dernières années ; en cause, le faible potentiel urbanisable du territoire, traversé par de nombreux sites remarquables et zones inondables mais également la volonté communale de·conserver la quiétude de ses villages et hameaux. Autrement dit, les responsables politiques ne courent pas après les nouveaux habitants. « On ne met pas en exergue les nouveaux complexes de logements car on ne veut pas qu'Esneux se transforme en cité-dortoir, commente Laura Iker, bourgmestre (MR). Notre commune n'a pas beaucoup de richesses, hormis ses espaces verts. On n'a pas de zones industrielles, pas de casino ... hannut,blog,bruno,heureux,démographie

    On ne veut pas perdre ce cadre bucolique ». Récemment, le Collège communal a rendu un avis défavorable dans deux dossiers de construction de lotissements, sur des parcelles privées. « L'idée n'est pas de saboter les entrepreneurs, nous sommes juste exigeants au niveau des projets de construction, il ne faut pas qu'ils viennent perturber la vie des Esneutois, affirme la bourgmestre. On ne souhaite pas non plus devenir le dernier village reculé de Belgique, mais il faut penser l'urbanisation dans le respect de ce qui est déjà là. » Qui dit accroissement de la population, dit augmentation de l'impôt sur les personnes physiques et du précompte immobilier. La politique esneutoise en matière d'urbanisation ne représente-t-elle pas un manque à gagner pour la commune? « Il y aurait peut-être moyen de faire mieux avec l'argent des taxes mais gagner plus grâce à un accroissement de la population, c'est aussi rendre plus de services. Par exemple, si on autorise de nouvelles constructions, il faudra prévoir tout un
    nouveau système de déneigement », note Laura Iker. « La seule manière d'accroître nos recettes, c'est de densifier les centres mais on ne verra jamais à Esneux d'énormes buildings comme à Droixhe », assure Léon Martin, échevin de l'Aménagement du territoire… »

     

    Puissent les réflexions des dirigeants d’une cité sensiblement pareille à la nôtre continuer à guider nos élus dans leurs décisions de demain, judicieuses pour l’ensemble de tous les Hannutois, qu’ils soient « rats des villes ou rats des champs » .

    Bruno Heureux.