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    624_341.jpgLes v(e)aux et les cons de mars

                    En voilà un titre tordu, alambiqué ! Voire grossier ! Non, pas jusque là ! Mais bien de saison et justifié, qui mérite quelques explications.

    V(e)aux  

                

    Chez nous, comme dans certaines contrées de France, les giboulées de mars sont souvent appelées « v(e)aux de mars ». « Vaux ? » « Veaux ? » Chacune des deux orthographes de cette expression purement régionale est utilisée suivant le sens donné au mot v(e)aux. Si l’on parle des vallées charriant les eaux d’un ciel prodigue en averses, on écrit « vaux », le pluriel de « val ». Si par contre, on évoque les jeunes bovidés qui se soulagent généreusement comme « vaches qui pissent », on écrit « veaux », le pluriel de « veau ».

                    Cette année, depuis le début du mois de mars, à ce phénomène normal et saisonnier est venu s’ajouter un autre, moins courant et plus remarquable, la prolifération des « cons de mars ». Jugez-en : con-clave romain, con-clave budgétaire, con-trastes, cons tristes… font l’objet de commentaires multiples remplissant des pages entières de nos journaux télévisés, parlés et écrits. Sans oublier les « cons » annexes, plus habituels, comme con-currence, con-cile, con-cierge, con-citoyen, con-sœur, con-damnation, con-fession, con-sternation, con-grégation, con-sommation, con-stitution, con-testation, con-traception, con-ciliabule…(bulle papale, bien sûr !!!)            

     Con-clave

    66280987.jpgL’origine du mot conclave est latine : « con » descendant de « cum », signifiant « avec, ensemble » ; « clave », dérivant de « clavis », se traduit par « la clé ». Le conclave est donc une réunion de personnes enfermées à clé dans un lieu isolé du reste du monde ; mot pris au sens littéral pour le con-clave romain, au sens large pour le con-clave budgétaire en Belgique. Tant les cardinaux, ces éminences pourpres, que nos ministres, nos éminences grises, se con-centrent et se con-certent pour que, le plus rapidement possible, une fumée blanche les délivre de leur con-finement pour cause de travaux  compliqués ; compliqués, en effet, car, chez les uns comme chez les autres, les con-frontations sont parfois rudes entre tendances opposées par la « philosophie » et, ne le cachons pas, par des intérêts con-tradictoires et partisans...

    Con-trastes 

    RondCouleurs.jpgPourtant des con-trastes évidents existent entre ces deux con-claves. Con-traste d’abord entre les participants : à Rome, une assemblée à 100% masculine, composée de prélats à la retraite ou en passe de l’être, auxquels, paraît-il car nous ne sommes pas invités, se mêle discrètement le Saint-Esprit ; à Bruxelles, l’ombre de la NVA est omniprésente et plane sur un gouvernement de personnes en pleine force de l’âge, constitué non seulement d’hommes et mais aussi de femmes qui ont - plus que - leur mot à dire.  Ensuite, con-traste des odeurs : à Rome, le relent de papier brûlé après les scrutins vient troubler l’odeur de sainteté qui, normalement, imprègne les con-ciliabules  ; à Bruxelles, des émanations de souffre et de campagne électorale polluent en permanence les con-frontations politiques et politiciennes. Con-traste encore entre l’autocratie vaticane et la démocratie belge : le Souverain Pontife, choisi par et parmi une petite caste de privilégiés désignés par les papes successifs, reste au pouvoir quelle que soit la justesse ou l’inadéquation de ses déclarations et décisions ; le gouvernement belge, lui, est l’aboutissement d’un processus démocratique où le chef de gouvernement et ses ministres sont jugés régulièrement par les électeurs. Enfin, au bout de quelques jours d’enfermement, l’élu du Vatican change de nom et devient le chef incontesté de ses con-frères ; tandis qu’à Bruxelles, au sortir du con-clave au bout de longues semaines, le chef ne change pas de patronyme quitte à se faire traiter de tous les noms d’oiseaux par ses opposants et même, parfois, par les membres de son gouvernement.

    Cons tristes

    4224585.jpgRemarquez qu’il n’y a pas de trait d’union entre les deux mots… Et à raison. Car, si au Vatican les rivalités et éventuels coups bas se passent loin des regards, en Belgique tout se passe sur la place publique avec les conséquences négatives que cela engendre. Certes, le manque de transparence habituel du Vatican n’est pas un exemple. Mais, chez nous, celui d’hommes politiques vaut-il mieux ? Est-ce faire preuve d’intelligence et du sens des responsabilités que, dès avant le con-clave budgétaire, se lancer des petites phrases ironiques, des critiques virulentes, des insinuations perfides, des « c’est à prendre ou à laisser » ?  Non, bien sûr ! Au contraire, ces (ir)responsables font tout pour mériter le titre provocant de ce paragraphe. Pourtant, en con-clusion, je ne leur jette pas la pierre et reste con-structif car, comme pourrait le dire Marie Thumas, une fois mis en boîte, « les con-serves » !!! Oui, les cons servent !!!!!!

                    Je le con-cède, si le fond de cet article est s’avère acceptable, sa forme est pour le moins sujette à con-troverses . En effet, vous l’avez deviné, je n’ai pas résisté à la tentation d’essayer quelques jeux de mots, fussent-ils consternants et ne faisant sourire que moi !!!  On (je) ne peut (peux) pas être excellent chaque fois !

                    Alors, (pas) vraiment con-trit mais con-scient d’avoir pris le risque d’être, à mon tour, considéré comme un con triste, je vous remercie, dès à présent, de bien vouloir me pardonner mes écarts de langage et divagations.

     

    Source texte > Bruno Heureux.