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  • CLAVIER D'ORDINATEUR : LA MANIÈRE DE TAPER RÉVÈLE BIEN DES CHOSES

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    Déterminer automatiquement le sexe, l’âge ou l’état d’esprit de l’utilisateur d’un clavier ? Cela paraît improbable et pourtant c’est possible. Après la graphologie, voici la « claviologie ».

    A l’instar de l’écriture manuelle, qui présente des caractéristiques spécifiques selon les individus, nous ne tapons pas tous de la même manière sur un clavier d’ordinateur. La « claviologie » s’intéresse à ce phénomène et progresse à grands pas. Une équipe d’ingénieurs français s’est spécialisée dans ce domaine passionnant.

    Des différences entre hommes et femmes

    Voici quelques années, ces chercheurs de l’Ecole nationale supérieure d’ingénieurs de Caen (Ensicaen) avaient franchi un premier cap : la mise au point d’un logiciel permettant de distinguer les différents utilisateurs d’un même clavier. Comment ? En tenant compte de paramètres comme le temps de pression et de relâchement des touches ou le temps nécessaire pour passer d’une touche à l’autre. « Ces différences se calculent en millisecondes », explique le Pr Christophe Rosenberg, cité par le quotidien suisse Le Temps. L’ordinateur mémorise ce « style » personnel et peut ensuite reconnaître son auteur.

    L’année dernière, l’équipe de l’Ensicaen , qui a collaboré avec des confrères du Greyc (Groupe de recherche en information, image, automatique et instrumentation de Caen), a annoncé avoir réussi à mettre au point un logiciel qui permet de déterminer (avec un taux de succès de 80 à 90%) si c’est un homme ou une femme qui tapote sur le clavier. En fait, poursuit le Pr Rosenberg, « les hommes tapent en moyenne plus vite et avec un temps de pression plus court que les femmes ». Les capacités intrinsèques n’ont rien à voir là-dedans : sans doute les femmes font-elles preuve de davantage d’application.

    Un outil de sécurité

    Et la troisième étape, qui vient d’être annoncée, porte sur l’évaluation de l’âge de l’utilisateur ; mais à la grosse louche, puisque le programme informatique permet (avec une fiabilité de 80%) de savoir s’il est âgé de plus ou de moins de 30 ans. Une question de dextérité au bénéfice des plus jeunes, qui ont grandi dans l’univers informatique. Et on apprend, enfin, qu’une équipe américaine conduit des travaux (quelques résultats ont déjà été publiés) destinés à cerner l’état émotionnel, comme la nervosité, en fonction de la dynamique de frappe (rythme, erreurs…).

    A quoi tout cela peut-il servir dans la pratique ? Par exemple à renforcer la sécurité d’un mot de passe en intégrant la reconnaissance de « l’écriture clavier ». Ou à développer des logiciels de surveillance des tchats, permettant de déterminer si un usager est plus âgé que ce qu’il prétend (on pense à la lutte contre la pédophilie). En tout état de cause, la « claviologie » doit encore livrer bien des secrets.

    Source > http://www.passionsante.be