aric zemmour

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > ERIC ZEMMOUR !

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    Cet article était écrit avant la tragédie de Charlie Hebdo et de ses suites ; je les j’évoquerai plus tard, avec un peu de recul ; mais, selon moi, elles ne changent rien au propos développés ci-dessous.

    ERIC ZEMMOUR

                    Que le verbe et la littérature du polémiste français, imprégnés d’une xénophobie pernicieuse, puissent choquer les honnêtes gens, on le comprend. Pourtant, au-delà de cette indignation, gardons la tête froide et l’esprit lucide, évitons les réactions purement émotionnelles ; celles-ci donnent trop souvent des réponses inadéquates, parfois teintées elles-mêmes d’une forme de racisme inavoué mais bien présent, lourdes d’amalgames injustifiés et injustes, incomplètes, simplistes et sans nuances, à des questions complexes touchant aux fondements mêmes de notre société démocratique ; avec, dans le cas présent, comme conséquence perverse, une propagande médiatique inespérée pour l’auteur d’un livre qui n’en méritait pas tant.

    Questions et réponses

                    Victime d’une crise, notamment économique, sociale et morale, profonde comme rarement auparavant dans son histoire, notre société occidentale est fragilisée. Pour la protéger, d’aucuns prônent le repli sur soi, identitaire, défensif, protectionniste, paranoïaque, égoïste ; Zemmour est de ceux-là, suivi, il faut le reconnaître, par un pourcentage non négligeable de les populations.

                    Devant pareille proposition et pour éviter qu’elle ne fasse tache d’huile, il est urgent de nous poser les vraies questions. La méfiance ou carrément le rejet de l’autre, du différent, de l’inconnu, de l’étranger « venu chez nous prendre le travail et manger le pain» des gens de souche... le souhait d’un retour à un passé regretté sans nuances, qui avait, certes, ses avantages mais aussi d’énormes défauts que nous ne supporterions plus aujourd’hui... la négation d’une réalité où mondialisation et multi-culturalité sont des données dont il faut tenir compte... ces réactions sont-elles de vraies solutions aux problèmes de santé de notre société ? Il est permis d’en douter ! En effet, avons-nous tellement peur pour nous-mêmes et de nous-mêmes, sommes-nous si faibles que nous soyons incapables d’oser faire face, d’argumenter et de contredire avec force et justesse les dires d’un bateleur aux propos réducteurs et aux déductions fallacieuses, au point de vivre barricadés derrière le mur de nos inquiétudes et préjugés ? Si c’est le cas, l’avenir de notre société est sérieusement compromis parce que soumis au vent dévastateur du pessimisme d’un prédicateur et de ses coreligionnaires, aux analyses et diagnostiques douteux, aux remèdes dangereux pour la population. 

                    Nier les importants problèmes réels de notre société, générés par l’évolution des rapports de force, notamment économiques, au niveau mondial, liés aux  délicats drames humains et sociaux créés par les flux migratoires de plus en plus conséquents, causés et amplifiés par les intégrismes de toutes sortes... serait également très dangereux ; il est donc vital de leur trouver des solutions efficaces et durables. Mais en attendant leur mise en pratique et/ou leur intensification, ce n’est pas une raison pour applaudir ou, tout aussi grave, pour déplorer passivement les vérités « Zemmouriennes ».

    (Ré) agir

                    Même s’il distille la méfiance et la zizanie entre les gens, les cultures, les religions, interdire à Zemmour de venir chez nous est anti-démocratique et improductif ; laissons-le parler, s’expliquer quitte à ce qu’il soit sanctionné sévèrement s’il dépasse les limites éthiques tracées par nos lois.

                    Mais, face à ses propos ambigus, simples citoyens, intellectuels, acteurs de terrain et responsables politiques, osons affronter ce monsieur à visage découvert ; tous, pourfendons ses constats fébriles, tendancieux, excessifs, par des arguments solides, théoriquement irréfutables et pratiquement probants parce que tirés de la réalité vécue au sein de notre société. Mais, pour que ce bien vivre ensemble existe vraiment, s’améliore, devienne plus solide et exemplaire, chacun de nous doit s’investir, dans sa vie courante et dans son milieu, pour désenclaver les ghettos raciaux, urbains, sociaux et combattre l’a priori méfiant et injuste.

    Concrètement : gens de souche, accueillons les étrangers venus pacifiquement apporter un plus à notre humanisme multiculturel, aidons-les à s’intégrer ; nouveaux arrivés, respectons le milieu, les usages et la culture qui nous accueillent, sans vouloir importer, imposer les nôtres vécus dans  un milieu tout à fait différent ; les uns et les autres, écoutons, dialoguons, découvrons, rejetons préjugés et amalgames, partageons équitablement travail, bien-être, reconnaissance sociale, qualité de vie, construction de projets communs...

                    Pour donner à nos efforts individuels et collectifs plus de chance(s) de réussir ce généreux programme ambitieux  et capital pour notre société, le soutien de nos gouvernants est indispensable, au moyen de judicieuses et efficaces politiques économiques, sociales et culturelles. Fameux challenge ! Car il y a encore beaucoup de pain sur la planche ! Mais la guérison de notre société passe par là et pas par les pseudo-remèdes empoisonnés d’Éric Zemmour et de ses semblables, venus d’ailleurs et/ou de chez nous.

    Source & Texte > Bruno Heureux.