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  • 5 000 EMPLOIS EN VUE A LIEGE AIRPORT

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    Nouvelles compagnies, nouvelles zones d'activité économique, et toujours plus de clients...

    Tout autour de son airside area, le premier aéroport cargo de Belgique va créer plusieurs milliers d'emplois. Comment décrocher un emploi dans l'aérien ou la logistique ?

    Depuis le 29 mai, Liège Airport compte un nouvel occupant : ANA Airline Management. Cette compagnie aérienne cargo opère cinq vols réguliers par semaine, auxquels s'ajoutent des vols charters et humanitaires ponctuels. Avec Ethiopian Airlines, AV Cargo et Qatar Airways, ANA Airline est la quatrième compagnie aérienne africaine à s'implanter à Liège. Près de 80 emplois directs et 200 indirects devraient être créés, à terme. Ces postes de travail se concentrent au sein de la société Lachs qui s'occupe de la manutention des opérations de la compagnie aérienne. Spécialisé dans le fret, l'aéroport liégeois voit transiter par ses pistes des avions-cargos chargés de poissons, de fleurs ou de courrier mais, depuis quatre ans, Lachs s'est aussi fait une réputation dans le milieu équestre. L'année dernière, elle a transporté 700 chevaux de compétition en trois semaines. Le transport de chevaux est un business très particulier, explique Fabrizio Giancola, DRH de la société. Il nécessite une chaîne logistique bien rodée. On fait plusieurs charters par an, 60 à 70 chevaux par vol et sans aucun incident, ce qui est très important quand on sait que la valeur moyenne de ces chevaux tourne autour du million d'euros. Avec l'arrivée d'ANA Airline, 52 personnes ont déjà été engagées. Des manutentionnaires et des caristes, mais aussi des employés opérationnels, chargés de superviser le chargement des avions, le tonnage, la sûreté et l'administration interne. Actuellement, on refait une réserve de recrutements. Mais on recherche surtout des gens opérationnels, avec la passion du métier, indique Fabrizio Giancola. Un plan de formation est toutefois prévu en interne, de manière à rendre les nouvelles recrues autonomes en un mois.

    Qui sont les employeurs qui embauchent à Liège ?

    LE HUB LOGISTIQUE DE TNT

    Liège est le principal hub européen de TNT Express depuis 1998. Chaque nuit, environ 40 avions et 125 camions TNT Express y sont actifs. En avril, TNT Express a annoncé vouloir investir des « dizaines de millions d’euros » pour améliorer la productivité de son hub européen. Cela devrait lui permettre d’accélérer les délais de gestion des colis et de réduire les coûts. Plusieurs mesures sont envisagées, dont l’installation d’un système de tri automatique des colis et documents, la centralisation du screening des paquets en un seul endroit, ou encore l’achat de machines à scanner supplémentaires. Elles prendront effet d’ici à 2016.

    LA PHARMA ET LA SANTÉ

    Parmi les secteurs qui recrutent, le secteur de la santé est particulièrement dynamique. L'une des meilleures success-stories liégeoises reste la société pharmaceutique Mithra, issue de l'ULg. Le spécialiste de la contraception et de la santé féminine poursuit son projet de créer en périphérie de Liège un complexe de production et de recherche. C’est en mars 2013 que la société de François Fornieri avait décidé d’acquérir 30 000 m2 dans le parc d’activités de l’Arbre Saint-Michel à Flémalle. Un centre de R&D ainsi que plusieurs lignes de production de médicaments devraient venir s’y installer. Plus loin, les institutions hospitalières comme CHR Citadelle, Laurenty et ISoS Liège emploient plus de 8 500 personnes dans la région. Mais d'autres pourvoyeurs d'emplois gravitent aussi dans ce giron : le bâtiment, le nettoyage, le transport et la logistique et l’aéronautique. Géographiquement, ce sont Liège et les grandes communes avoisinantes, Seraing et Herstal, qui constituent les principaux bassins d’emplois de la province.

    LE POIDS PUBLIC

    Environ un tiers des emplois liégeois provient du secteur public. La Région wallonne est également fort présente dans bon nombre de sociétés publiques, parapubliques ou ayant un actionnariat public, comme la firme chimique Prayon ou le fabricant d’armes FN Herstal, la Société publique de gestion de l’eau (SPGE) ou encore le groupe Tecteo qui progresse d’année en année.

    LE SECTEUR PRIVÉ

    Liège compte aussi d'autres locomotives régionales, telles que Techspace Aero, Laurenty, TNT Express Worldwide, CMI, Galère, la Câblerie d’Eupen, Magotteaux, Spa Monopole ou encore Lampiris. Aujourd’hui, troisième fournisseur d’énergie du pays, cette jeune entreprise liégeoise est la première en termes de chiffre d’affaires avec près de 700 millions d’euros en 2012 et autour du milliard pour 2013.

    « Il faut anticiper les métiers en adéquation avec les exigences de l'entreprise »

    Luc Partoune est le directeur général de Liège Airport. Son aéroport offre de l’emploi à 180 personnes, une centaine d’ouvriers et 80 employés, répartis dans trois entreprises : Liège Airport, Liège Airport Security (qui gère tous les aspects de la sécurité, dont le contrôle des badges et le scanning des passagers) et Liège Airport Business Park (qui s’occupe d’immobilier).

    Il y a vingt ans, il n’y avait que quinze personnes qui travaillaient à l’aéroport de Bierset. Quel est son impact aujourd'hui ?

    Aujourd’hui, nous répertorions environ cinquante métiers qui ont trait à la gestion aéroportuaire, au contrôle des vols, à la maintenance aéronautique, aux services pompiers et aux départements commerciaux et financiers. La particularité, c’est qu’un aéroport est opérationnel 24 heures sur 24. Le travail se fait par pause. On travaille aussi la nuit. Mais cela ne nous empêche pas de recevoir cinq demandes d’emploi par jour. En quelques années, l’aéroport est donc devenu un pôle économique important dans la région. Selon la Banque Nationale, il a créé 3 500 emplois directs et 10 000 emplois en appui de l’activité.

    En juillet, la Région a marqué son accord concernant les Zones d’activités économiques (ZAE) autour de Liège Airport. Comment sont-elles amenées à se développer ?

    Une grande partie des terrains que nous souhaitons aménager appartient à la Sowaer, la Société wallonne des aéroports, à qui nous sommes organiquement liés. Dans un an, ces terrains seront mis en vente et pourront accueillir des activités économiques. D'un côté, on pourra accueillir des activités de bureau et des infrastructures de soutien à l’aéroport passager. Plus de 1 000 emplois devraient ainsi être créés. D'autre part, plusieurs zones de fret sont en train d'être aménagées de manière à accueillir des entreprises logistiques, utilisant les infrastructures de l’aéroport. Près de 4 000 emplois devraient voir le jour sur ces terrains. Le transfert de marchandises, l’e-commerce, mais aussi le domaine pharmaceutique – très présent dans la région liégeoise – seront sans doute les principaux leviers de développement.

    Récemment, de nouvelles compagnies cargo ont rejoint l’aéroport. Comment se passent ces collaborations ?

    Ces sociétés n'ont pas vraiment de bases ici. Elles ont recours à des agents en escale. En d'autres termes, leurs activités sont traitées par des sociétés comme Avia Partner, Swiss Port et Lachs. Ce sont ces sociétés, bien implémentées à Liège, qui bénéficient des retombées positives de ces compagnies. ANA Aviation, qui a démarré ses vols il y a une semaine, a déjà créé 60 emplois locaux. Et devrait en créer 200 autres, de manière indirecte.

    Liège-Bierset compte intensifier une autre de ses activités : le transport de passagers. De quoi concurrencer Charleroi ?

    Nous n’avons pas les mêmes spécialités. Liège se consacre au cargo et Charleroi au transport de passagers. La taille de notre terminal ne permet d'atteindre qu'une capacité de 1,5 million de passagers. Et nous ne souhaitons pas aller au-delà. Cela dit, le transport de passagers reste une activité complémentaire intéressante. Nous menons des activités charter depuis vingt ans. Et, depuis janvier, notre tarmac accueille la compagnie Air Corsica, qui dessert deux vols par semaine à destination d'Ajaccio et de Bastia. Cette activité représente environ 28 000 sièges. Et la fréquence montera à quatre vols durant l'été.

    Dernièrement, il a été suggéré qu’une partie du trafic fret de Bruxelles National soit déportée sur Liège Airport. Est-ce réaliste ?

    Oui, Liège Airport dispose de tous les moyens pour soulager les jours et les nuits des habitants de l’agglomération bruxelloise. L'avantage, c'est que nous n'avons aucune restriction en termes de vols de nuit. L’aéroport est ouvert 24 heures sur 24, nous avons suffisamment de réserve de pistes disponibles à Bierset, et une accessibilité bien plus grande qu’à Zaventem. Sans compter le futur raccordement de l’aéroport liégeois au réseau TGV européen pour le transport des marchandises. Enfin, contrairement à Bruxelles, le gouvernement wallon a investi en faveur des riverains, au travers d'une isolation efficace des logements environnants.

    Logistique, commerce, aéronautique... Où trouvez-vous le personnel qualifié ?

    Nous collaborons avec l'enseignement, car il faut anticiper les métiers en adéquation avec les exigences de l'entreprise. Aussi bien HEC-ULg que les hautes écoles proposent désormais des modules spécifiques au commerce extérieur et à la logistique. Mais on s'appuie aussi sur les centres de formation et d'enseignement de la Région. Un exemple ? Le centre de compétence Forem Logistique, qui sert comme outil de formation, mais aussi comme vitrine des réalisations technologiques wallonnes, est basé juste à côté de l'aéroport.

    Source & Texte: Rafal Naczyk via > http://www.references.be