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  • MOTS CŒUR & MOTS TUS PAR BRUNO HEUREUX > TROP D’ÉTRANGERS ? ……..

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                    « On ne lis plus tes réflexions et articles personnels mais celles et ceux d’autres personnes… Quoi ? Tu n’as plus d’idées ? ».  Si, j’ai encore, beaucoup !

    Mais lorsque certains sujets dignes de vous intéresser ont été traités par d’autres, avant moi et aussi bien si pas mieux que j’aurais pu le faire moi-même, je préfère laisser à leurs auteurs le soin de partager avec vous leur vision des choses. Ceci dit, aujourd’hui, je reprends la plume pour vous parler d’un sujet d’actualité.

    Trop d’étrangers

                    «  Il y a trop d’étrangers en Belgique et ils reçoivent des aides sociales dont ne bénéficient pas nos compatriotes pauvres…On ne peut pas accueillir chez nous toute la misère du monde… Il n’y a pas assez de travail pour nous, alors, que les étrangers retournent dans leur pays. » Il ne se passe pas une journée sans que l’on entende ces remarques et reproches sur les marchés, dans les bistrots du coin, les files d’attente, les transports en commun... Propos émis par des « gens ordinaires »? Bien sûr, imprégnés qu’ils sont par les titres sensationnels et le contenu populiste de certains médias ! Mais aussi dans les « bonnes familles », lors des repas ou en prenant le pousse-café . Et encore dans la bouche de certains de nos hommes politiques. Et la crise ne fait que renforcer ces opinions qui méritent pourtant d’être nuancées.

                    Oui, il y a trop d’étrangers chez nous, ceux qu’on laisse s’installer, vivoter et, au fil des mois et même des années, s’intégrer tant bien que mal sans que l’administration n’éclaircisse leur situation et ne statue sur leur sort. Une procédure rapide, basée sur des critères clairs, précis et équilibrés devrait, dans des délais raisonnables, courts, permettre d’accepter les immigrés qui en ont le droit et de reconduire à la frontière ceux qui ne remplissent pas les conditions requises pour bénéficier de ce droit.

                    Oui, nous avons nos pauvres, plus qu’on le croit, que notre société parvient très difficilement à aider ; preuve en est que, souvent, le bénévolat et la générosité du public sont sollicités pour pallier les insuffisances d’un système de solidarité trop peu efficace dont notre état démocratique devrait avoir honte.

                    Sans entrer dans le détail, il y a actuellement en Belgique sensiblement autant de demandeurs d’emplois que d’emplois vacants, par manque de candidats à ces postes. Pourquoi ? Parce que trop de Belges refusent d’exercer certaines professions qu’ils jugent pénibles ou dégradantes. Par exemple, il manque des travailleurs dans les métiers manuels en général, dans la construction en particulier. Autre exemple, à Bruxelles, à la STIB, une partie importante du personnel « navigant » est étrangère ; sans parler du service des immondices souvent réservé à des gens d’ailleurs. Nous vivons la même situation que celle vécue après la seconde guerre mondiale lorsque nous avons dû faire appel à la main-d’œuvre étrangère pour faire « tourner » nos charbonnages ainsi que notre industrie métallurgique et sidérurgique. En a découlé l’arrivée massive d’Italiens, de Polonais, d’Espagnols, de Portugais, de Turcs et, aujourd’hui, de Nord-Africains. Il faut être honnêtes à leur égard, c’est en bonne partie grâce à ces travailleurs que l’économie de notre pays a pu se développer et que nous bénéficions généralement d’un niveau de vie que beaucoup nous envient… D’où, actuellement, l’afflux de nouveaux arrivants qui espèrent vivre mieux ici que chez eux.

    La solution

                    La solution à ces flux migratoires, alimentés par la pauvreté et l’instabilité politique des pays d’où proviennent ces migrants, est pourtant simple, très simple, trop simple, utopique me dit-on : elle consiste à faire en sorte que les populations de ces pays se sentent bien chez elles et n’éprouvent plus le besoin de venir chez nous, qu’elles aient accès à une nourriture quotidienne décente, à l’éducation scolaire, aux soins de santé, à une économie locale qui ne soit pas torpillée par l’invasion de produits occidentaux…

                    En effet, est-il normal que des pays qui, il n’y a pas si longtemps, étaient autonomes pour leur alimentation doivent aujourd’hui importer des pays riches ce qu’ils produisaient eux-même en quantité suffisante ? Est-il moral que les prêts des organismes financiers internationaux aient pour effet principal la paupérisation exponentielle de ces états et de leurs populations ? La Banque Centrale Européenne prête aux banques européennes de l’argent à un taux de 0,25%, argent que ces banques nous « refilent » à du ± 5% si pas plus !!! Pourquoi la BCE ne prêterait-elle pas directement aux pays pauvres à du 0,25% ? Des prêts non pas à leurs dirigeants qui trop souvent détournent à leur profit une bonne partie de l’aide extérieure , mais des prêts pour la réalisation de projets concrets bénéficiant directement aux populations, dans le style des « Iles de Paix », avec contrôle d’organismes neutres et non intéressés. Contrairement à aujourd’hui, ces dettes seraient remboursables.

    Manque de courage

                    Quand donc les grands de notre monde comprendront-ils que le salut et la paix des pays pauvres - et les nôtres - passent par le développement économique et démocratique des continents et pays les plus défavorisés ? Quand auront-ils le courage de passer à l’acte et de nous montrer, dans des décisions audacieuses et altruistes, le bon exemple de la solidarité, de la coopération, du partage ? Jusqu’à quand fermeront-ils les yeux sur la conséquence inéluctable de leur comportement irresponsable, à savoir une violente révolution mondiale, économique et sociale qui aura lieu d’abord chez nous ? Poser ces questions, c’est poser le doigt là où le bât blesse : en effet, ce n’est malheureusement ni le bon sens ni la solidarité qui mènent le monde mais l’égoïsme et le « moi d’abord  et après moi, les mouches ! ». Sans changement radical de comportement, ce sera la catastrophe et l’Histoire portera un jugement sévère sur notre époque et sur les dirigeants de notre société qui, en se mondialisant, a surtout « planétisé » l’individualisme et la pauvreté.

    Source & texte de > Bruno Heureux.