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  • UNE NOUVELLE EXPLICATION POUR L’ECART SALARIAL HOMMES/FEMMES

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    Les hommes seraient plus enclins à accepter de faire des heures supplémentaires.

    Cela pourrait expliquer l’écart salarial persistant entre les hommes et les femmes. C’est ce qu’affirme une étude menée par des professeurs de sociologie à l’université de l’Indiana.

    La réduction de l’écart salarial au ralenti

    Youngjoo Cha et Kim A. Weeden, auteurs de cette étude, se sont penchés sur un phénomène curieux : alors que la réduction l’écart salarial s’accélérait entre les années 1970 et 1990, elle ralentit fortement depuis les années 2000. Selon eux, ce freinage serait dû à un changement des politiques humaines au sein des entreprises : de plus en plus d’employeurs attendent de leurs employés que ceux-ci prestent des heures supplémentaires, heures qui sont à leur tour de mieux en mieux payées. Les auteurs avancent que les hommes acceptent plus aisément d’assumer des heures supplémentaires et sont dès lors mieux payés que les femmes.

    Une évolution sur 30 ans

    Cha et Weeden fondent leur analyse sur 30 ans de données récoltées par le gouvernement américain entre 1979 et 2009. Ces données révèlent qu’en 1979, les femmes gagnaient 70% du salaire des hommes. L’écart salarial se réduisait à 75% en 1991 pour stagner à 76% en 2009.

    Plus d’heures supplémentaires… mieux payées 

    Au cours de cette même période, les heures supplémentaires ont augmenté. Au début des années 1980, moins de 9% des travailleurs (13% des hommes et à peine 3% des femmes) travaillait 50 heures par semaine ou plus. Non seulement les travailleurs ne prestaient que peu d’heures supplémentaires, mais ils ne gagnaient pas non plus de bonus pour ce travail, sauf si leur contrat de travail mentionnait explicitement la rémunération des heures supplémentaires. En 2000, plus de 14% des travailleurs (19% des hommes et 7% des femmes) travaillait 50 heures par semaine ou plus. Cette évolution est due à une demande croissante de la part des employeurs et va de pair avec une augmentation salariale conséquente.

    Un effet d’annulation

    Entre 1970 et 2007, l’accroissement des heures supplémentaires et des bonus lies à celles-ci a élargi de 10% le fossé salarial entre les hommes et les femmes, annulant ainsi l’effet de l’augmentation salariale générale que les femmes ont obtenue grâce à une éducation plus compétitive (elles sont aujourd’hui plus diplômées que les hommes).

    Une vision patriarcale

    Pourquoi les femmes prestent-elles moins d’heures supplémentaires que les hommes ? Youngjoo Cha et Kim A. Weeden expliquent que, même si nous attendons aujourd’hui une plus grande implication des hommes dans les affaires du ménage et dans l’éducation des enfants, les femmes continuent d’assumer plus deresponsabilités dans ce domaine. Ils constatent : « Il règne encore une vision très essentialiste de la femme, qui serait naturellement prédisposée à s’occuper de la famille. Cette vision fait partie des représentations collectives dominantes et est partagée par ceux-là mêmes qui défendent l’égalité des genres. » 

    Source : Forbes sur > http://www.references.be