21/09/2012

LE MOT DE BRUNO > MOTS CŒUR & MOTS TUS > GSM AU VOLANT

V7_BIVV_10m2_GSM_FEMME_FR.jpgBoire ou conduire a été et reste un slogan de la sécurité routière ; choix indispensable si l’on veut ne pas mettre sa vie en danger et, surtout, celle des autres.

Téléphoner ou conduire pourrait être une autre version de ce slogan : choix que, délibérément, trop de conducteurs ne font pas, cumulant les deux activités. Malgré l’interdiction légale de téléphoner au volant - sauf si le véhicule est équipé d’un « main libre » - et malgré les appels répétés lors de campagnes de sensibilisation pour mieux sécuriser la circulation automobile, très nombreux, beaucoup trop nombreux sont les conducteurs qui pensent pourvoir ne pas suivre ces règles et conseils. Sont-ils plus attentifs, plus intelligents, aux réflexes plus affinés que le commun des mortels à qui s’adressent ces lois et ces messages ? Peut-être le croient-ils et veulent-ils nous (s’) en persuader, alors qu’il n’en est rien ; au contraire, « inciviques », dangereux, ne montrant pas l’exemple, inconscients, égoïstes… voilà ce qu’ils sont en fait.

Fumer, manger, boire, téléphoner au volant… tout ce qui peu distraire le conducteur est dangereux. Il serait souhaitable que chacun en prenne conscience, il y a des vies en jeu.

Et le GPS ? Pourtant prévu pour faciliter la recherche du chemin ad hoc et autorisé par la loi, lui aussi peut distraire  le conducteur mais, c’est incontestable, moins que le faisaient jadis les cartes routières ouvertes sur les genoux.

Source & Texte > Bruno Heureux

 

06:00 Publié dans Le "mot" de BRUNO ! | Tags : hannut, blog, mot, bruno, gsm, volant | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | Envoyer cette note | |  Facebook | | |

12/09/2012

LE MOT DE BRUNO > MOTS CŒUR & MOTS TUS > LIBÉRATION CONDITIONNELLE

Le-monast-re-des-Clarisses-Malonne.jpgLibération conditionnelle

« Comment peux-tu passer sous silence la libération conditionnelle de Michèle Martin ? » me demande-t-on régulièrement depuis ces dernières semaines. Vu tous les remous et réactions qu’elle a sucités et suscite encore à tous les niveaux de la société, dans tous les médias - images, interviews et articles -, je répondais que tout et son contraire avait déjà été dit à ce sujet. Mais devant l’insistance, je livre quelques réflexions.

Constatons d’abord que la modération et la pondération n’ont pas souvent eu leur place dans le débat. Ensuite, les sentiments, la loi et la justice analysent l’vénement de points de vue si différents qu’en faire une synthèse reste un exercice si difficile que peu y trouvent leur compte et réponses à leurs questions. Enfin, la législation belge en la matière étant ce qu’elle est, cette libération n’a rien d’illégal, aussi choquante soit-elle pour les victimes, leurs familles et une grande partie de la population de notre pays… dont je fais partie.

Prévisible

Choquante et légale, certes, mais surtout prévisible depuis la sentence de la cour d’assise d’Arlon, un verdict trop clément pour une personne complice de son mari dans les rapts, viols, séquestrations, tortures et mort de gamines et de jeunes filles. L’absence de perpétuité et de mise à la disposition du gouvernement devait inévitablement déboucher, tôt ou tard, sur la question de la remise en liberté de Michèle Martin. Ne pas avoir pesé le poids exact des conséquences de la sanction pénale, avant, pendant et après le procès, est la cause essentielle des problèmes d’aujourd’hui.

Un philosophe a dit, en substance : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles qu’on ne les fait pas mais parce qu’on ne les fait pas qu’elles deviennent difficiles ». Laisser un abcès mûrir au lieu de le percer dès que possible risque de le laisser évoluer en phlegmon ; c’est vrai aussi en matières judiciaire et pénitencière. Voilà où nous mène un manque de réflexion à long terme ; voilà où nous conduit une politique de réactions, au coup par coup, sous forme de lois « improvisées » dans l’émotion ; ces lois, au champ d’application large et sans nuance, répondent avec retard à un fait particulier alors que d’autres, apparemment similaires, demanderaient des réponses différentes non prévues.

Réactions

Si la décision de libération est choquante, certaines réactions le sont aussi. En tout premier lieu, la récupération politicienne nauséabonde de Charles Michel, président du MR : elle a choqué pas mal de monde. Comment un responsable politique peut-il s’abaisser à utiliser de tels arguments électoraux qui puent le populisme et la démagogie de bas niveau, de caniveau ? Ce n’est pas à son honneur ; ses propos ne sont certainement pas les plus intelligents depuis qu’il préside son parti ! Qu’il défende son point de vue, d’accord, mais autrement, ailleurs et in tempore non supecto.

Ensuite, les réactions violentes, physiques mais aussi verbales, de certains manifestants : en effet, comment cautionner leurs comportents brutaux et à la limite de la bestialité devant des enfants, surtout quand ils sont le fait de parents normalement éducateurs de leurs enfants !

Enfin, certains propos de Jean-Denis Lejeune, le papa de Julie, étaient choquants également. On comprend, en fait, on pense comprendre, on croit deviner la souffrance permanente des parents depuis l’enlèvement de leur fillette jusqu’aujourd’hui, en passant par l’annonce de la mort atroce de leur enfant et par le procès qui n’a en rien éclairé leurs interrogations. Par contre, s’en prendre, sans nuances, à l’Eglise Catholique m’a paru outrancier.

Mes écrits le montrent régulièrement, je ne ménage pas cette Eglise pour certains de ses positionnements et comportements. Oui, elle a été le refuge de criminels nazis ; oui, elle a souvent soutenu des dictateurs sanguinaires ; oui, elle a abrité et souvent protégé des pédophiles ; oui, elle refuse encore trop souvent de laisser la justice des sociétés où elle est implantée faire la lumière sur des faits répréhensibles, voire criminels, et sur les actes de personnages immondes… Mais cela n’est pas toute l’Eglise. Mère Theresa, accueillant les plus pauvres de Calcutta, c’est aussi l’Eglise ; sœur Emmanuel et ses chiffonniers du Caire, c’est aussi l’Eglise ; le Père Damien au service des lépreux jusqu’à sa mort, c’est aussi l’Eglise ; les nombreux prêtres, religieux et laïcs d’Amérique Latine et du Sud protégeant les plus démunis au risque de leur vie, c’est aussi l’Eglise ; Monseigneur Gaillot défendant les exclus de notre société, c’est aussi l’Eglise ; et tous ces anonymes qui vivent concrètement l’Evangile et le mettent en pratique au sein et au service des communautés professionnelles et sociales où ils vivent, c’est aussi l’Eglise ; et les sœurs de Malonne, c’est aussi une facette de l’Eglise : ont-elles eu le choix, leur a-t-on imposé Michèle Martin d’en haut, sont-elles aveugles, naïves, ou pensent-elles sincèrement mettre en pratique les principes qui les ont amenées à consacrer leur vie au Seigneur ? Beaucoup de questions ! Chacun y donnera ses réponses en fonction de sa sensibilité. Mais mettre tout le monde catholique dans un même sac poubelle était injuste et  choquant… même si l’on peut comprendre la réaction du papa de Julie devant une décision pour le moins inadéquate et qui ne respecte pas les victimes, mortes ou encore vivantes, et leurs familles.

Respect des victimes   

Beaucoup de gens ont le sentiment que les criminels ont plus de droits que les victimes. C’est certainement cet aspect de la législation que nos politiciens devraient changer pour que le respect des victimes figure en tête des préoccupations de la justice ; car, actuellement, ces victimes se sentent, le plus souvent, blessées deux fois : d’abord par le drame qu’elles vivent, ensuite par le sentiment d’injustice profonde qu’elles ressentent comme un autre traumatisme.

Source & Texte > Bruno Heureux.

 

05/09/2012

LE MOT DE BRUNO > MOTS CŒUR & MOTS TUS > LES GRANGES OU LA FETE DU VILLAGE (ABOLENS)

Abolens-HannutWeb.jpg

J’aurais pu écire « La fête au village » mais j’ai préféré « La fête DU village » ; nuance importante ! En lisant ce qui suit, vous allez vite comprendre la raison de mon choix.

 Samedi dernier, sous un soleil presque automnal, j’ai passé une superbe après-midi à Abolens, dans l’entité hannutoise ; une petite communauté d’environ 350 habitants, racrapotée autour de ses granges, témoins de la ruralité de l’endroit ; un petit village qui, chaque fin d’été depuis quatre ans, réunit sa famille autour d’un chapiteau et de ses nobles bâtisses anciennes où s’entassent les trésors dorés de moissons parfois généreuses et toujours laborieuses.

noid-tarcat.jpg

 Le festival « Les Granges », c’est une réunion de famille, la réunion des familles : tels sont l’impression prégnante et le souvenir fort que j’ai conservés après quelques heures partagées avec les festivaliers, organisateurs, bénévoles, artistes et … « étrangers ». Car s’ils souhaitent que la fête reste leur fête, les villageois sont pourtant accueillants à qui fait escale chez eux ; la preuve, c’est que l’on ne m’a pas refoulé à l’entrée !!! Cela, d’autant plus que l’organisation a de la mémoire : en effet, ceci dit sans prétention aucune, j’ai collaboré à la mise sur pied de l’affiche du premier Festival des Granges ; en effet, c’est par mon intermédiaire que les frères Mike et Dan Lemay ont débarqué du Québec dans notre campagne hesbignonne. Ce duo de chanteurs a conservé un tel souvenir de son premier séjour à Abolens qu’il  y est revenu il y a deux ans et cette année encore. L’occasion pour moi de retrouver deux bons copains, conviviaux dans la vie comme ils le sont sur scène.

 Je pourrais vous parler de leur concert sous le chapiteau : ambiance extraordinaire jusque tard dans la nuit pour un public qui s’est laissé entraîné par le dynamisme, l’humour et la simplicité des deux compères ; un public qui a pu également apprécier les talents éclectiques de Mike et Dan, auteurs, compositeurs et musiciens aux palettes instrumentales diverses et chaleureuses. Mais ce constat, tout commentateur de leurs spectacles peut le faire et doit l’écrire. J’ai plutôt envie d’aborder avec vous leur implication dans une autre partie du programme concocté par les organisateurs.

 Ces derniers avaient consacré aux enfants l’après-midi du samedi : Musta Largo et ses contes merveilleux, un magicien, une maquilleuse, de la barbe à papa, des petits tours à cheval et poney et… les frères Lemay. Oui, ces deux artistes, qui se sont déjà produits devant des assemblées de plusieurs milliers de spectateurs, ont accepté, de bon cœur, d’illuminer les yeux de quelques dizaines d’enfants en leur faisant découvrir plusieurs instruments de la panoplie du chanteur populaire québécois : les cuillères (où l’on donne le rythme avec les mains et la cuisse), la planche (où les pieds cadencent la musique), le violon, la flûte à bec, la guitare…Sous une petite tente sans sonorisation, où des bottes de paille accueillaient enfants et parents, les deux frères ont réussi la gageure d’intéresser petits et plus grands avant de les faire chanter tout en donnant la percussion. Un moment de tendresse musicale  pour les enfants qui n’étonne pas lorsqu’on connaît les deux frères, notamment la chanson que Dan a composée pour son p’tit homme de deux ans :

 «  T’es mon nouveau réveille-matin ; c’est toi l’soleil dans mon jardin,

    Les petits oiseaux sur mon terrain, mon grand amour, mon petit calin.

    T’es le courage dont j’ai besoin, c’qu’il m’faut pour m’rendre jusqu’à demain ;

    Prends mon petit doigt dans ta petite main, mon petit bonheur au quotidien.

    T’es le plus petit de mes copains, c’est toi l’plus beau, c’est toi l’plus fin* ;

    C’est toi le plus original, t’es la vedette du festival ;

    T’es le chef-d’œuvre qu’on voulait voir, t’es le héros dans mon histoire ;

    Tu peux pas savoir, p’tit coco, comment je t’aime, c’est bien trop gros. »

Une superbe chanson d’amour du père pour son rejeton, partagée avec tendresse par le tonton.

                Merci, chers Dan et Mike, pour vos chansons, votre enthousiasme, votre disponibilité, votre amitié, qui font du bien partout où vous passez ; merci de semer des germes de fêtes simples et familiales au cœur des enfants et des grands.

 Source & Texte > Bruno Heureux.

 * Au Québec, quelqu’un qui est « fin » n’est pas maigre mais gentil, attentionné, délicat.

19/08/2012

LE MOT DE BRUNO > MOTS COEUR & MOTS TUS > DEMOGRAPHIE ......

belgium_pop_1968.jpgVendredi dernier, le quotidien « Le Soir » a publié un dossier sur l’évolution démographique à Bruxelles et en Wallonie, entre 2005 et 2010. Il contient un classement des 50 communes qui ont vu leur population augmenter le plus dans ces deux régions confondues ; Hannut y occupe la 35ème place avec un pourcentage de progression de + 10,6%. Mais si l’on s’en tient à la Région Wallonne, Hannut occupe la 23ème place.

 

Ce poucentage est important ; il aide à comprendre, en partie certes mais pas sans raison, à expliquer pourquoi nombre d’habitants de l’entité, de souche ou qui s’y sont établis et intégrés de longue date, à ressentir que leur petite ville et les villages environnants ont beaucoup changé, notamment au cours de la période visée par le dossier du « Soir ».

 

Leur constat n’est pas l’expression du repli sur soi, du rejet de « l’étranger », du refus du changement et de la modernité. Non, il exprime simplement le regret de voir diminuer, voire disparaître, les valeurs qui rendaient attrayante la petite cité hesbignonne : un centre-ville hannutois animé par des commerçants locaux, des espaces non bâtis entre Hannut et les villages, ces derniers au caractère rural intact, où tout le monde se connaissait et se parlait, à l’habitat individuel rénové ou neuf le long de voiries existantes, des activités agricoles et leurs conséquences considérées comme des atouts et non comme des nuisances sonores ou olfactives, des festivités locales destinées essentiellement aux occupants des lieux pour créer ou entretenir des liens …

 

Ceci ne remet nullement en cause ce qui est et a été réalisé de positif dans notre commune, ce que la majorité ne manquera pas, à juste titre, de mettre en lumière lors de la prochaine campagne électorale. Mais ces améliorations, la plupart urbaines, commerciales, routières, immobilières, esthétiques et/ou de prestige ne se font-elles pas, trop souvent, en reléguant au second plan des besoins humains fondamentaux comme la qualité de la vie des citoyens et le mieux vivre ensemble, notamment au sein des villages ?

Diriger, c’est se donner des priorités, faire des choix ; ceux-ci ne peuvent satisfaire tout le monde, on le comprend. Mais dans une région rurale comme la nôtre, dont la plupart des dirigeants sont d’origine « terrienne », laisser s’éroder l’essence-même de cette région, c’est contribuer à abîmer un patrimoine que des générations de gens courageux et travailleurs ont contribué à développer avec fierté. Alors, de nos dirigeants au plus modeste d’entre nous, restons dignes de l’héritage qui nous a été transmis.

 

Dans cet esprit, un extrait du dossier du Soir a de quoi nous faire réfléchir ; il est empreint de bon sens, de mesure. Alors que la ville d’Enghien ne veut pas passer les 15.000 habitants, Esneux tient à son cadre bucolique. Voici ce qu’écrit Julie Schyns à propos de la commune liégeoise :

« A Esneux,commune verte située en périphérie liégeoise, on recense actuellement 13.200 habitants, un chiffre qui n'a presque pas évolué ces dernières années ; en cause, le faible potentiel urbanisable du territoire, traversé par de nombreux sites remarquables et zones inondables mais également la volonté communale de·conserver la quiétude de ses villages et hameaux. Autrement dit, les responsables politiques ne courent pas après les nouveaux habitants. « On ne met pas en exergue les nouveaux complexes de logements car on ne veut pas qu'Esneux se transforme en cité-dortoir, commente Laura Iker, bourgmestre (MR). Notre commune n'a pas beaucoup de richesses, hormis ses espaces verts. On n'a pas de zones industrielles, pas de casino ... hannut,blog,bruno,heureux,démographie

On ne veut pas perdre ce cadre bucolique ». Récemment, le Collège communal a rendu un avis défavorable dans deux dossiers de construction de lotissements, sur des parcelles privées. « L'idée n'est pas de saboter les entrepreneurs, nous sommes juste exigeants au niveau des projets de construction, il ne faut pas qu'ils viennent perturber la vie des Esneutois, affirme la bourgmestre. On ne souhaite pas non plus devenir le dernier village reculé de Belgique, mais il faut penser l'urbanisation dans le respect de ce qui est déjà là. » Qui dit accroissement de la population, dit augmentation de l'impôt sur les personnes physiques et du précompte immobilier. La politique esneutoise en matière d'urbanisation ne représente-t-elle pas un manque à gagner pour la commune? « Il y aurait peut-être moyen de faire mieux avec l'argent des taxes mais gagner plus grâce à un accroissement de la population, c'est aussi rendre plus de services. Par exemple, si on autorise de nouvelles constructions, il faudra prévoir tout un
nouveau système de déneigement », note Laura Iker. « La seule manière d'accroître nos recettes, c'est de densifier les centres mais on ne verra jamais à Esneux d'énormes buildings comme à Droixhe », assure Léon Martin, échevin de l'Aménagement du territoire… »

 

Puissent les réflexions des dirigeants d’une cité sensiblement pareille à la nôtre continuer à guider nos élus dans leurs décisions de demain, judicieuses pour l’ensemble de tous les Hannutois, qu’ils soient « rats des villes ou rats des champs » .

Bruno Heureux.

06:15 Publié dans Le "mot" de BRUNO ! | Tags : hannut, blog, bruno, heureux, démographie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | Envoyer cette note | |  Facebook | | |

12/07/2012

LE MOT DE BRUNO > MOTS COEUR & MOTS TUS >Des parents aux délibérations

img_ardoise_deliberations_1154.jpgDes parents aux délibérations

Régulièrement, la fin de l’année scolaire et son cortège de délibérations, décisions et recours, ramènent sur la table la revendication de certaines associations de parents : permettre à ces derniers d’assister aux délibérations. Revendication qui laisse parfois, trop souvent à mon goût, sous-entendre que ces délibérations seraient mal conduites, partiales et le théâtre de vengeances de professeurs incapables de régler leurs problèmes avec certains élèves au cours de l’année.

                J’ai participé et conduit des dizaines de délibérations durant toute ma carrière d’enseignant puis de directeur au secondaire. Mon constat :  le but essentiel poursuivi dans ce cadre n’est pas de « péter, recaler » des élèves pour les punir de leurs mauvais comportement et travail durant l’année mais comment les aider à s’en sortir. Pour protéger cet état d’esprit, la personne qui dirige les délibérations joue un rôle primordial de modérateur impartial, ce qui évite les éventuels dérapages et/ou ourtances.

                Des parents aux délibérations ? Objectivement et fort de mon expérience, je ne vois pas ce qu’ils pourraient apporter au débat de fin d’année sinon le risque de défendre aveuglément leur propre enfant. Je crois que chacun doit rester dans son rôle ; et si un dialogue parents-professeurs doit exister, c’est tout au long de l’année qu’il doit s’exprimer, lors de contacts personnalisés avec les membres de l’équipe pédagogique et éducative et non pas seulement en fin d’année lorsque souvent « les carottes sont cuites ».

                Enfin, si certains parents souhaitent assister aux délibérations et y apporter leur grain de sel, on pourrait leur demander à leur tour d’accueillir chez eux des enseignants pour vérifier la façon dont ils élèvent et éduquent leurs enfants ? Un tel exercice serait parfois révélateur car nombre de problèmes de jeunes dans le milieu scolaire sont liés à l’éducation (ou la non-éducation) familiale. Recevoir des parents dans mon bureau de directeur a souvent été édifiant à ce sujet.

                Jadis, l’école instruisait (ministère de l’Instruction publique) ; ensuite, elle a éduqué (ministère de l’Education nationale) ; aujourd’hui, elle essaie de faire vivre des jeunes en communauté (Communauté française). Rien que ces appellations successives et symptomatiques montrent à quel point le rôle de l’école s’est élargi, notamment « forcé » qu’il est de reprendre à son compte des missions éducatives de base normalement confiés à la responsabilité parentale. L’augmentation et la dispersion des objectifs de l’école d’aujourd’hui – instruire, éduquer, socialiser - « imposées » par la réalité du terrain, sont deux raisons de la piètre qualité de notre enseignement francophone, mise en lumière par les résultats médiocres révélés par les enquêtes européennes.

Une des raisons, pas la seule mais une raison importante : si tous les élèves arrivaient à l’école éduqués, avec des valeurs morales affirmées, capables de vivre en société et respectueux des professeurs, élèves et règles de vie en communauté, les tâches d’instruction pourraient être menées à bien avec plus d’efficacité[1]. Ne me faites pas dire que l’école ne doit pas éduquer, ne doit pas socialiser ; elle doit continuer à le faire sans être obligée, comme c’est trop souvent le cas, de reprendre à zéro un travail qui aurait dû être fait auparavant et ailleurs.

                 Mais faire peser sur certains parents la situation difficile de l’école francophone d’aujourd’hui serait injuste et réducteur. Facteur extérieur au milieu scolaire, la société actuelle, trop égoïste et ne maîtrisant plus ses excès, est aussi à prendre en considération. Enfin, au sein du monde de l’enseignement, les structures, l’organisation, les enseignants eux-mêmes et leur formation ont également un impact sur la qualité de la formation semée ; ils devraient être revus de fond en comble. Nous en reparlerons prochainement.

Source & Texte de > Bruno Heureux.



[1]  Il y a heureusement des élèves qui ont cette chance suite à une éducation rigoureuse de parents responsables… mais ce n’est, semble-t-il, plus la majorité.

 

05:30 Publié dans Le "mot" de BRUNO ! | Tags : hannut, blog, bruno, heureux, parents, délibération | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | Envoyer cette note | |  Facebook | | |

11/07/2012

LE MOT DE BRUNO > MOTS COEUR & MOTS TUS >Hannut et les éoliennes

800PX-~1.JPGLe 29 juin dernier, après avoir reçu de très nombreuses pétitions contre le projet d’installation d’éoliennes dans la campagne de Thisnes, Merdorp et Wansin, le Collège communal de Hannut a donné aux autorités régionales un avis défavorable sur le projet Tecteo.

Certes, cette position ne préjuge en rien de la décision du ministre compétent en la matière ; par contre, elle est l’expression de la volonté des autorités hannutoises de ne pas accepter n’importe quoi, n’importe où, n’importe quand.

Aux arguments des pétitionnaires, les responsables communaux, mieux au courant que le simple citoyen de l’ensemble de la problématique des éoliennes au niveau régional, ont certainement encore d’autres arguments à faire valoir, sans doute plus pointus techniquement et légalement parlant. Quels que soient les arguments, le but est simple : Hannut ne doit pas devenir la niche où se concentreraient les dizaines d’oliennes que les différents promoteurs de projets ont mis sur la table.

Reconnaître la nécessité de développer l’utilisation d’énergies renouvelables est impérieux ; demander à chaque individu et collectivité de faire un effort dans ce sens est normal et citoyen. Mais cela implique tout aussi impérieusement de trouver pour l’ensemble de l’entité hannutoise (et partout ailleurs) des solutions raisonnables, équilibrées, économiquement et écologiquement rentables, adaptées aux réalités du terrain et, surtout, respectueuses de la qualité de vie et de l’avis majoritaire des populations concernées.

Telle doit être la philosophie et la priorité de nos responsables politiques locaux et régionaux ; le Collège hannutois affiche cette volonté ; espérons qu’il en sera de même au niveau du gouvernement wallon.

Source & Texte > Bruno Heureux

03/07/2012

LE MOT DE BRUNO > MOTS COEUR & MOTS TUS > DEUX ARTICLES EN UN

imagesCA3PPN84.jpgJL Dehaene, zwijgen, a.u.b !

Selon l'ex-Premier ministre Jean-Luc Dehaene, «… le gouvernement belge doit mener ses réformes de façon plus rapide et plus drastique ; un ou plusieurs saut(s) d'index pourrai(en)t aider le gouvernement à boucler son budget… »

Lorsqu’il dirigeait le gouvernement, le « taureau de Vilvorde » avait une réelle crédibilité. Mais depuis, on ne peut pas dire que ses actions aient été marquées du sceau de l’à propos et de la réussite : sournoises mesures flamingantes discriminatoires à l’égard des francophones dans sa commune de Vilvorde, « cochonnage » d’une tentative de réforme de l’état et de la scission de BHV et, tout récemment, une incompétence crasse dans la gestion de Dexia, ont terni à jamais son image de marque. Si bien que nous n’avons qu’un conseil à donner à ce monsieur qui ne se prend pas pour de la m…. : Jean-Luc Dehaene, faites-vous discret, si c’est possible, et surtout taisez-vous, s.v.p., zwijgen a.u.b.

____________________________________

Picture1.jpgQuel dévouement !

Nous ne mesurons pas toujours notre chance, en Belgique, d’avoir des personnalités importantes qui s’occupent de nous sans compter leur temps. Certains poussent le dévouement si loin et s’occupent tellement de nous qu’il en oublient de penser à eux et aux « banalités » de leur vie quotidienne ; au point, comme feu Antoine Ducarme, « d’oublier » de faire sa déclaration d’impôts en 2004 ; comme  aujourd’hui Jean-Luc Dehaene qui aurait « oublié » de signaler un bonus de 3 millions d'€ dans sa déclaration d'intérêts financiers auprès du parlement européen ; comme, il y a quelques jours, l'actuel commissaire européen Karel De Gucht qui, selon l’inspection spéciale des impôts, a  « fraudé » le fisc en ne déclarant pas une plus-value d'environ 1,2 million d'euros …  trois exemples parmi une liste impressionnante !

Comment les médias et les humbles citoyens comme nous osent-ils soupçonner de malhonnêteté des gens qui ne veulent que notre bien (constatons qu’ils l’ont déjà… pris, notre bien !!!), alors que nous devrions les remercier de leur disponibilité ?!?!?! Plus sérieusement : et on voudrait que monsieur tout le monde soit honnête ? Tu parles, l’exemple vient d’en haut !

Source & Texte > Bruno Heureux.

05:30 Publié dans Le "mot" de BRUNO ! | Tags : hannut, blog, mot, bruno, heureux | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | Envoyer cette note | |  Facebook | | |

LE MOT DE BRUNO > MOTS COEURS & MOTS TUS > Condamné avec sursis

4000041824528.jpgCondamné avec sursis

Il y a quelques mois, suite à des fautes de procédure, les dirigeants de la KBLUX ont été définitivement blanchis alors qu’ils avaient organisé une fraude estimée à 400.000.000 d’euros (16 milliards de francs belges) au préjudice du fisc et de l’Etat belges. Tout récemment, Lucien Cariat a été condamné à six mois de prison avec sursis… Rappelez-vous, il était président de l’ICDI (Intercommunale pour la collecte et la destruction des immondices de la région de Charleroi) ;  son fils et lui étaient poursuivis pour diverses infractions relatives à l’entreposage et au transfert de matières polluantes. Léon Lewalle, l'ancien directeur de la SMAP (devenue Ethias), a été condamné, en 2006, à 4 ans de prison avec sursis pour détournement de fonds au préjudice de la SMAP.

Il faut le constater, quand elle est condamnée, ce qui n’est pas la règle générale, la criminalité en col blanc échappe très souvent à la prison ferme en bénéficiant du sursis. Pourtant un séjour dans une prison surpeuplée, dans des conditions rudimentaires et de promiscuité, aurait permis à ces « grands » dirigeants de réfléchir sur leurs abus de pouvoir et leurs prises de distance par rapport aux lois. Mais non, pas de prison ferme pour eux ! Parce qu’ils ne sont pas dangereux pour la société ? Allez raconter au commun des mortels, il vous rira au nez !

                Félix Leclerc avait vraiment raison lorsqu’il disait de façon lapidaire, humoristique et avec beaucoup de bon sens : « Si vous voulez faire de la prison, faites-le tant que vous êtes pauvres ; quand vous serez riche, ce ne sera plus possible !!! »

Source & Texte > Bruno Heureux.

05:10 Publié dans Le "mot" de BRUNO ! | Tags : hannut, blog, mot, bruno, heureux | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | Envoyer cette note | |  Facebook | | |

 

Nos rubriques