Le "mot" de BRUNO ! - Page 3

  • CE LUNDI 14 À 14H > “ LA DISPARITION TRAGIQUE DES ABEILLES SAUVAGES » ? > GRANDE CONFÉRENCE AVEC LE CCHANNUT >

    “ La disparition tragique des abeilles sauvages ? Séparons le vrai du faux ” par Nicolas VEREECKEN

    Nicolas J. Vereecken est professeur et chercheur en agro écologie de l’ULB.

    En Wallonie, plus de 350 espèces d’abeilles sauvages comprenant des bourdons, des andrènes, des osmiés, des halictes, etc. sont présentes dans nos jardins, prairies, bois... En butinant les fleurs, ces abeilles sauvages participent à la reproduction des plantes sauvages et cultivées. Elles assurent inlassablement la pollinisation de nos fleurs en fruits et sont donc indispensables au bon fonctionnement de notre environnement.

    Cette étonnante diversité des abeilles, fort méconnue, mérite amplement qu'on s'y attarde étant donné le « caléidoscope impressionnant de formes, de couleurs et de comportements » qu'elle recouvre. C'est ce magnifique sujet que viendra nous présenter le Dr Nicolas Vervecken qui étudie ce sujet avec une passion sans limites.

    Une conférence qui tombe à point nommé avec

    L’opération « Maya » menée par la Ville de Hannut et son département « Eco-Conseil ».

    Infos et réservations : 019/51.90.63 ou info@cchannut.be

    Auditorium Jean Rosoux (académie) de Hannut, rue des Combattants 1. Droit d’entrée aux conférences : 8€.

    L’évènement sur FB > https://www.facebook.com

    https://www.facebook.com/centrecultureldehannut/

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > …. PAS TOUT À FAIT D’ACCORD !

    Pas tout à fait d’accord !

                    Tout le monde n’est pas toujours d’accord, en tout ou en partie, avec mes propos tenus régulièrement dans  cette rubrique. Certains prennent la peine de m’écrire pour exprimer leurs réticences, opposition, indignation… C’est ce qu’a fait Monsieur Christian Bourguignon de Hannut, avec une grande franchise, égale à la mienne, ce dont je le remercie. Avec son accord, je vous livre le contenu de son courrier et la réponse que je lui ai fait parvenir.

    Monsieur Heureux,

    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre article hebdomadaire. Comme d’habitude, vous ne faites pas dans la nuance. Certes, tout ce que vous dites sur Mmes Galand et Marghem n’est pas faux, loin de là, mais il semble que vous oubliez à votre tableau de chasse la plus incompétente de toutes, et de loin ! J’ai nommé Joëlle Milquet, nullité absolue doublée d’un monstre d’égocentrisme. Mais peut-être est-elle proche de vos opinions politiques ? Continuez à nous faire pleurer de rire. Bien à vous ! Ch. Bourguignon.

                    Comme vous le constatez, les propos de mon interlocuteur sont très directs ! Auxquels j’ai répondu poliment ce qui suit… Ne vous étonnez pas du « Bonjour, Madame » initial. En effet, ne connaissant pas cette personne, je ne sais pourquoi, j’ai immédiatement pensé que le CH. précédant son nom était le prénom d’une dame !!!

    « Bonjour, Madame,

    Il y a quelques années, déjà, un homme politique local, visé et touché par un extrait d’un de mes articles, avait déclaré, en substance, dans un droit de réponse virulent : « … Vos articles n’intéressent personne… » Et un tas d’autres « amabilités » du même genre et grossières. Aujourd’hui, votre lettre de ce jour lui donne tort et me confirme qu’il y a au minimum une personne qui lit mes « petits papiers sans prétention » : vous. Je vous remercie de rayer, par la même occasion,  mes articles et réflexions de la liste des travaux (littéraires !) inutiles !!!

    Beaucoup plus sérieusement, maintenant. Je vous sais gré de reconnaître le bien-fondé de mes propos à l’égard des deux femmes ministres dont il est question et que je vise particulièrement pour plusieurs raisons.

    La première est que, par leur exemple désastreux, elles causent un tort immense à la cause des femmes qui se battent pour que leurs compétences soient appréciées à leur juste valeur et rémunérées au même tarif que leurs homologues masculins. Un tort immense, également, aux femmes, notamment les jeunes, qui voudraient s’engager et assumer des responsabilités politiques ou autres et qui, à cause de ce contre-exemple, risquent d’être victimes d’un a priori négatif de la part d’une frange machiste de décideurs ; ceux-ci ne manqueront pas, en citant Mesdames Galant et Marghem, de nier leur potentielle capacité à diriger, à gérer et de ne pas leur donner leur chance.

    La deuxième est née de la déception des espoirs que le gouvernement actuel avait fait naître, peut-être naïvement, chez le simple citoyen que je suis. En effet, que d’effets d’annonce, solennels, magistraux, théâtraux, lors de son installation : on allait voir ce qu’on allait voir, une autre gestion (que les gouvernements précédents), courageuse, responsable, impartiale, compétente, claire, dans une vraie concertation avec les interlocuteurs sociaux. Reconnaissez que la gestion de leurs dossiers par ces deux dames est loin de ces déclarations idylliques.

    La dernière est une déception plus générale et « philosophique ». Depuis longtemps, j’ai la conviction que l’avenir du monde est lié au rôle que nos sociétés accepteront de confier aux femmes ; celles-ci ont des talents capables d’apporter un plus, un mieux dans la gestion de tous les domaines de la vie, qu’elle soit sociale, économique et politique. Si nos sociétés développées, dans leur organisation et leur gestion, ne montrent pas d’abord l’exemple de femmes compétentes dans les sphères du pouvoir, comment un rôle élargi et bénéfique de la femme pourrait-il leur être confié dans d’autres sociétés du monde, plus pauvres économiquement et démocratiquement.

     « Comme d’habitude, vous ne faites pas dans la dentelle… » M’écrivez-vous. C’est vrai, je n’aime pas la langue de bois et même si je pèse toujours mes mots, surtout les plus durs, je souhaite rester et m’exprimer en citoyen libre et authentique. Notez que vous ne faites pas dans la dentelle non plus lorsque vous écrivez, « vous oubliez à votre tableau de chasse la plus incompétente de toutes, et de loin, j’ai nommé Joëlle MILQUET, nullité absolue, doublée d’un monstre d’égocentrisme. »(Sic). Je vous l’avoue sans ambages, cette personne me donne parfois des boutons, m’énerve, m’irrite, notamment par une communication où certains, comme vous, voient le monstre dont vous parlez. Pour aller plus loin encore dans la confidence, sachez que dans un premier jet de mon article, j’avais écrit que les deux dames visées me faisaient « presque regretter Joëlle Milquet (et Laurette Onkelinkx) !!! » Mais, par respect pour les deux dames ministres, j’ai retiré cette phrase pour qu’elles ne se sentent pas injuriées par une telle comparaison !!!

    Suggérer que j’ai évité de stigmatiser également Joëlle Milquet parce qu’elle est proche de mes opinions politiques, c’est mal me connaître. Certes, j’ai des opinions politiques, bien ancrées, mais en aucune façon inféodées à des personnes et/ou des partis politiques ; c’est la raison pour laquelle j’ai systématiquement refusé de répondre aux appels du pied de toutes les formations politiques hannutoises depuis (42 ans) que j’habite la région. Mes convictions s’expriment et, surtout, se vivent en dehors des partis, en tant que simple citoyen, enseignant à la retraite, artisan de la chanson française et journaliste, « libre et authentique », j’insiste. Ah ! Si un parti, oubliant tout intérêt partisan et politicien, pouvait promouvoir à la fois la réforme indispensable de notre mieux vivre ensemble, l’égalité sociale, le respect de la planète et de ses habitants, un humanisme démocratique… On peut rêver, mais je ne crois pas que ce soit pour demain.

    Vous terminez en me souhaitant de « continuer à nous faire pleurer de rire. » Cela voudrait-il dire que parfois mes propos sont amusants ? Tant mieux ! J’espère surtout, quand ils abordent des sujets plus sérieux, qu’ils vous font réfléchir et, parfois réagir, comme aujourd’hui, avec une belle franchise que j’ai vraiment appréciée.

    Veuillez accepter, Madame, mes salutations à la fois respectueuses et amicales.

    Bruno Heureux. »

    PS Et suite à l’actualité récente de Madame Milquet, j’ai envoyé à Monsieur Bouguignon, un complément à mon précédant courriel : « Celle que vous qualifiez comme « la nullité absolue » dans votre récent courrier fait aujourd’hui l’actualité ! Si les soupçons qui pèsent sur Madame Milquet s’avéraient et si elle était condamnée, ce qui n’est pas encore le cas, je n’hésiterais pas à adopter à son égard le même ton dur que celui adopté pour parler des deux femmes ministres francophones actuelles. Ma mémoire diminuant au fur et à mesure que ma vie s’allonge, je ne doute pas que vous me rappelleriez ma promesse de ce jour, si je semblais l’oublier, et vous auriez tout à fait raison. Cordialement vôtre. »

                    A bientôt, pour d’autres échanges, courtois et démocratiques.

    Source & texte de > Bruno Heureux.

    L’article débattu en question > http://hannut.blogs.sudinfo.be/archive

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > « FEMMES MINISTRES »

    Femmes-ministres

     

                    Il est peu probable qu’elles l’avouent, mais elles ont certainement apprécié les attentats de Paris ! Pas pour leur brutalité sauvage et sanglante ; mais parce que ces attaques terroristes ont monopolisé les médias belges durant plusieurs semaines. Semaines savourées vu le brouillard médiatique qui les a dissimulées au regard des organes de presse, d’internet, des citoyens. Retrait de l’actualité qui n’a pas duré puisque même les événements les plus tragiques finissent par lasser lecteurs, auditeurs, internautes qui demandent sans cesse du nouveau, voire de l’ancien remis au goût du jour. Si bien qu’elles sont revenues à l’avant-plan lors d’une rentrée remarquée. « Elles », ce sont deux de nos « vedettes » de la politique fédérale, Jacqueline Galant et Marie-Christine Marghem.

                    Cette dernière a employé toute son énergie pour nous convaincre, arguments et non-arguments, enquêtes et contre-enquêtes à l’appui, que nos vieilles centrales nucléaires sont encore vaillantes ; que leurs fissures arthrosiques et leurs maux liés à la sénilité ne les empêcheront pas de nous alimenter en électricité durant les dix prochaines années. Quelle prétention, alors qu’aucun médecin expérimenté et sérieux ne prendrait le même risque d’affirmer que son patient âgé, perclus de rhumatismes et atteint d’une cirrhose du foie, tiendra le coup encore dix ans. Mais Madame Marghem, sans doute trompée par des experts atteints de lobbiite aigue (!) et certainement mal encadrée par son administration déficiente (!), elle, ose ce pronostic sur notre santé, notre avenir et celui des générations futures. Notons aussi, que la position de Madame Marghem est en parfait accord avec la ligne du gouvernement MR-NVA (CD&V, Open VLD) : puisque la carrière des travailleurs sera désormais plus longue, il en sera de même pour les centrales nucléaires. Et même si ces dernières utilisent toutes les pannes possibles pour exprimer leur désapprobation, cela ne changera rien, Madame a décidé. Na !

                    Quant à Jacqueline Galant, sa gestion des dossiers, notamment celui de la SNCB, a été calamiteuse : disant blanc, un jour, noir, le lendemain, mentant aux députés, prenant des libertés inadmissibles avec les procédures. Tout cela, comme Marie-Christine Marghem, avec prétention, désinvolture, mauvaise foi, ahurissantes de la part de responsables (?) politiques. Et comme le premier ministre minimise leurs écarts et leur incompétence, les choses ne risquent pas de s’arranger.

                    Immanquablement, ces deux femmes font penser à la déclaration, il y a déjà plus de trente ans,  de Françoise Giroud, grande et respectable femme politique française : « La femme serait vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente. » Une déclaration, cynique et provocatrice dans la formule, mais lucide et visionnaire sur le fond, à laquelle le comportement des deux femmes-ministres francophones du gouvernement fédéral donne cent fois raison.

                    Ce jugement impitoyable n’est pas l’expression d’un machisme d’un autre temps, d’autres régions du monde et très éloigné de mes propres valeurs qui respectent profondément toutes les femmes et prônent une véritable équité entre elles et les hommes. Mais, on ne peut nier l’évidence : l’exemple chaotique que nous avons sous les yeux au fédéral nous fait regretter des femmes bien de chez nous, qui ont assumé des responsabilités gouvernementales avec respect de leurs fonctions et des citoyens, donnant une image positive de l’exercice du pouvoir ; regretter d’autres qui, dans des domaines aussi différents que l’économie, les sciences, la santé, le sport, la culture, les médias… ont atteint un remarquable niveau de compétences, égal, voire parfois supérieur, à celui de certains de leurs collègues masculins. Ces personnalités ont donné, en Belgique et dans le monde, une image positive de nos femmes aux responsabilités quelles qu’elles soient ; on peut penser, dans le désordre des matières et de la chronologie à Antoinette Spaak (politique), Béatrice Delvaux (journalisme), Marguerite Yourcenar (écriture), Sabine Laruelle (politique), Tia Hellebaut (athlétisme), Marion Hansel (cinéma), Ingrid Bergman (judo), Maggie De Blok (politique), Lyse Thiry (recherche contre le cancer), Isabelle Durant (politique), Colette Braeckman (journalisme), Miet Smets (politique), Kim Clijsters (tennis), Marianne Thyssen (politique), Justine Henin (tennis), Anne-Mie Neyts (politique), Yvo Vandamme (athlétisme), Dominique Leroy (Proximus), Anne-Teresa De Keersmaeker (danse), Nafissatou Thiam (athétisme), Amélie Nothom, (écriture) et beaucoup, beaucoup d’autres. Une liste où, dans les conditions actuelles, ne figurent certainement pas Mesdames Galant et Marghem.

                    Enfin, il serait injuste et incomplet de ne pas signaler que la décision de Charles Michel d’emmener le seul MR comme parti francophone dans l’actuelle coalition l’a contraint à désigner au sein de son propre parti six ministres, normalement de qualité. Tâche dans laquelle l’actuel premier ministre a échoué, tant l’exercice était difficile, voire impossible, dans la mesure où, d’abord, il n’a pas eu vraiment le choix entre les différents ministères réservés à son parti ; dans la mesure, également, où il n’a pas pris la compétence comme premier critère de sélection des candidats, mais une complexe répartition entre hommes et femmes, entre les différentes régions électorales francophones, entre les clans de son propre parti, en veillant, enfin, à récompenser ses amis fidèles. Le résultat ? Une image écornée de son parti et de la politique au fédéral, aux yeux des citoyens belges et des médias du monde, marquée des signes de l’incompétence, de l’amateurisme, du manque de sens des responsabilités et de l’Etat, et, dans certains cas, du manque d’honnêteté. Une image dommageable aussi pour trois ministres de Charles Michel, pour qui le poste ministériel s’est transformé en cadeau empoisonné… avec, il faut le souligner, une nuance importante concernant Hervé Jamar, qui a quitté le gouvernement pour devenir gouverneur de la Province de Liège et dont l’honnêteté n’a jamais été remise en cause.

                    Femme et homme politique, un métier difficile, certes, accompagné, toutefois, de diverses compensations, normales mais que les citoyens n’admettent que si leurs hauts dirigeants adoptent des attitudes exemplaires en matière de compétence, de gestion, de comportement, de déclaration et d’éthique… Est-ce vraiment toujours le cas ? Loin de là !

                    Enfin, pour être complet et honnête, reconnaissons que certains collègues masculins des femmes- ministres sont loin d’être des exemples à suivre et font aussi preuve d’incompétence. Mais cela choque moins le public qui semble s’être fait à l’idée qu’il est normal pour des hommes de se comporter ainsi. Cette tolérance à deux vitesses, cet état d’esprit regrettable contribuent aussi à la discrimination entre femmes et hommes dans la sphère politique et à de nombreux autres niveaux d’exercice du pouvoir. Dommage ! C’est évident qu’il reste encore beaucoup à faire  pour changer les mentalités.

    Source & texte de > Bruno Heureux.Illustration > SudInfo & RTL

  • LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > L’HIVER ……

                    On ne l’attendait plus. Puis, il est arrivé. Enfin, en retard, certes mais bien arrivé. Discrètement, comme lorsqu’on est pris en faute ? Loin de là, avec fracas !  Chutes de neige collante, arbres abattus, branches cassées, caténaires hors d’usage, trains bloqués, bus détournés, panne de courant, privation d’eau, autorités débordées, solidarité réveillée… La totale, quoi !

                    Une situation qui nous a fait revivre durant quelques heures, voire deux ou trois jours, l’époque où nos grands-parents n’étaient pas, comme nous, totalement dépendants de l’énergie électrique.

                    Le temps, pour moi, de me remettre en mémoire le texte d’une chanson écrite il y a presque quarante ans ; son nom, de circonstance, alors et aujourd’hui, « L’Hiver. »

    L’hiver

    L’hiver, depuis hier matin,

    S’est arrêté sur son chemin,

    A déployé sa large main

    Sur la maison, sur le jardin.

    Dans le village, à la campagne,

    Où qu’il s’assoit, il fait la loi :

    Manteaux de laine, passe-montagne

    Livrent bataille contre le froid…

    Il fait si bon, dans ma maison,

    Un feu de bois rit avec moi,

    Il fait si bon dans ma maison,

    Entre ma femme et mes garçons.

    ___________

    Le vent colporte des nuages

    Tout alourdis par la grisaille,

    Cloîtrant le ciel dans un grillage

    En, je ne sais, quelles représailles.

    Le brouillard oppresse la terre,

    Envahisseur silencieux

    Et cependant autoritaire

    Qui impose son couvre-feu...

    Il fait si bon, dans ma maison,

    Un feu de bois rit avec moi,

    Il fait si bon dans ma maison,

    Entre ma femme et mes garçons.

    ___________

    La neige dépose, en arpèges,

    Ses flocons tristes de silence,

    Tout l’horizon est pris au piège

    Du blanc tapis de somnolence.

    Le gel a pétrifié la vie :

    Au cimetière des saisons

    Ne rôde plus que léthargie

    Sous les rafales de frissons…

    Il fait si bon, dans ma maison,

    Un feu de bois rit avec moi,

    Il fait si bon dans ma chanson,

    Entre ma femme et mes garçons.

    Source & Texte > Bruno Heureux.

  • MOTS CŒUR & MOTS TUS > LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > AIMABLE ATTENTION ENVERS SES LECTEURS

                    Chers amis lecteurs,

                    Comme tout homme bien élevé- je n’ai pas dit bien dressé par son épouse (quoique…) - j’ai envoyé mes vœux tous azimuts en souhaitant un tas de bonnes choses à la moitié de la planète qui a pris quartier dans ma liste d’amis sur facebook. Moitié de la planète qui s’est déjà autorisée à m’envoyer, huit jours avant Noël, des vœux pour mon 71ème anniversaire.

                     Chaque année, je répondais individuellement à chacun de ces messages, par quelques mots appropriés à la personnalité de chacun de mes très nombreux expéditeurs ; ce qui me prenait plusieurs heures pour la raison très simple que j’ignorais comment  envoyer une réponse collective, plus anonyme, certes, mais plus facile et moins longue à effectuer. Cette année, j’ai donc fait appel aux connaissances facebookiennes d’une de mes petites-filles pour combler mes lacunes informatiques. Comme Charlotte, 21 ans, était trop occupée par son blocus en deuxième année de l’enseignement supérieur, j’ai posé mon problème à Zia, 7 ans. Celle-ci, très rapidement, smartphone en mains, m’a dit : « Mais Papy, c’est très facile, il suffit de faire ça… puis ça… tu tapes ton messages et puis tu termines en appuyant sur envoyer ! » Croyez-moi, cela marche ! Non parce que je suis un bon élève, mais parce que ce petit bout de femme est un excellent professeur (elle a de qui tenir !) et, comme toutes les copines de son âge, maîtrise le sujet à la perfection. Quelle belle leçon d’humilité pour un papy qui croit parfois trop facilement qu’il connaît tout ou presque tout !

                    Je reviens à mon propos de départ, les vœux pour 2016. Avec l’HEUREUX nom qui est le mien, mes envois sont remplis de bonnes paroles, apaisantes et encourageantes quand c’est nécessaire, toujours généreuses en vision optimiste de l’année qui s’ouvre. À mes envois, je reçois toujours de mes correspondants bien élevés- je n’ai pas dit bien dressés par qui que ce soit - des réponses dans le même ton. Parmi ces réponses, j’en ai épinglé deux qui, tant dans leur forme que par leur contenu, exhalent une saveur toute particulière. Je vous les confie.

                    La première émane d’une amie de longue date, fidèle au rendez-vous des moments importants de ma vie et de chaque Saint-Sylvestre ; on se voit rarement, mais elle m’a gardé une petite place bien au chaud dans son cœur. Elle est chouette, cette amie !

    « Cher Bruno,

    Mille mercis pour tes bons vœux embarqués sur les ruisseaux de l’optimisme et de la joie.

    Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Les larmes s’y noient très vite et le soleil y décuple sa lumière.

    Avec le vent de l’espoir, l’océan 2016 peut être resplendissant ! Amitié et amour à la source...

    Cargo de bonheur ! »

    Que c’est bien dit, avec poésie, avec sagesse et confiance en l’avenir !

    La seconde est due à la réflexion et à l’écriture d’un autre ami qui, au seuil de l’an neuf, aborde, à sa façon, les vraies questions auquel notre monde doit trouver des réponses adéquates et durables pour que 2016 soit une année généreuse pour tous les habitants de la planète Terre.

    « Cher Bruno,

    Je n'ai pas le verbe facile, mais je me suis tout de même réveillé ce matin avec ceci en tête :

    ce matin j'ai rêvé que j'avais grandi ;

    j'ai rêvé de sagesse et de beauté

    d'un monde sans guerres ni haine

    d'une société sans riches sans pauvres

    où les ressources et la connaissance étaient gratuites partagées, échangées, distribuées ; tous étaient considérés égaux ; tous avaient les mêmes droits : plus d'esclaves,

    plus de travail, mais des services aux autres ; et des artistes, des artisans de paix, de justice et d'amour…

    et j'ai vu que je n'étais pas seul,

    j'ai entendu cette multitude

    qui me faisait écho

    et j'ai compris que mon rêve

    était un vœu partagé.

                    Amitiés ! »

                    Qu’ajouter à cela ? Rien ! Laissons ces deux messages se distiller au plus profond de nos cœurs, inspirer, éclairer, nourrir nos pensées, nos actes et nos rencontres, tout au long de 2016. Quelle belle année ce sera alors !

    Source & Texte > Bruno Heureux.

  • LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > L’ÉCLAT DE RIRE DE MATHIAS

    L’éclat de rire de Mathias

                    Aujourd’hui,  l’enfant a éclaté de rire ! Pour la première fois depuis son arrivée en Belgique, il y a cinq mois, le soleil a illuminé son visage. Ce jeune Syrien, s’appelle Mathias, pas Jamil ou Ali. Car Mathias n’est pas musulman mais chrétien, orthodoxe. Une des raisons pour lesquelles qu’il a dû quitter sa terre natale en compagnie de ses parents, ses frères et ses sœurs.

                    Aujourd’hui, Mathias a éclaté de rire pour la première fois depuis que le dictateur Bachar al Assad n’hésite pas à bombarder sa propre population ; depuis, également, que les fous d’Allah de Daesh terrorisent et massacrent ceux qu’ils considèrent comme « impies ». Depuis que ses parents ont décidé de prendre la route de l’exil, longue, dangereuse, coûteuse et incertaine, laissant derrière eux emplois et reste de la famille, en même temps que leurs enfants abandonnaient  école, amis et amies.

                    Aujourd’hui, Mathias a éclaté de rire pour la première fois depuis que les (ir) responsables des pays occidentaux ont poussé la Syrie dans la guerre civile et religieuse par manque de vision, de prévoyance, de courage, par excès de frilosité, d’égoïsme, de repli sur soi. Depuis que ces mêmes irresponsables cherchent désespérément  comment sortir  d’un « merdier » où ils se sont fourrés eux-mêmes. Depuis que, pour ces dirigeants occidentaux, l’immigration vers l’Europe  est devenue cause de migraine et même, chez certains, cause de migrHAINE.

                   Aujourd’hui,  Mathias a éclaté de rire pour la première fois depuis la rentrée scolaire où méconnaissance de la langue et des habitudes culturelles de notre région ainsi que l’obligation de refaire des apprentissages de première année alors qu’il a 12 ans... l’ont rendu taciturne et peu sociable.

                    Aujourd’hui,  Mathias a éclaté de rire pour la première fois depuis que son professeur de français bénévole l’encourage deux fois par semaine à progresser plus vite et mieux dans ses divers apprentissages. Des rencontres et moments de partages qui, peu à peu, ont créé un climat de confiance entre l’enfant et l’adulte. Qui ont permis à celui-ci d’aider son élève a redécouvrir ses propres qualités, ses capacités scolaires, son caractère enjoué et son vrai sens social, qui ne demandaient qu’à s’exprimer et à s’épanouir dans la sérénité...

                    Aujourd’hui, Mathias a éclaté de rire pour la première fois grâce à la complicité de ce professeur qui lui a donné l’occasion de redevenir lui-même. Alors, s’est ouverte pour le jeune garçon une fenêtre sur son avenir, ensoleillé et où tout est possible, loin du fracas des bombes, des ruines empoussiérées, des passeurs et autres trafiquants sans scrupule.

                    Aujourd’hui, Mathias a éclaté de rire car à l’immigration, ce professeur a apporté la vraie solution concrète, humaine, humaniste, l’immigrACTION pour le plus grand bonheur de Mathias qui, pour la première fois depuis cinq mois, est spontanément heureux.  

                    Là où la politique, les politiques de l’Europe ont échoué, ce professeur, simplement par son sens de l’accueil concret, a réussi, comme d’autres aussi, individuellement ou en équipe, aux quatre coins de l’Europe. Et si c’était cela l’Europe nouvelle, celle de simples agissant avec coeur pour rendre la dignité à celles et ceux qui viennent la recouvrer chez nous ? Quelle belle Europe, alors !

    Source & texte > Bruno Heureux > Crédit Photo > SudPresse

  • MOTS COEUR ET MOTS TUS.> PRECISIONS DE BRUNO HEUREUX

    Régulièrement, certaines personnes se demandent encore et me demandent ce que signifie le « dessin » au-dessus de ma rubrique.

    Il s’agit d’un rébus : « M » suivi de « os » (prononcer o), suivi de « coeur » ; puis, « M » suivi de « eau » (prononcer o), suivi de « tu » (bouche cousue).

    Donc « mots coeur » pour mes coups de coeur et « mots tus » pour les vérités que l’on tait d’habitude et que j’ose exprimer. Voilà, ce n’est pas plus compliqué que cela !

    Source > Bruno Heureux.

  • LA RUBRIQUE DE BRUNO HEUREUX > MON ARBRE, AU TEMPS DES MIGRATIONS

    Mon arbre, au temps des migrations

                    Quel que soit le temps, mes balades quotidiennes en campagne hesbignonne me ramènent immanquablement au pied d’un vieil arbre, que notre amitié m’autorise à appeler « mon ami, l’arbre ». Phare verdoyant au milieu des labours, il est grand, majestueux, solide encore malgré son âge.

                    Ensemble, nous partageons de longs moments de complicité, silencieuse mais riche. C’est lui, en effet, qui ne cesse de répéter que nous sommes frères, fils naturels d’une même mère, la terre. C’est encore lui qui, au fil de nos rencontres, m’a fait découvrir et apprécier la philosophie, la dignité, la sagesse des arbres. Ceux-ci nous enseignent un temps qui  prend tout son temps, un temps où l’instant se goûte ; en automne, ils pleurent de toutes leurs feuilles leur prochaine mort hivernale, mais leurs racines entretiennent les braises de la vie et la sève d’un printemps généreux en fleurs et en promesses de fruits... Grâce à eux, grâce à mon ami, l’arbre, j’ai compris qu’en adoptant le rythme des arbres, notre vie serait tout autre. Plus longue ? Ce n’est pas sûr ! Bien meilleure, c’est évident ! Et je ne suis pas le seul à le penser.

                    En effet, lors de mes visites, je ne suis jamais seul chez mon ami, l’arbre. Comme moi, de nombreux oiseaux bien de chez nous s’arrêtent sous son feuillage protecteur, le plus souvent pour une brève escale dans leurs jeux aériens. Mais d’autres s’attardent, le temps d’une saison, s’en venant de plus loin, des froideurs du grand nord où l’hiver se fait rigoureux, des moiteurs suffocantes  du sud quand l’été darde ses rayons accablants ; le temps de retrouver la sécurité, d’accueillir des petits, de refaire forces et provisions avant de reprendre le vol du retour, sans se retourner, car ils sentent que cet arbre sera là encore, prêt à les accueillir à nouveau en d’autre saisons difficiles.

                    Une certitude ancrée dans les faits ! A l’arrivée chez mon ami, l’arbre, pas besoin pour ces oiseaux migrateurs, de passeport, de papiers d’identité, de longues files avant d’être enregistrés, logés sommairement, vêtus,  nourris et, souvent, regardés avec méfiance par les passereaux de l’endroit. Non, toute la grande famille des gens du voyage est bienvenue et accueillie dignement. Et l’arbre ne se fâche pas d’être envahi, même si autochtones et nouveaux arrivants doivent se serrer sur les branches pour faire de la place à tout le monde et doivent se partager insectes, vers, étangs et flaques d’eau. Car, dans sa grande sagesse, l’arbre sait que lorsque la saison sera meilleure là d’où proviennent ses hôtes de passage, ceux-ci s’en retourneront chez eux, heureux d’avoir été accueillis, nourris, logés, respectés le temps de leur séjour chez nous, heureux, surtout, de retrouver leur chez eux.

                    Et si l’Europe Nouvelle était cet arbre accueillant lorsque la chaleur torride des guerres et la froideur mortelle de la misère chassent de chez eux et dirigent jusqu’à nos frontières des milliers de migrants en quête de dignité et d’une vie meilleure. Et si l’Europe Nouvelle se rendait compte qu’après le temps des colonies, celui des crédits aux états en voie de (sous-)développement, il était urgent de passer à l’aide directe et (dans un premier temps) gratuite à des populations aujourd’hui obligées de s’amputer à vif de leurs racines. Et si l’Europe Nouvelle investissait dans des projets locaux qui permettraient, à terme, aux gens de ces régions de subvenir, par eux-mêmes, à leurs propres besoins et de vivre dans la paix... C’en serait fini, alors, des mauvaises saisons humaines et des migrations qu’elles entraînent, avec leurs lots de conséquences pour les déplacés et ceux qui doivent leur ouvrir leur porte, le plus souvent avec réticence.

                    Oui, si l ‘Europe Nouvelle ressemblait à mon ami, l’arbre, généreux et accueillant, si ses dirigeants s’inspiraient de  sa sagesse et des exemples multiples de la nature, alors, elle serait à nouveau belle, humaine, comme elle n’aurait jamais dû cesser de l’être.

    Source & texte > Bruno Heureux.