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BIEN-ÊTRE ANIMAL > STÉRILISATION DES CHATS > LES REFUGES DÉBORDENT !

Elle était nécessaire mais la mesure prise par le ministre Di Antonio dope les abandons de chats

Comme chaque année, le nombre de chiens et chats abandonnés dans les refuges durant les vacances d’été reste beaucoup trop important.

high_d-20180807-GF13PT.jpgMais cette fois, les chiffres battent tous les records. À tel point que certains refuges affichent complet. Et se voient dans l’obligation de refuser les animaux abandonnés par manque de place et de moyens.  

Une situation que ne comprennent pas toujours les futurs ex-propriétaires d’animaux. Le refuge Waterloo Help Cats en a fait les frais la semaine dernière. « Nous nous sommes fait littéralement insulter à cause d’un refus.

Des personnes excédées qu’on ne prenne pas les chatons (trouvés), qui ne savent bien entendu pas les garder (tous allergiques, pas de pièce disponible…), qui ne veulent pas faire des kilomètres ou payer quoi que ce soit », s’insurgent les responsables du refuge sur Facebook.

30 % en plus

Même constat au refuge « Sans Collier » à Perwez. « On a plein de chatons et de chats adultes qui attendent. Pour l’instant, on ne peut même plus en accueillir, la situation est vraiment critique. On a une forte hausse des abandons, qui ont augmenté de 30 % cette année », déplore Sébastien De Jenge, le directeur de l’ASBL. Il s’estime toutefois chanceux par rapport à d’autres structures, plus petites.

« On a de nouveaux bâtiments qui nous permettent d’augmenter la capacité. Mais ce n’est tout de même pas suffisant. On a accueilli plus de 250 chats depuis début juin ! Et on a vraiment l’impression que ça ne s’arrête pas », commente-t-il.

Cette forte croissance s’explique par plusieurs raisons. Tout d’abord la météo favorable. « L’hiver n’a pas été très rude et on a un bel été, donc la saison est étalée. Une mère peut par conséquent mettre bas une fois de plus », analyse le directeur.

Deuxième raison évoquée à cette surpopulation féline : la stérilisation de chats qui vient d’être rendue obligatoire par le ministre Di Antonio. « Il faut donc encore s’attendre à quelques années de galère avant de voir un effet sur les abandons. Les gens ne veulent pas toujours mettre les moyens pour la stérilisation… Mais on sera gagnant sur le long terme. Quand les chats qui seront passés chez nous seront stérilisés, ça ira mieux. Il n’y a pas d’autres solutions car le problème est croissant et grave. Il fallait intervenir avec une mesure comme ça qui est assez forte », estime Sébastien De Jenge.

La fin des annonces

Enfin, le troisième facteur concerne l’interdiction de publication sur les réseaux sociaux pour les adoptions.

« C’est un facteur aggravant car avant on pouvait publier une petite annonce et les gens pouvaient avoir un chaton pour rien. Aujourd’hui, la loi exige que vous cédiez l’animal stérilisé et pucé.

Les animaux qui, avant, trouvaient un adoptant sur les réseaux sociaux se retrouvent donc chez nous », déplore Natascha Deineko, responsable du refuge de Waterloo. Elle estime également qu’il y a de plus en plus de chatons déposés dans des conditions inacceptables : « Des chats dans des bulles à verre, dans des sacs plastiques ensuite abandonnés dans les bois.

Il y a vraiment une multiplication des abandons dans des conditions épouvantables. »

Même des chats de race !

Si les abandons ont augmenté, ils ne concernent pas uniquement les chats de gouttière. De nombreux animaux de race se retrouvent aussi dans ces refuges, au même titre que leurs homologues peu onéreux. « Certains se débarrassent de chats à 1.000 euros !

L’aspect financier ne joue pas chez tous les gens. Ça correspond à 1 ou 2 % des abandons. Il faut savoir que les chats coûtent très cher au refuge, et qu’il soit de race ou pas, on est entre 300 et 400 euros par chat. Mais à l’adoption c’est toujours le même prix », détaille-t-il.

Il y a donc moyen de trouver un chat de race pour 100 ou 150 euros avec vaccins et stérilisation. Mais il faut être rapide car ce type de félin trouve en général, rapidement preneur.

Source > Fanny Jacques sur votre journal LA MEUSE H/W de ce mercredi 08/08/2018

Illustration > 123RF via SudPresse

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