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Le respect se perd !

                Permettez-moi de revenir sur un sujet déjà abordé, il n’y a pas très longtemps, celui du respect. Jadis, ce dernier s’exprimait automatiquement, surtout en ruralité, à l’égard du docteur, du pharmacien, du curé, de l’instituteur. Une image de l’époque - il y a 60 ans !!! - m’est restée en mémoire. Mon père était instituteur ; chaque matin, mon frère et moi nous rendions à l’école en sa compagnie ; lorsqu’une personne nous croisait, elle nous saluait, les hommes retiraient chapeau ou casquette, les femmes inclinaient la tête de ces mots « Bonjour, monsieur le maître et compagnie ! » … C’était un autre temps, au siècle passé, que dis-je, au millénaire passé !

                Comme le répète un vieil ami - vieux dans tous les sens du terme -, « Le respect se perd ». Et de citer le manque de respect d’enfants pour leurs parents, de parents pour les enseignants, de certains habitants pour leurs voisins, de banques pour leurs clients, de médecins pour leurs patients… Et sa liste d’exemples est loin d’être exhaustive. Il aurait pu ajouter le manque de respect des multinationales pour les membres leur personnel, jetés à la poubelle comme de vieux chiffons ; celui de dictateurs se souciant de leur peuple et de la constitution comme de leur première Rolls-Royce ; celui de chefs religieux manipulant les textes sacrés pour imposer, à des fidèles abusés, des croyances absurdes, surannées et des comportements barbares ; celui d’un Premier ministre déclarant avant les élections « Jamais avec la NVA », mais qui depuis s’en fait le complice servile… Et à tous ces exemples, j’ajouterais sans hésiter, même si cela n’a pas le même poids vital, le nom respect de la langue, des usages, de la simple politesse…   

                Il m’arrive d’oser, notamment en spectacle, ce jeu de mots « scabreux » : « Notre société est ménopausée… elle n’a plus de règles !!! » Il serait sans doute plus juste de dire que pour les « bons Belges », les règles sont faites pour être contournées. Mais ce qui peut, parfois, n’être qu’une certaine filouterie risque, souvent, de devenir un manque de savoir-vivre ensemble, une forme d’incivilité égoïste.

                Chez les adultes, surtout les plus âgés, le reproche le plus fréquent vise les comportements irrespectueux des jeunes... alors qu’ils ne font que s’inscrire dans l’air du temps. Sans cautionner ces formes d’irrespect, nous devons bien admettre que si l’exemple vient d’en haut, celui-ci n’est pas toujours à la hauteur de l’attente. Profs irrespectueux, politiques irrespectueux, parents irrespectueux… ne sont pas rares. Où est le respect de l’autre lorsqu’on stationne sa voiture sur le trottoir, pour déposer ses enfants le plus près possible de l’école, obligeant les autres élèves à marcher sur la route, avec le risque réel d’accident ? Lorsqu’un professeur sanctionne, à juste titre, des élèves qui n’ont pas remis un travail à temps, mais, par contre, traîne avant de rendre ses corrections et cotations ? Lorsqu’on gare son véhicule sur un espace réservé aux personnes à mobilité réduite ? Lorsqu’on tond sa pelouse bruyamment le dimanche ? Lorsqu’on jette des détritus et ordures dans les campagnes ? Lorsque des ministres de différents pouvoirs sont incapables de s’accorder sur des mesures urgentes à prendre dans l’enseignement supérieur, créant stress et incertitudes pour les étudiants, leurs parents, leurs professeurs et directeurs, comme c’est le cas en fin de première année de baccalauréat en médecine, en psychothérapie, psychomotricité ? Lorsque le système des bourses d’étude a été changé, mais que ses modalités pratiques ne sont pas encore connues alors que la rentrée en supérieur est déjà effective avec son lot de frais de kot, de minerval, de livres et syllabus…

                On - vous, moi - éduque essentiellement les jeunes non par ce que l’on dit, par ce que l’on écrit, mais par ce que l’on fait, par ce que l’on est, au quotidien dans la vie de tous les jours. Et si les résultats ne sont pas ceux espérés, il faut avoir le courage - vous, moi -, la lucidité d’en prendre une part de la responsabilité.

Source & texte de & par > Bruno Heureux.

Commentaires

  • Bravo pour ce texte qui reflète très bien la réalité actuelle .Je suis aussi d'une génération à qui on apprenait notamment "bonjour-s'il vous plait- merci- au revoir......." petits mots q outent rien et permettent déjà d'aller loin... Salut à toi

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